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BIM Processus. Révolution technologique ou Révolution culturelle ?

Les conséquences du processus BIM sur les pratiques entre acteurs d’une opération de construction. Révolution technologique ou Révolution culturelle ? Exemples de collaboration innovante.

La mise en place du BIM au sein des projets modifie fondamentalement la manière de travailler ensemble et désectorise la production. Deux leviers forts dirigent cette mise en place : la technologie et les processus. La technologie suscite de nombreux débats. Souvent l’acteur de l’acte de construire est perdu face à la profusion et au perpétuelle renouvellement des outils proposés. Comment faire le tri ? Comment savoir quel outil est adapté et pour quel besoin ? Et si la porte d’entrée était ce deuxième levier, moins souvent exploité et passant comme secondaire. La réelle innovation structurante ne se situe-t-elle pas dans la stratégie d’élaboration des processus ?
Cela fixe le pourquoi et le but des enjeux et resitue chaque acteur (maître d’ouvrage, maître d’œuvre et maîtrise d’usage) dans le process de production, qui ne forme plus qu’une seule et même unité.

La refonte, voir l’introduction, du travail collaboratif implique un changement de mentalités vis-à-vis des manières de faire traditionnelles. Pour que cela soit efficace, ce changement doit s’opérer aux niveaux de l’ensemble des acteurs. De nouveaux usages et des changements de comportements sont à créer. Une véritable rupture des pratiques doit être pensée, expliquée et assimilé.

Le management collaboratif est mis en avant comme un levier majeur. Actuellement le monde de l’entreprise est soumis à de nombreux bouleversement, or dans ce paysage, une notion émerge, l’holacratie. Elle apparaît comme une nouvelle technologie managériale pour redonner du sens à la pratique de chacun.

Qu’est-ce que l’holacratie ? Il s’agit de donner le pouvoir de gouvernance à l’organisation elle-même plutôt qu’aux personnes, mettant fin à la logique donneur d’ordre/exécutant et permettant de donner plus d’agilité au processus de conception.

L’organisation est structurée en cercle. Chaque cercle est à la fois autonome (« auto-organisé ») et interdépendant de l’ensemble. L’auto-régulation des tensions et les prises de décision se font à travers un système de « réunion en intelligence collective ». Elles sont de deux types : stratégique/de gouvernance (« comment s’organiser ? ») et opérationnelles (« que devons-nous faire ? »). Au sein de chaque cercle des rôles sont définies. Puis les rôles sont affectés collégialement et peuvent être redistribués à chaque projet ou à différentes phases du projet. Deux rôles sont présents dans chaque cercle : un rôle d’animateur, le « lien leader » et un rôle de porte-parole vers les autres cercles, le « lien représentant ».

L’objectif est de « faire émerger l’essence, la capacité d’innovation et le potentiel collectif de l’organisation en la libérant des peurs et de leurs inhibitions ». Les atouts majeurs sont une plus grande créativité par une meilleure collaboration, plus de souplesse apportée au processus décisionnel et une implication accrue de chaque acteur.

Des groupes de travail voient le jour en ce sens. Notamment le groupe Wikibuilding, qui met en connexion l’ensemble des acteurs de la ville. Le collectif est « pensé comme une plate-forme d’innovations architecturale et sociales permanentes (…) s’appuyant sur un état d’esprit et des notions liées aux transformations numériques : l’intelligence collective et l’innovation ouverte.(…) ». Leur idée est la suivante : «En travaillant sur l’hybridation des opportunités méthodologiques du numérique (méthodes agiles, conception itérative et réflexive, réversibilité…), les Wikibuildings ouvrent une voie vers des villes ouvertes et contributives.
Ce sont des plateformes ouvertes qui permettent aux gouvernements, aux professionnels et aux chercheurs non seulement de se connecter aux initiatives, mais de les comprendre, de les cultiver et de s’en servir comme effets de levier pour défendre l’intérêt public »

Ce qui se joue dans la mise en place de processus BIM va au-delà d’une révolution technologique et tiens plus d’une révolution culturelle.

WEBOGRAPHIE

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/le-travail-collaboratif-nouveau-graal-des-entreprises-557076.html

http://www.webmarketing-com.com/2015/06/09/38285-innovation-de-rupture-incrementale-meilleure-strategie#sthash.CKDcFv5L.dpuf

http://www.journaldunet.com/management/expert/63797/construire-la-collaboration-en-misant-sur-l-intelligence-collective.shtml

http://wikibuilding.io/#concept

http://www.journaldunet.com/management/expert/63897/holacratie—une-revolution-en-marche.shtml

http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/management/5-choses-a-savoir-sur-l-holacratie_1675855.html

https://www.colibris-lemouvement.org/agir/guide-tnt/instaurer-une-gouvernance-ecologique-dans-une-organisation-avec-lholacratie

http://www.4tempsdumanagement.com/4-47-L-entreprise-liberee-dans-tous-ses-etats-Sociocratie-Holacratie-Ricardo-Semler-Service-Management-Comment-s-y_a6032.htm

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Le BIM : une révolution en marche

Dans le cadre d’un projet de MOOC sur le BIM, nous avons travaillé en groupe afin de dégager les principaux enjeux relatifs à ce nouveau support de travail révolutionnaire dans le BTP, dans le but de déterminer les intérêts et les objectifs d’un cours en ligne, ou MOOC.

Un MOOC, ou cours en ligne ouvert aux masses, permet une formation interactive via un support intranet, et ce dans le but de mieux s’adapter aux attentes et niveaux de chacun. Nous ne présentons pas le BIM, outil de communication permettant à chaque intervenant sur un projet de BTP d’avoir accès à une multitude de données et d’informations, et ce de la conception jusqu’au la livraison du produit, en passant par toutes les phases de réalisation.

