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Le BIM : une révolution en marche

Dans le cadre d’un projet de MOOC sur le BIM, nous avons travaillé en groupe afin de dégager les principaux enjeux relatifs à ce nouveau support de travail révolutionnaire dans le BTP, dans le but de déterminer les intérêts et les objectifs d’un cours en ligne, ou MOOC.

Un MOOC, ou cours en ligne ouvert aux masses, permet une formation interactive via un support intranet, et ce dans le but de mieux s’adapter aux attentes et niveaux de chacun. Nous ne présentons pas le BIM, outil de communication permettant à chaque intervenant sur un projet de BTP d’avoir accès à une multitude de données et d’informations, et ce de la conception jusqu’au la livraison du produit, en passant par toutes les phases de réalisation.

En tant qu’élèves ingénieurs de l’ESTP, nous avons reçu un enseignement très axé sur la construction, d’un point de vue technique d’abord puis d’un point de vue plus organisationnel et managérial dans un second temps. C’est dans ce contexte qu’il est intéressant de se poser certaines questions relatives à ce MOOC :

  • Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Tout d’abord le BIM permet par définition de définir et simuler le bâtiment, sa livraison, son exploitation, et ce en regroupant toutes les données d’un cycle de vie complet du bâtiment. En tant qu’élèves de l’ESTP les enjeux sont nombreux.

En effet nous avons eu l’habitude depuis le début de notre formation d’avoir des disciplines bien dissociées et séparées en matières, bien que concernant pour la plupart de nombreuses notions communes relatives à la construction. Ainsi à chaque matière son partiel, sa notation, etc., ce qui fait que nous avons des difficultés à recouper, à corréler et à rassembler toutes ces informations pour en faire une base utile à notre futur métier. Or le BIM permet justement une certaine centralisation des données, regroupant les plans d’architecte avec les plans techniques, les études de prix avec les métrés, et ce de manière interactive au sein d’animations 3D. Ainsi il est intéressant de dégager un premier enjeu pour les jeunes futurs ingénieurs que nous sommes, celui d’avoir une certaine vue globale d’un chantier, afin de comprendre que chaque discipline est forcément reliée aux autres : que les plans de fondations n’ont pas de sens s’ils ne sont pas liés à une étude de prix des différents types de semelles ainsi qu’à un métré des quantités nécessaires en béton armé ou en armatures, par exemple. Par expérience, du fait de notre formation nous avons pu expérimenter pendant notre stage de deuxième année que nous reproduisons le même schéma sur le terrain qu’en cours : nous voyons les différents aspects du rôle de conducteur de travaux comme différentes matières, et avons ainsi du mal à trouver un dénominateur commun aux très multiples tâches qu’un conducteur est amené à entreprendre. Contrairement à l’ouvrier, son rôle n’a en effet aucun sens s’il n’a pas une vision globale du chantier, et c’est dans cet intérêt que le BIM présente un enjeu crucial, relatif à l’un de ses atouts que l’on peut désigner : une plus grande clarté des informations.

Cette plus grande clarté peut ainsi nous apporter une aide précieuse en terme de communication : Arnaud témoigne que lors de son stage, son peu de connaissances du terrain et de la technique propre au chantier sur lequel il était ont entrainé une longue période de deux semaines pendant laquelle il a dû s’approprier les plans, éplucher les documentations techniques, analyser les plans détaillés et ainsi feuilleter un bon nombre de classeurs très épais et pas forcément très lisibles. L’avantage du BIM, en créant une maquette numérique 3D avec une approche objet, est de créer une véritable interface permettant de faire interagir les différents objets entre eux, et ainsi permettre à des novices dans le métier de s’approprier rapidement les caractéristiques d’un chantier, et ce de manière intuitive et donc relativement simple.

Cet atout de communication est également un atout pour n’importe quel intervenant sur un bâtiment, architecte et maitrise d’œuvre, maitrise d’ouvrage ou encore sous-traitants. Il permet en effet de prévenir les problèmes potentiels relatifs aux différents corps d’état, et peut ainsi constituer un véritable socle de communication pour tous. Ainsi la connaissance du BIM peut constituer pour nous en réel avantage.

