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Le BIM : Le grand tournant du BTP

(1) Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

L’industrie du bâtiment est aujourd’hui confrontée à des défis de taille: des projets toujours plus complexes, des budgets plus limités, des délais plus serrés… Parallèlement, les exigences sont sans cesse plus importantes en termes de durabilité des produits et le nombre des intervenants augmente. Alors comment réagir face à cette situation ?

La modélisation des données architecturales (le BIM, building information modeling), est le sujet central du moment. Il est déjà largement appliqué à l’étranger, particulièrement en Grande-Bretagne, en Norvège et aux Pays-Bas. C’est un fichier numérique qui concentre l’ensemble de l’information technique d’un ouvrage et qui contient chaque objet composant le bâtiment et ses caractéristiques. Il enveloppe et améliore à la fois, le processus de conception, de construction et d’exploitation.

 

Le BIM a-t-il déjà été appliqué dans certains projets ? Quelles conclusions en a-t-on tiré ?

 

L’utilisation du BIM s’est avérée concluant dans de nombreux ouvrages réalisés parmi lesquels figurent la philharmonie de Paris, le Viaduc D’Abidjan, le CHU d’Amiens et de nombreux autres. Il a alors permis sur ces chantiers de répondre à la complexité de conception des ouvrages, de respecter des délais, d’intégrer de fortes contraintes, de traiter des conflits d’interfaces entre les différents bureaux d’études, de présenter le projet définitif…

 

Quels sont les avantages et intérêts d’utiliser le BIM ?

 

Le premier intérêt de ces applications BIM, c’est l’interopérabilité. L’interopérabilité, c’est la capacité que possède un système, à échanger avec d’autres systèmes aisément. Toutes les applications BIM sont capables d’importer et d’exporter au format IFC (Industrial Foundation Classes). Le BIM améliore alors considérablement la qualité des ouvrages. En effet, l’augmentation de la qualité est due à un gain de clarté entre les acteurs et à la baisse de la part d’improvisation sur chantier, ce qui aboutit à une meilleure anticipation des problèmes à résoudre. Des retours d’expérience ont ainsi pu montrer que l’utilisation d’applications interopérables peut générer des économies allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires des entreprises.

Par ailleurs, alors que les mêmes informations techniques d’un bâtiment sont ressaisies au moins 7 fois (par l’architecte, l’économiste, les BE, le gros œuvre, l’équipementier réseau, le chauffagiste, l’électricien…), le BIM permet d’éviter une perte importante d’informations entre chaque étape. Ainsi, le BIM a un impact visible en termes de réduction des délais sur les opérations complexes et des gains en productivité. Chaque partie prenante visualise le futur bâtiment plus concrètement que sur plans et appréhende mieux le projet. Le coût de l’ouvrage est également optimisé, car associer les bordereaux de prix détaillés à la maquette numérique permet d’estimer le coût de l’ouvrage de façon très précise.

 

En quoi l’utilisation du BIM reste encore aujourd’hui limitée ?

 

Le nombre de constituants et d’informations est considérable dans un projet de construction. Les logiciels BIM doivent gérer des centaines de types d’informations et deviennent complexes à développer pour des petites structures ou de petits éditeurs de logiciels. La nécessité d’un langage commun et adapté, les IFC, qui est un processus long à mettre en œuvre.

De plus, d’inévitables difficultés informatiques (lourdeur des fichiers, prix des logiciels, des matériels, de la maintenance, formation des spécialistes…) doivent également être affrontées, risquant de paralyser momentanément la productivité de l’entreprise.  A ce jour, compte tenu de l’investissement en logiciels plus chers (5 à 15 k-Euros, à l’achat et 2 k-euros pour la maintenance et la mise à jour), la conception BIM demeure chère et aujourd’hui prioritairement réservée à des ouvrages complexes.

