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BIM et outils de suivis d’avancement des travaux au service des MOE, et bureaux de contrôle

La transition numérique est en voie d’impacter le monde des travaux, dans un futur proche nous n’utiliserons plus de plans papiers, mais uniquement la maquette numérique du projet, la filière du btp est en marche de faire évoluer ces habitudes de travail.

BIM travaux
Source : http://www.batappli.fr

Le BIM en voie d’être de plus en plus employé, tend à accélérer le déploiement de nouveaux systèmes d’informations, permettant d’accompagner, d’automatiser, et de dématérialiser quasiment toutes les opérations incluses dans le suivi d’exécution.

Solution logiciel 

Des applications informatiques spécialisées dans la gestion de projets de construction telles que bulldozer, kaliti, plangrib… ont vu le jour suite à la popularisation des technologies mobiles de type smartphone, tablette tactile.

Couplé au BIM ces applications seraient d’excellents outils de mesure de performance au profit du chantier, prenons l’exemple appliqué au processus de contrôle de chantier effectué par les MOE d’exécution et les bureaux de contrôles.

Outils de communication

Dans l’air du tout numérique, le BIM peut être un excellent support de reporting des contrôles.

Tous les acteurs ne se côtoient pas forcément tout au long du déroulement du projet, pour le suivis des travaux le BIM permettrait de mutualiser les suivis en simultané grâce au cloud. La maquette numérique comme plateforme de collaboration, facilite l’accès à l’information en la centralisant au profit de tous les participants d’un projet.

Maîtrise des coûts

Dans une dynamique d’évolution permanente du projet l’automatisation des quantitatifs qu’offre le BIM assure une meilleure maitrise des couts. L’estimatif des évolutions retenues par l’entreprise étant instantanément généré, pour vérifier l’impact financier, cette aide à la prise de décision optimise les choix constructifs.

Information

Une arborescence basée sur les objets de la maquette dont l’appréhension est globalement plus rapide. De la sélection d’un objet il serait possible de connaître son statut de validation, la fiche modificative associée, ou toute autre information utile à la portée d’une tablette.

Ces informations composent par la même occasion le carnet de santé numérique de l’ouvrage, composé de l’historique des événements de la phase de construction. Cela nécessite de structurer les données pour une bonne gestion de l’information, donc requière une mission de management de l’information en support.

Maîtrise des délais

Le planning à une grande importance pour le bon déroulement d’un chantier, c’est un enjeu d’adapter son usage au BIM.

La liaison entre planning et maquette existe pour simuler le phasage de réalisation, le système repose sur l’association d’un objet du modèle (murs, dalle…) à une tache de planning de type Gantt, de cette opération une animation de phasage peut être générée. Cette fonction pourrait être adaptée au bénéfice du suivi d’avancement, les éléments construits seraient pointés depuis la tablette sur chantier, en parallèle cela validerait la tache associée au planning, pour mesurer l’état d’avancement et comparer les écarts entre le réel et le prévu.

Etude en cours

Récemment qualiconsult et le CSTB viennent de signer un partenariat afin de connecter les outils de contrôle technique à la maquette numérique, l’objectif étant d’expérimenter le couplage entre le BIM et un règlement de contrôle technique, dans le but d’un probable déploiement sur le marché français de la construction.

 

De la camera jusqu’à l’utilisation de drone en passant par le relevé scan, les nouvelles technologies de contrôle des travaux pourraient dans le futur se substituer de l’intervention humaine pour suivre l’avancement des travaux, en attendant la tendance est au collaboratif ce qui trace la voie au BIM sur le chantier.

 

 Webographie :

  • BIM Chantier

http://www.cstb.fr/actualites/detail/qualiconsult-cstb-methodologie-bim-0316/

http://www.batappli.fr/blog-du-logiciel-batiment/informations/quand-les-artisans-passeront-au-bim

http://methodesbtp.com/articles/bim-preparation-chantier-batiment/e

http://www.mediaconstruct.fr/groupes-de-travail/projets-clos

http://www.cad-magazine.com/article/le-bim-sur-le-chantier

http://www.tekla.com/evolution/infograph.html

http://blog.bouygues-construction.com/nos-innovations/innovation-drone-vole-btp/

http://www.cad-magazine.com/article/suivi-de-chantier-place-au-numerique

  • Solution informatique

http://www.bulldozair.fr

http://www.kaliti.fr/solutions/

https://www.motioncomputing.com/fr/workflows/construction/building-information-modeling-bim#how-motion-can-help

https://www.plangrid.com/en

http://www.lemoniteur.fr/article/trimble-veut-apporter-le-bim-sur-les-chantiers-29051546

 

 

 

 

 

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La réalité augmentée – Un dispositif de visualisation adapté aux chantiers.

