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Le BIM, industrialisation et uniformisation du BTP

Qu’est ce que peut m’apporter le BIM ?

Apports :

Le BIM offre un gain de temps par non ressaisie de données : quand un élément est dessiné, il est disponible pour tous.

La qualité est améliorée :  le temps qui est sauvé en non ressaisie permet de mener d’autres études. De plus ne pas ressaisir les données évite de faire des erreurs.

La maquette numérique commune permet d’éviter ou du moins de repérer les conflits « spatiaux » entre les différents corps d’état le plus rapidement possible. Il permet aussi de répercuter les changements de conception plus facilement. La plateforme participative offre donc plus de flexibilité.

Toutes les études nécessaires à l’acte de construire sont intégrées (étude de prix, planning…). Les algorithmes des logiciels de BIM permettent à partir des surfaces créées dans la maquette numérique d’obtenir les métrés. Il y a un apport pour l’ingénierie méthode. Les ouvrages de la construction sont décomposés en éléments qui peuvent constituer, grâce à un outil de montage, une description du déroulement de la mise en œuvre.

Au-delà de l’amélioration structurelle et intrinsèque de la construction, le BIM permet d’améliorer l’offre client. En effet il n’améliore pas seulement la communication entre les constructeurs mais aussi celle que le constructeur entretien avec le client : l’atout réside dans le fait que le client n’a plus d’intermédiaire pour comprendre le projet ainsi que son avancement, Il visualise directement par la permanente mise à jour du modèle en trois dimensions. Sa confiance n’en est qu’accrue.

Le BIM permet d’augmenter l’échelle de temps sur laquelle on conçoit le bâtiment.  On ne prend plus seulement en compte la conception structurelle et la réalisation. On intègre aussi la maintenance du bâtiment. En effet la modification possible sur les fichiers numériques, permet à long terme de compiler le renouvellement des matériels (fournisseurs, dates de remplacement) ainsi que toutes informations ou études nécessaires.

Le BIM est un outil au service de l’économie de moyen : le fait de créer une base de données mémoire du bâtiment permet d’éviter à une date t de vie du bâtiment de repartir à zéro dans les études nécessaires. Ensuite le regroupement des maquettes BIM peut permettre de créer un tissu au service de la gestion de la ville.

Limites :

Certain facteurs apparus par l’utilisation actuelle du BIM semble en restreindre sa portée.

Le BIM engendre une charge financière supplémentaire. D’une part les logiciels outils du BIM représentent des coûts d’acquisition et de formation importants. Enfin la gestion du modèle commun ainsi que la coordination entre les acteurs nécessitent une équipe de BIM managers, soit un poste supplémentaire. L’utilisation des licences peut être optimisé en implantant des filiales dans différents pays choisis pertinemment en fonction de leur fuseaux horaires de façon à ce que le travail soit exécuté en continue. On comprend donc que le BIM concerne des entreprises au capital important, ayant un rayon d’action internationale.

Les projets internationaux entraînent des complications administratives. La diversité des normes empêche, au-delà de l’utilisation de logiciels BIM, la collaboration entre les différentes entreprises. Les différents logiciels utilisés par les acteurs sur un même projet produisent des formats différents, ce qui empêche un regroupement simple des données. Le projet MINnD recherche à créer un format IFC, c’est-à-dire un format ayant pour principe d’être interopérable entre les logiciels.  Ces initiatives semblent être freinées par les intérêts financiers des concepteurs de logiciels BIM. Il recherche aussi à créer une base pour la création d’un système de norme internationales aboutis.

S’il est sans aucun doute un atout simplificateur pour les projets complexes il y a un risque de standardisation des petites réalisations. En effet la productivité accrue, ainsi que les possibilités croissantes d’utiliser des bibliothèques de « solutions » pourrait engendrer une systématisation de la production et donc une perte en qualité spatiale.

Le partage des données crée un enjeu de protection des secrets de fabrication. Le BIM manager doit être capable de dissocier les accès aux ouvrages : l’entreprise qui est auteur doit pouvoir accéder à tous les éléments alors que les autres ne doivent avoir accès qu’à l’apparence extérieur de l’objet.

 

Comment « ça » fonctionne ?

