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Le BIM: un outil puissant qui devient indispensable

JESTIN Guillaume
BELIAEFF Nicolas
des MINIERES Stanislas
GUYOT Joseph
B3, groupe 15

 

Le BIM, qu’est-ce que c’est ?

BIM, Building Information Modeling, signifie littéralement « modélisation des informations du bâtiment ». Cependant on constate rapidement que cet acronyme ne désigne pas seulement une simple modélisation des informations mais aussi un modèle de construction collaboratif qui ouvre de nouvelles possibilités d’organisation et de management.

Plus simplement le BIM est un nouvel outil d’aide à la construction qui repose sur une plateforme d’échange collaborative dont la trame est composée de maquettes numériques. Cela a pour effet de donner très vite, au maître d’ouvrage ainsi qu’aux différentes parties prenantes, la vue finale du projet en 3 dimensions et ainsi de les aider à prendre des décisions.

Avec le BIM les échanges d’informations ne se font plus de manière séquentielle. En effet chaque corps de métier est en mesure d’accéder simultanément à une maquette centrale qu’il peut enrichir avec les données concernant son propre métier. Une telle procédure permet non seulement de supprimer les ressaisies mais également de gagner un temps non négligeable en phase d’exécution.

Autre nouveauté, le BIM introduit la notion d’objet. Un objet est un composant élémentaire du bâtiment comme un mur, une dalle, une fenêtre, ou encore une ouverture, un poteau ou bien une poutre. Ces objets sont précisément localisés dans la maquette 3D, cela a pour effet de mettre en valeur les nombreuses relations qui existent entre différents objets (jonctions de murs, remplissage d’ouverture par une fenêtre ou une porte…).

L’utilisation du BIM modifie-t-elle la charge de travail selon les phases de projet ?

L’utilisation du BIM entraine une répartition différente de la charge de travail. La charge de travail va dorénavant être plus importante en amont du projet, on va en effet passer plus de temps dans les phases APS (Avant Projet Sommaire) et APD (Avant Projet Détaillé), et en passer un peu moins dans les phases d’exécution.

Ceci s’explique par le fait que la maquette numérique est créée en phase de conception puis complétée en phase d’exécution. L’architecte et le bureau d ‘étude passent donc beaucoup de temps à concevoir le modèle numérique en intégrant les très nombreux paramètres composant un ouvrage d’art. Ce processus a pour avantage de faire apparaître très tôt les difficultés concernant la réalisation de certains lots du projet ou encore les problèmes de compatibilité de réseaux et de ce fait de trouver des solutions appropriées dès la phase de conception.

Ainsi la phase de conception devient une phase beaucoup plus réfléchie qu’au préalable. Une partie des difficultés rencontrée en temps normal en phase d’exécution sont levées en amont du projet. L’utilisation du BIM permet donc une optimisation des délais de production.

Cependant cette modification de la répartition du temps entre les différentes phases d’un projet soulève de nouvelles problématiques. En effet sachant qu’une partie de la charge de travail habituellement en phase d’exécution est déplacée en phase de conception, il est important de modifier les méthodes de travail et d’ajuster la redistribution de ce travail.

Quel avenir pour le BIM ?

Le BIM n’est pas seulement la tendance du moment, c’est un processus qui va s’inscrire durablement dans le temps et qui va certainement révolutionner l’industrie du bâtiment. Pour s’en convaincre il suffit de citer les très nombreux retours d’expérience positifs concernant l’utilisation du BIM dans un projet de construction. L’exemple le plus probant est peut-être la réalisation de la Fondation Louis Vuitton. Ce projet a pu être mené à bien grâce à une utilisation intensive du BIM. En effet, étant donnée la complexité de la structure, seul un procédé tel que le BIM permettait une visualisation claire des enjeux techniques.

Enfin il est important de souligner les nombreuses perspectives d’avenir du BIM. En effet, à court terme, la maquette collaborative 3D enrichira ses fonctionnalités pour se diriger vers le 4D voire même le 5D. Il sera alors possible de vérifier de façon simplifiée le respect des normes en vigueur, ou encore d’effectuer des calculs de pertes énergétiques ou des simulations de vieillissement de la structure.

Cette évolution répond à une demande grandissante en bâtiments de plus en plus écologiques. Seul le BIM et ses nouvelles fonctionnalités pourront répondre aux nouveaux enjeux énergétiques des bâtiments et trouver des solutions constructives innovantes.

