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LA REVOLUTION DU BIM EN QUATRE POINTS

  1. Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Q1. Du point de vue du Maître d’Ouvrage, en quoi le passage au BIM peut-il être intéressant ?

Si de plus en plus de Maîtres d’Ouvrage demandent actuellement aux constructeurs de réaliser leurs projets en BIM, ce n’est pas un hasard. En effet, et bien que cela est pris un certain temps à s’imposer en France, les Maîtres d’Ouvrage prennent conscience de l’apport du BIM :

  • Au niveau de la Gestion de leur Patrimoine: disposer de l’ensemble de son Patrimoine sous forme numérique permet une vision à la fois globale et ciblée des bâtiments à exploiter. Une information devient très rapide à trouver dans une immensité de données. Par exemple, une fiche locative sera faite d’une perspective 3D, un tableau de surface et d’un plan de niveau : posséder la maquette numérique de l’appartement concerné permet de réaliser cette fiche en quelques minutes.
  • En termes de Qualité du bâtiment : En exigeant dès l’appel d’offre une réponse en méthode BIM, les Maîtres d’Ouvrage s’assurent que le produit respectera leurs exigences. Les différentes normes (HQE, BREAAM, PMR, incendie…) et les problèmes divers (synthèse architecturale ou technique, étude de prix précise…) sont traités efficacement en amont de la construction. Aujourd’hui, de nombreuses contraintes apparaissent sur le chantier et apportent la non-qualité que l’on connait au monde du Bâtiment.
  • Dans un souci de coûts: Des études ont montré en 2010 que l’utilisation du BIM permet une économie en moyenne de 2,3€/m² géré/an.

Q2. En tant qu’Entreprise (Générale ou non), pourquoi devrais-je investir pour passer au BIM ?

  • Pour l’intérêt économique que cela représente : Le traitement de la non-qualité, la maîtrise des coûts et l’interopérabilité qui réduisent les problèmes entre les différents intervenants sont autant de facteurs qui gangrènent habituellement un projet. L’aspect BIM apporte une solution à ces aspects difficiles à gérer et qui sont au cœur des débats depuis une vingtaine d’année. La même étude qu’évoquée précédemment a montré que l’économie se situe aux alentours de 35 €/m2 SHON, ce qui permettrait une marge de 5% (la plupart des constructeurs n’ayant pour le moment qu’une marge de 2% en moyenne). Le BIM pourrait être la solution pour faire sortir le secteur du bâtiment de la crise qu’il connait.
  • Pour satisfaire les exigences des Maîtres d’Ouvrage et législatives d’ici 2017 : De nombreux Maîtres d’Ouvrages privés donnent la tendance BIM en imposant une réponse BIM à leur appels d’offre (le premier de ce genre étant le centre Google à Paris). L’Etat appuie ce changement en mettant au vote un projet de loi visant à obliger la réponse à tout appel d’offre publique sous BIM.

 

Q3. En quoi le BIM peut-il m’aider à gérer l’exploitation de mon parc ?

Le BIM permet de gérer un parc de manière optimale. L’entretien d’un parc se trouve facilité par la maquette numérique si elle est mise à jour de manière régulière. Par exemple, on pourra suivre le vieillissement des ampoules d’un bâtiment ou du système de plomberie. Une intervention sera plus aisée lorsque l’on sait exactement où se situe la défaillance et si le technicien n’a pas à la chercher.

  1. Comment « ça » fonctionne ?

Q1. Comment l’interopérabilité est-elle rendue possible ?

Un nouveau format, l’IFC (Industry Foundation Classes) a fait son apparition pour permettre au BIM de se développer. Ce format est la base de l’interopérabilité car représente une langue commune à tous les intervenants. Il est orchestré par BuidingSMART (représentée par Medi@construct en France) qui est une association américaine définissant la norme internationale relative aux IFC appelée STEP (Standards for The Exchange of Product data). Les IFC contiennent toutes les informations nécessaires pour le décrire tout au long de son cycle de vie (conception, réalisation, exploitation) et selon les points de vue des différents intervenants (architectes, bureau d’étude structure, thermique…).

Q2. Qu’est-ce que la Maquette Numérique ?

C’est l’application des IFC pour une modélisation 3D (voir 4D ou 5D) du projet. Elle est unique et partagée entre tous les intervenants qui viennent y contribuer. Ceci permet à la fois de :

  • Centraliser l’ensemble des données du projet (venant remplacer « l’armoire à plan » du chantier par exemple),
  • Approfondir sa description, rendue plus fidèle selon le mode de représentation que l’on souhaite choisir (un thermicien aura besoin des coupes quand le commerciale se contentera de la vue en perspective)
  • De gérer de manière optimale le bâtiment de sa construction à son exploitation

Q3. Qu’est-ce qu’un BIM-Manager ?

La notion du BIM-Manager encore très récente est sujette à des changements fréquents. Ses missions sont :

  • BIM : développement du BIM dans l’entreprise en accompagnant la création de familles et de gabarits pour Revit, en suivant la diffusion des fichiers sous format numérique et papier, en vérifiant la qualité des rendus
  • La gestion : du personnel, de l’aspect financier lié à l’utilisation du BIM dans son entreprise…
  • Software: Développement des logiciels, synthèse de leur utilité ou non, gestion des bases de données
  • Support : il est l’intervenant avec les vendeurs de la technologie nécessaire au BIM telles que les logiciels, le hardware (ordinateurs, écrans, serveurs…)
  • Formation : assurer la formation du personnel de l’entreprise de façon interne, organiser et participer à des conférences et des séminaires destinés à l’échange des connaissances et l’actualité du BIM
  • Liaison : Il doit assurer la liaison entre tous les intervenants et doit pour cela maîtriser parfaitement les différentes étapes de la construction BIM (architecte, MEP, étude de prix, commercial, gestion de patrimoine…)

Q4. Concrètement, quels sont les logiciels utilisés dans le processus BIM ?