Le pôle conception doit non seulement payer pour le logiciel et le matériel nécessaires pour mettre en œuvre BIM, mais il doit également payer la formation ou l’embauche d’un personnel spécialisé qui a l’expertise en BIM.

(2) Comment fonctionne le BIM ?

Avant l’apparition du BIM, les interactions entre métiers du bâtiment sont très complexes. Un utilisateur B qui veut utiliser les données rentrées par A sur le logiciel A sur son logiciel B ne le peut qu’à une condition : que le logiciel A soit traduit en passant par une interface, logiciel de traduction des données.

Et inversement, si c’est l’utilisateur de A qui a besoin de connaître et d’utiliser les modifications faites par l’utilisateur de B. La grande difficulté dans le bâtiment est de rendre cette interface standard, soit utilisable quelques soient les logiciels en jeu. Il s’agit d’une problématique majeure dont bien des acteurs internationaux ont pris conscience. Et c’est là qu’intervient le BIM.

Le BIM, «Building Information Model», appelé plus communément « maquette numérique », incarne une façon révolutionnaire de décrire le projet de bâtiment en concentrant l’ensemble de l’information technique de l’ouvrage. Il s’agit d’une représentation 3D d’un bâtiment contenant toutes les informations le concernant. Il peut être réalisé à l’aide de différents logiciels et permet d’améliorer la communication entre les différents acteurs de la construction qui ont alors une vue globale de tous les aspects de la construction. La production des bâtiments s’en trouve facilitée.

La maquette numérique du projet se construit au fur et à mesure, les informations étant capitalisées, et permet de constater visuellement l’avancement ou les modifications du projet. Ainsi, l’ensemble des résultats de chaque étape du processus ou presque est rassemblé dans la maquette. Chaque objet est créé avec l’ensemble des informations qui le concernent.

De plus, c’est un logiciel qui permet de transcrire un ensemble de logiciels sur un même modèle. Ainsi, pour décrire le BIM on peut dire que c’est un système permettant de créer une maquette numérique d’un bâtiment et qui permet à chaque acteur de la construction d’ajouter ses propres informations en continuant à utiliser les outils informatiques qu’ils utilisaient avant. Le logiciel de BIM utilisé permet donc l’interopérabilité. C’est un ensemble d’outils (processus, modèle, logiciel) visant à orienter la mise en œuvre vers certains procédés.

Le processus produit le Building Information Model (abrégé BIM). Celui-ci contient les informations géographiques, les relations spatiales, les quantités, la géométrie de la construction ainsi que les propriétés des éléments et sous-éléments de construction. Ces informations sont classées de manière logique, par exemple en suivant une arborescence spatiale (site → contexte → bâtiment → étage → espace, etc.). Le BIM peut être utilisé durant toute la vie de l’ouvrage et de sa construction, il inclue à la fois les processus de construction et d’opération des installations mais aussi il peut contenir les données nécessaires à l’entretien de l’ouvrage au long terme. Un objet BIM est en 3D et exploitable, les conflits spatiaux éventuellement présents dans la maquette numérique peuvent donc être détectés aisément. Ainsi on évite les erreurs et les changements dus aux erreurs internes de transmission des données d’une personne à l’autre lors de la conception et du dessin à l’atelier. Les données extraites de la maquette numérique peuvent également servir à produire des listes de pièces, elles-mêmes utilisées par la suite pour l’évaluation du coût des matériaux, l’évaluation des coûts énergétiques d’opération tant pour l’éclairage que pour le chauffage et la climatisation, l’analyse acoustique ou autres. Elles procurent aussi des rétroactions immédiates lors de la conception, informant instantanément le concepteur des effets des changements sur l’ensemble du projet. Il s’agit d’une approche révolutionnaire car l’intervention humaine se trouve assistée par des technologies ultra-performantes et on a ainsi une plus grande efficacité avec un effort grandement diminué.

(3) Qu’est-ce que ça va changer pour moi?