Je suis client, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Le BIM ne présente pour le client que des avantages : réduction des coûts (optimisation et exactitude), du temps de finalisation, de la consommation d’énergie, des déchets, amélioration de la communication entre intervenants, des performances du bâtiment, de la continuité des informations. En tant que client la maquette peut également être utilisée en phase exploitation (notamment pour la maintenance et les performances), ou pour les travaux de rénovation futurs.

Je suis architecte, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Les architectes ont été les premiers à exploiter le principe du BIM. La maquette numérique s’avère très pratique pour concevoir avant le chantier, ce qui permet de se rendre mieux compte de la pertinence des choix architecturaux et de leur fonctionnement avant qu’ils n’aient une implication financière. Franck Gehry par exemple, est un précurseur dans l’utilisation de la 3D pour la conception pour remédier à l’originalité de ses bâtiments. Cela évite les erreurs, permet de sortir des plans 2D instantanément, et d’avoir une idée précise du budget.

Je suis Bureau d’études, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Généralement la maquette transmise par l’Architecte contient déjà les éléments structuraux, ce qui évite à l’ingénieur de refaire le modèle. L’ingénieur a besoin d’épurer les plans de l’architecte pour ne garder que ce qui le concerne pour ses calculs, on évite là encore un nombre incalculable d’erreurs. Les modifications seront rapidement faites et répercutées sur le modèle architectural. Il est à peu près certain que ces modèles seront synchronisés à des logiciels de calcul de structure (ou d’armature) qui une fois choisies pourront être envoyées au fournisseur.

Je suis une entreprise, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Bien que les entrepreneurs aient mis du temps à réaliser que le BIM n’est pas qu’une affaire d’architecte et de bureaux d’études, ces derniers ont désormais fait le pas. Cela permet de se faire une bonne idée du projet avant le démarrage de la construction, de corriger les erreurs. Il est de plus en plus fréquent que l’entreprise se charge elle-même de la réalisation de la maquette sur la base des plans de l’architecte, ou des différentes maquettes numériques. Cette maquette sera utilisée pour planifier le chantier, certaines entreprises l’utilisent même pour déterminer les zones de danger sur le chantier en plus de s’en servir pour les éléments préfabriqués. L’utilisation du BIM responsabilise de plus en plus l’entreprise par rapport à la maîtrise d’œuvre.

Mon entreprise veut faire le pas, doit-elle le faire ?

Maîtriser le BIM ne s’invente pas. L’aisance vient pas à pas mais il est généralement recommandé aux entrepreneurs de ne pas compter sur une opérationnalité complète de leurs équipes avant au moins plusieurs mois d’apprentissage. Il s’agit de « perdre du temps pour en gagner » : si l’investissement semble de taille aux entreprises en terme de temps comme d’argent, les résultats escomptés sont encore plus significatifs : ouverture à de nouveaux marchés, gain considérable de temps, facilitation des échanges entre intervenants…d’autant qu’il sera progressivement obligatoire d’utiliser la maquette numérique et le BIM pour les équipements de l’état à l’horizon 2017.

Comment doit-elle procéder ?

Il y a plusieurs formations proposées : En France, Ignition Formation propose des formations courtes certifiantes sur le BIM. L’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et l’ESTP en partenariat offrent quant à elles un Master Spécialisé BIM : conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures. Certaines universités anglophones proposent également des formations à distance. Dans le cas d’une entreprise il est plutôt conseillé de travailler directement avec un consultant capable d’assurer des courss collectifs aux collaborateurs par une formation interne à l’entreprise. Adapter sa structure à l’utilisation du BIM relève d’un vrai plan de déploiement appuyé à tous les niveaux hiérarchiques d’une structure. Encore une fois, bien qu’une perte de rendement initiale soit à prévoir, les entreprises y trouveront largement leur compte sur le long terme.

Est-ce une révolution ?

Le passage au BIM peut avoir un aspect inquiétant pour les travailleurs de la vieille école : abandon de la technique papier, maquette détaillée et aboutie, nombre important de paramètres et détails : on parle de révolution du BIM, au même titre que le passage du papier à la CAO. Toutefois, cette révolution est bien encadrée avec notamment des standards et autres document normalisés qui doivent être respectés pour une interaction optimale entre intervenants.

Mon entreprise est une PME, cela vaut-il le coup d’y aller ?

