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Benchmark des Outils BIM

GENERALITES

Les outils liés au fonctionnement BIM des projets sont variés et le choix n’est pas forcément évident pour choisir quel(s) est(sont) celui(ceux) adapté(s) à la structure d’une entreprise ou d’un projet. C’est la raison pour laquelle je me suis penché sur l’étude du marché des logiciels actuels pour suivre des projets BIM. Bien entendu, la liste n’est pas exhaustive. Cette recherche est une base de réflexion pour comprendre et connaitre l’éco système lié au BIM.

OUTILS DU MARCHE

Compil

Un Excel Drive a donc été mis en ligne et partagé par les élèves du Master pour partager les informations et enrichir la base du Benchmark :

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1xtyUfhS1I98Fhg83syzAsJb_3uksBW_kqaKWUjbWceo/edit#gid=0

Nous avons donc répertorié plus de 100 outils à ce jour en précisant (si possible) les caractéristiques suivantes :

  • Site @: Site pour plus de connaissance sur l’outil
  • Entreprise: Nom de l’entreprise créatrice ou propriétaire de l’outil
  • Cycle de vie (AVP, EXE, EXP) : En quelle phase de projet l’outil est adapté. Cette information permet de cibler directement les outils utiles lors des transitions de phases.
  • Type: Le type d’outil permet de cibler les enjeux métiers pour chacun.
  • Acteurs: Liste des acteurs ciblés pour le choix d’outils.
  • Langues possibles (Français, Anglais…) : Particularité importante en fonction du périmètre et des nationalités des acteurs d’un projet.
  • Les formats d’Import et Export: Information primordiale pour comprendre et adapter un éco système de projet, savoir comment peuvent dialoguer plusieurs outils entre eux.
  • Support: Permet de comparer les produits sur le système d’exploitation approprié.
  • Plateforme: S’il s’agit d’un outil en solution web ou non ?
  • Source (OPEN ou CLOSE) : En fonction des demandes d’un client, l’OPEN SOURCE peut être une donnée obligatoire à un projet.
  • Formations (coût, Tutos…) : Permet de connaitre les éventuels coûts de formation et d’éléments disponibles (Tutos ou autres) pour être opérationnel sur l’outil concerné.
  • Références (clients, projets…) : En fonction des outils (cas en grande partie pour les outils de GTP), certains se tournent plutôt sur certains clients que sur d’autres.
  • Contact: Permet un accès direct à d’autres informations complémentaires.
  • Commentaires…

Ce tableau de Benchmark a pour ambition d’être vivant pour permettre une mise à jour au fur et à mesure des modifications des logiciels. Il doit être une source pour aider les entités (entreprises et équipes projets) à bien choisir l’outil qui correspond aux besoins exprimés.

Benchmark Outils BIM - Google Sheets_2016-05-03_10-08-23

WEBOGRAPHIE :

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BUILDING INFORMATION MODELING, UNE REVOLUTION EN PLEINE EFFERVESCENCE

  1.   Le BIM : des débuts prometteurs

BIM, un vrai boom dans la construction ?

Avec la troisième révolution industrielle, les avancées technologiques ont permis à de nombreux secteurs de l’industrie de   se perfectionner. La modélisation 3D est aujourd’hui presque omniprésente. Mais ce n’est toujours pas le cas dans le domaine de la construction. En effet, les procédés de construction évoluent plus lentement et c’est toujours à partir de dessins qu’un bâtiment est érigé. Il n’est pas rare que ces dessins soient erronés ou ne soient pas mis à jour, ce qui provoque des erreurs sur le chantier et donc de nombreux retards.

Pour certains chantiers, les grandes entreprises commencent à avoir recours au BIM (Building Information Modeling) : une maquette numérique concentrant les informations 3D, financières et temporelles, et regroupant tous les acteurs du chantier. C’est, par exemple, le cas pour le futur palais de justice de Paris. Ce le fut également pour la construction du centre de recherches de Michelin à Clermont Ferrand. Rémi Lichnerowicz, architecte chez Chaix & Morel et associés, vante les qualités du BIM qui leur ont permis de gagner du temps sur le chantier, de « traiter plus facilement les évolutions du projet » et de « mieux dialoguer avec le maître d’ouvrage » quant à l’aspect esthétique du bâtiment, mieux compréhensible par le biais d’une maquette numérique. Cependant l’architecte explique que le BIM, pour qu’il soit correctement utilisé et efficace, « exige un minimum de chantier » de la part du manager BIM ce qui leur a alors « posé des problèmes de recrutement ».

