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Premier pas vers le BIM

Le BIM illustre l’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la construction dans le secteur du BTP. Le BIM : Building Information Modeling ou Modélisation des Données du Bâtiment est fondé sur une utilisation collaborative de base de données d’informations relatives à un ouvrage. Ces bases regroupent des objets 3D, visualisables et pour chacun leurs dimensions, leurs caractéristiques thermiques, acoustiques,…

 

Source : autodesk
Source : autodesk

 

Qu’est ce que le BIM peut m’apporter ?

« La mise en place de processus BIM offre un appui au partage d’informations à jour sur l’avancée du projet au sein des différentes équipes de la maîtrise d’œuvre. Ces processus visent à donner plus de transparence et de visibilité au travail de chacun.

Ainsi, ce type de processus est un support essentiel au développement d’une ingénierie concourante, que beaucoup considèrent comme indispensable à la bonne intégration des enjeux du développement durable dans la filière de la construction. Les « outils collaboratifs » apportent leur valeur, tant pour améliorer l’efficacité des interfaces entre les acteurs deux à deux (Maîtrise d’ouvrage – maîtrise d’œuvre, maîtrise d’œuvre – entreprise, etc.), qu’à l’ensemble des relations de la filière. » [SYNTEC Ingénierie]

« Le BIM présente un intérêt collectif considérable : avoir pour un prix constant voire inférieur des ouvrages de meilleure qualité, plus respectueux de l’environnement et plus faciles à exploiter. Ceux qui ont fait l’effort de s’y mettre ne reviennent plus en arrière » [Alain Maury, représentant de Mediaconstruct]

Les apports du BIM commencent au stade de la conception, la modélisation numérique est l’occasion de visualiser le futur bâtiment beaucoup plus concrètement que sur plans et d’ainsi mieux appréhender le sujet. Cela concerne le client, les riverains, les futurs occupants mais aussi les ouvriers sur chantier.

Le BIM est un outil d’aide à la prise de décision, en effet il permet de faire des choix optimisés grâce aux simulations et tests. Le coût de l’ouvrage est optimisé en associant les bordereaux de prix détaillés à la maquette numérique.

Mais le BIM c’est aussi intégrer le facteur temps au travers d’un outil de planification. De cette manière on visualise étape par étape l’évolution du projet et on s’assure de la cohérence du planning.

Lors de la phase de réalisation la maquette numérique est utilisée pour suivre l’avancement des travaux. Elle permet une meilleure traçabilité des matériaux, du processus de qualité et de garantie de la performance.

A l’issue de la phase travaux, le BIM intervient auprès du client pour faciliter la maintenance de l’ouvrage : le BIM répertorie les données nécessaires à la gestion de l’entretien, au renouvellement des équipements…

Ces avantages sont présents à l’échelle du projet, mais il apparaît aussi des avantages liés à l’usage interne du BIM : l’augmentation des profits, le gain de nouveaux marchés, une baisse des réclamations et des litiges, la baisse du coût de la construction, l’amélioration de la productivité…

Comme tout nouvel outil, vigilance et adaptation sont nécessaires. La gestion de l’information est au cœur du BIM : toutes les modifications du bâti, d’équipements doivent être renseignées. Cela implique une excellente communication entre les différents acteurs du projet.

Différents logiciels existent pour mener un BIM mais leurs données respectives ne sont pas forcément compatibles entre elles. Il est nécessaire de retranscrire certains éléments ce qui occasionne une perte de temps et potentiellement une création d’erreurs. Le format standard IFC assure l’interopérabilité des fichiers entre les différents logiciels.

La mise en place du BIM induit un coût important : il est nécessaire de payer le logiciel ainsi que le matériel nécessaire ; de plus il est nécessaire de former une personne à son utilisation ou d’embaucher un personnel spécialisé. Ainsi pour de nombreux professionnels le coût du BIM peut dépasser le gain potentiel.

 

Mais alors comment ça fonctionne ?

L’introduction du BIM dans le domaine du BTP a évidemment apporté une collaboration majeure entre les différents acteurs de la construction, jusqu’à devenir aujourd’hui un élément presque indispensable pour la bonne réussite d’un projet. C’est donc très important de comprendre son fonctionnement.
Par contre, avant de s’intéresser au fonctionnement spécifique du BIM, il faut comprendre que tous les modèles et tous les logiciels de modélisation ne sont pas forcément appelables BIM. En effet, des caractéristiques communes minimales doivent être présentes et respectées :

– Les modèles BIM doivent avoir trois dimensions, mais un modèle qui contient des volumes 3D sans attributs (donc un modèle créé que pour la visualisation et non propice à la simulation) n’est pas BIM

– Le modèle BIM doit être construit à partir d’objets, mais ces objets doivent être paramétriques (des éléments capables d’ajuster leurs proportions ou positionnement grâce au fait qu’ils sont mués d’une « intelligence ») et respecter des hiérarchies et relations entre eux

– Un modèle composé que de fichiers 2D n’est pas BIM, il doit présenter aussi l’aspect 3D ;

– Un modèle qui, s’il est modifié dans une de ses vues, ne répercute pas automatiquement ces changements dans toutes les autres vues, n’est pas BIM.