Afin d’exploiter au maximum toutes les capacités qu’offre le BIM, il est nécessaire de mettre en place des processus clairs et de tailles accessibles à toute personne susceptible d’utiliser un logiciel de conception. Ces processus interviennent dans toutes les phases du projet : de la conception à l’exploitation en passant par la construction. Le processus que nous allons aborder concerne davantage la phase de conception d’un projet.

Afin que le BIM ait un impact positif et des bénéfices importants dans le monde du BTP, il faut qu’il soit intégré et maîtrisé par tous ces utilisateurs. Se pose alors la question de l’accessibilité aux logiciels. Le premier processus à élaborer est l’optimisation des licences de logiciel. Pour gérer au mieux ces licences, qui peuvent coûter plusieurs milliers d’Euros, les utilisateurs se tournent vers des licences flottantes ou des licences réseaux. Leur fonctionnement s’établit ainsi : les logiciels sont installés sur tous les postes des éventuels utilisateurs au sein de l’entreprise mais le nombre de licences disponibles est limité. Cela implique une gestion au niveau du partage du temps de travail. Bien sûr, les avantages d’un tel processus sont à nuancer. Pour rester rentables, les éditeurs de logiciels ont dû s’adapter : les prix de telles licences sont plus élevés et ils ont créé de nouvelles méthodes de gestion. On voit donc apparaître sur le marché des licences à la demande (consommation et facturation à l’entreprise adaptées à ses besoins) ou encore des abonnements à certains logiciels (ce qui requiert un investissement permanent mais permet de travailler avec une version à jour).

L’optimisation du BIM se fait aussi par la recherche de la performance. Les logiciels de conception sont généralement gourmands en ressources lors des phases d’études (calculs…) et de simulations. Pour faire face à ce problème, les prochaines évolutions du BIM se tournent vers une délocalisation des structures de calculs pour alléger les stations de travail. Ainsi, l’accès aux infrastructures de calculs seront hébergées chez les éditeurs et disponibles auprès des utilisateurs par le biais d’une interface simplifiée.

Pour finir, et puisqu’il s’agit de l’enjeu principal du BIM, des processus doivent être élaborés pour optimiser les échanges de données entre les entreprises. Dans la mesure où, dans le secteur du BTP, chaque entreprise travaille avec le logiciel qui lui semble être le mieux adapté, il faut que le BIM permette de compiler et de créer un lien entre les différentes maquettes virtuelles. Pour cela, l’objectif du BIM est de créer une écriture unique du projet, qui aura, au préalable, gérer les conflits entre les différents acteurs. Ce processus de partage et de compilation doit intégrer une notion fondamentale : la protection des données. Pour ce faire, il est à la charge de l’entreprise de vérifier que les informations qu’elle transmet soient fiables, et non confidentielles. En effet, les autres entreprises qui travaillent sur ce même projet ont accès à des informations très précises. Le BIM manager a ensuite pour mission d’analyser les informations personnelles de chaque entreprise et de limiter les informations transmises à l’essentiel avant de partager les données aux différents intervenants concernés. Cela a pour but d’éviter la surcharge d’informations inutiles à certaines entreprises spécialisées.

En industrialisant les processus de conception d’un projet, le BIM permet donc aux entrepreneurs de réaliser des économies. La gestion est simplifiée, les modifications s’opèrent facilement et les délais sont gérés de manière plus précise et sont souvent raccourcis du fait de la rapidité d’utilisation et d’échange des données.

 

Qu’est-ce que le BIM va changer pour nous ?

En tant qu’élèves suivant une double formation ingénieur-architecte, nous avons conscience que le BIM change déjà et va continuer à changer énormément notre façon de travailler, de penser, de communiquer avec les architectes, les ingénieurs, mais aussi avec les clients et le public. Nous sommes convaincus que le BIM va faire évoluer notre manière de travailler durant les prochaines années. Une fois son intégration faite au sein de l’ensemble des acteurs dans le monde du BTP, le BIM sera devenu un outil indispensable à la construction qui semblera avoir toujours exister.

Dans un premier temps, le BIM va permettre un meilleur dialogue entre les différents intervenants. D’après des expériences personnelles, nous avons pu remarquer que de nombreuses incompatibilités apparaissent tout au long des chantiers de BTP, comme par exemple : réseaux de chauffage trop bas par rapport au faux-plafonds, réserves trop petites pour le passage des chemins de câbles, détails architecturaux incompatibles avec certaines obligations structurelles…

L’utilisation du BIM sera un moyen d’apporter de la transparence et du bon sens à la conception d’un projet et à la collaboration des acteurs. Le BIM est donc un moyen de diminuer les coûts de non-qualité grâce à une meilleure préparation lors de la conception.