L’outil BIM fut pareillement un maillon indispensable à la réalisation de la fondation Louis Vuitton. Dans le cadre de ce projet, tout porte à croire que la construction du bâtiment n’aurait pas été possible, aux vues de la complexité de sa structure, sans le BIM. Qui plus est, il est important de souligner que cet outil n’est pas seulement un modèle 3D, c’est un mode de réflexion, « une philosophie » même comme le précise Ryad Sbartaï, architecte chez Studios Architecture dans un article du Moniteur « Maquette numérique : Autodesk rassemble la communauté BIM à Paris » publié le l6/11/2012. Le modèle du bâtiment progresse à chaque stade du projet et regroupe tout un ensemble d’informations nécessaires au bon déroulement de la réalisation. Mais le secteur de la construction a­‐t­‐il intérêt à évoluer dans ce sens ?

Est-­ce une véritable utopie ?

La grande force du BIM est son pouvoir de synthèse et la facilité de modification du projet. Mais cette facilité de modification et sa complexité sous‐jacente sont sources des plus gros inconvénients à l’utilisation du BIM. Elle pose en effet des problèmes juridiques majeurs. En général, l’architecte possède la propriété intellectuelle des plans, mais lorsque quelqu’un modifie le BIM, le logiciel effectue de nombreux changements. Se pose ainsi la question de qui détient la propriété intellectuelle de ce changement ? De plus, le logiciel effectue un très grand nombre de modifications à chaque opération, et en garder la trace est parfois difficile. Ce manque de traçabilité soulève le problème de la responsabilité : à qui imputer l’erreur ? L’ingénieur ou le fournisseur ? Ou bien le logiciel qui aurait mal exécuté leurs instructions ? Par ailleurs, les entreprises craignent pour la confidentialité de certaines données. En effet, les fournisseurs n’ont en général pas accès à toutes les informations, ce que leur permettrait le BIM. Enfin, un gros problème, à l’heure actuelle, est celui de l’interopérabilité entre les applications BIM. En effet, il arrive que des applications d’un même développeur n’échangent pas les informations facilement, c’est‐à-­dire qu’on ne peut encore garantir que les informations soient correctement échangées.     Il faut alors une vérification manuelle. Ceci induit une perte de temps ainsi que l’introduction de nouvelles erreurs.

Ainsi, les avantages du BIM sont incontestables dans le sens où son utilisation augmente la productivité dans la construction, facilite la transmission des informations, élimine les problèmes de coordination, diminue le temps de construction et augmente la qualité. Cependant, la mise en œuvre reste à améliorer, tant du point de vue juridique que logiciel. Enfin, l’utilisation d’un nouvel outil informatique nécessite la formation du personnel, ce qui engendre nécessairement des coûts supplémentaires qui ne sont pas accessibles à toutes les entreprises.

2.    Les rouages du BIM

Le BIM (Building Information Modeling) n’est ni un logiciel, ni une maquette numérique mais plutôt un ensemble de méthodes et de processus qui permettent d’organiser les informations et les processus relatifs à un projet de construction.

Le modèle BIM n’est pas pour autant limité à une modélisation en trois dimensions. Il y inclue également des données temporelles permettant aux différents acteurs du projet de suivre l’avancement des phases de construction mais aussi des données financières permettant d’estimer en temps réel les coûts de construction. Ainsi le BIM est une collaboration entre tous les intervenants du projet et permet, grâce à la combinaison des maquettes créées par ces derniers, d’apporter une vue d’ensemble du projet.

Quels sont les moyens utilisés ?

Le BIM fonctionne sur le principe d’échange de données vers une base de donnée commune. Celle­‐ci est composée d’une bibliographie exhaustive d’objets 3D liés à des informations nécessaires pour décrire comprendre le projet (prix, dimensions, données techniques), des données propres au projet (calculs, plans, coupes, métrés, planning, coûts) ainsi que les règles établies dans un format d’échange international telles telles que les règles IFC (Industry Foundation Classes), IFD (International Framework for Dictionnaries) et IDM (Information Delivery Manual).