Or, une fois compris ce que n’est pas un BIM, quel est le point de départ de la modélisation BIM ? Le choix du logiciel sur lequel s’appuyer pour le travail est extrêmement libre et vaste. C’est important de comprendre que l’élément qui met en commun tous ces logiciels est la maquette numérique : un outil 3D constitué par des caractéristiques géométriques (i.e. coupes, plans, élévations…) mélangées à des informations relatives à la nature des objets constitutifs du modèle (i.e. composition d’un élément, propriétés physiques, mécaniques, comportementales…). Donc un élément qui permet de sortir des représentations en 2D, des vues en 3D et « la valeur ajoutée » des informations relatives au projet.

Le processus de design ne consiste plus en un ensemble de lignes qui représentent et renferment des espaces et des symboles, dans une maquette numérique on utilise la commande par exemple « mur » et on le dessine comme un élément singulier, qui par défaut est associé à tous les composants et les couches qui lui sont associés et que le constituent. Le sol, le plafond et les toits sont réalisés dans l’aire et au niveau dans lequel ils existent, avec la possibilité de leur donner une pente spécifique, une épaisseur et un matériau. Or, évidemment le modèle doit évoluer à la même vitesse que le projet : la maquette peut être simple au départ et se complexifier au fur et à mesure du projet ; elle peut accepter des variantes et s’intégrer dans la maquette générale commune. Mais tout ceci n’est possible et relativement facile qu’après avoir pris soin de bien géo-référencer le modèle.

Le BIM offre donc aux acteurs du bâtiment un potentiel dont l’exploitation résulte de la création d’un ou plusieurs modèles appelés livrables BIM, qui peuvent être de type 2D, 3D ou contenant de l’information (i.e. estimation des coûts, coordination des différents intervenants, exploitation et maintenance de l’ouvrage, métré,…). Par conséquent l’information doit être précise et fiable, et le détail adapté au niveau requis. Entre donc en jeu le niveau de détail ou niveau de développement (LOD) qui se base sur le principe de faire correspondre à chaque jalon du projet l’information qui doit être contenue dans le modèle : l’AIA (American Institute of Architects) a publié un document (E202 ou Building Information Modeling Protocol Exhibit) dans lequel il distingue 5 niveaux de développement : du LOD 100 le moins détaillé au LOD 500 entièrement détaillé.

Enfin on peut définir deux grands types de formats de maquette numérique : les formats dits « open » (dont le format IFC : Industry Foundation Classes) et les formats dits « propriétaires ». La différence entre les deux types de format est étroitement liée à l’échange des données : en utilisant le format propriétaire les différents acteurs utilisent tous le même logiciel – ou la même typologie de logiciel – pour qu’ils puissent accéder aux données. Au contraire le format ouvert est un format interopérable, qui est donc compatible avec l’ensemble des logiciels du métier et utilisable par tous : le cœur des données doit donc être structuré de la même manière pour faciliter la recherche et l’accès aux données. L’avantage de l’utilisation des logiciels ouverts est la favorisation de la concurrence entre les acteurs et la non-discrimination des appels d’offres publics.

 

Que va changer le BIM pour moi ?

Le BIM a pour conséquence de modifier le comportement de tous les acteurs de la construction et en plus de créer de nouveaux métiers. Le BIM intervient dès la conception jusqu’à l’exploitation et la maintenance du bâtiment. La maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre (c’est-à-dire les architectes, les bureaux d’études (thermique, fluide, acoustique et structure), les entreprises de constructions (générales, de lots techniques ou architecturaux) ainsi que les mainteneurs (facility) sont autant de métiers que le BIM va faire évoluer. En effet, même si les différentes phases du processus de construction ne changent pas réellement (programmation, conception, réalisation, exploitation et maintenance), l’utilisation du BIM va modifier les méthodes de travail. Les différents acteurs de la construction doivent apprendre à travailler ensemble et à échanger en amont dans le cadre d’un processus collaboratif. Et pour atteindre ces objectifs et accompagner les différents acteurs, de nouveaux métiers sont nécessaires tels que le BIM manager et les coordonnateurs BIM.