A première vue, le BIM parait plutôt dédié aux projets de grande envergure où la collaboration est primordiale en raison du nombre important d’intervenants. Les contrats concernés par le BIM sont donc généralement de gros contrats publics et privés, et impliquent de ce fait rarement petites entreprises ou bureaux d’études. Les couts liés à l’achat des logiciels, à la formation, et l’inévitable perte de rendement initial évoquée en début d’article semblent insurmontables pour les PME. Cependant, si l’on s’y intéresse de plus près, les PME ont leur avantage certain sur les grands groupes. L’adoption de cette technique est par exemple bien plus facile à mettre en place dans une structure à taille réduite où les procédures peuvent être simplifiées au maximum. La marge de manœuvre dans le choix des processus est elle aussi bien plus grande dans une PME, là où les grandes entreprises devront s’affranchir de leurs habitudes pour se plier aux modèles gouvernementaux ou internationaux bien plus complexes. Enfin, les grandes entreprises pourraient être amenées à sous-traiter comme à leur habitude faute de personnel rapidement qualifié pour réaliser leurs projets.

Jusqu’à quelle taille de bâtiment pour le BIM ?

Il n’est pas rare de voir certains entrepreneurs construire un modèle 3D même pour des petits bâtiments, afin de vérifier la constructibilité d’un bâtiment. On peut ainsi imaginer des maquettes BIM même pour les habitations individuelles, qui représentent d’ailleurs une part non négligeable de notre consommation d’énergie. Proposer une maquette pourrait enfin être une spécificité appréciée des clients en vue d’une meilleure compréhension du projet.

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Le BIM, l’outil vert de l’avenir pour la gestion patrimoniale

La modélisation des données de bâtiment, « Building Information Modeling » en anglais, a longtemps été une technologie évoquant la réticence pour les investisseurs. Le BIM est la modélisation graphique 3D du bâtiment couplée à des données techniques permettant d’éventuels calculs avant toute construction. Mais aujourd’hui, que ce soit en France ou en Angleterre, le BIM constitue une perspective d’avenir en termes de développement durable et d’analyse énergétique pertinente du bâtiment. En effet, depuis mars 2014,  dans le cadre du Plan Bâtiment Durable, il est envisagé de créer une « carte vitale » du bâtiment regroupant toutes ses informations utiles en les rendant plus facilement accessibles que le traditionnel format papier : plans de réseaux, contacts utiles pour la maintenance, historique des diagnostics et audits énergétiques, travaux récents, et éventuellement les objectifs de rénovation, etc. ; le but étant de dynamiser la vague de rénovation résidentielle à venir, dont les modalités sont encore en discussion côté pouvoirs publics.

Le maître d’ouvrage public, tenu d’acheter, entretenir et rénover son patrimoine immobilier, est le plus visé par ce nouveau modèle numérique du bâtiment ayant pour vocation d’être une référence unique pour tous les collaborateurs au sein d’un projet. Ce potentiel d’interaction optimisée entre les intervenants est un levier conséquent sur les questions d’enjeux énergétiques : les réductions d’émissions de GES reposent sur une modification réfléchie et précise des bâtiments, en termes de conception et réalisation.

Plusieurs dispositifs législatifs à l’échelle européenne tendent déjà à influencer le passage au BIM. Mais l’objectif n’est pas de forcer l’utilisation du BIM aux TPE/PME, bien moins habituées que les grands groupes, mais de les inciter à utiliser ce nouvel outil ; d’autant plus que le niveau de détail de chaque modélisation dépend de chaque projet. Le véritable challenge réside dans l’interopérabilité entre les nombreux logiciels de modélisation, ainsi qu’entre les différents acteurs aux tailles et intérêts différents. Une autre interrogation subsiste à propos de la définition des propriétés des objets au sein du BIM, car ceux-ci ne sont soumis à aucune norme malgré la volonté d’uniformité de l’outil. L’AIMCC[1] offre des réflexions de normalisation via une commission appelée « AFNOR PPBIM » afin d’améliorer la fiabilité des produits de construction.

Le BIM, quels gains pour le développement durable ?

L’utilisation du BIM offre des gains évidemment économiques du fait d’une meilleure maîtrise globale de l’agencement du planning de construction. Mais il permet également des gains environnementaux via une analyse de la performance des matériaux utilisés : les bureaux d’études thermiques utilisent de plus en plus le BIM comme outil de calcul thermique en phase conception.