La réalité augmentée (RA) – définitions :

La réalité augmentée (RA) consiste à superposer à la réalité perçue, des informations complémentaires fournies par dispositifs externes au corps humain. Elle peut s’appliquer aux 5 sens, étant le plus connu le concept de réalité augmentée appliqué à la vision. Justement, wikipedia définit la réalité augmentée comme la « … superposition d’un modèle virtuel 2D ou 3D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel »[1].

Il faut éviter de confondre réalité augmenté et réalité virtuelle (RV), du fait que dans celle-ci il n’opère pas une superposition en temps réel avec le monde perçu.

La réalité augmentée connaît actuellement un fort essor lié, en grande partie, à l’augmentation de la capacité du traitement de données par des ordinateurs, à la miniaturisation des composants, à l’amélioration des systèmes de positionnement  ainsi qu’au développement des systèmes de communication de données sans fil.

Un dispositif de réalité augmentée visuelle est, à la base, constitué par un écran sur laquelle sont projetées des informations qui se superposent à la perception visuelle qu’un individu a du monde réel. Cette superposition peut se faire par projection des informations complémentaires sur un écran transparent, de façon à ce que la fusion des images est reconstituée par le système visuel humain (figure 1) ou bien par l’intermédiaire d’un dispositif de captation d’images, de façon à ce que la fusion des images est reconstituée sur un écran (figure 2).

FIG1
Fig 1 – Source: http://www.lunettes-connectees.com

 

 

 

 

 

 

FIG2
Fig 2 – Source: www.igen.fr

 

 

 

 

 

 

Plusieurs dispositifs de type « lunettes » à usage professionnel sont actuellement en phase de prototypage, de test ou de commercialisation. Les HoloLens  de Microsoft (https://www.microsoft.com/microsoft-hololens/en-us), Les IMMY iC 60 d’IMMY (http://www.immyinc.com/), la solution développée par la française A-sis (http://www.savoye.com/fr/newsroom?communique-de-presse=1970), le META2 de Meta industries (https://www.metavision.com/), les MOVERIO d’EPSON (http://www.epson.fr/fr/fr/viewcon/corporatesite/products/mainunits/overview/12411?WT.mc_id=cpc-_-google-_-moverio-_-fr&WT.tsrc=cpc), ou le SMART HELMET de DAQRI (www.daqri.com) sont des exemples.

On trouve aussi dans le marché les développeurs de plateformes pour loger les applications, comme Vuforia (https://developer.vuforia.com/downloads/sdk)

La filière bâtiment :

Dans le cadre de la filière bâtiment, la modélisation des maquettes numériques a favorisée la parution d’interfaces de visualisation de réalité virtuelle (RV) qui vont des simples écrans aux casques (oculus) 3D[2] ou salles immersives[3].

Concernant la réalité augmentée (RA), le SMART HELMET de DAQRI est conçu comme un produit de visualisation adapté à l’utilisation en chantiers. Ce dispositif intègre :

  • Une unité centrale de procès équipée d’un processeur M7 d’Intel
  • Un système de visualisation par écran transparent à cristaux liquides.
  • Des centrales à inertie pour calculer le positionnement relative du casque.
  • Une caméra thermique.
  • Des systèmes de reconnaissance d’objets (mappage, capture d’images et suivi de trajectoires) constitués par des caméscopes conventionnels, stéréoscopiques infrarouges et un projeteur laser infrarouge.
  • Un Système d’audio 360°.
FIG3
Fig 3 source DAQRI WWW.daqri.com

 

Il est difficile de préciser la phase de développement dans laquelle se trouve le produit. Un événement de présentation (le « 4D EXPO »[4]) est prévu pour les 11 et 12 mai 2016 au siège de l’entreprise. Concernant les applications au BIM, le site web de l’entreprise annonce un partenariat avec Autodesk[5].