En tant qu’élèves ingénieurs de l’ESTP, nous avons reçu un enseignement très axé sur la construction, d’un point de vue technique d’abord puis d’un point de vue plus organisationnel et managérial dans un second temps. C’est dans ce contexte qu’il est intéressant de se poser certaines questions relatives à ce MOOC :

  • Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Tout d’abord le BIM permet par définition de définir et simuler le bâtiment, sa livraison, son exploitation, et ce en regroupant toutes les données d’un cycle de vie complet du bâtiment. En tant qu’élèves de l’ESTP les enjeux sont nombreux.

En effet nous avons eu l’habitude depuis le début de notre formation d’avoir des disciplines bien dissociées et séparées en matières, bien que concernant pour la plupart de nombreuses notions communes relatives à la construction. Ainsi à chaque matière son partiel, sa notation, etc., ce qui fait que nous avons des difficultés à recouper, à corréler et à rassembler toutes ces informations pour en faire une base utile à notre futur métier. Or le BIM permet justement une certaine centralisation des données, regroupant les plans d’architecte avec les plans techniques, les études de prix avec les métrés, et ce de manière interactive au sein d’animations 3D. Ainsi il est intéressant de dégager un premier enjeu pour les jeunes futurs ingénieurs que nous sommes, celui d’avoir une certaine vue globale d’un chantier, afin de comprendre que chaque discipline est forcément reliée aux autres : que les plans de fondations n’ont pas de sens s’ils ne sont pas liés à une étude de prix des différents types de semelles ainsi qu’à un métré des quantités nécessaires en béton armé ou en armatures, par exemple. Par expérience, du fait de notre formation nous avons pu expérimenter pendant notre stage de deuxième année que nous reproduisons le même schéma sur le terrain qu’en cours : nous voyons les différents aspects du rôle de conducteur de travaux comme différentes matières, et avons ainsi du mal à trouver un dénominateur commun aux très multiples tâches qu’un conducteur est amené à entreprendre. Contrairement à l’ouvrier, son rôle n’a en effet aucun sens s’il n’a pas une vision globale du chantier, et c’est dans cet intérêt que le BIM présente un enjeu crucial, relatif à l’un de ses atouts que l’on peut désigner : une plus grande clarté des informations.

Cette plus grande clarté peut ainsi nous apporter une aide précieuse en terme de communication : Arnaud témoigne que lors de son stage, son peu de connaissances du terrain et de la technique propre au chantier sur lequel il était ont entrainé une longue période de deux semaines pendant laquelle il a dû s’approprier les plans, éplucher les documentations techniques, analyser les plans détaillés et ainsi feuilleter un bon nombre de classeurs très épais et pas forcément très lisibles. L’avantage du BIM, en créant une maquette numérique 3D avec une approche objet, est de créer une véritable interface permettant de faire interagir les différents objets entre eux, et ainsi permettre à des novices dans le métier de s’approprier rapidement les caractéristiques d’un chantier, et ce de manière intuitive et donc relativement simple.

Cet atout de communication est également un atout pour n’importe quel intervenant sur un bâtiment, architecte et maitrise d’œuvre, maitrise d’ouvrage ou encore sous-traitants. Il permet en effet de prévenir les problèmes potentiels relatifs aux différents corps d’état, et peut ainsi constituer un véritable socle de communication pour tous. Ainsi la connaissance du BIM peut constituer pour nous en réel avantage.

On peut également dégager 2 autres atouts principaux de cet outil révolutionnaire : le gain de temps et celui d’argent (qui lui est intimement lié d’ailleurs). En effet comme nous avons pu le voir lors de nos stages, la maîtrise des délais et des coûts fait parties des contraintes les plus importantes pour un responsable sur un chantier, et cet outil permet d’y répondre presque de manière automatique. En effet les différents objets de la maquette possédant une certaine « intelligence » intrinsèque, peuvent interagir entre eux, afin de prévoir n’importe quel problème de coordination entre différents corps d’état, ou simplement mettre en lumière puis modifier automatiquement un défaut technique sur un objet quelconque, qui pourrait nuire à l’ensemble de la construction. Ce règlement des différents défauts de construction en amont lors de la phase de conception permet de gagner des délais considérables sur les méthodes traditionnelles, ou la plupart du temps la construction est loin de se dérouler comme c’était prévu. A titre d’exemple Ronan a pu faire l’expérience d’une gaine technique se trouvant au même endroit qu’un dégagement d’évacuation EP. Cet incident a fait perdre beaucoup de temps au chantier et aurait été évité en utilisant le BIM. Ainsi les imprévus et impondérables habituels d’un chantier peuvent pour la plupart être supprimés via ce support.                                                                     Tout le monde connait l’adage « le temps c’est de l’argent », et il est vrai qu’un gain de temps sur un projet est presque automatiquement synonyme d’économie des dépenses. Mais au-delà de cette corrélation le BIM peut et doit permettre d’économiser de nombreuses dépenses, liées justement aux opérations de communication ou à l’élaboration de supports supplémentaires facilitant la communication entre les différents intervenants. Ainsi ces gains de temps et d’argent liés au BIM peuvent beaucoup nous apporter, car en tant qu’élèves ingénieurs les entreprises comptent sur nous pour assurer une relève managériale sur les chantiers, et cette connaissance du BIM dans un profil constituera une véritable mine d’or pour elles.

Ainsi le BIM peut m’apporter une meilleure connaissance des tenants et aboutissants relatifs à mon métier de terrain, peut m’apporter une plus-value vis-à-vis de l’entreprise en terme de temps et d’argent, et peut également m’apporter de nombreux avantages en terme de communication avec les différents intervenants avec qui j’aurai l’occasion de travailler.

Cependant il existe également certaines limites relatives au BIM : une certaine impersonnalisation dans la manière de manager un projet, en se basant uniquement sur la maquette sans forcément voir plus loin. Cette mise en garde doit nous convaincre de l’utilité d’encadrer l’utilisation du BIM afin d’éviter toute dérive.

 

  • Comment ça fonctionne ?