Le pilotage et le suivi de la performance sont ensuite facilités tout au long du projet pour garantir d’éventuels objectifs de performance énergétique. Cette collecte d’informations régulière dans le temps et ces mesures pertinentes de la performance du bâtiment interviennent ainsi dans la définition de sa valeur immobilière. Mais aujourd’hui encore, il est difficile de quantifier précisément ce gain de valeur, bien qu’il existe quelques chiffres expérimentaux de référence.

Réussir une conception durable

Eddy Krygiel et Bradley Nies, Américains du cabinet BNIM Architects décrivent dans leur livre Green BIM – Successful sustainable design with building information modeling les méthodes pour optimiser les projets BIM en termes de développement durable.

Ils insistent tout d’abord sur l’enchaînement précis de la réflexion autour du projet : d’abord appréhender le climat, la culture et le lieu ; comprendre le type d’infrastructure envisagé, réfléchir à des moyens de réduction des besoins en consommation, penser à intégrer des énergies locales et naturelles, utiliser en priorité des systèmes humains efficaces, puis œuvrer contre les impacts négatifs qui subsistent à l’issue de la réflexion. Les auteurs soulignent notamment l’importance de l’orientation bioclimatique du bâtiment, c’est-à-dire l’influence de son exposition au soleil en hiver comme en été et ses conséquences sur le confort thermique intérieur. Cette orientation se fait selon le léger écart angulaire du bâtiment par rapport à l’axe nord-sud, et  ce choix est à faire de manière précise en phase conception et à implanter dans la modélisation BIM avec une latitude et longitude précises. Cette orientation doit aussi prendre en compte la captation des vents pour faciliter le rafraîchissement en été. Le plan masse et la forme du bâtiment ont également leur importance pour la durabilité.

Désormais, dans un objectif de durabilité, la conception ne doit plus consister à choisir si un mur comporte ou non une surface vitrée, mais qu’on surveille l’exposition au soleil de cette fenêtre, son orientation, quand et pendant combien de temps elle se retrouve à l’ombre : bref, son influence sur l’intérieur du bâtiment, quantifiée à l’aide du BIM.

Si tous les acteurs d’un projet sont  convaincus des bénéfices du BIM pour le développement durable, plusieurs choses sont à améliorer : l’interopérabilité entre les différents logiciels de BIM d’une part, mais aussi la sensibilisation des concepteurs à l’enveloppe et ses performances thermiques. L’incorporation d’un système de calcul de dépenses carbone au sein du BIM est également une perspective, notamment l’énergie grise à prendre en compte lors de la construction de l’ouvrage. C’est donc cette combinaison de l’efficacité du BIM et des objectifs de durabilité qui permettront  d’arriver plus rapidement à une société confortable, mais surtout durable.


[1] Association des industries de produits de construction

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Le BIM et les PME

Le BIM semble aujourd’hui devenir un outil incontournable dans le monde du BTP. Son point fort est de pouvoir intervenir à toutes les phases du projet, de la conception à la réalisation des travaux jusqu’à l’exploitation de l’ouvrage. Il permet un gain de performance, une augmentation de la qualité des études ou encore d’intégrer les questions du développement durable tout au long du cycle de vie d’un projet. Il est certain que le BIM est un véritable progrès pour le monde de la construction mais toutes les entreprises peuvent-elles avoir accès au BIM ?  Qu’en est-il des PME ?

 

Les avantages du BIM pour les PME

Le BIM semble être utilisé pour réaliser des projets de construction de grandes envergures. Les Majors et autres très grandes entreprises du BTP sont les premiers à signer des contrats pour lesquels le BIM est obligatoire. Ils sont ainsi les premiers à bénéficier des avantages du BIM.  Pourtant, le BIM peut se prêter à la réalisation de petits projets tels que la création d’habitations individuelles. Ces dernières représentent une grande part de l’énergie que nous utilisons, l’introduction du BIM pourrait par exemple permettre d’améliorer leurs performances énergétiques. Les PME ont donc aussi un intérêt à se munir de logiciels de type BIM comme aide à la conception. De plus, lorsque survient des erreurs de conception, le modèle 3D permet de détecter les interférences entre différents éléments et de les corriger avant la réalisation sur chantier. Ce type de problème est aussi rencontrer par les PME, une fois de plus le BIM présente aussi de grands avantages pour ces entreprises puisqu’il permettra à la fois de réaliser un gain de temps et surtout de réduire les coûts. C’est aussi l’occasion pour les PME de remporter plus de contrats, en effet un modèle 3D permet une meilleure communication avec le client. Ainsi, le BIM présente beaucoup d’avantages : améliorer les performances énergétiques, réaliser un gain de temps, augmenter la rentabilité d’un projet, mais aussi permettre d’obtenir de nouveaux contrats.