Sans titre

Grâce à ce langage informatique, il est plus facile d’interagir entre les différents logiciels développés indépendamment par les différents bureaux de conception tels qu’Autocad, Sketchup, Rhinocéros 3D, les CAD (Computer Aid Design) comme Revit, ou encore Catia et Digital Project pour les bureaux de Franck Ghery.

Quel en est le processus ?

Le but premier du BIM est de rassembler les données informatiques et le travail de tous les acteurs sur une seule et unique plateforme. Ceci passe d’abord par une modélisation structurelle et architecturale définie par la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre ainsi que l’entreprise générale. Vient ensuite une modélisation des détails des corps d’états techniques fournie par les sous­‐traitants et les fournisseurs sous forme d’objets BIM auxquels sont attachés toutes les informations nécessaires à la compréhension du projet. Le niveau de détail (LOD : Level of Development) doit être déterminé à chaque étape du projet afin de ne fournir que l’information nécessaire et suffisante pour faciliter la lecture du projet.

C’est ensuite au BIM Manager, pilote du projet, de récupérer les données des différentes maquettes numériques. Il doit non seulement veiller à ce que tous les intervenants suivent les protocoles établis mais aussi s’assurer que toutes les maquettes soient bien diffusées et coordonnées tout le long du projet. Il a également pour rôle de recenser les incohérences entre documents pour pouvoir rédiger un rapport en amont des réunions de coordination : c’est le trait d’union entre les outils et les parties prenantes.

De ce fait, grâce à ce processus, tous les acteurs participent à l’échange des données afin de transmettre l’avancement de son travail et ce quel que soit le logiciel de conception utilisé. Le BIM place ainsi le management de l’information et l’échange de données au cœur du processus de conception.

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3.    Une révolution dans le fonctionnement des entreprises de BTP ?

L’arrivée du BIM dans le BTP transforme l’organisation conceptuelle et la conduite d’un projet, l’économie, les plannings, les relations ainsi que, bientôt, les exigences attendues.

Quel est l’impact de l’arrivée du BIM dans le pilotage des projets de construction ?

Les acteurs des métiers du bâtiment se positionnent désormais en tant que managers, tous coopérateurs d’un projet numérique. En effet, le premier avantage de l’utilisation du BIM dans les entreprises est la centralisation des données. Tous les corps de métiers sont représentés au sein d’un unique document virtuel, ce qui modifie en profondeur les procédés de

pilotage du projet. Les rapports entre constructeurs ne sont plus individualisés, mais interconnectés en permanence, comme le montre le schéma ci-­contre.

L’utilisation de cette base de données unique permet aussi d’avoir une meilleure connaissance du projet. Chacun peut avoir accès, par exemple, depuis l’e-­catalogue, à tous les détails fournisseur d’un composant. Cette interopérabilité a pour conséquence directe de diminuer les risques d’erreur, induits généralement par les modifications de plans en cours de production/exécution.

L’actualisation à l’avancement de cette plateforme coopérative optimise le planning ; l’impact financier est immédiat. Les modifications     informatiques –qui     évitent     notamment   les nombreux tirages papier ‐ découlent sur une diffusion massive des informations quasi instantanée. Les études de faisabilité,   les études de prix et les métrés sont précis. Sur le chantier, les phasages travaux sont régulés, les commandes de matériel et matériaux sur chantier adéquats.

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Comment le BIM modifie‐t-­il les relations au sein de l’entreprise ?

Le BIM modifie également les aspects relationnels. Entre acteurs du projet comme vu précédemment, mais aussi entre les constructeurs et le client. En effet, ce dernier est plus à même de comprendre le projet proposé et peut, directement sur la maquette 3D, exprimer ses attentes. Il peut également déceler les problèmes de conception au plus tôt, dont la modification s’inscrit dans une démarche informatique et non pas mécanique. Encore une fois, un gain de temps et d’argent. Dans la maquette 3D, le client est en interaction avec une réalité immersive. Cette vulgarisation du projet, rassurante, instaure un climat de confiance entre le client et les constructeurs.

En quoi le BIM permet‐il aux entreprises de répondre aux exigences actuelles ?