Les métiers seront-ils impactés par l’arrivée du BIM?

En effet les métiers vont évoluer, plus ou moins selon chaque poste. Mais ils évolueront presque tous, car le BIM repose notamment sur la collaboration. Dès lors qu’une entreprise travaille sur une maquette numérique, il faut partir du principe que tous les acteurs du projet savent la lire, car la maquette contient toutes les informations nécessaires.

Mon poste est-il en danger avec l’arrivée de ces nouveaux métiers ?

Avec le contexte économique actuel, les entreprises ne devraient pas décider de renforcer massivement leurs effectifs. Les « BIM ready », ceux qui sont déjà prêt à l’arrivée du BIM, ne sont pas nombreux et très peu d’écoles ne proposent jusqu’ici des formations au BIM, ce que veut dire qu’il est difficile de recruter des profils tout juste diplômés. Au lieu de créer de nouveaux métiers, elles devraient plutôt créer de nouvelles fonctions. Il s’agit donc d’adapter les postes déjà existant en leur ajoutant la dimension BIM.

Je suis déjà débordé par mon métier, alors pourquoi intégrer en plus une nouvelle contrainte qu’est le BIM ?

Le BIM n’est pas une contrainte mais plutôt un nouvel outil de travail et de collaboration. Au-delà des évolutions de métiers, c’est un secteur tout entier qui est modifié. Toutes les entreprises de BTP devront un jour se mettre au BIM si elles veulent rester dans la concurrence.

Un accompagnement est-il nécessaire pour débuter dans le processus BIM ?

Oui, car le BIM est à la fois nouveau et complexe. Ses enjeux, ce qu’il représente et la maitrise des logiciels qui lui sont dédiés nécessitent une sensibilisation, une formation. Ainsi, l’employeur peut proposer des formations à des logiciels de BIM permettant au salarié ciblé de maitriser l’outil. De plus, la structure de l’entreprise sera certainement modifiée afin d’inclure le BIM et d’accompagner les salariés dans ce changement : Elle intègrera des BIM manager, chargés de piloter le processus BIM dans l’entreprise. Les « BIM ready » auront pour mission de transmettre leurs connaissances aux autres.

Est-il possible de connaitre précisément les changements qui vont être apportés ?

Non, les nouveaux métiers et les évolutions de postes ne sont pas encore réellement définis. La période de transition vers le BIM semble très complexe. Les compétences en maquette numérique sont très variables suivant les entreprises et la méthode de passage au BIM dépendra certainement des volontés du chef d’entreprise. De plus à ce stade, aucune loi française n’oblige l’utilisation du BIM et ne définit clairement les axes de développement. Il va donc falloir plusieurs années pour créer un socle solide autour du BIM.

 

(4) Comment faire pour y aller (phase opérationnelle) ?

 

De quelle manière doit s’effectuer la transition entre les logiciels standard et le BIM dans les entreprises ?

Il serait dangereux pour les entreprises de vouloir basculer brutalement vers le BIM, en voulant par exemple muter une agence d’un coup. Ce changement doit s’effectuer progressivement par étapes. Ceci se résume par l’abandon successif des logiciels 2D pour les logiciels 3D si possible compatible avec le logiciel BIM. Cette phase permet de manipuler et de se familiariser avec les différents outils de la 3D de manière à anticiper l’arrivée du BIM lorsqu’il sera exigé. Enfin, la mise en place du BIM peut être envisagée, en ouvrant à l’ensemble des opérateurs.

Comment rendre la formation du BIM efficace ?

Le meilleur moyen est de former le plus tôt possible en proposant aux étudiants des cours de BIM. Dans les écoles d’ingénieurs, il est devenu indispensable d’intégrer au cursus spécialisé dans les métiers du bâtiment et des travaux publics des cours de formation pour ce nouvel outil. C’est le cas de l’école de Ponts et Chaussées ou encore de l’ESTP qui proposent une formation au BIM dans le cadre de masters spécialisés. Ceci présente de nombreux avantages, notamment un gain de temps et des économies pour les entreprises qui n’auront peu ou pas à former leurs salariés, une aisance accrue grâce à une familiarisation plus précoce.

