Archives du mot-clé performance énergétique

BIM : Une nouvelle dimension pratique du projet

   Le Building information modeling (BIM) permet une approche complète du projet de sa construction à sa gestion. Les coûts financiers d’exploitation sont intégrés aux coûts de construction, ce qui inscrit le BIM dans une démarche similaire à celle du coût global. Le succimage1ès de cet outil est incontestable, à tel point que l’ex ministre du logement, Cécile Duflot souhaite rendre son utilisation obligatoire dans les marchés publics en 2017.
Le BIM permet tout d’abord un gain de performance et de qualité. C’est une interface d’échanges entre le constructeur et le gestionnaire de l’ouvrage grâce à laquelle toutes les informations (architecturales, énergétique, etc.) sont stockées et modélisées. Les gestionnaires ont donc accès à toutes les spécificités de l’ouvrage et à toutes les informations nécessaire pour en garantir la bonne exploitation et l’entretien. Par exemple, il est possible de visualiser les cheminements d’une gaine et diagnostiquer les clashs possibles. Le gain en performance est permit par la possibilité d’expérimenter les effets de certains dispositifs sur l’ouvrage : il est possible de mesurer l’efficacité de l’amortissement sonore suivant le matériau choisi, ou encore estimer la température interne en fonction des vitrages de façade. Bien au delà de la phase conception, le BIM permet la programmation de l’entretien de l’ouvrage, le remplacement de pièces répertoriées, le chiffrage des consommation. C’est ce que l’on pourrait appeler un carnet de santé de l’ouvrage. L’outil de modélisation connecte constructeur et acheteur en d’autres termes conception et entretien.image2
Une autre qualité intéressante du BIM est le gain économique. Ce principe innovant (dont la méthode du coût global a été le précurseur) tient compte des coûts d’investissement du projet, de son exploitation et de sa fin de vie (recyclage). Ces derniers sont extrêmement corrélés dans la mesure où 80% des coûts d’exploitation sont liés à 20% des coûts d’investissement. Cette démarche s’inscrit dans le long terme puisqu’elle permettra de prolonger les performances du bâtiment au même niveau jusqu’à trente ans après la livraison. L’anticipation et la maîtrise de l’information permettent son exploitation et surtout un gain économique important : 20% sur les coûts de construction et 7% sur les coûts d’entretien.

Share Button

BIM et Enjeux du Développement Durable dans la Construction

Dans un contexte où le secteur de la construction reste un des plus polluants et des plus énergivores (43% des consommations énergétiques françaises), la nécessité d’améliorer, en premier lieu, les processus de conception et de réalisation d’un bâtiment, puis ses performances énergétiques propres au cours de sa durée de vie et enfin l’optimisation et la réutilisation des déchets lors de sa démolition place le Building Information Modeling au coeur d’une appréhension nouvelle du bâtiment. En effet, le BIM, qui est un outil de modélisation 3D du bâtiment intégrant également des données non graphiques telles que les processus de construction et les matériaux utilisés, voire l’organisation du travail au cours du chantier, va agir sur plusieurs leviers et permettre de gérer le projet dans sa complexité, tout en répondant aux exigences environnementales notamment de la RT 2012.

En phase de conception architecturale, il permet d’une part de bénéficier de l’expérience de bâtiments similaires, de pouvoir cerner les spécificités d’un programme et d’y proposer une réponse. Dès cet instant, on peut déterminer des indicateurs tels que l’ergonomie, la luminosité à travers le calcul des surfaces vitrées et leur exposition, la détermination du facteur de lumière du jour, pour un confort à venir et une optimisation des espaces et de l’éclairage naturel. Par ailleurs, le BIM permet la prise en compte du contexte du projet à travers le géo référencement et la connaissance de l’environnement urbain, et favorise donc une meilleure intégration du projet au site.En ingénierie et structure, l’outil de modélisation va permettre de faire des simulations et les analyser pour mesurer dès l’amont du projet les performances énergétiques attendues en fonction des systèmes retenus (chauffage, ventilation, climatisation, type d’isolation thermique, matériaux et équipements prévus, etc) et trouver la solution la plus adaptée.

Une fois le projet défini et les acteurs de la réalisation du bâtiment désignés (lots techniques et architecturaux), la maquette numérique, en augmentant l’interopérabilité des outils informatiques, va permettre une mise en relation efficace de ces différents intervenants, favorisant ainsi le travail collaboratif et évitant les ressaisies. Elle présente également l’avantage de la visualisation immédiate des différents réseaux susceptibles de se superposer, problèmes qu’on continue à rencontrer au cours du chantier aujourd’hui, ainsi que la saisie des différents matériaux et équipements réellement utilisés (références, marques, etc). Par ailleurs en phase construction, le BIM permet un meilleur suivi de l’avancement du chantier et la prise en compte plus immédiate des éventuelles modifications. Il en résulte un gain de productivité qui s’accompagne d’une plus grande durabilité puisque les coûts de non qualité et de réparation ainsi que les risques sont alors diminués, les informations sur le bâtiment étant plus fiables et de meilleure qualité.

En phase d’exploitation, la connaissance qu’on a du bâtiment grâce à cet outil rend possible une gestion intelligente du patrimoine, à court comme à long terme, puisque les informations peuvent être mises à jour tout au long de la vie du bâtiment, et sont rendues accessibles à tout acquéreur ultérieur. On peut donc dresser une “carte vitale” du bâtiment car il n’y aurait alors plus de pertes ou déformations de données dues à l’ancienneté. Ce suivi permet un retour sur le matériel utilisé et sa performance pour améliorer les constructions à venir, mais également de fournir une base de données pour les assurances afin qu’elles maîtrisent mieux les risques liés à la construction.

Enfin, cette connaissance du bâtiment permet, par la connaissance des matériaux utilisés, d’optimiser leur recyclage possible ou, au moins, leur traitement adéquat.

Le BIM dont le potentiel pour répondre aux enjeux du développement durable est perceptible à toutes les échelles de l’acte de construire est donc un outil à développer dans ce sens.

Mots – Clés : Durabilité, Performance énergétique, Interopérabilité, Travail collaboratif, Fiabilité

Share Button