Des articles de revue de la CES[6] 2016 indiquent qu’il serait disponible au prix de €4.600 à €13.800 l’unité[7].

Il faut souligner que l’on trouve, dans la base de données en accès libre de l’INPI[8], plus d’une vingtaine de demandes d’enregistrement de brevets par DAQRI (publiées entre septembre 2014 et février 2016), dont un extrait de quelques titres peut donner une idée des enjeux associés au produit :

Visualisation d’interactions physiques en réalité augmentée (WO2016025697 A1)

Visualisation spatiale de données (WO2016025811 A2)

Traitement de données spatiales (WO2016025808 A1)

Système de mappage tridimensionnel (WO2015126951 A1)

Mise en correspondance de gestes et de fonctions virtuelles (WO2015102903 A1)

Manipulation d’objet virtuel en réalité augmentée, par la pensée (WO2014197392 A1)

Une demande de contact avec l’entreprise à été lancée sans réponse au jour de la rédaction de cette veille technologique.

– Webographie et références:

http://www.augmented-reality.fr/ blog de l’association de promotion de la réalité augmentée

http://www.larealiteaugmentee.info/actualites-blog/

http://www.augmented.org/blog/

http://www.wearear.de/

http://arblog.inglobetechnologies.com/

– Événements et salons sur la réalité virtuelle et le numérique :

AWE (EUA), insideAR (Allemagne), ARMC (Irelande), MixAR (Russie), Laval Virtual (France)[9], ISMAR[10].

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alit%C3%A9_augment%C3%A9e

[2] http://www.oculus-rift.fr/

[3] http://www.inria.fr/centre/sophia/innovation/plateformes-technologiques2

[4] http://4dexpo.com/

[5] http://daqri.com/home/partners/

[6] CES Consumer Electronics Show® – Las Vegas, janvier 2016 – http://www.cesweb.org/

[7] http://www.cnet.com/products/daqri-smart-helmet/

[8] http://bases-brevets.inpi.fr/

[9] http://www.laval-virtual.org

[10] International Symposium on Mixed and Augmented Reality – http://ismar.net -

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Les études environnementales via la Maquette Numérique Urbaine

Le BIM se développe à l’échelle de la construction : bâtiment et infrastructure – mais où en est-on aujourd’hui sur les questions de la fabrication de la ville de demain avec les méthodes et outils BIM ?

Les systèmes complexes comme l’environnement peuvent être abordés et étudiés grâce à l’approche systémique et collaborative que permet une démarche BIM.

 L’enjeu de modélisation des phénomènes physiques 

En 1910, la région parisienne connaissait sa plus grande inondation qui sert toujours de référence pour une occurrence centennale. Aujourd’hui, les entreprises, les assurances, l’État français, l’Europe s’inquiètent des répercussions d’une telle catastrophe naturelle. Le projet de recherche «EU Sequana 2016» s’est achevé le 7 mars dernier et les conclusions sur la montée des eaux de la ville capitale et ses conséquences humaines et économiques sont lourdes.

La simulation numérique des débordements de la Seine et de ces affluents intégrant la montée des nappes phréatiques, l’imperméabilisation des sols, les capacités de stockage en zone urbaine, les bassins versants, les obstacles à l’écoulement comme les véhicules, le nombre d’habitants et des activités économiques susceptibles d’être impactés sont autant de données qui ont été intégrées et modélisées dans une maquette numérique urbaine pour visualiser et comprendre les impacts d’une grande crue à Paris.

 L’écosystème urbain en BIM/SIG

L’analyse de l’écosystème urbain et de ses interactions est rendue possible grâce à la démarche et les outils BIM, qui au travers de la prise en compte de données intelligentes très variées comme les interactions entre les données géographiques et les renseignements liés à l’occupation du sol,  offre l’opportunité d’une connaissance riche des territoires.

A ce titre, la maquette numérique urbaine en France est aujourd’hui un sujet d’innovation et est portée très fortement par les pouvoirs publics.

La première expérience française lancée par la Ministre du commerce extérieur en 2013 prévoit la réalisation de simulateur de la ville durable intégrant les technicités Made In France. Des expérimentations sont menées à Santiago du Chili ‘Santiago Des3aDo’ et à Astana ‘Astainable®’  pour proposer une lecture nouvelle des plans de la ville et des opportunités de développement possible.