La mise en place de l’outil BIM au sein des entreprises requiert une certaine connaissance de son fonctionnement. Nous ne pouvons parler d’un point de vue purement technique dans la mesure où nous n’avons pas les connaissances necessaires. Cependant l’on peut tout de même s’intéresser aux processus relatifs au BIM.

Le pilotage du projet BIM pourra être réalisé par le BIM manager, dont le rôle doit être de coordonner les différents niveaux de la maquette numérique et de gérer les interactions avec les parties prenantes du projet. En effet cet outil peut rapidement être mal utilisé si chacun l’interprète à sa manière en se référant à sa spécialité. Ainsi un manager est indispensable pour homogénéiser l’ensemble des personnes concernées par le projet avec l’outil informatique, afin de garantir une parfaite clarté dans son utilisation.

L’utilisation du BIM se doit avant tout d’être interactive. Ceci justifie d’ailleurs l’utilisation d’un MOOC pour son enseignement. En effet cet outil informatique doit pouvoir permettre d’échanger, de discuter, de modifier certains éléments ou encore de défendre certaines solutions, et ainsi il ne peut pas se résumer à une simple interface informatique. Ainsi chaque utilisateur doit être bien formé afin de comprendre les spécificités de l’outil mais également dans le but d’en faire une utilisation à bon escient, en lien avec les autres (BIM 7D).

 

 

  • Qu’est-ce que ca va changer pour moi ?

Arrivés en 2013 à l’ESTP, nous n’avions pas alors conscience de la révolution que constitue l’adoption du BIM par les entreprises. Cependant celle-ci va changer beaucoup de choses pour nous.

Le monde est dans une évolution constante, à chaque jour surgit une nouvelle technologie, des nouvelles manières de construire, d’optimiser les recours, d’améliorer la qualité de production et ainsi logiquement la qualité des ouvrages.

L’évolution constante en terme de technologie fait que les ingénieurs cherchent de plus en plus de moyens informatiques permettant de simplifier le travail et de le rendre davantage pratique. Ainsi l’évolution de l’ingénierie par le biais de l’informatique est très importante de nos jours. Il est donc nécessaire de bien maîtriser ces deux aspects, la technologie et l’ingénierie, afin de réussir à manier des dispositifs et des programmes qui améliorent le rendement dans l’entreprise. De plus la technologie aide beaucoup dans le secteur du BTP ( on peut prendre pour exemple autocad ou 3Dmax sans lesquels il serait impossible de répondre aux demandes du client et aux obligations qui en découlent. Le développement de cette branche n’est pas forcément dans le secteur de la programmation mais également dans des machines qui économisent le temps et l’effort des ouvriers. L’influence qu’ont pu avoir les progressions technologiques dans l’actuel génie civil ont ainsi permis de faciliter le processus et de l’optimiser.

Ainsi on en vient au BIM : ce logiciel est avant tout un outil qui doit pouvoir mettre en valeur le travail des professionnels. Avec son aide, ce dernier peut consacrer plus de temps à la conception du projet. Plus qu’un logiciel de dessin 3D, cette plate-forme implique une nouvelle manière de penser le projet, et ce spécialement dans le processus de celui-ci : par le biais du 3D, les murs par exemple ne sont plus de simples murs, mais créés comme un volume ils sont associés de manière immédiate aux matériaux le composant. Ainsi il sera possible de connaître la quantité en briques, le volume de mortier et l’aire de la peinture que ces murs consomment. Si un prix est associé à cet objet, on crée simultanément le budget du projet.

Un autre aspect très intéressant réside dans le fait que le dessin technique soit préparé en parallèle. Ainsi les matériaux qui composent les éléments du dessin ont des propriétés graphiques qui se montreront automatiquement sous de diverses formes, que ce soit dans la vue en plan ou en élévation.

Cependant, l’actualisation et la coordination des éléments reste très lente ! Ainsi tous les changements dans le modèle doivent être réalisés par un service technique, créant un retard sur une partie du projet qui se doit d’être rapide grâce au BIM justement. Cet inconvénient sera principalement remarquable lorsqu’on se trouve sous pression, pouvant occasionner certains conflits ou tensions.

On peut donc retenir que le BIM va, pour nous, complètement chambouler notre manière de penser un projet.

D’un point de vue professionnel, le BIM change également de nombreuses choses dans la répartition des rôles entre les différents métiers. Si les métiers liés à la programmation sont de plus en plus indispensables dans les entreprises, ils restent tout de même limités dans le secteur du BTP et ainsi les nombreuses perspectives qu’offre le BIM apportent également de nouveaux futurs postes à pourvoir, notamment dans la branche technique des entreprises. Ainsi les techniciens BIM deviennent petit à petit indispensables pour un projet, et nous-mêmes pouvons remarquer que les offres de stage relatives au BIM sont de plus en plus nombreuses. Il convient cependant de faire attention à ne pas construire des sociétés automatisées, ou le BIM serait roi pour manager un projet. En effet nous ne pourrons jamais remplacer un bon architecte, ou un bon bureau d’étude, un ingénieur travaux ou une maîtrise d’ouvrage. Le domaine de la construction est avant tout un secteur humain, et c’est là que doit être sa priorité. Ainsi nous voyons le BIM comme un moyen de perfectionner, de soulager et de compléter le travail fourni par les différentes équipes sur un projet, sans toutefois constituer un moyen de remplacement. Tout l’enjeu de cette technologie se base sur la manière dont on doit l’appréhender : comme un outil et non comme une fin en soi.

En revanche la manière de travailler des différents intervenants sur un projet devra radicalement changer, et ce dans le but d’intégrer le BIM dans les process de management et d’ingénierie.

  • Comment faire pour y aller ?