Les obstacles au BIM dans les PME

Mais l’introduction du BIM dans une entreprise a un coût. Le logiciel coûte 6000 €. La complexité des logiciels BIM obligent ses utilisateurs à suivre une formation. Son coût s’élève à 1000 € par jours sachant qu’il faut au moins compter une semaine de formation. De plus, au vue de la puissance des logiciels BIM, il est nécessaire de disposer d’ordinateurs performants dont le coût peut être estimé à 2500 €. Il faut aussi souligner que le passage de la CAO au BIM créera une perte de rendement d’environ 30% pour les 6 premiers mois (données recueillies sur www.objectif-bim.com). Il est clair que le coût pour introduire le BIM dans une entreprise est un grand frein surtout pour les PME qui ne peuvent par exemple pas faire face à une perte de rendement. Sachant que le BIM est trop récent pour pouvoir en connaître la rentabilité économique réelle, les PME sont aujourd’hui réticentes à investir.

Le BIM : un nouveau marché économique ?

La Ministre Cécile Duflot a annoncé que le BIM serait progressivement obligatoire pour les marchés publics d’ici 2017. Les PME qui n’ont pas l’accès à cette technologie seront petit à petit mises à l’écart de ce type de contrat. Pourtant depuis 2006, les politiques ont modifié le code des marchés publics pour faciliter l’accès des PME à la commande public. Mais si le projet du ministère est maintenu, c’est l’ensemble des PME qui est pénalisé perdant tout un marché. Le BIM est peut-être en train de créer un nouveau marché économique dans lequel les grandes entreprises pourront obtenir de nouveaux contrats incluant le BIM et les PME seront encore plus limitées quant au type de contrat qu’elles pourront réaliser. Dans le futur, il faut espérer que le BIM aura une rentabilité telle que les PME oseront investir pour qu’elles puissent avoir accès à tous les projets réclamant l’utilisation du BIM.

 

 

 

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BIM : la grande révolution dans le secteur du bâtiment

Après avoir attendu plusieurs années sans véritable évolution ou grande innovation, le secteur du bâtiment s’est doté d’un outil qui risque de créer – s’il atteint le niveau de performance escompté – un bouleversement dans la façon de construire.

Cet outil est le Building Information Model (BIM). Il s’agit d’une maquette numérique en 3D représentant le plus fidèlement possible un bâtiment dans les moindres détails.

Le BIM permet, dans un premier temps, d’avoir une meilleure conception du bâtiment grâce à un réalisme et une précision hors pair. En effet, dès cette phase, il s’agit de visualiser et d’appréhender le bâtiment de la façon la plus juste possible afin de palier, dès le début, aux différentes difficultés qui pourraient se poser.

En plus, de l’espace et du temps, l’outil BIM peut intégrer une cinquième dimension, qui n’est autre que l’argent. Son but étant de rendre optimal les coûts d’un projet en s’appuyant sur une base de données qui se veut exhaustive en tous points (les détails techniques, structurels, géométriques et esthétiques, les différents matériaux, les équipements, leur performance et leur durée de vie, les bordereaux de prix détaillés).

Dans un second temps, en phase réalisation, cet outil – regroupant toutes les informations – est essentiel, au sens où il contribue à améliorer les trois points essentiels dans la construction d’un ouvrage : la qualité, les délais et le coût. En ayant perçu très en amont, les problèmes techniques qui pourraient subvenir, les acteurs sont en mesure d’y obvier plus facilement. La prise en compte du temps comme facteur primordial du BIM permet, sans conteste, d’optimiser – voire d’améliorer – les délais en devançant les interactions complexes qui pourraient se produire entre les corps d’états.

En outre, le BIM va plus loin que la conception-construction d’un ouvrage, il s’intéresse à sa vie future, à son exploitation. En effet, les données de tous les intervenants techniques et architecturaux regroupées dans la maquette faciliteront la gestion mais également l’évolution future du bâtiment tout au long de son cycle de vie. Il permettra, sans nul doute, d’augmenter la durabilité de l’ouvrage.