Plus récemment, le Ministère de l’écologie a retenu 11 projets pour le développement d’un « démonstrateur industriel de la ville durable » en décembre 2015. Les 11 groupements retenus devront travailler sur des sites en France sur la performance environnementale, économique et sociale.

 Vers un Urbain Lifecycle Management du territoire ?

La maquette numérique urbaine devient alors un support aisément communicable qui permet de perdre en compte une grande quantité de facteurs environnants qui interagissent dans un milieu vivant. Le support de la visualisation 3D pourra être communiqué et interrogé  – demain – par un plus grand nombre d’acteurs (élus, habitants, technicien, concepteur,…) offrant sans doute une lecture plus partagée de la ville et de sa fabrication.

 


Bibliographie

- « Les villes intelligentes, enjeux et stratégies pour de nouveaux marchés » – Etude réalisée par Claude Rochet – Professeur des universités, Professeur affilié ESCP Europe

- « le bâtiment producteur d’énergie et bas carbone » – Alain Maugard, président de Qualitel

- « 11 lauréat pour l’appel à projet « démonstrateurs industriels de la ville durable » - Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer

- « Rennes, ville durable, aura son jumeau virtuel » – Le Mag Numérique – Article de Roland Le Bouëdec


 

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Building BIM : de la préparation au suivi de chantier. Comment rassembler la maquette numérique et l’élément humain pour optimiser la phase de construction?

Le BIM et la préparation du chantier

L’application du Building Information Modeling and Management (BIM) au domaine de l’Architecture Ingénierie et Construction (AEC) en tant que processus de générer et manager de l’information du bâtiment, tout au long du cycle de vie, a connu une importante croissance au niveau mondial dans les derniers 10 ans. Cette approche révolutionnaire de travail collaboratif autour d’une maquette numérique, composée de données géométriques et non géométriques, permet d’améliorer la coordination entre les différents participants d’un projet de construction, aussi bien que de mieux contrôler les coûts et de réduire la possibilité d’inefficiences pendant la phase de construction.

Mais il ne s’agit pas que d’une volumétrie. En effet, le BIM ajoute des dimensions au 3D selon l’usage. C’est-à-dire, la 4D pour la notion de temps et de planning, la 5D pour le concept de 4D plus le chiffrage. La 6D intègre à la fois la 5D et la réalisation de chantier – ce qui signifie qu’à ce moment on aura la maquette d’exécution en temps réel. Celle-ci est ensuite liée à la notion de 7D, qui englobe la vision de management de cycle de vie du bâtiment (Wang 2011).

Regardons la dimension 4D du BIM et son application à la préparation de chantier. La possibilité d’avoir une prévision des travaux à exécuter pendant les phases de conception et études en faisant appel à la maquette numérique et à un planning associé représente un énorme avantage. L’anticipation des potentiels points critiques de l’érection de l’ouvrage et des conflits logistiques concernant les procédures opérationnelles du site représentent en gains financiers car les décisions sont prises en amont. Aujourd’hui des logiciels comme Navisworks d’Autodesk ou Vico de Trimble permettent de coordonner les différents modèles-spécialités et analyser la constructibilité de la maquette, extraire des plans et des quantitatifs, contrôler le planning d’installation et exécution de chantier et faire des estimations de coûts. Et d’entreprises plus spécialisées comme visual5d poussent plus loin le phasage et la programmation de chantier, en y ajoutant une simulation très visuelle de la construction du bâtiment, basée sur la maquette numérique.

visual5d

www.visual5d.com – Planification de chantier assemblant la maquette numérique et le multimédia pour faire des simulations précises de la programmation et évolution du chantier.

Le BIM et le suivi de chantier

Mais qu’en est-il de l’usage de la maquette numérique dans la phase de construction du bâtiment, notamment au niveau des métiers dits moins intellectuels? Le BIM est une technologie assez récente dans le chantier et encore très peu exploité (Tarja M., 2013). Le manque à la fois de diffusion d’outils mobiles et d’une formation adaptée est à l’origine de cette situation.