D’un point de vue plus opérationnel, il est d’actualité de définir les modalités de la mise en place du BIM et de sa formation. Ainsi, dans un premier temps il convient de mettre en place des méthodes de formation rapides et efficaces permettant aux futurs ingénieurs de se mettre à jour. Dans ce but, un MOOC est une manière efficace de permettre aux élèves de s’approprier le BIM tout en utilisant son caractère interactif pour permettre à des élèves ingénieurs de s’adapter à la formation en fonction de leurs connaissances du sujet. Une application concrète dans le cadre d’un projet fictif pourrait être alors une bonne méthode pour s’approprier les différentes techniques.

Comme toute révolution technologique, la mise en place du BIM dans les entreprises n’est pas chose facile. Ainsi il conviendrait d’organiser des sessions de formation afin de sensibiliser les professionnels sur son utilité dans un premier temps, puis sur ses modalités de fonctionnement ensuite.

 

Ainsi nous pouvons voir que l’utilisation du BIM est une réelle révolution dans les méthodes de management et d’organisation de la construction. Cependant celle-ci a ses limites, et il est indispensable que les différentes formations mettent l’accent sur une bonne matière de l’utiliser. Il y a en effet plusieurs centaines de manières d’utiliser le BIM, mais seulement certaines seront utiles pour permettre aux entreprises de gagner en terme de réduction des coûts, des délais, et amélioration de la communication et de la clarté des informations sur un chantier.

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To BIM or not to BIM ?

Le BIM a été lancé il y a une vingtaine d’années aux Etats-Unis. Développé depuis quelques années en Europe, il est prévu qu’il soit rendu obligatoire pour les projets publics d’ici 2017 selon une mesure du gouvernement français. On en parle comme l’outil qui révolutionne la conception et qui permet de nouvelles possibilités architecturales.

Cet article a pour objectif de vous présenter le BIM et ses avantages, ainsi que les changements qu’il induit dans la façon de concevoir des projets.

 

I. Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

  • Qu’est-ce que le BIM ?

Le BIM n’est ni un logiciel, ni une maquette numérique, mais plutôt… une méthode de travail. On trouve plusieurs définitions de BIM sur Internet. Néanmoins, nous préférons retenir celle du National Institution of Building Sciences : «  le BIM est la meilleure idée possible d’un modèle numérique d’un bâtiment que ce soit au niveau de sa forme ou de ses fonctions. Mais c’est également une base de données partagée entre les différents intervenants pendant toute la durée de vie du bâtiment: de sa conception à sa démolition ».

D’une manière générale, on peut décrire le BIM comme un « ensemble des processus et méthodes mises en œuvre pour organiser et structurer les informations relatives à un ouvrage de construction, projeté sous forme d’un modèle exploitable. »

  • Quels sont ses avantages ?

Tout d’abord, le BIM permet d’améliorer la communication de son projet. La maquette numérique est un objet relativement facile à utiliser où on peut percevoir de manière claire la profondeur et la hauteur. Par exemple, sur un dessin classique type CAO (AutoCAD), il est difficile de se représenter l’aspect final d’un hall d’entrée tandis qu’avec la maquette numérique, l’utilisateur peut voir l’aspect final de l’ouvrage. Tous les intervenants peuvent connaître les caractéristiques de chaque ouvrage (volume, taille, fabricant, …) en cliquant dessus. On vogue vers une centralisation de nombreuses données détaillées dans une seule maquette ! Par ailleurs, le BIM offre la possibilité de travailler sur une maquette pouvant allant jusqu’au 7D : de la conception et coordination à l’exploitation et la maintenance, en passant par la planification, l’estimation de prix et les données fournisseurs.

La maquette numérique permet à tous les intervenants de corriger les éventuels conflits de conception avant la construction. La maquette étant unique, tous les intervenants ajoutent au fur et à mesure leurs « ouvrages » et peuvent tout de suite vérifier les incohérences avec un autre intervenant. De plus, elle permet une optimisation de l’utilisation de l’énergie, de l’eau, des matériaux en se basant sur des études énergétiques et environnementales intégrées et détaillées.

Enfin, la conception est beaucoup plus souple. Avec le BIM, il devient aisé de redimensionner des ouvrages, de modifier la conception. En effet, une modification de conception de la maquette se retranscrira dans tous les plans du modèle. Le gain de temps est considérable comparé à une méthode CAO classique, chaque plan est alors « mis à jour » en temps réel. La productivité en ressort améliorée.

  • Quels sont ses inconvénients ?

Le coût… De fait, plusieurs entreprises hésitent à franchir le pas en raison de l’offre coûteuse des outils. Les entreprises doivent acheter les licences avec un coût unitaire moyen de 4000 euros et parfois doivent remettre à jour leur parc matériel pour utiliser ces outils. En outre, l’utilisation du BIM requiert une période d’apprentissage non négligeable. La transition est coûteuse, les professionnels du BTP sont réputés traditionnels, il n’est guère aisé de changer leur habitude de travailler avec des plans.

Se pose ensuite le problème de la gestion des droits. En mettant en place un modèle collaboratif, il est indispensable de mettre en place des limites selon chaque intervenant. Un sous-traitant ne pourra pas, par exemple, modifier le positionnement d’un ouvrage d’un autre intervenant. Il en va de même pour l’accès à l’information. Pour ne pas noyer les différents intervenants de données qui lui seraient inutiles, le responsable BIM devra alors gérer les informations accessibles de chaque intervenant.

Par ailleurs, le BIM nécessite plus de travail avant le début des opérations. Maintenant, tous les intervenants doivent renseigner leurs travaux en amont de la construction dans la maquette numérique pour pouvoir détecter les conflits.

Enfin, se pose en également le problème de l’interopérabilité des logiciels. De fait, les logiciels BIM sont nombreux : REVIT, TEKLA, CADWorks, ALLPLAN et chacun est plutôt spécialisé dans un domaine : réseau, structure… Ces logiciels ayant leur propre format de fichier, il est impossible de les utiliser sur un même modèle naturellement.

  • Les retours des professionnels sont-ils positifs ?

« A nos yeux, la solution BIM n’est pas une technologie de modélisation 3D. Le BIM, c’est un processus qui inclut une interaction avec les clients, mais également au sein de l’équipe de conception des projets. La solution BIM est au cœur des informations du projet. »

Norb Howell, Responsable BIM chez Gannett Fleming.