Enfin, l’utilisation du BIM permet la conception de nouveaux édifices dont la réalisation ne serait pas possible sans ces nouvelles méthodes de calculs. De nouvelles performances techniques et une richesse artistique sont plus que jamais envisageables. Tout d’abord, les normes et exigences actuelles requièrent une connaissance technique aiguë concernant toutes les contraintes du projet (acoustique, thermique,…) ainsi que les réactions du bâtiment à son environnement, pour une implantation optimisée. Ces contraintes peuvent désormais être calculées, dimensionnées puis testées virtuellement grâce aux simulations numériques (soufflerie, impact de la foule, performances acoustiques, exigences d’éclairage…). D’autre part, l’impression 3D permet la fabrication rapide de prototypes. L’innovation ainsi que les défis esthétiques sont favorisés car de nouvelles formes atypiques peuvent être testées et rapidement mises en œuvre.

Ce triple enjeu -­‐d’une confiance client accordée aux constructeurs, eux-­mêmes en interaction pour la conception de nouvelles méthodes constructives­ augmente la popularité de l’entreprise, et donc sa compétitivité sur le marché. L’acquisition du BIM est un investissement, qui peut apparaitre comme une perte le temps du rodage. Mais la systématisation des méthodes constructives prouve déjà que l’investissement est rentable.

4.     Le BIM : un futur à portée de main ?

Comment mettre en œuvre le BIM ?

Passer au BIM est une décision majeure pour une entreprise et constitue une révolution dans sa façon de travailler. La transition nécessite donc d’être bien préparée, tant sur le plan technique qu’humain. En effet, il faut être en mesure d’évaluer ses besoins afin de choisir la solution logicielle la mieux adaptée.

Ensuite, l’achat d’un nouveau logiciel impose de vérifier sa compatibilité avec le matériel disponible chez tous les acteurs du projet, et d’acheter du nouveau matériel le cas échéant.

Enfin, il est nécessaire de former le personnel. En effet, la prise en main d’un nouvel outil informatique nécessite plusieurs heures de formation et d’essais. De plus, pour un outil comme le BIM, qui implique un chamboulement total des habitudes de travail, il est important de s’assurer que le personnel, et notamment les managers (chefs d’équipes, chefs de chantier), comprennent bien les raisons de ce grand changement car plus on a d’expérience, plus il est naturel d’éprouver une réticence à modifier ses façons de faire. Pour soulager la pression d’un tel bouleversement des habitudes, il peut être intéressant d’expérimenter le BIM sur des projets de moindre envergure, puis d’effectuer une analyse en profondeur de leur déroulement.

Qu’en est-­‐il des PME/TPE ?

Bien que le BIM permette d’envisager une augmentation significative de productivité et une baisse des coûts, les plus petites entreprises peuvent-­elles réellement effectuer cette transition ? Comme lors de tout changement, une phase d’adaptation sera probablement nécessaire dans l’entreprise. La figure suivante résume bien la situation :

Sans titre 3Lors de cette phase d’apprentissage, l’entreprise perdra en productivité, et son résultat s’en ressentira. Avant de passer au BIM, il faut faire attention à bien estimer cette baisse de revenu et évaluer si l’entreprise est capable de la surmonter. Ce point est déterminant dans la mise en œuvre du BIM pour les PME/TPE et peut constituer un obstacle difficilement surmontable.

Malgré ce risque à prendre, l’objectif est de rendre obligatoire le BIM en 2017. Cela prouve bien que l’acquisition du BIM est désormais incontournable et indispensable à la compétitivité des entreprises de BTP.

BIBLIOGRAPHIE

-­ Cours B3 2015-­‐2016

How building information modelling is changing the construction industry 

-­   Quelle place pour le BIM ?

-­ L’ingénieur Constructeur n°535 : Le BIM 2017, le bâtiment 2.0

Maquette numérique : Autodesk rassemble la communauté BIM (Building Information Modeling) à Paris écrit par Jean-­‐Charles Guézel -­‐ Publié le 16/11/12

-­ Building Information Modeling and its Impact on Design and Construction Firms, thèse de JOSEPH CARL KUEHMEIER, université   de Floride, 2008

 

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To BIM or not to BIM ?

Le BIM a été lancé il y a une vingtaine d’années aux Etats-Unis. Développé depuis quelques années en Europe, il est prévu qu’il soit rendu obligatoire pour les projets publics d’ici 2017 selon une mesure du gouvernement français. On en parle comme l’outil qui révolutionne la conception et qui permet de nouvelles possibilités architecturales.

Cet article a pour objectif de vous présenter le BIM et ses avantages, ainsi que les changements qu’il induit dans la façon de concevoir des projets.