En effet, les préjugés sont nombreux parmi le personnel lié aux activités de chantier. Pour eux,  le BIM est plutôt un outil fait pour les tâches de coordination qui sont exécutées par des ingénieurs très compétents en informatique (Su-Ling Fan et al. 2014). Il faut donc commencer à faire preuve que la maquette numérique est nécessaire à tous les participants impliqués dans le processus de construction. Dans le chantier il y a du BIM dehors du bungalow et les avantages sont énormes, du point de vue non seulement de la sécurité des travailleurs mais aussi d’une optimisation du temps et des ressources.

Etant une technologie émergente basée sur la visualisation, la Réalité Augmenté (VR) pourra apporter des évolutions significatives dans le domaine de l’AEC. Aujourd’hui c’est déjà possible de faire appel à de ce type de méthode en utilisant juste des smartphones et tablettes. Les codes QR (quick response code, en anglais) sont des matrices de code de barres avec une grande capacité de stockage de données et facilité de lecture, même quand le code est partiellement corrompu. Ils peuvent être utilisés pour donner des instructions opérationnelles personnalisées et détaillées selon le niveau de formation de l’ouvrier, et d’augmenter la compréhension de certaines étapes du chantier. (Trani M. et al, 2014).

Les Casques intelligents deviennent aussi de plus en plus diffusés. Le leader technologique du marché, Daqri, intègre nombreux senseurs qui permettent d’obtenir une lecture immédiate du contexte et y ajouter de la réalité augmentée. Le but c’est de donner la meilleure information possible aux travailleurs pour réduire la possibilité d’erreur, aussi bien que de permettre d’anticiper le danger.

daqri

Casque intelligent Daqri equipé de senseurs et récepteurs qui permettent d’ajouter de l’information numérique à l’environnement réel. Source : www.daqri.com

Sur un chantier classique, l’information est normalement diffusée sous la forme de plans. L’information contenue dans ces plans n’est pas toujours celle qui intéresse le plus aux travailleurs – soit trop générique, soit trop technique. C’est pour cette raison que le BIM ouvre la possibilité d’accéder à l’information « cachée » mais qui est pertinente pour les ouvriers. Au Pays Bas, des chantiers avec des « plans à la carte » sont déjà une réalité.

Impressions de détails au format A3 et A4, extraites d’une maquette dans des bungalows suffisamment équipés et accessibles à tous (Leon van Berlo, 2014). Les avantages sont indiscutables : le travailleur est mieux informé et moins pollué par des informations qui ne lui concernent pas ; il peut donc opérer de façon plus efficace, être plus efficient et améliorer la qualité de son travail.

Autres technologies déjà disponibles sur le marché et qui concernent le suivi et la gestion de chantier devraient être aussi plus démocratisées. Son utilisation devrait s’éteindre non seulement aux manageurs de projet et contremaîtres mais aussi aux travailleurs, qui munis d’un smartphone ou tablette peuvent interroger la maquette numérique et obtenir des données pertinents à son travail. C’est le cas d’applications telles que BIM360 Field d’Autodesk, Bulldozair et Kaliti. Ces outils rassemblent des technologies mobiles et des environnements collaboratifs sur le Cloud de façon à faire suivre les informations critiques  aux personnes concernés sur le chantier, tout en améliorant la qualité, la sécurité indépendamment de la taille du projet.

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La collaboration inclusive entre tous les intervenants d’un projet BIM. Source : www.tekla.com

Somme toute, l’inefficience sur le chantier est due à un faible investissement dans la technologie, qui fait que des outils déjà existants dans l’industrie de la construction ne soient pas suffisamment appliqués sur le terrain. Selon Autodesk, sur un projet de construction, 90% des couts dépensés en technologies reportent aux activités de bureau. De ce fait, sur le chantier, la technologie est surtout utilisée dans le bungalow ou dans les bureaux (architectes, ingénieurs, consultants…). Il est donc pertinent d’appliquer la technologie BIM au terrain, là où le travail est exécuté et où il y a le plus grand besoin d’optimiser le temps et les coûts.

 

WEBOGRAGRIE

Articles scientifiques en ligne

Sites web et blogs

 Editeurs de logiciels et autres

Conférences en videostreaming

Videos

https://www.youtube.com/watch?v=qjOCGRLo6eE

  • What is 4D BIM? https://www.youtube.com/watch?v=Sz6JK6_ZtGA

Twitter

#BIM #AEC #openBIM

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BIM et Construction

Comment passer d’une conception BIM à la réalisation du chantier par des TPE non formées à la démarche ? Opportunités, difficultés et outils utilisables.