Quels sont les moyens de formation et de sensibilisation du BIM pour les professionnels du bâtiment ?

Le GEPA propose des formations continues pour les architectes et les différents acteurs liés au monde bâtiment. Parmi ses formations possibles, le BIM a pris une place essentielle en répondant à une demande toujours plus importante. D’autres organismes, comme le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) proposent depuis peu des formations de « BIM Managers ».

Le gouvernement, quant à lui, contribue à cette transition numérique, notamment grâce au lancement d’un portail internet par la ministre du logement Sylvia Pinel. Ce portail prévoit de rassembler un ensemble de document explicitant le concept de la transition énergétique, les premiers retours d’expérience. Il permettra également de mettre en relation les différents acteurs du numérique et de se tenir informer des avancés dans ce domaine.

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Le passage de la CAO au BIM

Le BIM (pour Building Information Modeling) est un procédé de représentation en 3D d’un bâtiment. Il permet d’optimiser le processus de conception de celui-ci. Depuis le milieu des années 80, les logiciels créés aident les architectes à concevoir leurs ouvrages. Seulement, le rôle de ces logiciels ne s’arrête pas à ce corps de métier. Ils sont également très utiles pour les ingénieurs de conception. Il s’agit d’une nouvelle façon d’aborder un projet. Il n’est plus abordé en tant qu’une série de plans comme pour la CAO.

Les logiciels de BIM permettent de donner une vue d’ensemble concrete du projet qui permettra une compréhension plus rapide de celui-ci par n’importe quel acteur du projet. Ils permettent de générer, à partir des vues 3D, plusieurs vues en plan. Ceci permet non seulement d’effectuer un travail unique et donc un gain de temps mais aussi d’éviter les incohérences entre les différents plans ce qui permet d’éviter des réserves sur ceux-ci lorsqu’il s’agit de soumettre les plans.

Ils permettent également d’effectuer des phasages de chantier beaucoup plus clair qu’avec un simple plan 2D en introduisant la variable « temps » ce qui rend la compréhension du projet plus intuitive et plus rapide. Il permet la détection des conflits plus rapide des conflits entre les différents éléments. Il permet également, grâce à la vision globale du projet d’éviter les omissions d’éléments. Ces éléments entrainent tous une anticipation des problèmes en amont entrainant un gain de temps considérable.

Tous ces avantages du BIM sont des preuves que le passage au BIM est un investissement à effectuer pour les entreprises. Le coût à l’achat d’un logiciel de BIM est de 5.000 à 6.000 euros avec un surplis de maintenance de l’ordre de 20% de ce prix d’achat. Mais l’investissement peut-être le plus important est le temps d’adaptation au logiciel et aux nouvelles méthodes de travail. La perte de rendement due à cette adaptation est estimée à environ 20 à 30% sur les 6 premiers mois. Cette perte n’est pas négligeable à court terme. Cependant, on estime que le coût initial est amorti au bout de 2 ans. Il faut à cela penser également aux coûts d’une formation au logiciel durent environ une semaine et qui coutent de 500 à 1.000 euros par jour auquel il faut ajouter l’absence au travail. Cependant, on considère que la rentabilité est atteinte au bout d’une durée de 2 ans.

Déjà très développé en Europe, le BIM peine encore à se développer en France. Cependant, tous les avantages de ces logiciels entrainant une hausse à long terme de la rentabilité des entreprises. D’ailleurs, cela a été remarqué par les grandes entreprises qui, dans le but d’un développement à long terme, recherchent des candidats ayant déjà une formation BIM.

