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Un Modèle Anglais Pour Une Réforme Française

La ministre du logement Cécile Duflot avait annoncé en mars 2014 que le gouvernement français allait « Progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017 ». Cette nouvelle fait donc directement référence à la révolution BIM que la France tente d’entreprendre en prenant comme modèle certains pays, et plus particulièrement la Grande Bretagne, ayant déjà opéré cette transformation.

Par « maquette numérique » la ministre parlait des modèles 3D des structures à construire qui contiennent toutes les informations nécessaires à la réalisation d’un projet. Une telle maquette peut donc contenir des dimensions, des poids, des repérages, des matériaux et des centaines voire des milliers d’autres objets qui contiennent l’information de construction. Elle est mise à jour en temps réel par tous les acteurs de la réalisation du projet, cette maquette est donc ce qui se rapproche le plus d’un protocole BIM comme celui décrit par les anglais. Outre la simplification de diffusion des informations relatives aux travaux, un protocole tel que le BIM niveau 2 a permis de relever que les constructions anglaises étaient 33% moins chères et qu’elles se réalisaient 50% plus vite.

La réforme BIM en France a tout de même quelques grandes différences par rapport à son équivalente anglaise. En effet, alors qu’en Grande Bretagne sa durée d’application était de 5 ans, en France l’état s’est mis au défi d’appliquer cette réforme à tous les marchés publics en seulement 3 ans. Cependant les anglais nous donneront une bonne base d’informations pour pouvoir réussir notre propre réforme. En nous ouvrant la voix, ils nous ont donné un exemple que l’on pourra adapter au mode de fonctionnement des marchés français. Nous savons d’ores et déjà qu’il ne faudra pas répéter la même erreur que les anglais en communiquant qu’avec les maitres d’œuvre. En procédant ainsi, les fournisseurs, les entrepreneurs ou bien encore la maitrise d’ouvrage se sont retrouvés mis à l’écart et cela a eu pour effet de ralentir le réforme et créer beaucoup de confusion.

L ‘état n’est pourtant pas le seul acteur de cette réforme. En effet, la FFB participe activement à cette réforme. En organisant des opérations pilotes utilisant la maquette numérique, et en militant pour que la norme IFC Iso (Norme qui vise à faciliter l’interopérabilité des logiciels dans le bâtiment) devienne une norme européenne, la FFB a pour but final d’inciter l’état à être le premier instigateur sur les sujets du numérique.

Cette réforme engendrera des incidences qui seront à étudier de prêt. Parmi ces incidences on peut citer les problèmes liés à la propriété intellectuelle. Si les maquettes fonctionnent selon l’Opendata on est en droit de se demander à qui appartient les données qu’elles transporteront.

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Vers un BIM en France

Le Building Information Modeling, ou BIM est le nouveau CAO. Ce changement n’est pas seulement équivalent au changement de la table à dessin à Autocad. En effet, c’est une philosophie différente qui impacte la répartition de la charge de travail. Il faut alors passer plus de temps dans les phases APS et APD que dans les phases d’exécution. Si bien que certains plaisantent en considérant le BIM comme « Bouleversement Interprofessionnel Majeur ».

Il permet de faciliter la conception, la création ainsi que la gestion des projets de construction ou d’industrie. Ainsi, les éléments contiendront non seulement toutes leurs dimensions existantes mais aussi leur poids, matériau, les coordonnées du fabriquant, les normes etc. Plus généralement le BIM permet de changer les manières de travailler et de revoir les effectifs de travail à la baisse. Par exemple, sur Autocad ou tout autre logiciel de dessin CAO 2D, réaliser des coupes est difficile tandis que sur des logiciels 3D comme Rhinoceros ou Sketchup cela devient très pratique car il suffit seulement de placer une ligne de coupe sur le dessin 3D.

A cause du manque de qualité dans le bâtiment qui est causé par la non maitrise de l’information, le ministre du logement met en place une réforme gouvernementale afin de relever le défi de la généralisation du numérique pour rendre le BIM obligatoire dans les marchés publics d’Etat en 2017. L’enjeu est de taille pour les majors du BTP, les grands bureaux d’études MOE et architectes. La France doit être reconnaissante envers le Royaume-Uni qui est le précurseur de ce mouvement initié en 2011 et qui reste aujourd’hui considérablement en avance sur nous en la matière.

Car nous en sommes là, en France : les différents acteurs du BTP contemplent avant tout les coûts d’achat des licences de logiciel et de formation d’une main d’œuvre qualifiée. Cela représente un investissement onéreux qui freine la plupart du temps le développement du BIM.