 

I. Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

  • Qu’est-ce que le BIM ?

Le BIM n’est ni un logiciel, ni une maquette numérique, mais plutôt… une méthode de travail. On trouve plusieurs définitions de BIM sur Internet. Néanmoins, nous préférons retenir celle du National Institution of Building Sciences : «  le BIM est la meilleure idée possible d’un modèle numérique d’un bâtiment que ce soit au niveau de sa forme ou de ses fonctions. Mais c’est également une base de données partagée entre les différents intervenants pendant toute la durée de vie du bâtiment: de sa conception à sa démolition ».

D’une manière générale, on peut décrire le BIM comme un « ensemble des processus et méthodes mises en œuvre pour organiser et structurer les informations relatives à un ouvrage de construction, projeté sous forme d’un modèle exploitable. »

  • Quels sont ses avantages ?

Tout d’abord, le BIM permet d’améliorer la communication de son projet. La maquette numérique est un objet relativement facile à utiliser où on peut percevoir de manière claire la profondeur et la hauteur. Par exemple, sur un dessin classique type CAO (AutoCAD), il est difficile de se représenter l’aspect final d’un hall d’entrée tandis qu’avec la maquette numérique, l’utilisateur peut voir l’aspect final de l’ouvrage. Tous les intervenants peuvent connaître les caractéristiques de chaque ouvrage (volume, taille, fabricant, …) en cliquant dessus. On vogue vers une centralisation de nombreuses données détaillées dans une seule maquette ! Par ailleurs, le BIM offre la possibilité de travailler sur une maquette pouvant allant jusqu’au 7D : de la conception et coordination à l’exploitation et la maintenance, en passant par la planification, l’estimation de prix et les données fournisseurs.

La maquette numérique permet à tous les intervenants de corriger les éventuels conflits de conception avant la construction. La maquette étant unique, tous les intervenants ajoutent au fur et à mesure leurs « ouvrages » et peuvent tout de suite vérifier les incohérences avec un autre intervenant. De plus, elle permet une optimisation de l’utilisation de l’énergie, de l’eau, des matériaux en se basant sur des études énergétiques et environnementales intégrées et détaillées.

Enfin, la conception est beaucoup plus souple. Avec le BIM, il devient aisé de redimensionner des ouvrages, de modifier la conception. En effet, une modification de conception de la maquette se retranscrira dans tous les plans du modèle. Le gain de temps est considérable comparé à une méthode CAO classique, chaque plan est alors « mis à jour » en temps réel. La productivité en ressort améliorée.

  • Quels sont ses inconvénients ?

Le coût… De fait, plusieurs entreprises hésitent à franchir le pas en raison de l’offre coûteuse des outils. Les entreprises doivent acheter les licences avec un coût unitaire moyen de 4000 euros et parfois doivent remettre à jour leur parc matériel pour utiliser ces outils. En outre, l’utilisation du BIM requiert une période d’apprentissage non négligeable. La transition est coûteuse, les professionnels du BTP sont réputés traditionnels, il n’est guère aisé de changer leur habitude de travailler avec des plans.

Se pose ensuite le problème de la gestion des droits. En mettant en place un modèle collaboratif, il est indispensable de mettre en place des limites selon chaque intervenant. Un sous-traitant ne pourra pas, par exemple, modifier le positionnement d’un ouvrage d’un autre intervenant. Il en va de même pour l’accès à l’information. Pour ne pas noyer les différents intervenants de données qui lui seraient inutiles, le responsable BIM devra alors gérer les informations accessibles de chaque intervenant.

Par ailleurs, le BIM nécessite plus de travail avant le début des opérations. Maintenant, tous les intervenants doivent renseigner leurs travaux en amont de la construction dans la maquette numérique pour pouvoir détecter les conflits.

Enfin, se pose en également le problème de l’interopérabilité des logiciels. De fait, les logiciels BIM sont nombreux : REVIT, TEKLA, CADWorks, ALLPLAN et chacun est plutôt spécialisé dans un domaine : réseau, structure… Ces logiciels ayant leur propre format de fichier, il est impossible de les utiliser sur un même modèle naturellement.

  • Les retours des professionnels sont-ils positifs ?