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Quand le Social conditionne la réussite ou l’échec d’une implémentation BIM dans l’entreprise

Le BIM permet la création d’une maquette virtuelle permettant d’améliorer la gestion des données, la qualité de l’information ainsi que la maîtrise des coûts dans le processus de construction. Il permet également le suivi de l’ouvrage durant toute sa durée de vie grâce à la centralisation des informations.

Aujourd’hui c’est l’outil indispensable pour tout projet de construction complexe. Toutefois la transition CAO-BIM n’est pas une simple affaire en termes d’impact social sur chaque individu et sur les organisations de l’entreprise. Ce dernier est même considéré comme un frein plus important face à l’implémentation du BIM que la maîtrise des problèmes techniques, les fonds d’investissement ou les compétences intellectuelles qu’elle exige.

En effet, la réussite de cette transition se heurte à des problèmes typiquement issus du facteur humain:

  • Un respect et une confiance mutuelle entre collaborateurs,
  • Un défaut de communication et de collaboration,
  • Les habitudes de travail et le confort de la maîtrise des tâches,
  • L’identité et le rôle de chacun dans son travail (ex : l’architecte  devient « concepteur BIM » au même titre que les ingénieurs)
  • Une certaine réticence au passage du « tout numérique », etc.

Les cinq idées reçues vis-à-vis du BIM :

  1. La productivité diminue lors du passage au BIM.
  2. Les applications sous BIM sont difficiles à assimiler.
  3. Le BIM perturbe les plans de travail préétablis.
  4. Le passage au BIM n’est profitable que pour les maîtres d’ouvrage et les entrepreneurs mais pas pour les concepteurs. En effet, la phase de conception est plus longue et complexe, donc onéreuse.
  5. Le BIM augmente les risques.

Force est de constater que l’adoption du BIM résulterait d’un changement de comportement de la part des futurs utilisateurs. Il faut alors persuader les membres de l’équipe de la profitabilité de chacun à partir de cette implémentation en leurs fournissant des arguments solides comme par exemple : la productivité diminue effectivement durant la période de prise en main mais les bénéfices dépassent largement les pertes générées initialement ; tout nouvel outil n’est pas évident à manipuler les premières fois mais une fois maîtrisé, son exploitation peut donner des rendus très intéressant, etc.

Voici quelques suggestions pour faciliter l’adoption du BIM et faire acquérir le bon état d’esprit au sein de l’équipe :

  • Argumentez sur les bénéfices dont pourraient en tirer chacun de vos collaborateurs dans l’utilisation du BIM.
  • Faites appel à un expert spécialisé dans l’implémentation du BIM pour vous aider dans cette démarche.
  • Si l’adoption est réussie, choisissez une date de passage au BIM puis ne revenez plus en arrière. Si l’adoption ne s’est pas entièrement effectuée au sein de l’équipe, implémentez-le progressivement pour laisser aux plus réticents le temps de prendre leurs repères.

N’oublions pas que le passage de la conception manuel au CAO avait pris deux fois plus de temps qu’actuellement pour le BIM. On peut ainsi dire que le plus dur est derrière nous.

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Le BIM pour les PME

La technologie BIM (Building Information Modeling), traduit en français par Modélisation des Données du Bâtiment, est un processus visant à créer un modèle numérique 3D de notre projet afin de collecter et de communiquer toutes sortes de données concernant notre ouvrage. Le BIM, véritable révolution dans le milieu de la construction, va se développer fortement dans ces prochaines années.  En effet,  la France va suivre le pas de plusieurs autres pays, comme les Etats Unis ou le Royaume-Uni, en s’engageant sur l’usage du BIM pour les projets de marchés publics. Cette pratique devrait être applicable en 2017, elle concernera les projets publics d’une certaine envergure, (surface supérieure à 2000 m²) puis devrait probablement se généraliser petit à petit.

On peut alors s’interroger sur le placement des PME vis-à-vis de la technologie BIM ? Quels comportements ces entreprises doivent-elles adopter face au BIM ?