« Nous discutons avec les clients des avantages que la technologie BIM nous permet d’offrir… tels que des conceptions plus claires, des délais réduits et un environnement mieux construit. »

Tomislav Žigo, Directeur de la conception et de la construction virtuelle chez Clayco

« L’outil 3D a joué un rôle essentiel pour remettre en cohérence les enveloppes architecturales avec les faisabilités des structures, le dialogue avec le maître d’œuvre s’est amélioré et la convergence de nos points de vue a été immédiate. Avec des outils traditionnels, nous nous serions aperçus trop tardivement de nombreuses problématiques géométriques. »

Jean-François Scheidt, Directeur du projet pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France – Ouvrages Publics à propos de la construction de la Philharmonie de Paris

 

II. Comment « ça » fonctionne ?

  • Comment le BIM « voit » les choses ?

Le BIM est une conception orientée objet. On parle alors d’objets métiers pour désigner les « données » du BIM. Un objet métier se caractérise par une identité, un but, des attributs et des relations qu’il entretient avec d’autres objets. Prenons par exemple, un mur : il a un volume, des dimensions, il est en béton et relie le plancher bas du R+1 au plancher bas du R+2.

  • Concrètement que doit-on faire ?

Chaque acteur (Architecte, Bureau d’Etudes, Electricité, Plomberie…) intervient à un moment différent dans le BIM. Chacun a un référent BIM qui l’aide dans la conception.

De fait, à partir des plans de la Maîtrise d’Ouvrage, l’Architecte, les Bureaux d’études, les Entreprises conçoivent leur propre modèle BIM avec leur logiciel BIM qui est souvent différent des autres acteurs. Chaque référent BIM envoie ensuite son modèle au BIM Manager du projet. Ce dernier a la responsabilité de créer une plateforme collaborative de tous ces modèles et de détecter les éventuels conflits. Il les remonte ensuite aux référents BIM respectifs pour corriger ces erreurs.

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  • Quel est le processus du BIM ?

On entend par processus la succession d’étapes qui aboutissent au projet de construction.

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III. Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

L’intégration du BIM dans une entreprise permet une communication sur le projet et un échange d’informations accrus. La plateforme unique collaborative de travail révolutionne la façon de mettre en commun les savoirs de chaque intervenant sur le projet : le maître d’ouvrage, l’architecte, le bureau d’études techniques et l’entreprise. Pour les coordonner, un BIM Manager est nécessaire.

 

  • Comment le processus de réalisation est-il impacté ?

La phase conception acquiert une place beaucoup plus large dans le processus de réalisation du projet : l’imagerie du projet étant nettement améliorée, la réalisation des plans 3D impose une vérification constante et par tous les intervenants de la coordination des différents éléments et réseaux qui s’inscrivent dans le bâtiment ou l’ouvrage d’art. Cependant, la maquette n’est plus un simple outil de conception : c’est également un outil de production, car elle contient les éléments prescris par la maîtrise d’œuvre.

La création du modèle de la structure rend favorable  la recherche de solutions alternatives. Il n’est plus nécessaire de repartir de zéro à chaque nouvelle proposition.

 

  • Comment fonctionneront les différents intervenants avec la maquette 3D ?

Les bases de données des différents logiciels existants tendent à s’uniformiser, ce qui permettra à chaque corps de métier d’obtenir les éléments caractéristiques propres à leurs besoins sur un objet commun à l’ensemble des intervenants. A l’inverse, la création d’un nouvel objet par l’architecte permettra à ces derniers d’entrer les caractéristiques  qui leurs sont nécessaires pour cet objet. Ainsi, tout utilisateur de la maquette sera en mesure d’intervenir de manière partagée, pour faciliter les échanges d’informations nécessaires à la bonne évolution de la conception. La collaboration en amont des projets permet aux acteurs de s’enrichir des apports et de la valeur ajoutée des uns et des autres. Le BIM améliore la compréhension de l’ouvrage de tous les acteurs. Ces derniers, grâce à cet outil, arrivent à anticiper les difficultés engendrées par un choix à chaque étape d’une opération.

 

  • En quoi va consister la mission du BIM Manager ?

Ce n’est pas lui qui réalise ou conçoit le modèle 3D. Il doit vérifier que les intervenants du projet renseignent correctement la maquette numérique, en accord avec le programme de la maîtrise d’ouvrage. Il doit coordonner les différentes personnes travaillant sur le modèle, c’est-à-dire qu’il doit faire une synthèse des éléments contradictoires dans la maquette et  donner ses instructions aux intervenants concernés pour qu’ils modifient leur conception le cas échéant.

 

 

IV. Comment faire pour y aller ?

Le passage au BIM doit se faire de manière globale dans l’entreprise : il ne s’agit pas d’équiper les postes de travail de quelques équipes de la société, comme la DSI ou la R&D, mais bien de l’ensemble des postes de travail. Une des méthodes d’implantation est la suivante :

 

Définir des perspectives claires. La direction de l’entreprise a la tâche importante de présenter sa vision du développement du BIM à l’ensemble de ses entités (commerciale, opérationnelle…), puis la stratégie d’implémentation qui répondra le mieux à ses besoins. Les perspectives doivent rassembler toutes les entités, sous formes d’étapes, pour se rendre compte de l’avancement face à cet important changement.

 

Créer une équipe responsable de l’implantation du BIM. Les différentes entités de l’entreprise doivent être en mesure de voir les progrès liés à leur secteur propre, de manière à conserver leur enthousiasme vis-à-vis du changement. C’est pourquoi la communication de l’équipe de gestion du BIM doit être performante : médiatisation du progrès, retour d’expérience sont les clés d’une bonne communication. Cette équipe devra organiser des formations au BIM, pour favoriser son implantation au sein de l’entreprise et pour motiver les professionnels.