Enfin, le BIM n’est à l’apogée de son développement et le travail restant à faire est encore important, subséquemment les possibles perspectives afin de rendre cet outil indispensable sont nombreuses et variées. L’un des objectifs à long terme est de réaliser une maquette numérique intégrée de sorte que tous les intervenants travaillent directement sur une maquette unique. En plus des cinq dimensions déjà évoquées, le BIM souhaite intégrer de nouvelles composantes importantes comme la gestion d’actifs immobiliers (en cours de développement en Angleterre – la « 6D ») puis les performances énergétiques et environnementales de l’ouvrage (ce qui permettrait d’optimiser les performances énergétiques d’un ouvrage tout en réduisant son impact environnemental).

En guise de conclusion, il convient de préciser que s’il atteint, dans les prochaines années, le niveau d’exigence projeté, le BIM sera un outil, non seulement indispensable, mais surtout révolutionnaire dans l’acte de construire.

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Le BIM, un outil du développement durable

Le domaine de la construction fait partie des secteurs les plus consommateurs d’énergie. À l’heure où la gestion des ressources et l’impact environnemental s’imposent sur le devant de la scène, il devient essentiel aux acteurs de la construction de s’interroger sur leur marge d’action.
Les réglementations deviennent plus exigeantes, d’autant plus en France avec la RT 2012 et la future RT 2020. Les utilisateurs ont également leur rôle, et que ce soit avec les campagnes de sensibilisation ou l’affichage des DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) dans les agences immobilières ou les pièces communes, la démarche verte s’inscrit du début du projet à son exploitation.
Alors que ces exigences se renforcent, il est pertinent de s’interroger sur l’impact que peuvent avoir les nouvelles technologies sur cette démarche, en particulier le BIM.

Actuellement, la performance énergétique d’un bâtiment se calcule via des logiciels de simulation thermique (tel que ClimaWin par exemple). Cependant, ce calcul est long et peut donner lieu à des erreurs ou des approximations : les ingénieurs saisissent manuellement de nombreuses données, des dimensions du projet à ses caractéristiques de bâti ou d’équipements.
Le BIM simplifie en effet cette étape : les caractéristiques sont directement saisies dans le logiciel, et les bureaux d’études peuvent accéder aux données rentrées à la conception sans avoir à les ressaisir, minimisant le risque d’erreurs humaines.
Par exemple, sur le logiciel de BIM Revit, il est possible de géo-référencer le bâtiment, de définir le type de projet (hôpital, logements…), de saisir le pourcentage de surfaces vitrées, et d’effectuer des calculs de consommation énergétique en prenant différentes solutions pour le projet. Les caractéristiques des matériaux sont également rentrées, et il est même possible d’effectuer des calculs de facteur de lumière du jour. Ces données, importées sur le cloud, permettent une transmission facilitée aux autres acteurs du projet.

L’autre utilisation du BIM intervient en phase d’exploitation : les usagers et les exploitants du bâtiment pourront accéder à une plate-forme web affichant en temps réel les consommations d’énergies et permettant d’anticiper et de traiter rapidement les problèmes pouvant intervenir. Ce projet consiste à créer une sorte de « carte vitale du bâtiment » accessible à tous, impliquant tous les acteurs de la vie du bâtiment dans la démarche du développement durable. Cela simplifie aussi considérablement les démarches administratives concernant la construction puisque tout sera réuni sur une seule et même plate-forme (permettant ainsi une économie de papier).
Contrairement à la première utilisation du BIM, cette « carte vitale » n’est encore qu’un projet, mais fait partie des projets à valoriser, puisqu’ils ont des impacts positifs pour les constructeurs, les usagers, et l’environnement : les économies d’énergie qui peuvent en découler profiteront à tous.

Sources :
ITFFB, « Un outil pour accompagner le changement », BatiPortail |en ligne], http://www.batiportail.com/bim/ec_enjeux.asp (consulté le 14/12/2014)
PBD, «Publication du rapport final « BIM et Gestion du Patrimoine » », PlanBâtimentDurable |en ligne], http://www.planbatimentdurable.fr/publication-du-rapport-final-bim-a790.html, (publié le 27/03/2014)
DROUET Julien, « Les trois piliers du Développement Durable et du BIM », VillageBIM [en ligne], http://villagebim.typepad.com/villagebim/2012/12/les-trois-piliers-du-developpement-durable-et-du-bim-avec-revit-et-la-building-design-suite-2013.html (publié le 26/12/2012)

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