On peut également dégager 2 autres atouts principaux de cet outil révolutionnaire : le gain de temps et celui d’argent (qui lui est intimement lié d’ailleurs). En effet comme nous avons pu le voir lors de nos stages, la maîtrise des délais et des coûts fait parties des contraintes les plus importantes pour un responsable sur un chantier, et cet outil permet d’y répondre presque de manière automatique. En effet les différents objets de la maquette possédant une certaine « intelligence » intrinsèque, peuvent interagir entre eux, afin de prévoir n’importe quel problème de coordination entre différents corps d’état, ou simplement mettre en lumière puis modifier automatiquement un défaut technique sur un objet quelconque, qui pourrait nuire à l’ensemble de la construction. Ce règlement des différents défauts de construction en amont lors de la phase de conception permet de gagner des délais considérables sur les méthodes traditionnelles, ou la plupart du temps la construction est loin de se dérouler comme c’était prévu. A titre d’exemple Ronan a pu faire l’expérience d’une gaine technique se trouvant au même endroit qu’un dégagement d’évacuation EP. Cet incident a fait perdre beaucoup de temps au chantier et aurait été évité en utilisant le BIM. Ainsi les imprévus et impondérables habituels d’un chantier peuvent pour la plupart être supprimés via ce support.                                                                     Tout le monde connait l’adage « le temps c’est de l’argent », et il est vrai qu’un gain de temps sur un projet est presque automatiquement synonyme d’économie des dépenses. Mais au-delà de cette corrélation le BIM peut et doit permettre d’économiser de nombreuses dépenses, liées justement aux opérations de communication ou à l’élaboration de supports supplémentaires facilitant la communication entre les différents intervenants. Ainsi ces gains de temps et d’argent liés au BIM peuvent beaucoup nous apporter, car en tant qu’élèves ingénieurs les entreprises comptent sur nous pour assurer une relève managériale sur les chantiers, et cette connaissance du BIM dans un profil constituera une véritable mine d’or pour elles.

Ainsi le BIM peut m’apporter une meilleure connaissance des tenants et aboutissants relatifs à mon métier de terrain, peut m’apporter une plus-value vis-à-vis de l’entreprise en terme de temps et d’argent, et peut également m’apporter de nombreux avantages en terme de communication avec les différents intervenants avec qui j’aurai l’occasion de travailler.

Cependant il existe également certaines limites relatives au BIM : une certaine impersonnalisation dans la manière de manager un projet, en se basant uniquement sur la maquette sans forcément voir plus loin. Cette mise en garde doit nous convaincre de l’utilité d’encadrer l’utilisation du BIM afin d’éviter toute dérive.

 

  • Comment ça fonctionne ?

La mise en place de l’outil BIM au sein des entreprises requiert une certaine connaissance de son fonctionnement. Nous ne pouvons parler d’un point de vue purement technique dans la mesure où nous n’avons pas les connaissances necessaires. Cependant l’on peut tout de même s’intéresser aux processus relatifs au BIM.

Le pilotage du projet BIM pourra être réalisé par le BIM manager, dont le rôle doit être de coordonner les différents niveaux de la maquette numérique et de gérer les interactions avec les parties prenantes du projet. En effet cet outil peut rapidement être mal utilisé si chacun l’interprète à sa manière en se référant à sa spécialité. Ainsi un manager est indispensable pour homogénéiser l’ensemble des personnes concernées par le projet avec l’outil informatique, afin de garantir une parfaite clarté dans son utilisation.

L’utilisation du BIM se doit avant tout d’être interactive. Ceci justifie d’ailleurs l’utilisation d’un MOOC pour son enseignement. En effet cet outil informatique doit pouvoir permettre d’échanger, de discuter, de modifier certains éléments ou encore de défendre certaines solutions, et ainsi il ne peut pas se résumer à une simple interface informatique. Ainsi chaque utilisateur doit être bien formé afin de comprendre les spécificités de l’outil mais également dans le but d’en faire une utilisation à bon escient, en lien avec les autres (BIM 7D).

 

 

  • Qu’est-ce que ca va changer pour moi ?

Arrivés en 2013 à l’ESTP, nous n’avions pas alors conscience de la révolution que constitue l’adoption du BIM par les entreprises. Cependant celle-ci va changer beaucoup de choses pour nous.

Le monde est dans une évolution constante, à chaque jour surgit une nouvelle technologie, des nouvelles manières de construire, d’optimiser les recours, d’améliorer la qualité de production et ainsi logiquement la qualité des ouvrages.

L’évolution constante en terme de technologie fait que les ingénieurs cherchent de plus en plus de moyens informatiques permettant de simplifier le travail et de le rendre davantage pratique. Ainsi l’évolution de l’ingénierie par le biais de l’informatique est très importante de nos jours. Il est donc nécessaire de bien maîtriser ces deux aspects, la technologie et l’ingénierie, afin de réussir à manier des dispositifs et des programmes qui améliorent le rendement dans l’entreprise. De plus la technologie aide beaucoup dans le secteur du BTP ( on peut prendre pour exemple autocad ou 3Dmax sans lesquels il serait impossible de répondre aux demandes du client et aux obligations qui en découlent. Le développement de cette branche n’est pas forcément dans le secteur de la programmation mais également dans des machines qui économisent le temps et l’effort des ouvriers. L’influence qu’ont pu avoir les progressions technologiques dans l’actuel génie civil ont ainsi permis de faciliter le processus et de l’optimiser.