Pourtant, les économies rendues possibles par l’utilisation du BIM sont multiples : performance énergétique, réduction des coûts liés aux problèmes d’interface entre les différents corps d’état techniques, gestion améliorée des approvisionnements et du phasage du chantier, … Mais c’est aussi un avantage de taille lorsqu’il s’agît de remporter un marché. En effet, un candidat proposant un projet mettant en œuvre le BIM donnera au maître d’ouvrage un certain nombre de garanties supplémentaires concernant la maîtrise des coûts et du temps. Quoi de mieux qu’une entreprise qui respecte les délais de livraison sans surcoûts non prévus au marché ?

Le BIM représente donc un investissement conséquent mais la rentabilité en termes de coûts, de délais et de qualité permet à ceux qui choisissent cet outil de se démarquer et de proposer des projets mieux maîtrisés. La marge laissée à l’innovation est donc augmentée, ce qui est finalement bénéfique à tous.

Mots clés : philosophie, qualité, réforme, investissement, innovation.


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Transition vers un nouvel outil de conception et d’information : le BIM

Le BIM (Building Information Modeling) aussi appelé maquette numérique, est un nouvel outil pour concevoir les bâtiments et accompagner leur exploitation. L’ingéniosité du BIM réside dans le fait qu’un seul modèle 3D peut contenir une véritable mine d’informations apportées par l’ensemble des professionnels qui construisent le projet. Le BIM permet donc d’éviter les erreurs et omissions grâce à une meilleure coordination et communication entre l’ensemble des participants du projet.

Un nombre grandissant d’architectes, d’ingénieurs et de concepteurs l’utilisent du fait de ses nombreux avantages mais aussi parce que ce sont les maîtres d’ouvrage qui imposent son utilisation pour de grands projets de construction afin de garder le contrôle sur les frais et la durée du projet. Aujourd’hui, de nombreuses réformes ont vu le jour notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Finlande et en Norvège mais aussi aux Etats-Unis rendant le BIM obligatoire pour de grands projets publics. La France décide alors de rejoindre cette révolution BIM mondiale et c’est le 18 mars 2014 que Cécile Duflot, l’ex-ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, annonça que le gouvernement Français devrait “progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017″.

La transition de la CAO vers le BIM n’est pas chose aisée car elle implique un changement radical des méthodes de travail et peut avoir des effets négatifs pour l’entreprise. Néanmoins, cette fois, cette transition se fera plus naturellement contrairement au passage du dessin à la main vers la CAO qui a été beaucoup plus difficile. En effet, le 16 décembre 2000, la loi SRU, qui proposait aux collectivités locales un budget spécial afin d’utiliser des outils informatiques pour leurs projets, a fait de la CAO l’outil permettant de produire tous les plans informatisés exigés. Cependant, en 2000, la plupart des entreprises de construction et agences d’architecture en France n’étaient pas équipées des logiciels de CAO et la transition fut rude pour certaines d’entre elles. Contrairement à la révolution de la CAO Architecturale, la révolution du BIM bénéficie de plusieurs avantages. Premièrement, en France, plus d’un tiers du secteur possède déjà et utilise les logiciels BIM. De plus, les entreprises ne possédant pas ces logiciels bénéficient d’une aide de la part des éditeurs des logiciels BIM pour les installer. Et enfin, un des principaux avantages dans cette deuxième révolution est que la plupart des étudiants en écoles d’ingénieur ou d’architecture reçoivent une formation sur les logiciels BIM et beaucoup d’entre eux sont opérationnels quant à leur utilisation.

En conclusion, c’est cette nouvelle génération d’architectes et d’ingénieurs ne jurant que par le BIM qui permettra de faciliter le déploiement du BIM dans les entreprises du secteur de la construction.

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La réforme britannique et les différents niveaux BIM

Qu’est-ce que le BIM ?
A l’heure d’aujourd’hui, il est difficile de trouver une définition du BIM acceptée par tous. Voici l’une d’entre elle :
Le BIM est « une technologie qui permet d’obtenir une base de données enrichie, partagée par l’ensemble des acteurs d’un projet qui l’utilisent pour alimenter leurs différents logiciels métier ». En effet, BIM vient de l’anglais « Building Information Model » qu’on peut traduire en français par « Modélisation des données du bâtiment ».
Le concept du BIM part du constat que beaucoup de temps est perdu sur les chantiers à cause des problèmes d’entente et de logistique entre les différents acteurs.
On définit plusieurs dimensions pour le BIM : trois dimensions pour décrire le projet dans l’espace, une quatrième dimension pour le temps, une cinquième dimension pour le coût, et on commence à parler de sixième et septième dimension pour décrire d’autres aspects comme le développement durable et la durée de vie du bâtiment.

