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Les limites de l’application du BIM dans l’industrie électrique

Depuis 2005, on constate un réel engouement pour le BIM, notamment chez les architectes, ingénieurs et entrepreneurs. Attractif, ce procédé permet entre autres d’améliorer la coordination dans le management de la construction, réduire le changement de commandes, et de faciliter l’entretien. Toutefois, l’industrie électrique manque à l’appel car elle connaît encore des obstacles avec les logiciels de BIM.

 L’industrie électrique, le vilain petit canard du BIM

Si les taux d’adoption du BIM ont explosé ces dernières années, l’industrie électrique est en retard sur d’autres métiers, bien que certains entrepreneurs en électricité utilisent des logiciels de BIM sans le savoir. Il y a deux raisons principales qui expliquent ce décalage. Tout d’abord, la fréquence de modéliser tous les éléments de conception électrique est faible parmi les ingénieurs et entrepreneurs en électricité. Cela est dû à l’absence relative de contenu pour les éléments électriques. Actuellement, les fournisseurs de logiciels de BIM ne fournissent pas une application qui vient avec le contenu électrique, et très peu de fabricants électriques offrent des objets BIM. La seconde raison de ce phénomène s’explique par une différence de volumes. Les éléments électriques nécessitent moins d’espace dans les bâtiments par rapport aux systèmes structurels et mécaniques. En conséquence, les problèmes de coordination de composants électriques ne nécessitent pas l’utilisation systématique du BIM.

Un investissement de taille pour les petites entreprises

Les sous-traitants mécaniques et électriques ont deux choix quant au choix de l’adoption des logiciels et des processus BIM. Le premier est d’adopter le BIM et d’investir en interne dans le matériel et le logiciel, et dans l’embauche d’un technicien de BIM. Toutefois, les coûts d’investissement sont si élevés la première année que beaucoup y renoncent (estimés la première année à 80 000 dollars – 6 000 $ pour le logiciel, 4 000 $ pour au moins un ordinateur de haute performance, et environ 60 000 $ pour embaucher le coordonnateur de la BIM qui doit construire la bibliothèque d’objets). La seconde est d’embaucher une firme d’ingénierie pour se coordonner avec l’équipe de projet et ajouter les systèmes électriques ou mécaniques au modèle BIM 3-D. Une façon de réduire considérablement les coûts d’investissement mais qui empêche les sous-traitants d’être autonomes.

Rien ne sert de courir, il faut partir à temps

En moyenne, une bibliothèque BIM contient plus de 50 000 objets, mais les entreprises ont généralement dû les créer elles-mêmes. Une tâche longue et laborieuse qui n’est pas une priorité pour les entreprises qui débutent avec le BIM. Ainsi, pour palier l’absence d’une bibliothèque sophistiquée, la plupart des ingénieurs et entrepreneurs en électricité aujourd’hui se contentent de remplacer les composants par des blocs.

Finalement, si l’industrie électrique n’a pas encore réussi à s’approprier le BIM, ce n’est qu’une question de temps. On peut espérer que d’ici quelques années, les industriels maîtriseront mieux l’outil et pourront d’avantage approfondir la modélisation des composants électriques pour inclure les sous-traitants dans le processus, aujourd’hui laissés sur le banc de touche. Dernièrement, une évolution positive pour le logiciel BIM concernant les composants électriques a été l’ajout de capacités de modélisation de l’énergie. Par exemple, si l’unité sur le toit dans le modèle est modifiée, le logiciel calcule la variation nette de la consommation d’énergie.

 

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Les Limites du BIM

La prolifération du Building Information Modeling, ou « BIM », a permis un développement majeur pour l’industrie de construction durant la dernière décennie. Les défenseurs du BIM déclarent que celui-ci réduit grandement l’incidence d’erreurs de conception en permettant aux professionnels de conception de détecter les problèmes et les résoudre avant de transmettre les plans à l’entrepreneur. En effet, le BIM a vraiment le potentiel pour fournir des avantages considérables à tous les membres impliqués dans un projet de construction. Cependant, le BIM a quelques limites.

Tandis que le BIM peut être très avantageux pour un projet, il peut aussi être cher de le mettre en œuvre. Le pôle conception doit non seulement payer pour le logiciel et le matériel nécessaires pour mettre en œuvre BIM, mais il doit également payer la formation ou l’embauche d’un personnel spécialisé qui a l’expertise en BIM. Pour beaucoup de professionnels de conception, le coût du BIM peut dépasser la rémunération potentielle. De plus, la complexité des modèles de BIM nécessite un investissement de temps conséquent pour chaque modèle. Le coût de conception augmente avec le temps investi dans un modèle. Ceci peut empêcher les architectes d’utiliser le BIM en présentant des alternatives de conception au propriétaire. De plus, il n’est peut pas pratique d’investir du temps et de l’argent dans la création d’un modèle de BIM moins complexe quand un modèle bidimensionnel traditionnel pourrait suffire.

Finalement, tous les calculs informatiques de BIM dans le monde ne peuvent remplacer le bon sens d’un expert en conception. Un procès récent sur un modèle de BIM illustre ce point. Dans ce procès, un ingénieur en plomberie électrique mécanique a utilisé le BIM pour adapter les systèmes MEP du bâtiment à la chambre d’expansion du plafond. Même si l’ajustement était extrêmement serré, le modèle de BIM a montré que techniquement il n’y avait pas de problèmes au niveau de la disposition du MEP. Cependant en pratique, la disposition a été si condensée que sa construction s’est avérée être extrêmement difficile. L’entrepreneur a été à court d’espace lorsqu’il n’avait installé que 70 % du système. En conséquence, l’entrepreneur, le propriétaire, l’architecte, la compagnie d’assurance de l’architecte et l’ingénieur de MEP se sont trouvés impliqués dans un procès coûteux.

Le BIM peut être un outil de valeur pour la conception en construction lorsqu’il est utilisé correctement. Cependant, le BIM est seulement aussi bon que les informations qu’il reçoit. En outre, selon les paramètres de tolérance, la représentation du BIM de l’interaction entre les divers composants d’un projet peut refléter les résultats théoriques qui en pratique ne peuvent pas être réalisés. En bref, le BIM n’est pas un outil magique et est soumis à des limitations réelles et pratiques. Tandis qu’il peut donner l’envie aux participants du projet de compter complètement sur le BIM pour toute la conception, ceci les mènera éventuellement à des problèmes.

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