Ainsi on en vient au BIM : ce logiciel est avant tout un outil qui doit pouvoir mettre en valeur le travail des professionnels. Avec son aide, ce dernier peut consacrer plus de temps à la conception du projet. Plus qu’un logiciel de dessin 3D, cette plate-forme implique une nouvelle manière de penser le projet, et ce spécialement dans le processus de celui-ci : par le biais du 3D, les murs par exemple ne sont plus de simples murs, mais créés comme un volume ils sont associés de manière immédiate aux matériaux le composant. Ainsi il sera possible de connaître la quantité en briques, le volume de mortier et l’aire de la peinture que ces murs consomment. Si un prix est associé à cet objet, on crée simultanément le budget du projet.

Un autre aspect très intéressant réside dans le fait que le dessin technique soit préparé en parallèle. Ainsi les matériaux qui composent les éléments du dessin ont des propriétés graphiques qui se montreront automatiquement sous de diverses formes, que ce soit dans la vue en plan ou en élévation.

Cependant, l’actualisation et la coordination des éléments reste très lente ! Ainsi tous les changements dans le modèle doivent être réalisés par un service technique, créant un retard sur une partie du projet qui se doit d’être rapide grâce au BIM justement. Cet inconvénient sera principalement remarquable lorsqu’on se trouve sous pression, pouvant occasionner certains conflits ou tensions.

On peut donc retenir que le BIM va, pour nous, complètement chambouler notre manière de penser un projet.

D’un point de vue professionnel, le BIM change également de nombreuses choses dans la répartition des rôles entre les différents métiers. Si les métiers liés à la programmation sont de plus en plus indispensables dans les entreprises, ils restent tout de même limités dans le secteur du BTP et ainsi les nombreuses perspectives qu’offre le BIM apportent également de nouveaux futurs postes à pourvoir, notamment dans la branche technique des entreprises. Ainsi les techniciens BIM deviennent petit à petit indispensables pour un projet, et nous-mêmes pouvons remarquer que les offres de stage relatives au BIM sont de plus en plus nombreuses. Il convient cependant de faire attention à ne pas construire des sociétés automatisées, ou le BIM serait roi pour manager un projet. En effet nous ne pourrons jamais remplacer un bon architecte, ou un bon bureau d’étude, un ingénieur travaux ou une maîtrise d’ouvrage. Le domaine de la construction est avant tout un secteur humain, et c’est là que doit être sa priorité. Ainsi nous voyons le BIM comme un moyen de perfectionner, de soulager et de compléter le travail fourni par les différentes équipes sur un projet, sans toutefois constituer un moyen de remplacement. Tout l’enjeu de cette technologie se base sur la manière dont on doit l’appréhender : comme un outil et non comme une fin en soi.

En revanche la manière de travailler des différents intervenants sur un projet devra radicalement changer, et ce dans le but d’intégrer le BIM dans les process de management et d’ingénierie.

  • Comment faire pour y aller ?

D’un point de vue plus opérationnel, il est d’actualité de définir les modalités de la mise en place du BIM et de sa formation. Ainsi, dans un premier temps il convient de mettre en place des méthodes de formation rapides et efficaces permettant aux futurs ingénieurs de se mettre à jour. Dans ce but, un MOOC est une manière efficace de permettre aux élèves de s’approprier le BIM tout en utilisant son caractère interactif pour permettre à des élèves ingénieurs de s’adapter à la formation en fonction de leurs connaissances du sujet. Une application concrète dans le cadre d’un projet fictif pourrait être alors une bonne méthode pour s’approprier les différentes techniques.

Comme toute révolution technologique, la mise en place du BIM dans les entreprises n’est pas chose facile. Ainsi il conviendrait d’organiser des sessions de formation afin de sensibiliser les professionnels sur son utilité dans un premier temps, puis sur ses modalités de fonctionnement ensuite.

 

Ainsi nous pouvons voir que l’utilisation du BIM est une réelle révolution dans les méthodes de management et d’organisation de la construction. Cependant celle-ci a ses limites, et il est indispensable que les différentes formations mettent l’accent sur une bonne matière de l’utiliser. Il y a en effet plusieurs centaines de manières d’utiliser le BIM, mais seulement certaines seront utiles pour permettre aux entreprises de gagner en terme de réduction des coûts, des délais, et amélioration de la communication et de la clarté des informations sur un chantier.