« A nos yeux, la solution BIM n’est pas une technologie de modélisation 3D. Le BIM, c’est un processus qui inclut une interaction avec les clients, mais également au sein de l’équipe de conception des projets. La solution BIM est au cœur des informations du projet. »

Norb Howell, Responsable BIM chez Gannett Fleming.

« Nous discutons avec les clients des avantages que la technologie BIM nous permet d’offrir… tels que des conceptions plus claires, des délais réduits et un environnement mieux construit. »

Tomislav Žigo, Directeur de la conception et de la construction virtuelle chez Clayco

« L’outil 3D a joué un rôle essentiel pour remettre en cohérence les enveloppes architecturales avec les faisabilités des structures, le dialogue avec le maître d’œuvre s’est amélioré et la convergence de nos points de vue a été immédiate. Avec des outils traditionnels, nous nous serions aperçus trop tardivement de nombreuses problématiques géométriques. »

Jean-François Scheidt, Directeur du projet pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France – Ouvrages Publics à propos de la construction de la Philharmonie de Paris

 

II. Comment « ça » fonctionne ?

  • Comment le BIM « voit » les choses ?

Le BIM est une conception orientée objet. On parle alors d’objets métiers pour désigner les « données » du BIM. Un objet métier se caractérise par une identité, un but, des attributs et des relations qu’il entretient avec d’autres objets. Prenons par exemple, un mur : il a un volume, des dimensions, il est en béton et relie le plancher bas du R+1 au plancher bas du R+2.

  • Concrètement que doit-on faire ?

Chaque acteur (Architecte, Bureau d’Etudes, Electricité, Plomberie…) intervient à un moment différent dans le BIM. Chacun a un référent BIM qui l’aide dans la conception.

De fait, à partir des plans de la Maîtrise d’Ouvrage, l’Architecte, les Bureaux d’études, les Entreprises conçoivent leur propre modèle BIM avec leur logiciel BIM qui est souvent différent des autres acteurs. Chaque référent BIM envoie ensuite son modèle au BIM Manager du projet. Ce dernier a la responsabilité de créer une plateforme collaborative de tous ces modèles et de détecter les éventuels conflits. Il les remonte ensuite aux référents BIM respectifs pour corriger ces erreurs.

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  • Quel est le processus du BIM ?

On entend par processus la succession d’étapes qui aboutissent au projet de construction.

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III. Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

L’intégration du BIM dans une entreprise permet une communication sur le projet et un échange d’informations accrus. La plateforme unique collaborative de travail révolutionne la façon de mettre en commun les savoirs de chaque intervenant sur le projet : le maître d’ouvrage, l’architecte, le bureau d’études techniques et l’entreprise. Pour les coordonner, un BIM Manager est nécessaire.

 

  • Comment le processus de réalisation est-il impacté ?

La phase conception acquiert une place beaucoup plus large dans le processus de réalisation du projet : l’imagerie du projet étant nettement améliorée, la réalisation des plans 3D impose une vérification constante et par tous les intervenants de la coordination des différents éléments et réseaux qui s’inscrivent dans le bâtiment ou l’ouvrage d’art. Cependant, la maquette n’est plus un simple outil de conception : c’est également un outil de production, car elle contient les éléments prescris par la maîtrise d’œuvre.

La création du modèle de la structure rend favorable  la recherche de solutions alternatives. Il n’est plus nécessaire de repartir de zéro à chaque nouvelle proposition.

 

  • Comment fonctionneront les différents intervenants avec la maquette 3D ?

Les bases de données des différents logiciels existants tendent à s’uniformiser, ce qui permettra à chaque corps de métier d’obtenir les éléments caractéristiques propres à leurs besoins sur un objet commun à l’ensemble des intervenants. A l’inverse, la création d’un nouvel objet par l’architecte permettra à ces derniers d’entrer les caractéristiques  qui leurs sont nécessaires pour cet objet. Ainsi, tout utilisateur de la maquette sera en mesure d’intervenir de manière partagée, pour faciliter les échanges d’informations nécessaires à la bonne évolution de la conception. La collaboration en amont des projets permet aux acteurs de s’enrichir des apports et de la valeur ajoutée des uns et des autres. Le BIM améliore la compréhension de l’ouvrage de tous les acteurs. Ces derniers, grâce à cet outil, arrivent à anticiper les difficultés engendrées par un choix à chaque étape d’une opération.

 

  • En quoi va consister la mission du BIM Manager ?