  • La suite Revit (Architecture, MEP, Structure) développé par Autodesk est l’un des logiciels les plus utilisés. La grande nouveauté par rapport à la CAO est l’aspect 3D plus simple à gérer mais aussi l’apparition de familles d’objets. Un trait n’est plus un simple trait mais devient un objet appartenant à une famille d’objets qui est régie par des règles que l’utilisateur ou le concepteur de la famille à préalablement imposé.
  • Synchro est un logiciel qui permet la 4D, la 4ème dimension étant le temps. Synchro met en perspective chaque étape de la construction avec les plannings, les ressources nécessaires et disponibles ce qui permet l’optimisation de la phase construction.
  • La suite TEKLA : Surtout utilisé en structure, permet d’attribuer à chaque objet un matériau (bois, acier, béton…) avec ses propriétés spécifiques.
  • Rhinocéros 3D : Permet de créer rapidement des surfaces complexes. Plus simple à utiliser que Solidworks. Couplé avec Grasshopper, un algorithme très utilisé par les architectes notamment, on peut explorer la conception paramétrique simplement.
  • Les logiciels de visionnage : Les logiciels précédents sont souvent chers et les petites entreprises ne peuvent s’offrir les licences. Il existe cependant des logiciels conçus uniquement pour visionner les projets. On trouve pour cela BIMSight, ce dernier ne permet toutefois pas de modifier le fichier IFC visionné.

 

  1. Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Q1. En tant que conducteur de Travaux, de quelle manière mon métier va-t-il évoluer ?

Il va être nécessaire de savoir utiliser certains viewers de manière à pouvoir consulter efficacement la maquette numérique. Les conducteurs de travaux pourront ainsi réduire considérablement la masse de plans qui s’accumulent actuellement : les plans, les coupes et les carnets de détails seront consultables directement depuis un terminal (tablette, pc…). Les problèmes dus aux multiples indices de plans envoyés par les différents corps d’état seront automatiquement mis à jour. Le gain de temps sera conséquent pour le conducteur de travaux qui pourra faire face plus efficacement aux imprévus plus importants.

Q2. En tant que bureau d’étude (méthode/structure/Etude de Prix/CVC…) ?

Les études sont menées dans le processus BIM plus en amont du chantier. Il va donc falloir plus de coordination et se soumettre à une norme qui est imposée par le BIM-Manager (norme de gabarits, de familles d’objets…). S’il faudra faire preuve d’une certaine rigueur, ce sera notamment pour mieux anticiper les problèmes de synthèse. En étude de prix par exemple la phase métrés va être grandement accélérée grâce aux possibilités qu’offre Revit : chaque matériau est référencé dans les tables associées à la maquette numérique, la 4D permet l’évaluation rapide des coûts humains et des moyens nécessaires à la construction. En méthode, les équipements de chantier (grues, passerelles de chantier, lifts…) sont contenus en tant qu’objet dans la base de données de l’entreprise et leur utilisation est facilitée par des algorithmes qui viennent centraliser toutes les données relatives à un élément.

Q3. Pour la maîtrise d’ouvrage ?

Le maître d’ouvrage va avoir une représentation plus fidèle de son projet. Il va également pouvoir suivre en temps réel l’avancement des travaux et peux vérifier les factures qui lui sont soumises durant la construction. De plus, afin d’exploiter au mieux la maquette numérique dans la phase exploitation, il sera nécessaire de savoir extraire les données qu’elle contient. Enfin, la 5D (prise en compte des frais financiers) va permettre d’ajouter une nouvelle perspective lors du choix du projet.

 

  1. Comment faire pour y aller ?

Q1. D’où la « révolution » BIM va-t-elle débuter ?

Le BIM s’intégrera naturellement dans les réponses aux appels d’offres en raison de la volonté de l’Etat à imposer le BIM dans les marchés publics. Une fois passées au BIM, les entreprises répondront aux appels d’offre privés plus facilement en BIM. Toutefois, la « révolution » passera surtout par les campus universitaires : les innovations doivent faire l’objet de formation et les recherches menées par les étudiants intégreront les nouvelles méthodes BIM demandées au sein de leur future entreprise.

Q2. Quel est le rôle du BIM Manager dans cette transition ?

Il est très important pour que le BIM s’impose qu’il soit accessible à toutes les entreprises. Le problème majeur réside dans la phase communication et échange de plans. Le BIM Manager responsable de cet aspect met en place des normes qu’il doit négocier contractuellement avec les différents intervenants d’un projet. Il est nécessaire que ces normes ne soient pas trop rigides ni trop souples afin d’éviter une réticence des entreprises à s’engager en BIM ou une incapacité à échanger si les langages sont trop différents. C’est aussi à lui que revient la tâche de former le personnel afin de savoir utiliser pleinement les logiciels de BIM.

Q3. Comment les PME peuvent-elles faire face aux dépenses nécessaires au passage au BIM ?

Les petites entreprises ont plus de difficultés à financer la transition BIM. Pour suivre la tendance, elles doivent se regrouper pour faire face aux dépenses de l’acquisition des logiciels, des ordinateurs ou des formations. Par exemple, un bureau d’étude CVC pourra s’allier avec un architecte et un bureau d’étude structure pour répondre à un appel d’offre en BIM.

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