Le BIM pour les TPE ?

L’ère du numérique s’invite à marche forcée dans le monde du bâtiment, et promet d’aider à construire plus vite, plus efficace et moins cher. Le BIM (Building Information Modeling) est ainsi une méthode de management de projet du monde de la construction (bâtiments et infrastructures), regroupant un large groupe de décideurs. Souvent appelée « maquette numérique », la méthode repose sur la production de fichiers numériques, d’éléments de conception en 3D du projet, qui ont pour finalité de définir l’ensemble des informations constructives d’un bâtiment ou d’une infrastructure. Elle intervient depuis la conception et la construction jusqu’à la maintenance et l’exploitation de l’entité bâtie. La coopération entre les différentes équipes concernées (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprises, utilisateurs…) fait partie intégrante de toutes les méthodes de travail BIM. Les équipes s’échangent mutuellement des informations. La manière dont ces informations sont échangées, ainsi que les types d’informations devant être attribuées au modèle selon les stades du projet, sont définis dans un protocole BIM. Or, Si cette démarche semble évidente et nécessaire pour faire évoluer le monde du bâtiment, elle reste pour la majorité des acteurs compliquée et inaccessible. Une enquête réalisée en 2014 (source : batappli) indiquait que seulement 10% des artisans déclaraient avoir une approche du BIM, essentiellement par la manipulation d’un plan 3D. La volonté est de sortir du cadre confortable du BIM appliqué par de grands groupes de construction, pour se préoccuper de l’application de la démarche pour un chantier normal en France. Nous entendons par chantier normal, un projet construit par des TPE, en lots séparés, pas forcément à l’aise avec les outils informatiques et encore moins avec le BIM. Se posent alors les questions des opportunités, des difficultés, de l’organisation de travail à mettre en place, ainsi que des outils simples à utiliser.

 

Le BIM pour les TPE : les opportunités

L’utilisation du BIM aide incontestablement à améliorer l’efficience des processus de production. Chaque acteur a la possibilité de lire et de manipuler la maquette pour en tirer les informations dont il a besoin pour son métier. L’utilisation de fichiers au format IFC (format de fichier numérique, orienté objet fortement utilisé par les logiciels BIM) permet par exemple de générer des quantitatifs automatiques, par lot et par poste, sans perdre de temps dans les ressaisies. Les plans d’exécution sont plus rapides également à produire, puisque l’export IFC implique un gain de temps et diminue les risques d’erreurs dans la compréhension du projet et des interactions entre les différents corps de métiers.

L’utilisation de la maquette révolutionne aussi les façons de préparer et de vivre un chantier. Les plannings et phasages sont plus simples à établir puisque le « film » de la construction du projet peut être analysé et modifié avant que les équipes n’interviennent physiquement sur place. Le travail avec les fournisseurs permet également de diminuer les délais de fabrication et de réduire les déchets de chantier, par l’analyse plus fine des éléments de conception. Une maquette bien appréhendée diminue de fait la non qualité en chantier et évite de démolir et reconstruire des éléments mal étudiés par les entreprises en charge de la construction.

L’utilisation du BIM oblige également l’entreprise artisanale à s’adapter à une organisation de travail collaboratif, utilisant une même méthodologie et en travaillant sur des données communes. Cette nouvelle approche est l’occasion d’améliorer l’efficience organisationnelle de la structure. Elle peut alors répondre à des appels d’offres plus exigeants, ou travailler en sous-traitance pour des grosses entreprises  puisqu’elle comprend les attentes et maîtrise les processus.

 

Le BIM pour les TPE : les freins

De grosses difficultés existent néanmoins dans la démocratisation de l’utilisation du BIM pour les artisans et le TPE. Pour beaucoup, l’utilisation de l’outil informatique n’est pas évidente, et la maquette numérique est perçue comme compliquée et réservée à des experts. La dématérialisation fait peur et implique un changement d’habitudes. Le bon sens des hommes de terrain semble disparaître au profit de l’écran et de la souris. Il est nécessaire de réfléchir de manière plus abstraite en amont avant de produire dans son cœur de métier. La nécessité d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences constitue un réel frein, surtout si le niveau d’instruction au sein d’une TPE n’est pas très élevé.