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Le BIM : un nouveau management de la qualité.

Tel est la contribution du BIM ! Cela peut paraître absurde de prime abord, mais le gain du « Building Information Modeling » ou « Bâtiment et Informations Modélisées » (en français) est réel. Il s’agit désormais de travailler de façon collaborative dans le cadre du développement d’un projet de construction. En effet, les phases de conception sont de plus en plus courtes et les entreprises de construction prennent une part importante dans les études. Le BIM apparaît donc comme le moyen idéal pour élaborer un projet en améliorant la communication, capitalisant les informations et les données détaillées fournies par les différents acteurs. Il résulte une augmentation de la productivité et une réduction des erreurs par l’intégration des règles métiers. Alors bien sûr, il faudra repenser les aspects contractuels et la gestion des droits d’auteurs car les limites sont floues. Simplifier les outils et améliorer l’interopérabilité. Mais le potentiel est là !

D’ailleurs, la dénomination désigne à la fois la maquette numérique obtenue par certains logiciels 3D tels que Allplan, Revit ou Tekla … Et également la base de données dynamique associée dans le but d’une conception orientée objet où ceux-ci se voit attribuer des caractéristiques techniques de plus en plus précises au fur et à mesure de la progression dans la conception. Ainsi, un des enjeux du BIM sera de projeter au plus tôt les acteurs dans le rendu du projet via un modèle numérique. Pour, premièrement, apporter un maximum de correctifs/variantes souhaités en amont de la phase construction. Et par la suite, d’effectuer deux visites du projet lors des réunions de chantier, l’une in situ et l’autre virtuelle. Par conséquent, les écarts seront plus aisément constatés et corrigés. Dans le cadre d’une promotion immobilière de logements, par exemple, la visite virtuelle pourraient également bénéficier aux futurs propriétaires en complétant la vente sur plan.

Dans un futur proche, grâce au développement de la réalité augmentée il sera même possible de se balader dans le bâtiment en construction et de réaliser des modifications en temps réel et d’en apprécier les impacts.

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BIM : Une évolution qui révolutionne l’emploi

Le secteur de la construction est à l’origine d’un tout nouvel outil bientôt indispensable pour tout projet de construction. Cette révolution dans le système de modélisation, connu sous l’acronyme BIM (Building Information Modeling), fait apparaitre un métier inconnu jusqu’à présent : le BIM Manager.

Un secteur plein d’avenir

Le BIM management est un secteur en plein essor, qui recrute de plus en plus de jeunes diplômés. Ils doivent avoir un goût prononcé pour l’innovation et la création. Ceux qui ont déjà une première expérience dans le domaine et des pré-requis solides dans les logiciels de modélisation seront particulièrement appréciés en entreprises, surtout aujourd’hui où la demande s’accroit de plus en plus du fait du retard de formation spécifique au BIM.

Un étudiant formé au BIM possède un avantage inouï dès sa sortie d’école : il a la possibilité de décider dans quelle mesure il souhaite utiliser ses compétences. Il peut travailler en entreprise, an tant que BIM Manager, ou être indépendant en proposant ses services de modélisateur aux entreprises en retard dans ce domaine.

En entreprise, le BIM Manager travaillera en étroite collaboration avec le directeur technique pour mettre en place les plans numériques d’un projet (sous forme de maquette numérique), et leurs règles de réalisation. Il fait la synthèse de la réalisation des différents intervenants et gère leurs tâches et leur rythme de travail. « Nous devons accompagner tous les acteurs du BIM dans les outils modernes de modélisation, de visualisation, de documentation, de communication et de coordination. Un métier qui impose la polyvalence », précise Michel Arochane, BIM Manager chez Bouygues Construction.

Des qualités appréciées

Une expérience dans le BIM donne un avantage non-négligeable par rapport aux autres secteurs. D’abord parce que ce nouveau secteur fournit de nouveaux modes de travail, ce qui met en exergue des qualités d’adaptation et de management très appréciées par les entreprises. C’est une garantit d’emploie évidente qui lie technique et management. Les entreprises apprécient également ces profils à « double casquette » pour leur plus grande maturité. Rappelons que les BIM Managers sont les leaders du BIM dans l’entreprise, « ils sont au centre des interactions d’un projet » conclut Xavier Pichetti, BIM Manager chez Norpac.

Julien SFEDJ

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