Au premier abord, on peut être amené à penser que le BIM n’a pas vraiment sa place au sien des PME. Premièrement le BIM semble exploiter tout son potentiel et son efficacité lors de grands projets, où la notion de collaboration entre les différents intervenants prend une part prépondérante dans la réalisation du projet. Or, les PME sont très rarement impliquées dans ce genre de projets. Autre approche, les principaux marchés des PME sont la construction de maisons individuelles, type de construction pour laquelle le BIM semble superflu à priori. Le second point rendant l’introduction de la technologie BIM au sein des PME est le prix très élevé des licences pour les logiciels, environ 5000€, ce qui représente un investissement relativement important  pour ce type d’entreprises. On peut également ajouter la maitrise complexe de cette technologie qui nécessite une formation du personnel, ainsi qu’une phase de transition qui engendrera une perte de rendement pour les entreprises.

Pourtant en approfondissant le sujet, on peut remarquer que le BIM peut parfaitement s’implanter dans les PME. Tout d’abord les PME  ont un réel avantage face aux grands groupes pour ce qui est de la transition vers la technologie BIM. En effet la mise en place du processus visant à exploiter  la technologie BIM sera beaucoup plus aisée dans les petites structures que dans des entreprises d’envergure. Les grands groupes devront respecter des standards gouvernementaux et internationaux ce que ne sera pas les cas pour les petites entreprises. Ainsi l’adoption du BIM dans les PME sera beaucoup plus rapide. De ce fait, les grandes structures n’ayant, dans un premier temps, pas de personnel qualifié en BIM se verront dans l’obligation de sous-traiter leurs projets. De plus, la puissance des logiciels BIM une fois maitrisé, permettra aux petites entreprises de concurrencer les entreprises d’envergure, même dans la réalisation de grands projets. Ainsi en adoptant le BIM, les PME  élargiront incontestablement leur secteur d’activité, ce qui ne peut être que très profitable pour une entreprise.

Enfin, l’énergie consommée pour les foyers individuels est non négligeable, ainsi l’utilisation des capacités du BIM (notamment en analyse de la performance énergétique) sera un avantage certain dans la conception de maisons individuelles.

 

Bibliographie :

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Transition vers un nouvel outil de conception et d’information : le BIM

Le BIM (Building Information Modeling) aussi appelé maquette numérique, est un nouvel outil pour concevoir les bâtiments et accompagner leur exploitation. L’ingéniosité du BIM réside dans le fait qu’un seul modèle 3D peut contenir une véritable mine d’informations apportées par l’ensemble des professionnels qui construisent le projet. Le BIM permet donc d’éviter les erreurs et omissions grâce à une meilleure coordination et communication entre l’ensemble des participants du projet.

Un nombre grandissant d’architectes, d’ingénieurs et de concepteurs l’utilisent du fait de ses nombreux avantages mais aussi parce que ce sont les maîtres d’ouvrage qui imposent son utilisation pour de grands projets de construction afin de garder le contrôle sur les frais et la durée du projet. Aujourd’hui, de nombreuses réformes ont vu le jour notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Finlande et en Norvège mais aussi aux Etats-Unis rendant le BIM obligatoire pour de grands projets publics. La France décide alors de rejoindre cette révolution BIM mondiale et c’est le 18 mars 2014 que Cécile Duflot, l’ex-ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, annonça que le gouvernement Français devrait “progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017″.