L’autre difficulté majeure tient au coût de migration vers le BIM. Dans la plupart des cas, le passage au BIM implique l’acquisition de nouveaux équipements informatiques, de nouveaux logiciels, et l’investissement en formation pour les futurs utilisateurs. Or, cet investissement représente pour beaucoup de petites entités une somme trop conséquente au regard de leurs capacités financières.

 

Le BIM pour les TPE : les outils

Les outils proposés  sur le marché sont nombreux et adaptés aux différents profils d’utilisateurs. S’il est vrai que les grandes entreprises et les grandes structures portent l’innovation et les investissements, il est vrai également que des outils gratuits ont été développés afin de rendre accessible la démarche. Les artisans et les TPE peuvent ainsi  franchir le pas, en ne sacrifiant pas l’équilibre financier de leur entité. Quelques outils gratuits sont repris ci-dessous, qui permettent d’ouvrir le modèle 3D :

Logiciels Editeurs Français IFC
Tekla Bimsight Tekla Oui Oui
Solibri Model Optimizer Solibri Non Oui
Solibri Model Viewer Solibri Non Oui
DDS-CAD BIM Enhanced Data Design Systems Non Oui

 

Les logiciels traitant des fichiers XML ou XLS (Excel ou Open Office) permettent quant à eux de traiter des tableaux de nomenclatures issus de la maquette.

Il est donc possible d’utiliser des outils BIM sans investir de manière importante dans de l’ingénierie logicielle.

 

Conclusion

La révolution numérique, que l’on accepte ou non, est en marche et les entreprises, y compris les TPE et les artisans doivent s’adapter pour survivre. C’est une démarche mondiale et non franco française, qui va demander des capacités d’adaptation et d’anticipation de la part de tous les acteurs, afin d’optimiser les processus de conception et de construction. Le BIM n’est cependant pas une finalité, puisque l’évolution ne fait que commencer. L’Intelligence Artificielle va succéder à la généralisation de l’utilisation de l’informatique dans le bâtiment. La maquette numérique n’est qu’une étape, et d’autres évolutions impliquant des chocs culturels vont arriver dans les décennies à venir : pré conception automatique, imprimantes 3D, outils de simulations plus puissants, robots d’aide à la construction… Le bâtiment 2.0 est en train de naître sous nos yeux, et les changements de paradigme sont toujours sources d’échecs et de disparition pour les uns, et de réussite et d’épanouissement pour les autres. Il est donc urgent en France que les artisans et des TPE entrent de plain-pied dans l’ère du numérique, qu’ils fassent évoluer leurs organisations, leurs pratiques et leurs compétences, pour assurer leur pérennité.

 

 

Webographie :

  1. http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-du-bim/post/4661/il-faut-rassurer-accompagner-et-%C3%A9duquer-les-tpe
  2. http://msbim.estp.fr/?tag=tpe
  3. http://abcdblog.typepad.com/abcd/2015/12/tpe-pme-le-bim-n-exclut-pas-il-inclut.html
  4. http://www.batappli.fr/blog-du-logiciel-batiment/informations/quand-les-artisans-passeront-au-bim
  5. https://www.printempsdunumerique.be/entreprise-industrie/competitivite-entreprises-de-construction-grandes-entreprises-vs-pmetpe-big-bim-vs-little-bim/
  6. http://blog.innovation-artisanat.fr/la-maquette-numerique-ou-bim-building-information-model-au-service-du-developpement-de-lentreprise-artisanale-du-batiment/
  7. http://www.objectif-bim.com/index.php/logiciels/logiciels-bim/logiciels-bim-gratuits
  8. http://www.batiactu.com/edito/bimetre-1er-pas-vers-bim-entreprises-batiment-42712.php
  9. http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-du-bim/term/180/bim%C3%A9tr%C3%A9
  10. http://www.usine-digitale.fr/article/quand-le-btp-fait-bim.N367661
  11. http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/021136819937-lintelligence-artificielle-futur-de-lentreprise-1128633.php
  12. https://humanoides.fr/2015/10/robots-miniatures-rearranger-batiments/

 

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