Ce modèle BIM est un réel outil pour la maîtrise d’ouvrage, celui-ci peut comprendre et s’approprier le projet en précisant ses exigences en termes de performance et de qualité. Toutes ces données peuvent être exploitées à l’optimisation des processus administratifs et financiers. De plus grâce au BIM, la maîtrise d’ouvrage serait davantage impliquée durant les phases de conception et construction et par conséquent pourrait avoir un meilleur suivi des avancées du projet.

Pour les architectes, le BIM est un prolongement de la modélisation 3D qu’ils utilisaient pour donner un aperçu esthétique du projet, en aucun cas elle servait pour être une plateforme collaborative et une source d’information. Les architectes sont les premiers à travailler sur la maquette numérique, dès la phase conception préliminaire, le BIM offre la possibilité de partage de l’information et s’avère être un outil efficace de communication au sein des différentes équipes de la maîtrise d’œuvre et des différents acteurs. Lors de la phase d’exécution, c’est la maîtrise d’œuvre qui assemble toutes les études et en fait la synthèse. C’est sur ce point, que le BIM est un réel atout, c’est un gain de temps, de mise en œuvre et de coûts.

Pour les entreprises, la maquette numérique leur permet d’obtenir les métrés facilement (pour les études de prix), réaliser la méthodologie de la réalisation du bâtiment (organisation du chantier, choix technique…) et réaliser les études d’exécution.

Chacun des lots techniques réalise chacun ses études exécution avec les caractéristiques des éléments retenus, cela implique que maintenant les modélisateurs doivent à la fois avoir les connaissances techniques du lot ainsi que les compétences de modélisation. En effet actuellement, ce n’est pas la même personne qui fait les choix techniques et réalise les plans.

Quant aux gestionnaires, aux mainteneurs et aux occupants, ils pourraient extraire et utiliser les informations de la maquette numérique : c’est-à-dire les informations et caractéristiques concernant les locaux, les réseaux et les équipements techniques.

Mais en plus d’avoir modifié le comportement des acteurs déjà présents, le BIM a introduit de nouveaux métiers. En effet, l’un des aspects majeurs du BIM est l’information : celle-ci doit être créée, maintenue, sécurisée et exploitée. C’est dans ce contexte qu’un poste clé est apparu : le BIM manager. C’est lui qui doit définir les usages et le contenu du BIM, gérer l’information, assurer un rôle de formation et de coordination des différents acteurs impliqués dans la création de données. A noter que non seulement le BIM manager doit avoir les compétences techniques classiques pour un projet de bâtiment mais doit en plus maîtriser les technologies numériques.

D’autres métiers ont vu le jour comme les coordonnateurs BIM : une fois que les équipes intervenantes sur le projet sont constituées, chacune des parties prenantes nomme un coordinateur BIM. Ces coordonnateurs BIM vont former l’équipe management BIM, elle-même chapeauté par le BIM manager. Ils vont définir les objectifs du BIM et les usages par rapport à la problématique du projet, organiser les études par rapport aux besoins en termes de fonctionnalité et de problématiques du chantier ; et enfin ils définiront les besoins en terme d’échange.

En bref, le BIM a démontré un impact positif pour le moment, il permet un gain de coût, de temps et une plus grande transparence entre tous les différents acteurs. Toutefois une question reste encore en suspens, comment faire pour que tous les acteurs accèdent au BIM.

 

Comment faire pour passer au BIM ?

Afin de permettre cette transition 2.0 du BIM dans la construction, il est nécessaire de définir le BIM comme méthode efficace et capable de faire basculer le gain de productivité au service du développement durable. Cette action doit s’organiser selon trois perspectives :

  1. Motiver chacun des acteurs du BTP
  2. Répondre aux besoins de ces acteurs
  3. Installer un climat de confiance
  1. Motiver

La maquette numérique est utilisée depuis plusieurs années. Néanmoins, son usage est restreint à des projets de haut standing et grande visibilité. Le but c’est donc de démontrer à tous les acteurs du secteur BTP les enjeux envisageables dans les petits projets grâce à l’utilisation du BIM.
La sensibilisation de la Maîtrise d’Ouvrage publique et privée est primordiale pour activer et amplifier cette transition.

L’état est favorable à la réalisation d’un portail internet accessible à tous pour encourager et sensibiliser le grand public et pour répondre aux questions des acteurs sur les outils BIM (maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre…). De plus, un plan de communication a été établi pour assurer la compatibilité du cadre réglementaire et l’approche collaborative du BIM et encourager le recours aux outils numériques.