Ce n’est pas lui qui réalise ou conçoit le modèle 3D. Il doit vérifier que les intervenants du projet renseignent correctement la maquette numérique, en accord avec le programme de la maîtrise d’ouvrage. Il doit coordonner les différentes personnes travaillant sur le modèle, c’est-à-dire qu’il doit faire une synthèse des éléments contradictoires dans la maquette et  donner ses instructions aux intervenants concernés pour qu’ils modifient leur conception le cas échéant.

 

 

IV. Comment faire pour y aller ?

Le passage au BIM doit se faire de manière globale dans l’entreprise : il ne s’agit pas d’équiper les postes de travail de quelques équipes de la société, comme la DSI ou la R&D, mais bien de l’ensemble des postes de travail. Une des méthodes d’implantation est la suivante :

 

Définir des perspectives claires. La direction de l’entreprise a la tâche importante de présenter sa vision du développement du BIM à l’ensemble de ses entités (commerciale, opérationnelle…), puis la stratégie d’implémentation qui répondra le mieux à ses besoins. Les perspectives doivent rassembler toutes les entités, sous formes d’étapes, pour se rendre compte de l’avancement face à cet important changement.

 

Créer une équipe responsable de l’implantation du BIM. Les différentes entités de l’entreprise doivent être en mesure de voir les progrès liés à leur secteur propre, de manière à conserver leur enthousiasme vis-à-vis du changement. C’est pourquoi la communication de l’équipe de gestion du BIM doit être performante : médiatisation du progrès, retour d’expérience sont les clés d’une bonne communication. Cette équipe devra organiser des formations au BIM, pour favoriser son implantation au sein de l’entreprise et pour motiver les professionnels.

Le passage au BIM a une incidence contractuelle entre les parties prenantes d’un projet, l’équipe BIM a donc la responsabilité de se pencher sur ces questions pour favoriser une bonne transition. Il est également nécessaire de procéder à des contrôles et des audits internes pour s’assurer de la bonne pratique de l’outil BIM.

 

Faire évoluer progressivement l’entreprise vers le BIM. Le fonctionnement d’une entreprise est souvent défini depuis plusieurs années, cela peut s’avérer difficile de le modifier pour qu’il s’adapte au BIM. Certains domaines clés sont à prendre en considération. Il est nécessaire d’aligner les objectifs de l’entreprise avec les avantages qu’apporte le BIM, de définir les méthodologies d’utilisation des logiciels ainsi que les processus de gestion des projets avec la maquette numérique, et enfin de gérer les différents systèmes de l’entreprise vers le passage à la transmission d’informations via le BIM.

 

 

Le BIM est donc plus qu’un simple outil, c’est une vraie méthode qui améliore la conception et la réalisation de projets de construction. Son côté très visuel est un atout conséquent pour les études, son côté numérique présente une réelle opportunité de progrès pour le patrimoine architectural. Il s’agit donc de considérer le BIM comme un vecteur privilégié d’une meilleure constructibilité.

Il est nécessaire que les entreprises de construction et les bureaux de maîtrise d’œuvre se procurent le matériel informatique et qu’ils se forment à l’utilisation du BIM, afin de proposer des projets encore plus grandioses et de concurrencer les autres grandes entreprises internationales. Alors, qu’attendons-nous ?

 

 

Bibliographie :

http://www.graphisoft.com/archicad/open_bim/about_bim/

http://www.thenbs.com/pdfs/What_BIM_is_and_how_it_is_being_used.pdf

http://www.batiment-numerique.fr/le-bim/presentation-bim.htm

http://objectif-bim.com/

http://www.batiment-numerique.fr/le-bim/presentation-bim.htm

https://www.quora.com/What-is-building-information-modelling-and-what-are-its-advantages-and-disadvantages

http://www.thenbs.com/pdfs/What_BIM_is_and_how_it_is_being_used.pdf

http://www.constructionlawsignal.com/by-subject/design-and-technology/the-legal-risks-of-building-information-modeling-bim/

http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview/customer-qa

http://static-dc.autodesk.net/content/dam/autodesk/www/solutions/building-information-modeling/customer-qa/autodesk_bim_customer_interview_clayco_fr.pdf

http://www.bimgeneration.com/#6rdPage

http://www.teklabimsight.com/what-is-bim/path-to-bim

http://static-dc.autodesk.net/content/dam/autodesk/www/campaigns/test-drive-bim-lp-q4/fr/bim_project_transformer_whitepaper_2015-FR.pdf

http://syndicat-architectes.fr/evenements/bim-la-montee-en-puissance

www.tekla.com/fr/compagnie/quest-ce-que-le-bim

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Le BIM, une révolution naissante à tout point de vue

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

Qu’est-ce que le BIM ?