À ceci s’ajoute une meilleure coopération des corps de métier planning et CAO. On passe ainsi de la modélisation 3D à la maquette numérique 4D qui prend en compte des aspects logistiques, comme le phasage des travaux, en différenciant les différentes étapes constructives d’un projet. Même si l’introduction de la simulation 4D n’est pas, dans le milieu du BTP, un idée fondamentalement nouvelle, l’intégration de cette dimension temporelle au sein même de la maquette l’est. Un élément BIM n’étant plus seulement un objet 3D mais un composant muni de sa propre carte d’identité évolutive, il nous devient possible d’ajouter à chaque composant une notion temporelle permettant d’indiquer le temps de mise en place de l’élément. Le planning devient alors de plus en plus précis ce qui permet de réduire les coûts de locations des engins, d’avoir un planning permettant d’éviter les retards… Le temps et les ressources nécessaires deviennent alors faciles à évaluer.

Comme nous avons pu le voir lors de la conception de la fondation Louis Vuitton, l’ensemble des acteurs ne sont pas encore prêts à travailler sur un outil commun. Cela s’explique par les différents logiciels actuellement sur le marché qui répondent à des attentes différentes (Tekla : structure métallique, Revit : conception de bâtiments, …).

Le problème majeur d’une telle diversité est la non uniformisation entre tous ces logiciels lorsque l’on doit opérer à un changement. En effet, l’incompatibilité et la rigidité de chaque logiciel ne nous permettent pas qu’une modification sur un logiciel soit acceptée et retranscrite automatiquement sur le model informatique d’un autre logiciel. On assiste alors à un travail répétitif consistant à mettre à jour la modélisation sur chaque logiciel. L’avantage de l’unicité d’un logiciel BIM est l’absence d’incompatibilités et d’erreurs. On peut ainsi imaginer une évolution non pas vers un logiciel unique regroupant l’ensemble des fonctionnalités nécessaires mais vers une meilleure compatibilité des formats. Cette uniformisation permettrait d’interagir plus facilement entre les logiciels. On peut déjà observer ce développement au sein de certains logiciels comme Revit, par exemple, qui propose non seulement d’importer un projet venant d’un autre logiciel mais de le lier, ce qui permet de faire évoluer le projet externe sur le logiciel de base tout en observant les changements dans la maquette Revit lors de chaque ouverture du logiciel. Avec un tel logiciel, il est donc possible de s’appuyer sur une modélisation filaire provenant d’un logiciel de structure pour concevoir la maquette numérique du bâtiment. Il est cependant plus difficile, pour le moment, de faire le chemin inverse et d’exporter un fichier Revit vers un logiciel de calcul. Le lien entre architectes et ingénieurs n’est donc, pour le moment, pas totalement établi. C’est dans cette direction que nous souhaitons avancer, dans le but de simplifier la conception et éviter d’avoir à réaliser un même travail plusieurs fois.

Les changements évoqués précédemment font globalement référence à des attentes que, en tant qu’ingénieurs-architectes, nous avons pour les 10 prochaines années. À plus long terme, les objectifs et nos attentes quant au BIM sont bien plus ambitieuses. D’ici un vingtaine d’années (temps nécessaire au dessin assisté par ordinateur pour s’imposer totalement en architecture), on peut imaginer que le BIM aura été démocratisé et intégré par l’ensemble des acteurs de la construction. Nous pourrons alors observer une collaboration plus forte et plus efficace, ainsi que l’apparition de maquettes numériques encore plus précises et intégrant les corps d’état secondaires (carrelage, sol souple, peinture, …).

La construction du bâtiment pourrait alors être totalement programmée, dans un premier temps, au niveau des plannings, mais aussi, par la suite, du point de vue de l’utilisation de la robotique et de l’automatisation des tâches constructives. Bien sûr, nous sommes pour l’instant loin de cette optimisation des outils offerts par le BIM. Cependant, il s’agit de changement qui peuvent, et qui doivent être attendus si l’on veut que cet outil se développe davantage.

 

Comment faire pour y aller ?

La mise en place du BIM au sein d’une entreprise peut paraître difficile de plusieurs points de vue.