La transition de la CAO vers le BIM n’est pas chose aisée car elle implique un changement radical des méthodes de travail et peut avoir des effets négatifs pour l’entreprise. Néanmoins, cette fois, cette transition se fera plus naturellement contrairement au passage du dessin à la main vers la CAO qui a été beaucoup plus difficile. En effet, le 16 décembre 2000, la loi SRU, qui proposait aux collectivités locales un budget spécial afin d’utiliser des outils informatiques pour leurs projets, a fait de la CAO l’outil permettant de produire tous les plans informatisés exigés. Cependant, en 2000, la plupart des entreprises de construction et agences d’architecture en France n’étaient pas équipées des logiciels de CAO et la transition fut rude pour certaines d’entre elles. Contrairement à la révolution de la CAO Architecturale, la révolution du BIM bénéficie de plusieurs avantages. Premièrement, en France, plus d’un tiers du secteur possède déjà et utilise les logiciels BIM. De plus, les entreprises ne possédant pas ces logiciels bénéficient d’une aide de la part des éditeurs des logiciels BIM pour les installer. Et enfin, un des principaux avantages dans cette deuxième révolution est que la plupart des étudiants en écoles d’ingénieur ou d’architecture reçoivent une formation sur les logiciels BIM et beaucoup d’entre eux sont opérationnels quant à leur utilisation.

En conclusion, c’est cette nouvelle génération d’architectes et d’ingénieurs ne jurant que par le BIM qui permettra de faciliter le déploiement du BIM dans les entreprises du secteur de la construction.

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Comment effectuer la transition vers le BIM

1 Le BIM qu’est ce que c’est ?

Le BIM : Building Information Modeling, est un processus collaboratif comprenant une maquette numérique et une base de données regroupant toutes les informations concernant le bâtiment permettant à tous les acteurs du projet de partager et d’avoir accès à ces informations. C’est un outil informatique (regroupement de logiciels) utilisable de la conception à l’exploitation du bâtiment.

2 Une transition nécessaire 

Tout d’abord, depuis l’annonce par Cécile Duflot de la présence obligatoire de la maquette numérique dans les marchés publics d’ici 2017, les entreprises souhaitant décrocher ces marchés devront utiliser le BIM. De plus, les nombreuses qualités de cet outil (optimisation des performances du bâtiment, amélioration de la communication grâce à un échange d’informations facilité et donc aussi des processus de synthèse et d’interface qui sont les points difficiles à gérer d’un chantier) le rendra indispensable pour toute entreprise souhaitant être concurrentielle ; d’autant plus si on prend en compte le développement international du BIM.

            3 Les investissements directs

Pour effectuer cette transition, il faut, en premier lieu, investir dans des logiciels choisis avec soin : les principaux critères sont l’interface et la complexité d’utilisation. Les licences coûtent entre 5000 et 6000 euros, auxquelles il faut ajouter 20% du prix par an pour les mises à jour et la maintenance. Pour pouvoir utiliser ces logiciels il faut avoir le matériel adéquat (compter 2000 à 3000 euros par poste) et former son personnel. Les formations d’initiation durent 5 jours pour 300 euros environ par jour; ces formations peuvent être complétées par de l’auto-perfectionnement ou des formations de perfectionnement entrainant des coûts supplémentaires.

            4 Les coûts induits par cette transition

Utiliser le BIM requiert un changement radical dans la façon de traiter les projets, ainsi que la mise en place d’au moins un projet pilote pour se familiariser avec les nouveaux outils. Ce qui entraîne une baisse de productivité estimée de 20 à 30% pendant environ six mois. Cette transition peut donc être coordonnée par un BIM manager afin de minimiser cette baisse de productivité, son expérience et ses compétences de management seront essentielles car une l’implantation d’une nouvelle méthode de travail est toujours une phase critique du développement d’une entreprise.

5 les principaux risques

- mauvaise planification (temps de modélisation sous estimé, déploiement trop rapide,…)
– problème d’interopérabilité entre les logiciels
– échec de la gestion du changement ou résistance au changement des employés.
Afin de limiter ses risques l’adoption du BIM doit être bien préparée : stratégie claire, choix réfléchis, formations adaptées. Mais surtout une bonne gestion durant la transition : importance du BIM manager et de la communication avec les équipes et la direction.

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