Le passage au BIM a une incidence contractuelle entre les parties prenantes d’un projet, l’équipe BIM a donc la responsabilité de se pencher sur ces questions pour favoriser une bonne transition. Il est également nécessaire de procéder à des contrôles et des audits internes pour s’assurer de la bonne pratique de l’outil BIM.

 

Faire évoluer progressivement l’entreprise vers le BIM. Le fonctionnement d’une entreprise est souvent défini depuis plusieurs années, cela peut s’avérer difficile de le modifier pour qu’il s’adapte au BIM. Certains domaines clés sont à prendre en considération. Il est nécessaire d’aligner les objectifs de l’entreprise avec les avantages qu’apporte le BIM, de définir les méthodologies d’utilisation des logiciels ainsi que les processus de gestion des projets avec la maquette numérique, et enfin de gérer les différents systèmes de l’entreprise vers le passage à la transmission d’informations via le BIM.

 

 

Le BIM est donc plus qu’un simple outil, c’est une vraie méthode qui améliore la conception et la réalisation de projets de construction. Son côté très visuel est un atout conséquent pour les études, son côté numérique présente une réelle opportunité de progrès pour le patrimoine architectural. Il s’agit donc de considérer le BIM comme un vecteur privilégié d’une meilleure constructibilité.

Il est nécessaire que les entreprises de construction et les bureaux de maîtrise d’œuvre se procurent le matériel informatique et qu’ils se forment à l’utilisation du BIM, afin de proposer des projets encore plus grandioses et de concurrencer les autres grandes entreprises internationales. Alors, qu’attendons-nous ?

 

 

Bibliographie :

http://www.graphisoft.com/archicad/open_bim/about_bim/

http://www.thenbs.com/pdfs/What_BIM_is_and_how_it_is_being_used.pdf

http://www.batiment-numerique.fr/le-bim/presentation-bim.htm

http://objectif-bim.com/

http://www.batiment-numerique.fr/le-bim/presentation-bim.htm

https://www.quora.com/What-is-building-information-modelling-and-what-are-its-advantages-and-disadvantages

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http://www.constructionlawsignal.com/by-subject/design-and-technology/the-legal-risks-of-building-information-modeling-bim/

http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview/customer-qa

http://static-dc.autodesk.net/content/dam/autodesk/www/solutions/building-information-modeling/customer-qa/autodesk_bim_customer_interview_clayco_fr.pdf

http://www.bimgeneration.com/#6rdPage

http://www.teklabimsight.com/what-is-bim/path-to-bim

http://static-dc.autodesk.net/content/dam/autodesk/www/campaigns/test-drive-bim-lp-q4/fr/bim_project_transformer_whitepaper_2015-FR.pdf

http://syndicat-architectes.fr/evenements/bim-la-montee-en-puissance

www.tekla.com/fr/compagnie/quest-ce-que-le-bim

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Un état des lieux des usages des logiciels et Outils BIM en France

Introduction

A la lumière de tout ce qui s’échange sur les différents moyens de communications, un nouvel acronyme appelé «BIM» prend une place importante dans toute l’actualité relative au monde de la construction.

Tout cet engouement au BIM, qui profite des dernières avancées informatiques, introduit de nouvelles méthodes de travail et induit l’émergence de nouveaux et de nombreux outils et logiciels dédiés au BIM que les professionnels utilisent.

En France, le BIM et son usage font leur petit bonhomme de chemin, mais quels sont les outils et logiciels BIM les plus utilisés?

Mais c’est quoi le BIM en deux mots?

bim-image-questLe BIM, acronyme de Building Information Modeling, se dit de ce nouveau mode travail collaboratif, de construire avant de construire  qui nous renvoie vers la modélisation d’une maquette numérique ou l’avatar virtuel , de la construction réelle à réaliser, contenant une somme importante d’informations intégrant les données relatives à son cycle de vie.

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Modèles numériques

Le BIM est à considérer comme un processus de travail, organisé autour d’un ensemble cohérent de méthodes et de techniques faisant appel aux différentes technologies informatiques et solutions logicielles, dont la finalité est de créer une base de données relative à l’ouvrage projeté sous forme d’un modèle numérique en 3 dimensions, en intégrant tous les corps d’états dans la démarche, dès les phases amont des projets.

 

Quels sont les différents logiciels et outils utilisés dans le BIM?

Dans le milieu professionnel, toute une panoplie d’outils et logiciels BIM sont utilisés. Mais pour des objectifs différents. On retrouve ceux utilisés dans la conception (permettant d’encoder des entités ou des données BIM) et ceux destinés à l’exploitation des données BIM déjà encodées.

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Divers métiers impactés par l’usage du BIM

Pour éclairer un peu mes propos, il existe sur le marché des logiciels et outils servant à créer les modèles 3D et encoder les informations nécessaires et les échanger sous un format neutre et interopérable qui est le format IFC, tel que Revit d’Autodesk, Allplan de Nemetschek , Archicad d’Abvent, Tekla de Trimble et AECOsim Building Designer de Bentley.

Comme il existe un nombre important d’outils et logiciels, pouvant exploiter les données des modèle numériques BIM, pour des fins de visualisations, de simulation, de détection d’interférences, comme Navisworks d’Autodesk , Teklabimsight de Trimble DDS-CAD viewer de Nemetschek.

On trouve aussi, sur le marché d’autres outils et logiciels, utilisant les données BIM à des fins de gestion de patrimoine tel ACTIV3D d’économie de la construction comme WinQUANT IFC d’ATTIC et Devisoc de SOC Informatique.

Quels sont les logiciels et outils BIM les plus utilisés en France?

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Outils et logiciels BIM

Dans tout cet amas d’outils gravitant autour du BIM, quels sont ceux les plus utilisés en France (1)?

Tenter de répondre à cette question avec précision n’est, à mon avis point simple, en raison de l’hétérogénéité des pratiques professionnelles, des métiers et en raison de la sensibilité économique de ce type de données.