Premièrement il y a le frein financier : des estimations faites par des architectes et des BIM managers montre que le coût total par poste s’élève à environ 14 000€ HT. Ce coût prend en compte la machine, le logiciel, les formations et l’absence de production qu’elles engendrent ainsi que la perte de production en début de pratique. En temps qu’utilisateurs de certains logiciels liés au BIM, nous avons conscience de l’investissement nécessaire à la formation et du temps nécessaire au tâtonnement et à la recherche de solutions. Cependant, en très peu de temps la rentabilité augmente considérablement, environ 20% et pouvant aller jusqu’à 50% selon les sources. Cet investissement permet donc un retour sur investissement au bout d’environ deux ans. Après ces deux années d’appropriation, le BIM est entièrement bénéfique pour l’exploitant. En effet, de plus en plus de cabinets d’architecture comme l’agence KieranTimberlake de Philadelphie, proposent des formations aux logiciels BIM au sein même de l’agence. Ainsi, le temps consacré aux formations est réduit et les formateurs BIM sont présents au sein même de l’agence. En cas de problème, il devient facile d’avoir un retour rapide et de demander conseil.

Cependant le frein financier est rarement le seul obstacle qui dissuade certaines personnes à se tourner vers le BIM. Le frein principal est d’ordre humain. Certaines personnes font preuve d’une crainte envers le changement, l’application de nouvelles méthodes et, principalement, la peur de perdre la maîtrise de leur outil de travail. Il faut que les acteurs de cette migration soient convaincus par ce changement, il faut qu’ils aient envi d’y aller sans y voire d’obligation. C’est là que faire appel à un formateur BIM devient primordial. Son rôle est ainsi d’expliquer et de convaincre les dirigeants des bénéfices de cette méthode de travail. Il faut ensuite réussir à impliquer l’ensemble des utilisateurs, en leur présentant ce qui est réalisable et ce qui ne l’est pas. Il est très important que les utilisateurs aient conscience des limites de ce nouvel outil : le BIM n’a rien de magique. Ensuite, l’accompagnement auquel nous avons pu assister au sein de l’agence KieranTimberlake est la formation d’un premier groupe qui deviendront les référents BIM de l’agence : ce sont eux qui mettront au point leurs propres méthodes de travail au sein de l’agence. Ensuite, l’ensemble des utilisateurs est formé. En travaillant de cette manière, l’agence et les utilisateurs se sentiront impliqués dans ce changement et l’évolution vers le BIM se fera de manière souple et continue.

Il faut cependant être conscient qu’un investissement dans le BIM signifie l’abandon des méthodes de travail conventionnelles. Au sein d’une entreprise, il est donc primordial que l’ensemble des acteurs accepte et maîtrise cette nouvelle façon de travailler.

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LE BIM et ses gains

Le BIM un outil numérique qui comprend une représentation graphique en 2D ou 3D du bâtiment ainsi qu’une base de données concernant le bâtiment. La base de données de la maquette numérique contient de nombreux composants techniques du milieu  de la construction comme les gaines, les faux plafonds, les portes…

Le BIM est un investissement financier au départ car il faut constituer la base de données cependant  il permet de faire des économies par la suite. En effet il existe plusieurs phases lors de la construction d’un bâtiment en particulier lors de la conception et de l’exploitation.

Lors de la conception le BIM peut être assimilé à un levier qui permet de réduire les coûts en industrialisant les processus. Cela permet de :

  • D’assurer la traçabilité des matériaux/matériels afin de suivre la mise en œuvre.
  • Respecter les normes et les réglementations du milieu de la construction
  • Réduire les délais de réalisation grâce à une meilleure préparation du chantier en amont
  • Un partage de données avec les entreprises qui travaillent ensemble sur le projet

On estime que les gains chiffrés chez les britanniques lors de la mise en place du BIM Task Group est de l’ordre de 20% grâce à notamment l’amélioration de la productivité.

En France, une étude en 2009 estime que le BIM pourrait faire baisser les coûts, dus au  manque d’opérabilité entre les logiciels, d’environ 35€/m2 de Surface Hors d’œuvre Nette.

