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Le BIM : porter le BTP hors de l’abîme ou le cash-in 2.0

Deux transitions sont primordiales dans la construction, il s’agit de la transition énergétique et de la transition numérique. Cette dernière se caractérise par le BIM Building Information Modeling ou modélisation des informations du bâtiment ou « incubateur incrémentiel d’informations» www.planbatimentdurable.fr

Le BIM est un processus collaboratif autour d’une maquette numérique. Celle-ci représente la maquette 3D d’un ouvrage avec ses caractéristiques géométriques et comprend aussi des renseignements sur la nature de tous les objets utilisés. Chaque acteur d’une construction utilise et alimente cette maquette avec de nouvelles informations. Cette maquette sera actualisée tout au long de la vie de l’ouvrage (conception, réalisation, livraison et démolition), afin d’obtenir un objet virtuel parfaitement représentatif de la construction.

« Nous croyons beaucoup à la maquette numérique », explique Jacques Chanut, président de la FFB. Mais, insiste-t-il, « nous devons veiller à ce que le BIM soit accessible à moindre coût aux PME et aux artisans et qu’il laisse aux entreprises toute latitude pour apporter leur plus-value technique en phase d’exécution ». L’utilisation du BIM sur un projet aboutit à des gains en matière de productivité, améliore la communication et minimise les conflits entre les différents acteurs de la construction. Il permet aussi de respecter les délais de façon accrue. Le livre Blanc de la Caisse de Dépôt et Consignations sur la maquette numérique identifie lui, le maître d’ouvrage comme principal bénéficiaire de cet outil. On notera donc la possibilité d’économies substantielles tant en réflexion sur le projet, que sur sa réalisation y compris par la synergie entre tous les intervenants. Les corrections sont effectivement beaucoup moins coûteuses en agissant avant la construction, plutôt qu’en cours de chantier, ou même après la livraison.

« Comme l’utilisation d’une méthode BIM permet des modifications rapides et la gestion et prévention des conflits, le danger des défauts de construction est presque complètement écarté. Par exemple, un poteau mal dimensionné dans le parking d’un bâtiment clignotera en rouge dans le logiciel BIM et sera remplacé ou épaissi par l’architecte en quelques secondes (ou quelques heures si l’avis du BET est nécessaire) mais coûtera 10 fois plus cher à remplacer ou renforcer en cours de chantier et pourra coûter 100 plus cher (en argent et en vie!) s’il venait à s’écrouler après la livraison du bâtiment » www.polantis.info

Le but est que le BIM soit utilisé par tous, qu’elle que soit la taille de l’entreprise et du chantier, d’abord dans la commande publique puis privée. L’Union Européenne a modifié les directives relatives aux marchés publics afin d’encourager les Etats à recourir aux outils numériques. En France, La maquette numérique sera obligatoire pour les marchés publics de l’Etat à compter de 2017.

Comme dans tout projet changeant considérablement les méthodes de travail au sein de l’entreprise, les DRH vont devoir, dans les grandes sociétés mettre en place des plans de formations ( pléthore de formations proposées à ce jour avec plus ou moins de sérieux ) et budgéter ces nouveaux coûts. Coûts auxquels il faudra rajouter des recrutements spécialisés pour obtenir un leader, un maître en BIM, l’architecte de la société, capable de mettre en place le BIM. Il reste à valider le soutien financier à apporter aux TPE/PME pour leur permettre accéder à ce nouveau savoir 2.0

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L’investissement dans la démarche BIM

Pouvant se définir par ces termes : Bâtiment et Informations Modélisés, le champ d’application du BIM ne peut se résumer seulement à un simple outil. Il peut prendre la forme d’un logiciel, d’une base de données, d’un processus collaboratif et d’une méthode de Management. Aujourd’hui 82% des professionnels du BTP le considère comme l’avenir du bâtiment. Cependant, une enquête menée par Le Moniteur révèle que l’investissement dans la démarche BIM est considéré comme un frein par 42% de ses lecteurs. Se donner les moyens de développer une stratégie BIM dans le business plan est-il réservé aux plus grandes des entreprises de la construction?

 Kléber Daudin qui travaille avec la suite Building Design d’Autodesk, estime l’investissement initial à 25 000 € par utilisateur comprenant l’achat de la machine, la suite logicielle, la formation du personnel auxquels viennent s’ajouter les renouvellements de licence annuels d’un montant de 1000 € environ. Si ces chiffres peuvent paraître excessifs, il est nécessaire de rappeler les avantages du BIM IFC –Industry Foundation Classes : Format d’échange destiné à l’interopérabilité – : le gain de temps sur chantier grâce à la mise à disposition d’une base commune de données à l’ensemble des acteurs de la construction, l’amélioration de la qualité des ouvrages, le renforcement de l’image de l’entreprise en se démarquant des concurrents, de plus l’utilisation du BIM pourrait réduire les coût de non-qualité et le coût de l’assurance avec une meilleure prise en compte des risques pendant l’exploitation du bâtiment par exemple. Par ailleurs, la société Autodesk affirme que la maquette numérique permet l’innovation créatrice de valeur ajoutée si elle s’inscrit dans une vision globale de l’entreprise et si elle est distincte de la R&D et de l’IT. Plus prospectivement, La FFB -Fédération Française du Bâtiment – souhaite rendre accessible la maquette numérique à moindre coût aux PME et aux artisans et ainsi leur permettre de rentabiliser plus facilement leur investissement. Quant aux rédacteurs du rapport Plan Bâtiment Durable Pierre Mit et Franck Hovorka, ils souhaitent rendre utilisable la maquette numérique pour les travaux d’ouvrages neufs ou de rénovation et la modifier pendant tout le cycle de vie du bâtiment : de la conception à l’exploitation. Ils souhaiteraient également qu’une étude économique soit menée pour mesurer précisément l’impact du BIM sur le coût global du bâtiment.

 En définitive, le BIM marquera grandement l’ère du bâtiment. A l’horizon 2017, il est d’ailleurs prévu que la maquette numérique devienne obligatoire pour la gestion des équipements de L’Etat. Le coût de l’investissement BIM sera certainement compensé par une véritable valeur ajoutée des entreprises et un gain de temps indiscutable. Le BIM, secteur récent et prometteur du BTP, se prête à de nombreuses réflexions notamment en ce qui concerne la confidentialité des données avec la propriété intellectuelle des architectes ou bien encore l’interopérabilité grâce au format IFC.

 Sources :

  • Autodesk : A framework for implementing a BIM business transformation.
  • Batiweb : Bâtiment  2.0 : la  FFB fait de la maquette numérique une priorité
  • Le Moniteur : Faire basculer le bâtiment dans le BIM
  • Le Moniteur : Le  BIM c’est maintenant
  • MediaConstruct : Entreprises du bâtiment
  • Objectif BIM : Le BIM Manager
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