Néanmoins, de nombreux indicateurs, permettant d’avoir un aperçu global, sans grande précision, sur la pratique et les usages des logiciels et outils BIM en France sont disponibles sur Internet.

Comment sera menée notre quête d’informations?

Un petit tour sur la toile, nous permet, en effet, de remarquer qu’il existe un nombre important de ressources relatives aux BIM, via des Blogs, des forums de discussions, pages WEB personnelles et des tutoriels. Pour démêler ce tas d’information et en faire un ensemble cohérent de données, un travail de veille technologique, doit être mené. De ce coté, un large éventail d’outils et méthodes sont disponible, voici un lien pour en savoir plus .

Mais pour notre petite quête d’informations, l’utilisation du service  «tendances de recherches», proposé par Google est choisi comme moyen. Il permet de restituer les tendances des requêtes de recherches des utilisateurs sur le moteur de recherche de Google et sur YouTube en fonction du temps et du lieu.

Résultats et commentaires

En focalisant notre recherche sur les outils et logiciels encodant les entités BIM, cités précédemment (REVIT, Allplan, TEKLA et AECOsim Building Designer ) sur une période allant de janvier 2012 à mars 2015, sur le territoire français, on aboutit à ces résultats (Web et YouTube).

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Résultats des requêtes sur Google.
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Résultats de la requêtes sur YouTube.

 A partir de ces deux figures, il ressort bien que les mots clés utilisés pour notre enquête sont bien recherchés, ce qui nous renseigne un peu, sur l’intérêt qu’il suscitent.

De plus près, il apparaît que les termes «Revit» et «Archicad» sont les plus recherchés sur le web et sur YouTube, avec un des pics plus significatifs pour «Revit». De ce constat, Revit est-il l’outil le plus utilisé en France? Probablement oui.

A mon avis, seule une étude bien structurée et mieux ciblée, pourra aboutir à des résultats plus précis et plus fiables.

Webographie:

(1): http://www.batiportail.com/bim/metiers.asp

(2):http://objectif-bim.com/index.php/bim-maquette-numerique/le-bim-en-bref/la-definition-du-bim

(3):https://patrimonialisation.files.wordpress.com/2014/03/rapport-pbd-bim-et-gestion-du-patrimoine-tome-1-mars-2014-vf.pdf

(4):http://communautes.idealconnaissances.com/3dbt/public

(5):http://www.lemoniteur.fr/article/le-plan-pour-faire-basculer-le-batiment-dans-le-bim-23974640

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BIM, un pari sur l’avenir?

 Quel est   ce nouveau concept qui se diffuse chez  les  acteurs du bâtiment et des travaux publics?

Le BIM (Building Information Modeling)  est une stigmergie créée afin d’améliorer les échanges entre les professionnels  du BTP.

Ce nouveau processus d’échange représenterait une véritable avancée  dans ces secteurs car il faciliterait la communication entre les acteurs d’un projet par la saisie unique de toutes les informations nécessaires pour qu’elles soient accessibles à tous.

Dans un contexte de mondialisation, cette maquette numérique constituerait également un atout à l’échelle mondiale car le BIM serait plus adapté dans le cadre de collaborations avec des compagnies étrangères qui ne travailleraient  pas sur les mêmes logiciels.

Monsieur Charles Eastman a donc été inspiré en inventant cet innovant outil informatique, mais ce modèle a un coût important qui pose la question du véritable  atout que serait le BIM.

En effet, l’utilisation de cette plateforme implique  de nombreux investissements:

  • des licences de logiciels très couteuses
  • des équipements informatiques très performants

de nombreuses heures de formations pour les futurs utilisateurs.

Pourtant, ces investissements seraient très vite rentables sur l’avenir. L’utilisation de la maquette numérique permettant la visualisation en 3D entraine un gain de temps important par rapport au processus classique. La saisie unique des informations ainsi que la visualisation en trois dimensions sont bénéfique pour le maitre d’oeuvre qui peut mieux conceptualiser le projetet pour le maitre d’œuvre qui peut facilement vérifier la conformité entre contraintes et conception. Cela profite aussi aux économistes et aux bureaux d’étude qui peuvent utiliser directement la maquette des architectes sans avoir à ressaisir les informations. Dans des secteurs où les délais sont tellement important, un tel gain de temps entrainerait une forte réduction des coûts.

Les grandes entreprises se convertissent petit à petit au BIM dans le but de décloisonner les multiples tâches des différents métiers intervenant sur un projet. L’investissement ainsi réalisé sera récompensé comme il se doit dans les années futures et devient même indispensable dans le but d’être toujours plus présent et compétitif sur le marché du BTP.

Cette phase de transition peut prendre encore du temps, notamment au niveau de la formation, mais il est certain que l’utilisation du BIM représente une chance et un avantage à tous les niveaux.

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Le BIM, outil de relance numérique dans le bâtiment ?

Le BIM (Building Information Modeling), ou maquette numérique est un fichier numérique qui contient toutes les informations relatives à un ouvrage durant tout son cycle de vie, depuis sa conception jusqu’à la fin de sa vie, en passant par la construction. C’est une plateforme collaborative qui permet à tous les acteurs de mettre leur savoir-faire en commun pour simplifier la gestion d’un ouvrage, à n’importe quel moment de sa vie. Le rapport remis par l’ambassadeur du numérique dans le bâtiment au ministre du logement le 2 décembre dernier semble indiquer qu’il pourrait constituer un second souffle dans le secteur de la construction en France.

C’est le caractère universel du BIM qui révolutionne les processus de construction partout dans le monde, car il renforce la coopération interdisciplinaire. De plus, la maquette numérique s’embellit au fil du temps, plus les acteurs la complètent pour arriver à un modèle complet permettant de gérer aussi bien la construction que l’entretien et la fin de vie d’un ouvrage.