En phase d’exploitation les gains sont également importants. Cela permet notamment de :

  • Réduire les coûts de l’assurance de construction
  • Rendre l’exploitation plus performante grâce aux données de calculs
  • Réduire les coûts de non qualité

Le BIM en phase d’exploitation permettrait de faire près de 1.4 milliard d’économie sur environ quarante millions de m2 de construction neuve. On peut remarquer que les gains potentiels cités ci-dessus touchent tous les acteurs participant à un projet de construction. Et bien entendu, plus le BIM est intégré et utilisé dans toute la chaine des acteurs plus l’impact sera positif et les gains importants.

Enfin au-delà des gains économiques il y a les gains environnementaux. Lors de la conception d’une construction, le BIM permet  non seulement d’affiner la conception, mais également d’intégrer les informations produites lors de la conception du bâtiment. L’étude thermique qui est un point essentiel  peut être faite en utilisant plusieurs logiciels de simulation thermique et dynamique.

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Vers un BIM en France

Le Building Information Modeling, ou BIM est le nouveau CAO. Ce changement n’est pas seulement équivalent au changement de la table à dessin à Autocad. En effet, c’est une philosophie différente qui impacte la répartition de la charge de travail. Il faut alors passer plus de temps dans les phases APS et APD que dans les phases d’exécution. Si bien que certains plaisantent en considérant le BIM comme « Bouleversement Interprofessionnel Majeur ».

Il permet de faciliter la conception, la création ainsi que la gestion des projets de construction ou d’industrie. Ainsi, les éléments contiendront non seulement toutes leurs dimensions existantes mais aussi leur poids, matériau, les coordonnées du fabriquant, les normes etc. Plus généralement le BIM permet de changer les manières de travailler et de revoir les effectifs de travail à la baisse. Par exemple, sur Autocad ou tout autre logiciel de dessin CAO 2D, réaliser des coupes est difficile tandis que sur des logiciels 3D comme Rhinoceros ou Sketchup cela devient très pratique car il suffit seulement de placer une ligne de coupe sur le dessin 3D.

A cause du manque de qualité dans le bâtiment qui est causé par la non maitrise de l’information, le ministre du logement met en place une réforme gouvernementale afin de relever le défi de la généralisation du numérique pour rendre le BIM obligatoire dans les marchés publics d’Etat en 2017. L’enjeu est de taille pour les majors du BTP, les grands bureaux d’études MOE et architectes. La France doit être reconnaissante envers le Royaume-Uni qui est le précurseur de ce mouvement initié en 2011 et qui reste aujourd’hui considérablement en avance sur nous en la matière.

Car nous en sommes là, en France : les différents acteurs du BTP contemplent avant tout les coûts d’achat des licences de logiciel et de formation d’une main d’œuvre qualifiée. Cela représente un investissement onéreux qui freine la plupart du temps le développement du BIM.

Pourtant, les économies rendues possibles par l’utilisation du BIM sont multiples : performance énergétique, réduction des coûts liés aux problèmes d’interface entre les différents corps d’état techniques, gestion améliorée des approvisionnements et du phasage du chantier, … Mais c’est aussi un avantage de taille lorsqu’il s’agît de remporter un marché. En effet, un candidat proposant un projet mettant en œuvre le BIM donnera au maître d’ouvrage un certain nombre de garanties supplémentaires concernant la maîtrise des coûts et du temps. Quoi de mieux qu’une entreprise qui respecte les délais de livraison sans surcoûts non prévus au marché ?

Le BIM représente donc un investissement conséquent mais la rentabilité en termes de coûts, de délais et de qualité permet à ceux qui choisissent cet outil de se démarquer et de proposer des projets mieux maîtrisés. La marge laissée à l’innovation est donc augmentée, ce qui est finalement bénéfique à tous.

Mots clés : philosophie, qualité, réforme, investissement, innovation.


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L’adoption du BIM pour les PME : un réel investissement pour de nombreux avantages.