 

2.  Besoins

Pour qu’une agence d’architecture, un bureau d’études, qui veulent effectuer leur passage vers le BIM, il faut s’approprier un « know-how » technique qui nécessite des investissements importants. Au-delà de la motivation intrinsèque nécessaire pour changer outils et approche vers le travail, un processus de formation initiale et continue est primordial. Prendre confiance avec le BIM est possible à travers l’usage gratuit de MOOCs (Massive Open Online Courses) sur internet. Pour aller plus loin, les écoles d’ingénieurs et d’architecture proposent des formules de formation continue de type Master Spécialisé BIM. Toutefois, les investissements élevés et une baisse de production initiale sur les trois à six premiers mois rendent la révolution numérique lente.

Un processus de nette simplification à tous les niveaux est donc nécessaire afin de renforcer cette dynamique. Aujourd’hui la législation n’incite pas le développement du BIM qui peut être un outil de simplification administrative et financière très puissant car il représente une base de données numériques géo localisées. La numérisation des processus administratifs (permis de construire, programmation d’opération de logement social, certification d’ouvrages…) serait bénéfique soit aux collectivités territoriales soit aux autres acteurs du BTP. Or, vu les forts enjeux du BIM, les projets pourront bénéficier des avantages à toutes les étapes : de la communication entre MOA et MOE à travers les 3D viewers, à des spécifications pour la conservation du patrimoine au niveau de la maintenance. Généraliser l’usage de la maquette numérique c’est donc la réponse au besoin d’un BIM pour tous qui peut se traduire sous plusieurs formes. Les TPE/PME pourront s’en servir en forme de « kits BIM » pour avoir accès à des outils OpenSource et des bibliothèques d’objets BIM dans un Cloud.
Pour les phases travaux, le BIM propose des outils de management qui peuvent améliorer la maîtrise de l’énergie et des coûts. En phase étude, la maquette numérique peut inclure des « Intelligent Product Specs » avec des informations sur la structure, l’analyse thermique, les matériaux et leur certification. En effet, en tant que collecte de données, elle peut être exploitée en phase réception et exploitation aussi. Lors de la livraison de l’ouvrage, documents comme le Dossier des Ouvrages Exécutés (DOE) et le Dossier d’Intervention Ultérieure sur l’Ouvrage (DIUO) pourront être déjà intégrés. De plus, en utilisant des protocoles type IFC, les données stockées peuvent être exploitées par l’utilisateur final à travers des outils « lite BIM » pour un entretien plus efficace.

L’intérêt du BIM n’est pas négligeable et son développement a besoin d’une puissance publique qui soutient des études économiques pour en mesurer son impact sur le coût global du bâtiment.

 

  1. Confiance

Pour que les acteurs de la filière construction puissent avancer sur tous ces nouveaux concepts et outils, il est nécessaire d’installer un climat de confiance. Le monde du bâtiment a donc besoin d’une précise normalisation décrivant le format de données (IFC) des ouvrages constitutifs de la maquette numérique et adaptés à l’interopérabilité logicielle. Les données stockées doivent être fiables et à jour afin de pouvoir les exploiter tout au long de la vie du bâtiment. En plus, elles doivent appartenir au propriétaire de l’immeuble. Bien que ceci pose un vrai sujet d’ordre juridique sur la gestion des responsabilités, le droit d’accès et la sécurité de ces données, il faut assurer sa traçabilité par une démarche de contrôle et de vérification par un tiers indépendant.

Le respect des standards, de confiance (traçabilité, niveau de garantie, marge d’erreur) et de pérennité dans le temps est donc impératif afin de tracer la route vers la transition numérique.

 

 

 

Sources

 

1. A.D, Le BIM : entre promesse et menaces, Bardage. Info, 2015, n°8, pp.28-30

2. BEIDELER Julien, Le plan pour faire basculer le bâtiment dans le BIM, Le Moniteur, 27 Mars 2014

3. BOUYGUES CONSTRUCTION, Construire avant de construire [en ligne], Disponible sur : < http ://www.bimgeneration.com/#home >. (Consulté le 27.12.2015)

4. DELCAMBRE Bertrand, Rapport du ministère du logement, La mission numérique du bâtiment, Décembre 2014.

5. EASTMAN Chuck, TEICHOLZ Paul, SACKS Rafael, LISTON Kathleen, BIM Handbook « A guide to Building Information Modeling for owners, managers, engineers and contractors », 2ème edition: John Wiley & Sons, 1 juillet 2011.

6. FRANCQUEVILLE Laurence, Intégrer le processus BIM dans un marché global, Le moniteur.

7. HOVORKA Frank, MIT Pierre, Plan Bâtiment Durable, Rapport groupe de travail BIM et Gestion du patrimoine, Un avatar numérique de l’ouvrage et du patrimoine au service du bâtiment durable : le « Bâtiment et Informations Modélisés » (BIM), TOME 1 : rapport et propositions, Mars 2014.