En Europe, certains pays comme la Grande-Bretagne font la promotion du BIM au niveau politique, en encourageant notamment un usage systématique du BIM, qui reste encore réservé aux projets de très grande ampleur ; le BIM reste en effet un produit coûteux, bien qu’il s’amortisse au fil des années. Les pays nordiques comme la Finlande et la Norvège montrent également des politiques en ce sens.

En France, les grands groupes de BTP commencent à adopter les BIM, cependant, les PME et TPE peinent à mettre en place l’outil, l’investissement initial étant élevé, bien que les économies relatives à l’utilisation d’une maquette numérique soient avérées.

Le BIM est certainement le futur outil incontournable de la construction dans le monde, cependant, pour se développer, il nécessite un effort de la part des politiques, notamment au niveau de la maîtrise d’ouvrage publique et ce pour faciliter son accès aux plus petites entreprises.

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Le BIM au coeur du Centre Aquatique de Saint-Nazaire

Qu’est-ce que le BIM ?

« Une fédération de tous les acteurs autour d’une même maquette numérique »

C’est ainsi que Emmanuel Coste, Patron de l’Agence Coste Architecture, concepteur du Centre aquatique de Saint Nazaire et Lauréat du BIM d’Or, définit le BIM. Loin d’être une simple base de données, le Building Information Model est en réalité une base d’informations enrichie, utilisée par chacun des acteurs d’un projet, de la phase de conception à la phase de réalisation. Derrière cette maquette numérique améliorée se cache un véritable processus de réalisation en temps réel, permettant des représentations en 3D, 4D ou 5D si l’on tient compte du temps et des coûts.

Comment le BIM a t’il révolutionné l’organisation de la construction du Centre Aquatique ?

Si le BIM a apporté une nouvelle dimension à la réalisation du Centre Aquatique, c’est avant tout parce qu’il a permis des échanges interactifs des différents acteurs, de manière virtuelle et donc plus aisée.

« En avant-projet, tout y a été conçu et construit comme sur un chantier »

témoigne les architectes de Coste Architecture. Ainsi, chacun des acteurs à son tour intervenaient sur la maquette pour y rajouter les informations propres à sa spécialité, pour permettre le chiffrage. Les ingénieurs de bureaux d’étude précisaient les différents types de structures métalliques, les ingénieurs thermiques les dimensions de gaines à mettre en place. Cette nouvelle maquette numérique a nécessité une formation du personnel pour créer des automatisations dans l’utilisation du BIM. Une charte BIM a dû être mise en place, notamment pour une normalisation du langage. Les métiers de la construction se sont vus prendre une toute nouvelle dimension : ce n’était plus le rôle des dessinateurs mais des ingénieurs que d’entrer eux même leurs données numériques dans la maquette numérique.

Quels ont-été les impacts économiques ?

L’utilisation du BIM a permis de renforcer la maitrise économique du chantier, en réduisant les risques de perte. Cette nouvelle démarche numérique a offert un panel d’interventions plus large, en réduisant les moyens humains et gagnant un temps considérable sur la phase de conception.

« Le BIM est donc une réelle chance »

conclu Emanuel Coste.

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Le BIM sera-t-il un outil accessible pour les PME et les artisans ?

Nous vivons actuellement un vrai développement des outils numériques dans la filière de la construction en général. Dans un contexte économique tendu, l’arrivée de méthodes d’industrialisation des filières de l’automobile, nous pousse à revoir nos méthodes de conception, dans le but d’optimiser au mieux et de prévoir au plus tôt les différentes phases d’un projet.

Les outils numériques 3D ne sont pas nouveaux dans le bâtiment, mais l’apparition du Building Information Modeling (BIM), en a complètement changé l’utilisation. Ces outils servaient avant tout à une conception artistique dans la construction, dorénavant ce seront des éléments clés. Véritable plateforme de coordination ils permettront de prévoir et d’organiser toutes les phases de chantier. Ils permettront de définir méticuleusement les marchés pour les différents corps d’état. Mais encore plus loin, les plans dessinés avec ces logiciels pourront être réutilisés et suivre la vie du projet et servir dans une réhabilitation. On en arrive même à évoquer la 4D, en rajoutant une échelle de temps intégrée aux logiciels, et de 5D avec une échelle budgétaire pour contrôler au mieux le budget en amont.

On l’a donc vu, le BIM est outil qui regroupe de nombreux logiciels, de nombreuses fonctionnalités sur une plateforme quasi-unique, cela demande donc de nouvelles compétences informatiques. Cette innovation pourrait être comparée aux Eurocodes qui nécessiteront un échange de connaissance contre expérience entre la nouvelle génération d’ingénieur et la précédente. Qui dit nouvelles compétences, dit formations, nouveaux logiciels et nouveaux processus et donc coûts supplémentaires et pertes de rendements. Il est donc normal que les petites et moyennes entreprises (PME) soient d’abord réticentes à ces outils qui semblent compliquer le travail plus qu’autre chose.

Pourtant les PME ont plusieurs avantages face aux grands groupes, la taille de leur structure étant plus petite, il y est plus facile et rapide de développer de nouveaux processus indispensable au développement du BIM. Ces entreprises seront de plus en plus impliquées dans la maitrise de la consommation énergétique des habitations, et le BIM est un formidable outil à ce sujet. Les erreurs de conception n’existent pas que dans les grands projets, le BIM permet de détecter toutes les interférences et de les corriger avant le début de la construction et donc de gérer au mieux le budget. Il devient un support de communication indispensable, le développement des imprimantes 3D ou des lunettes immersives annonce plusieurs nouvelles applications, comme l’utilisation de la réalité augmentée que cela soit avec des lunettes ou une tablette, le client pourra exactement voir comment sera implantée sa future maison et suivre les différentes étapes de la construction. Le gouvernement a de plus annoncé qu’il débloquerait 20 millions d’Euros pour aider le secteur du bâtiment, notamment les PME et les artisans, à se numériser. Les entreprises qui adopteront le BIM seront prêtes et auront un net avantage face à leurs concurrents.

Sources :

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