Le BIM (Building Information Model) est un fichier numérique centralisant la totalité des données techniques d’un ouvrage. Il fournit l’ensemble des caractéristiques de chaque élément constituant le projet de construction.
Cette maquette numérique est expérimentée depuis plusieurs années en France par les grandes entreprises de bâtiment. Elle s’avère aujourd’hui nécessaire pour gérer des projets complexes ou les intervenants sont nombreux. En effet, le BIM fournit une représentation partagée de la conception du bâtiment, ce qui facilite la collaboration et la diffusion d’informations.
Mais qu’en est-il de la mise en œuvre du BIM pour les PME ? L’utilisation du BIM est-elle toujours rentable pour des projets de petite ou moyenne envergure ?
Tout d’abord, les coûts liés à l’achat de logiciels 3D, à la formation du personnel et la perte de rendement initiale engendrée par la mise en œuvre du BIM sont des investissements non négligeables pour les PME.
En effet, un logiciel BIM permettant la réalisation de modèle 3D coute entre 5000 et 6000 euros. Ces logiciels sophistiqués requièrent des ordinateurs performants et donc relativement onéreux (2000 à 3000 euros par machine). A ces couts s’ajoute la formation du personnel variant de 500 à 1000 euros par jour. Enfin, la perte de rendement initiale est estimée à environ 20 à 30 % les 6 premiers mois.
Comme l’utilisation du BIM n’est, à ce jour, pas obligatoirement requise par les clients pour tous les projets, les PME peuvent rester réticentes à investir pour sa mise en œuvre.
Outre les couts financiers, d’autres difficultés sont à envisager avant d’adopter cet outil.
Les technologies du BIM vont certainement perturber la façon dont les architectes, ingénieurs et acteurs de la construction effectuent leur activité. En effet, la répartition du travail, les rôles et responsabilités de chaque intervenant s’en trouveront modifiés. Le manque de coordination et de communication actuel entre les différentes disciplines du bâtiment se trouve être un défi majeur pour le BIM.

Il s’agit donc pour les PME de juger de la rentabilité du BIM à long terme, sachant que cet outil a déjà démontré de nombreux avantages :
Après quelques années, la productivité de l’entreprise augmente et le cout initial de sa mise en œuvre est amorti. Ce gain de productivité s’explique tout d’abord par l’utilisation de logiciels compatibles IFC (Industry Foundation Classes). Ces logiciels évitent aux différents intervenants de retraduire manuellement les données d’un format à un autre et ainsi d’éviter des erreurs de saisies.
De plus, le BIM apparait être l’outil indispensable pour répondre à des enjeux majeurs tels que le développement durable. Evaluer la qualité environnementale d’un ouvrage devient possible grâce à des logiciels adaptés au calcul de consommation énergétique, intégrés dans cette maquette numérique.

Si le BIM a fait ses preuves dans de nombreux projets, il demeure, en France, encore principalement réservé à des ouvrages complexes, menés par les grandes entreprises. Mais d’ici quelques années, ses avantages finiront de convaincre les PME d’adopter à leur tour cet outil.

Mots clés : PME, maquette numérique, investissement, rentabilité

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L’investissement dans la démarche BIM

Pouvant se définir par ces termes : Bâtiment et Informations Modélisés, le champ d’application du BIM ne peut se résumer seulement à un simple outil. Il peut prendre la forme d’un logiciel, d’une base de données, d’un processus collaboratif et d’une méthode de Management. Aujourd’hui 82% des professionnels du BTP le considère comme l’avenir du bâtiment. Cependant, une enquête menée par Le Moniteur révèle que l’investissement dans la démarche BIM est considéré comme un frein par 42% de ses lecteurs. Se donner les moyens de développer une stratégie BIM dans le business plan est-il réservé aux plus grandes des entreprises de la construction?

 Kléber Daudin qui travaille avec la suite Building Design d’Autodesk, estime l’investissement initial à 25 000 € par utilisateur comprenant l’achat de la machine, la suite logicielle, la formation du personnel auxquels viennent s’ajouter les renouvellements de licence annuels d’un montant de 1000 € environ. Si ces chiffres peuvent paraître excessifs, il est nécessaire de rappeler les avantages du BIM IFC –Industry Foundation Classes : Format d’échange destiné à l’interopérabilité – : le gain de temps sur chantier grâce à la mise à disposition d’une base commune de données à l’ensemble des acteurs de la construction, l’amélioration de la qualité des ouvrages, le renforcement de l’image de l’entreprise en se démarquant des concurrents, de plus l’utilisation du BIM pourrait réduire les coût de non-qualité et le coût de l’assurance avec une meilleure prise en compte des risques pendant l’exploitation du bâtiment par exemple. Par ailleurs, la société Autodesk affirme que la maquette numérique permet l’innovation créatrice de valeur ajoutée si elle s’inscrit dans une vision globale de l’entreprise et si elle est distincte de la R&D et de l’IT. Plus prospectivement, La FFB -Fédération Française du Bâtiment – souhaite rendre accessible la maquette numérique à moindre coût aux PME et aux artisans et ainsi leur permettre de rentabiliser plus facilement leur investissement. Quant aux rédacteurs du rapport Plan Bâtiment Durable Pierre Mit et Franck Hovorka, ils souhaitent rendre utilisable la maquette numérique pour les travaux d’ouvrages neufs ou de rénovation et la modifier pendant tout le cycle de vie du bâtiment : de la conception à l’exploitation. Ils souhaiteraient également qu’une étude économique soit menée pour mesurer précisément l’impact du BIM sur le coût global du bâtiment.