8. NAROURA Anis, Qu’est-ce que le BIM ? Le moniteur, 21 Mars 2014

9. RIEDO Patrick, Objectif BIM, Lecon 02 : Gros plan sur la modélisation [en ligne], Disponible sur : < http ://objectif-bim.com/index.php/apprendre-le-bim/lecon-02-modelisation >. (Consulté le 27.12.2015)

10. ROCHE Michel, BIM et béton la machine se met en route, Le     magazine Béton[s], 2015, n°61, pp.28-29

11. SYNTEC INGENIERIE, BIM/Maquette numérique, contenu et niveaux de développement, Le moniteur, 9 Mai 2014

12. THEBAUD Philippe, Maquette 3D et ville numérique, Le moniteur, 11 Avril 2014

13. WEYGANT Robert, BIM CONTENT DEVELOPMENT, Standrads, Straegies ans Best Practices, 1ère édition : John Wiley & Sons, 6 mai 2011.

 

 

 

 

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Scénario pour la création d’un MOOC sur le BIM

(1)   Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

Qu’est-ce que le BIM ?

 

BIM = Modélisation des données du bâtiment (maquette numérique), il incarne une façon de décrire les bâtiments en concentrant l’ensemble de l’information technique, composants, équipements et comportements. Toute modification apportée, quelle que soit la compétence exercée, est automatique et répercutée sur l’ensemble de la maquette. D’où une importante diminution du temps et des coûts de production des plans et saisies informatiques.

 

 

Quels sont les principaux avantages du BIM ?

 

– Le BIM permet un échange d’informations simplifié, dont celles-ci sont à jour, justes et non redondantes. Il permet un travail en collaboration et non un travail « à la chaine ».

 

– Le BIM est autant utile aux Maitres d’œuvre, architectes, bureaux d’études qu’aux Maitres d’Ouvrage. En effet, ces derniers peuvent utiliser la maquette pour la maintenance et son utilisation (représentation numérique de son patrimoine). Il devra cependant mettre à jour la maquette afin que celle-ci soit réutilisable.

 

– Le BIM met en place les bonnes pratiques qui ne sont pas mises en place, grâce à une grande panoplie d’outils.

 

– Le BIM fait appel à un langage commun, les IFC, ce qui permet un échange de données possible et facile.

 

– Le BIM permet de réduire ainsi les coûts de conception et d’améliorer la gestion.

 

– Le BIM permet un gain de fiabilité grâce à ses diverses simulations (thermiques, acoustiques, environnementales, quantitatifs, …)

 

 

Quels sont les principaux inconvénients du BIM ?

 

– La qualité de la maquette doit être très élevée, afin que les différentes simulations soient fiables et correctes, que les quantités soient les plus réelles possible, et que l’utilisation future de celle-ci puisse être exploitable (éviter les clashs, supprimer les objets non utiles dans la maquette, …) De plus, les erreurs effectuées au sein du projet grâce au BIM doivent être rapidement et souvent corrigées afin que celles-ci soient minimes à résoudre. Plus on attend, plus le problème risque de prendre de l’ampleur, et cela va devenir long et couteux à corriger.

 

– Il va de soi que les acteurs du projet (en BIM) aient une connaissance des différents logiciels BIM (exploitation des données, modifications si nécessaire, …). Il faut prévoir 2-3 jours pour faire des plateaux réunissant tout le monde, afin de démarrer sur de bonnes bases, et prévoir des périodes tampons (pour sortir des métrés, des quantités, ..)

 

– Coûts cachés dus au BIM :

. Les parties prenantes qui ne s’adaptent pas au BIM

. Mauvaise gestion des gabarits

. Qualité des modèles

. Eviter la sous-traitance. Cela peut attirer des soucis (Exemple : le sous-traitant met la clef sous la porte, il est alors très difficile de réparer les dommages).

 

 

(2)   Comment ça fonctionne ?

 

Quel est le principe de fonctionnement du BIM ?

 

L’informatique est utilisée dans le bâtiment depuis longtemps, bien avant l’apparition du BIM. Seulement il n’existe aucun logiciel exhaustif capable de rassembler toutes les informations du bâtiment. Chaque corps de métier a généralement son logiciel spécifique. Mais le système BIM est centré sur une base de données commune, ou chaque intervenant peut partager ses données sans dépendre d’un outil particulier. On appelle cela l’interopérabilité.

 

Pour permettre cette interopérabilité, il existe un format d’échange IFC (Industry Foundation Classes). Ce langage informatique commun permet à tous les acteurs de transmettre leur travail, quel que soit le logiciel utilisé en interne.

 

 

 

L’interopérabilité du BIM

 

La base de données contient également une bibliothèque 3D, qui comprend les caractéristiques géométriques des objets, mais également des informations sur leur nature. Les caractéristiques des matériaux, physiques ou mécaniques sont ainsi disponibles.

Quelles sont les étapes d’un projet ?