En Europe, c’est le Royaume-Uni qui se place à l’avant-garde dans le domaine du BIM. Le gouvernement imposera d’ici 2016 de fournir à tout projet de construction un BIM de niveau 2. L’objectif du gouvernement britannique est de réduire le coût de la construction des projets de 20% ainsi que l’emprunte carbone qu’ils dégagent.
Nous allons voir les différents niveaux BIM, ce qui nous permettra de comprendre plus précisément les attentes du gouvernement britannique et l’éventuel avenir du BIM.

Niveau 0 : Ce niveau signifie qu’il n’y a pas de collaboration entre les différents acteurs. Seule la CAO en deux dimensions est utilisée.
La production et la distribution se fait par papier et/ou numériquement. De nos jours, la grande majorité de l’industrie est déjà bien en avance sur ce niveau.

Niveau 1 : Ce niveau comprend typiquement un mélange de CAO en trois dimensions pour les travaux conceptuels et en deux dimensions pour les documents liés à la réglementation et à la production.
Actuellement, c’est le niveau auquel fonctionne la plupart des entreprises bien qu’il n’y ait pas de collaboration entre les différents acteurs où chacun publie et gère ses propres données.

Niveau 2 : Il se distingue du niveau 1 par le travail collaboratif. Tous les différents collaborateurs utilisent leurs propres modèles de CAO 3D mais sans forcément travailler sur un modèle unique et partagé.
Les informations concernant la conception sont réunies dans un fichier commun ce qui permet à toute l’organisation d’être en mesure de combiner ces données aux leurs afin de réaliser un modèle BIM commun et de le contrôler.
C’est ce niveau de BIM que le gouvernement britannique a imposé aux marchés publics pour 2016.

Niveau 3 : C’est l’objectif ultime que l’on souhaite atteindre lorsqu’on parle de BIM. Il représente une totale collaboration entre tous les acteurs par l’intermédiaire d’un modèle unique de projet partagé et centralisé. Toutes les parties peuvent accéder et modifier ce modèle qui possède l’avantage d’éliminer toutes les informations contradictoires.
Ce niveau est également connu comme « Open BIM ». Le gouvernement britannique souhaiterait imposer cette norme dans le secteur public pour 2019.

Et la France dans tout ça ?
Cécile Duflot a communiqué dans le Moniteur que le gouvernement « va progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017 ». La France a donc pour intention de s’aligner avec le Royaume-Uni dans le domaine du BIM dont les objectifs sont cruciaux : construire moins cher, plus vite et obtenir plus de parts de marché.

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L’Europe se met au BIM !

“Pour les marchés publics de travaux et les concours, les États membres peuvent exiger l’utilisation d’outils électroniques particuliers tels que des outils de modélisation électronique des données du bâtiment [BIM] ou des outils similaires.“
(Extrait de la directive européenne sur les marchés publics du 15/01/2014)

Building-information-management-in-BIM-environment

Qu’est ce que le BIM ?

Le Building Information Modeling est un processus de gestion et de rassemblement de données. C’est en général une maquette d’un logiciel 3D, permettant la mise à disposition de nombreuses informations pour tous les acteurs d’un projet, de la conception à son exploitation.

L’Europe incite à adopter le BIM

Depuis 2007, des agences gouvernementales de certains pays européens, dits « pays nordiques », comme le Danemark, la Finlande et la Norvège, ont exigé l’utilisation du BIM dans la réalisation des projets de leur pays.
Un peu après, c’est la Grande Bretagne qui a lancé une réforme BIM afin de réduire de 20% les coûts liés à la construction des ouvrages publics.
Et c’est donc en 2014 que le parlement Européen a voté une directive incitant les gouvernements à utiliser le BIM.
L’adoption de cette directive signifie que les 28 Etats membres ont la possibilité de sensibiliser ou d’imposer l’usage du BIM pour la construction de leurs projets.

Le BIM en France

Cécile Duflot,  ex-ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, a annoncé que le gouvernement Français allait « progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017. »
En se basant sur les expériences du BIM dans le monde, on constate que les réformes ont été appliquées sur une petite échelle avant de s’étendre à l’ensemble du territoire.
C’est ainsi que la Ministre, et le gouvernement Français, prévoit la nationalisation du BIM d’ici 2017.

Vers une utilisation mondiale ?

L’utilisation du BIM existe déjà en dehors de l’Europe, notamment aux Etats-Unis et en Asie (Hong Kong, Corée du Sud, etc.). L’essor de ce système est donc l’occasion pour l’Europe de tirer vers le haut le reste de la construction dans le monde.

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