 En définitive, le BIM marquera grandement l’ère du bâtiment. A l’horizon 2017, il est d’ailleurs prévu que la maquette numérique devienne obligatoire pour la gestion des équipements de L’Etat. Le coût de l’investissement BIM sera certainement compensé par une véritable valeur ajoutée des entreprises et un gain de temps indiscutable. Le BIM, secteur récent et prometteur du BTP, se prête à de nombreuses réflexions notamment en ce qui concerne la confidentialité des données avec la propriété intellectuelle des architectes ou bien encore l’interopérabilité grâce au format IFC.

 Sources :

  • Autodesk : A framework for implementing a BIM business transformation.
  • Batiweb : Bâtiment  2.0 : la  FFB fait de la maquette numérique une priorité
  • Le Moniteur : Faire basculer le bâtiment dans le BIM
  • Le Moniteur : Le  BIM c’est maintenant
  • MediaConstruct : Entreprises du bâtiment
  • Objectif BIM : Le BIM Manager
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Les freins au développement du BIM

Building Information Modeling (BIM) permet de réaliser une maquette numérique dynamique utilisant les trois dimensions dans le but d’augmenter la productivité dans la conception et la construction des bâtiments. Cette maquette ne représente pas simplement le bâtiment en trois dimensions, elle permet aussi d’avoir accès aux informations suivantes : géométrie de la construction, informations géographiques du site de construction, quantités et propriétés des éléments utilisés pour la construction ainsi que les relations spatiales. Ainsi, l’ensemble des informations issues de chaque étape de la construction sont fédérées dans la maquette numérique (dimensionnement, calculs énergétiques, emplacements des équipements…). Cela représente une réelle révolution dans le monde du bâtiment, permettant une vision du coût global qui implique donc des économies importantes par une meilleure gestion des délais et des coûts.

Malgré l’énorme potentiel du BIM il reste quelques points freinant son développement. En effet, pour que l’économie de la construction française perçoive les avantages de l’utilisation du BIM il faudrait que la majorité des entreprises du BTP l’utilise. Cependant, le passage au BIM est beaucoup plus aisé pour les entreprises ayant une petite structure car plus le nombre d’intervenants est faible plus les échanges de données sont réduits et donc il est beaucoup plus simple de faire muter l’organisation d’une petite agence plutôt que d’un grand groupe. De plus, pour passer efficacement au BIM il faut se former et former les collaborateurs de son agence et cela représente un coût important en temps et en argent, les grandes structures seront donc plus à même d’assurer la rentabilité de leur investissement tandis que les plus petites pourront être freinées par cet investissement à long terme qui engage beaucoup de frais supplémentaires au commencement.

En ce qui concerne le plan juridique il reste des informations à préciser, des réponses à trouver. En effet, la capitalisation des informations sur une même maquette, une même base de données implique des conséquences juridiques qui restent à ce jour floues. Tout d’abord la question de la propriété intellectuelle, à qui appartient la maquette puisque tous les acteurs de la construction peuvent y avoir accès et la modifier ? Cette question de propriété intellectuelle soulève l’interrogation de la responsabilité en cas de sinistre après la construction, les erreurs de conception sur la maquette impliquant des erreurs de construction doivent être assumées par qui ?

Le BIM n’est pas une technologie nouvelle en Europe, par exemple le Royaume-Uni impose déjà la livraison de toutes les constructions publiques en BIM d’ici l’année 2016. Pour développer les livraisons en BIM en France et ne pas se laisser freiner par des questions juridiques ou pratiques déjà rencontrées dans les pays utilisant le BIM depuis plus longtemps, la France devrait donc s’inspirer des mesures prises par ses voisins pour répondre à ces diverses contraintes (aménagements contractuels, traçabilité des acteurs…).

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