 

Le processus d’utilisation est assez clairement défini. On commence par une modélisation architecturale, puis une modélisation des détails de constructions (corps d’états techniques). Puis le BIM manager va assembler les données et vérifier la cohérence de l’ouvrage. A partir de cette étape, le manager va chercher les conflits entre les données, qui seront répertoriées dans un rapport. Enfin on peut rajouter toutes les données secondaires de la construction : isolation, calculs des coûts, l’ordonnancement des étapes… Ces étapes correspondent à des LOD (level of developpement) qui vont de 1 jusqu’à 5.

 

Il est important de noter que toutes ces étapes sont réalisées indépendamment par chacun des acteurs du projet. C’est le point fort du BIM, la concertation des parties n’est plus nécessaire pour le moindre petit détail.

 

 

(3)   « Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? »

 

Dans quel cas suis-je concerné par ce changement ?

 

A peu près tout le monde travaillant dans le milieu du BTP est concerné par l’arrivée du BIM. Que l’on soit architecte, maitre d’ouvrage ou encore expert géomètre et quel que soit le projet sur lequel on est présent (même si le BIM est particulièrement utile pour les projets de grande envergure).

 

Pour le maître d’ouvrage, le changement se fera au niveau de la gestion de son patrimoine ; c’est un gain de temps non négligeable mais qui nécessitera peut-être quelques connaissances techniques. Pour les autres acteurs d’un projet, le BIM permettra une meilleure communication et un gain de temps et d’argent. Cela oblige à un travail encore plus collaboratif et un partage plus important des responsabilités.

 

En tant qu’étudiant en travaux publics entrant bientôt dans le secteur, on a peut-être la chance de s’adapter plus rapidement à l’arrivée du BIM et d’en faire un argument pour s’épanouir dans une entreprise.

 

 

Comment mon travail va-t-il évoluer?

Il est normal, quand l’on est concerné par ces changements, de se demander comment va évoluer notre travail. Pour quelqu’un qui est déjà débordé par son travail, il est important de savoir si l’arrivée du BIM coïncidera à un gain de temps et un allégement des tâches ou au contraire à un ajout de travail supplémentaire, ce qui serait difficilement supportable.

 

La question revient à se demander comment les entreprises vont-elle être remodelées pour répondre à l’utilisation du BIM dans leurs projets. Vont-t-elles engager de nouveaux employés spécialement pour cette tâche (des BIM managers) ou vont-t-elles forcer leurs employés actuels à se former aux logiciels de modélisation (par une formation accompagnée ou par leur propre moyen) ?

 

Dans tous les cas, on ne peut rester insensible à cette nouveauté et il est important de réfléchir dès à présent à ce que l’on pourra en tirer de meilleur. Il parait inéluctable, comme souligné dans la question précédente, que le travail en groupe sera encore plus développé, ce qui peut en gêner certains.

Dois-je m’inquiéter pour mon emploi ?

Le monde de l’entreprise est dur au point que si l’on ne répond pas aux exigences on devient un frein pour notre société ; il est donc logique de penser que l’on risque de perdre son emploi avec l’apparition du BIM si l’on est incapable de s’adapter rapidement.

 

Mais ce n’est pas la première fois qu’un changement se fait dans le BTP, et nos prédécesseurs se sont adaptés aux arrivées de nouvelles technologies et d’internet, il ne dépend donc que de nous-même de réussir le passage au BIM, en sachant qu’en plus tout le secteur sera concerné.

 

On peut décider d’attendre qu’il soit obligatoire (ce qui n’est pas encore le cas en France contrairement à d’autres pays, même s’il est très présent pour certains projets comme les hôpitaux) pour se mettre au BIM, au risque de passer à la trappe, ou prendre les devants et se voir être un précurseur dans le domaine. Le plus sûr étant tout de même de suivre l’évolution sans brusquer les choses ni prendre de retard.

 

 

(4)   « Comment faire pour y aller ? »

 

Comment la législation peut évoluer pour promouvoir le passage au BIM ?

 

En Janvier 2014, des directives européennes ont été votées, incitant à l’utilisation du BIM dans la passation des marchés publics. Les Etats ont ainsi jusqu’au mois d’avril 2016 pour transposer ces directives européennes au niveau national. Les Etats pourront, soit inciter, soit rendre obligatoire l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

Certains pays ont déjà franchi le pas, comme le Royaume-Uni où l’utilisation du BIM est devenue obligatoire à partir de janvier 2016 pour les marchés publics supérieurs à 5 MGBP.

 

Bertrand Delcambre, nommé Ambassadeur du numérique dans le bâtiment par la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, Sylvia Pinel, se prononce dans son rapport sur « la mission numérique du bâtiment » en faveur, dans un premier temps, d’une incitation à l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

 

Comment le passage au BIM se traduit-il dans les entreprises ?

 

Le passage au BIM nécessite de la part des entreprises un investissement important. En effet, les entreprises doivent investir dans de nouveaux logiciels mais également dans du matériel plus performant ainsi que dans la formation des employés. La Fédération CINOV estime l’investissement pour les logiciels et le matériel entre 8000€ et 15000€ par poste de travail. Cela représente une somme importante, notamment pour les TPE/PME. Cependant, cet investissement devrait être assez rapidement compensé par une meilleure productivité et une baisse des dépenses liées aux non conformités.

 

Ainsi, Bertrand Delcambre propose, dans son rapport, de mettre à disposition des entreprises des « Kits BIM » pour permettre l’utilisation du BIM par les plus petites structures, en utilisant des logiciels Open Source et des bibliothèques d’objets simples.

 

 

Comment former les professionnels au BIM ?

 

L’utilisation de la maquette numérique au sein des entreprises nécessite de former le personnel à ces nouvelles technologies. On voit ainsi apparaitre de nouvelles formations comme le Mastère Spécialisé  BIM mis en place par l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie (ESTP), en association avec d’autres structures. Cependant, ce type de formations nécessite une présence à l’école et est donc plus adaptée à une jeune génération d’ingénieurs tous justes diplômés. C’est pourquoi les MOOC (Massive Open Online Courses) représentent un outil de formation important pour favoriser le passage au BIM dans les entreprises et notamment dans les petites et moyennes entreprises.

 

 

Comment assurer la qualité de l’échange des informations par la maquette numérique ?

 

Dans le but de rendre le meilleur possible l’échange d’informations par le biais de la maquette numérique, il est indispensable de rendre utilisables et compréhensibles par tous les données utilisées par les différents acteurs. Ainsi, la commission de normalisation AFNOR/PPBIM travaille sur une normalisation, en termes de propriétés des produits, de l’utilisation du BIM. Une première norme expérimentale XP P07-150 a été publiée en décembre 2014 dans le but d’une harmonisation des données échangées par l’utilisation de la maquette numérique.

 

 

Sources :

 

www.enpc.fr/

– Cours de l’option BIM de 3ème année de l’ESTP

– wwww.bimbtp.com/decouvrir-le-bim/les-lourdes-consequences-du-bim

-www.polantis.info

www.lemoniteur.fr/

Rapport de la Mission Numérique Bâtiment du gouvernement (sur le site www.territoires.gouv.fr)

 

 

 

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LE BIM et ses gains

Le BIM un outil numérique qui comprend une représentation graphique en 2D ou 3D du bâtiment ainsi qu’une base de données concernant le bâtiment. La base de données de la maquette numérique contient de nombreux composants techniques du milieu  de la construction comme les gaines, les faux plafonds, les portes…

Le BIM est un investissement financier au départ car il faut constituer la base de données cependant  il permet de faire des économies par la suite. En effet il existe plusieurs phases lors de la construction d’un bâtiment en particulier lors de la conception et de l’exploitation.

Lors de la conception le BIM peut être assimilé à un levier qui permet de réduire les coûts en industrialisant les processus. Cela permet de :

  • D’assurer la traçabilité des matériaux/matériels afin de suivre la mise en œuvre.
  • Respecter les normes et les réglementations du milieu de la construction
  • Réduire les délais de réalisation grâce à une meilleure préparation du chantier en amont
  • Un partage de données avec les entreprises qui travaillent ensemble sur le projet

On estime que les gains chiffrés chez les britanniques lors de la mise en place du BIM Task Group est de l’ordre de 20% grâce à notamment l’amélioration de la productivité.

En France, une étude en 2009 estime que le BIM pourrait faire baisser les coûts, dus au  manque d’opérabilité entre les logiciels, d’environ 35€/m2 de Surface Hors d’œuvre Nette.

En phase d’exploitation les gains sont également importants. Cela permet notamment de :

  • Réduire les coûts de l’assurance de construction
  • Rendre l’exploitation plus performante grâce aux données de calculs
  • Réduire les coûts de non qualité

Le BIM en phase d’exploitation permettrait de faire près de 1.4 milliard d’économie sur environ quarante millions de m2 de construction neuve. On peut remarquer que les gains potentiels cités ci-dessus touchent tous les acteurs participant à un projet de construction. Et bien entendu, plus le BIM est intégré et utilisé dans toute la chaine des acteurs plus l’impact sera positif et les gains importants.

Enfin au-delà des gains économiques il y a les gains environnementaux. Lors de la conception d’une construction, le BIM permet  non seulement d’affiner la conception, mais également d’intégrer les informations produites lors de la conception du bâtiment. L’étude thermique qui est un point essentiel  peut être faite en utilisant plusieurs logiciels de simulation thermique et dynamique.

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Les risques d’ordre technique et légaux associé à BIM.

Le BIM a été un grand pas en avant dans le monde du BTP. Il permet de suivre un chantier de la conception à la construction, en prenant en compte un nombre grandissant d’informations, qui concerne chaque acteur de la création du bâtiment.
Cependant, la condition essentielle au bon fonctionnement du BIM est la coopération sincère de tous les acteurs, des sous-traitants jusqu’au maitre d’œuvre, en passant par tous les entrepreneurs impliqués.

Un premier problème apparait : à qui appartiennent les données du BIM, et comment les protéger avec les lois « Copyright » ? Par exemple, si  le maitre d’ouvrage paye pour le design, alors il peut considérer que les données du BIM lui appartiennent. Cependant, les entrepreneurs vont eux aussi devoir introduire des informations dont ils ont la propriété intellectuelle dans le BIM afin d’optimiser l’utilisation du BIM. Ces informations ajoutées doivent elles aussi être protégées. Il n’y a donc pas d’appartenance réelle du BIM à tel ou tel parti. Chaque projet est traité de manière spécifique, de manière à éviter les inhibitions qui découragerait les acteurs du projet à utiliser le potentiel du BIM.

Ensuite, comment gérer le contrôle des entrées d’informations dans le modèle et la responsabilité associée en cas d’erreur ? Prendre des responsabilités en faisant une mise à jour du BIM et en garantir la précision est une source de risque. Les demandes d’indemnités par les utilisateurs BIM sont compliquées, et l’offre de garanties limitées et les dénis de responsabilité des designers seront des points de négociation essentiels qui doivent être résolues avant que la technologie BIM soit utilisée. Elle exige également de passer plus de temps lors de l’entrée et la vérification des données, ce qui représente un nouveau cout dans le processus de conception du projet.
Bien que ces nouveaux coûts puissent être largement compensés par tous les gains qu’engendre le logiciel, il faut prendre en compte le fait qu’une équipe doit être chargée de superviser tout cela.Ainsi, avant que la technologie BIM ne soit utilisée, les risques de son utilisation doivent être identifiés et attribués, et le coût de sa mise en œuvre doit être pris en compte.

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Le Cloud au service du BIM

En quelques années, le Cloud s’est imposé comme un moyen de stockage et de partage de fichiers performant et accessible à tous. Le principe repose sur l’utilisation de serveurs pouvant stocker ou traiter l’information reçue. En plus de fournir une sauvegarde indépendante du matériel de l’utilisateur, le Cloud permet à plusieurs personnes d’exploiter un même document depuis différents postes de travail (tablettes, ordinateurs, téléphone portable…etc). J’ai choisi, dans cet article, de développer ce dernier point et de détailler les différentes applications du Cloud dans le Building Information Modeling.

En premier lieu, le Cloud adapté au BIM permet de diffuser mais aussi de gérer de manière plus efficace les modèles utilisés lors de la conception d’un bâtiment ou d’un ouvrage. En effet, ces modèles sont dans la plupart des cas lourds, complexes et doivent donc être partitionnés afin de pouvoir diviser le travail entre les différents collaborateurs. Leur partage dans leur totalité était donc délicat, puisqu’un moins d’un déplacement physique, il n’était pas possible de les transmettre. En effet, un e-mail, par exemple, ne peut pas supporter un fichier d’une telle taille.

Dans le Cloud, on retrouve également des programmes permettant par exemple d’accéder à une étude structurelle, ou encore à un rendu 3D extrêmement détaillé du projet. Les différents intervenants peuvent donc utiliser l’énorme puissance des serveurs cloud, leur permettant de réaliser des tâches complexes bien plus vite qu’à partir d’un poste de travail ordinaire.

Il ne faut pas oublier de souligner qu’avant que le Cloud n’émerge, la synchronisation entre les différentes équipes gérant un projet pouvait s’avérer très délicate, chacune ayant sa propre façon de faire, ce qui avait pour résultat d’augmenter les délais et de diminuer la précision. L’unicité de l’interface permet de résoudre les problèmes de coordination. Le Cloud représente donc un espace de stockage centralisé, dématérialisé, et où chaque modification effectuée par un intervenant au projet est immédiatement répercutée à l’ensemble des acteurs.

Le Cloud fourni donc à ses utilisateurs la puissance et la capacité de stockage nécessaire pour utiliser, gérer, ou encore modifier un modèle unique de projet. La coordination et la productivité sont ainsi améliorées de manière significative. C’est pourquoi, couplé au BIM qui lui-même rend l’étude d’un projet plus efficace, le Cloud permet d’atteindre des performances jamais égalées.

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