La signification courante de l’acronyme BIM est Building Information Modeling. Son usage s’étend à toutes les étapes d’un projet : conception, construction, exploitation (Building) en synthétisant toutes les informations du cycle de vie du bâtiment (Information) au moyen de logiciels de modélisation (Modeling). C’est donc une copie virtuelle du bâtiment en 3D, associé à une base de données.

Quels sont les avantages du BIM dans le contexte actuel ?

Le contexte actuel est celui de projets complexes. Et pour cause, le nombre d’intervenants grandissants au cours d’un projet, des réglementations plus strictes liées aux enjeux environnementaux, de courts délais, des constructions audacieuses (tours de grandes hauteurs…).

Le BIM permet d’éviter anomalies et contradictions et donc des surcoûts de chantier. Il utilise des outils innovant au service d’un travail collaboratif et centralisé entre tous les corps d’états.

De plus, la gestion informatique des informations (propriétés sur les matériaux, etc.) est plus efficace et plus accessible.

Quel est le gain pour le maître d’ouvrage ?

La maîtrise d’ouvrage reçoit une maquette représentative de la production. Elle est donc pleinement consciente de la qualité de la livraison. Elle peut ensuite exploiter le modèle pour le reste du cycle de vie du bâtiment.

Quels sont les premiers retours d’expérience ?

Le BIM est un précieux gain de temps. En cas de modifications de plans, les changements sont automatisés. Les entreprises ont un accès rapide et centralisé à toutes les données du projet. On réduit ainsi considérablement les pertes d’informations entre les différentes phases de planning, design, conception et construction. La gestion du planning de construction (BIM 4D) et des ressources (BIM 5D) est également facilitée au moyen des informations contenues directement dans la maquette.

Quelles sont les difficultés à introduire le BIM dans les projets de construction ?

Pour qu’un projet soit réalisé grâce au BIM, le maître d’ouvrage doit imposer son utilisation à chaque intervenant. Dans les faits, beaucoup ne mobilisent pas les moyens nécessaires pour se former sur cet outil et dissuade la maîtrise d’ouvrage de l’utiliser.

Un intervenant est par ailleurs davantage dépendant du travail de ses collaborateurs sur une maquette et donc de leurs éventuels retards.

 

Comment fonctionne le BIM ?

 

Quelles sont les différences entre le BIM et la CAO ?

La CAO est un outil de dessin en 3D, elle permet de représenter « bêtement » des figures géométriques. Le BIM lui est « intelligent » en ce sens qu’un mur en BIM est caractérisé par ses dimensions, ses matériaux, etc. Et non uniquement par les différents rectangles qui le composent, comme c’est le cas en CAO. En BIM, si l’on veut, par exemple, modifier la hauteur d’un étage, les escaliers s’agrandiront, modifiant leur nombre de marches, leur espacement, etc. Toutes les coupes seront actualisées suite aux modifications apportées au modèle. Le BIM ne s’arrête donc pas à l’aspect architectural, c’est un modèle paramétrique qui donne des informations sur les matériaux utilisés, leurs caractéristiques énergétiques ce qui permet de prendre en compte les calculs structurel, thermique, acoustique, etc.

Quel est l’enjeu fonctionnel actuel du BIM ?

L’interopérabilité, aussi appelé OpenBIM. C’est-à-dire que le projet BIM soit consultable et modifiable, en temps réel, par tous les opérateurs du projet, depuis n’importe quelle plateforme. Qu’il s’agisse des architectes en avant-projet, de la maîtrise d’œuvre ou de l’exécutant des travaux. Et ce à travers divers logiciels : pour l’architecture, la structure, les réseaux techniques, les équipements, etc.

Comment mettre l’OpenBIM en route ?

En mettant tous les projets BIM sous un format universel : IFC (Industry Foundation Classes) qui assurerait l’interopérabilité des projets à travers toutes les plateformes du BIM. Pour ce faire nous avons besoin d’un serveur BIM.

Quel rôle sera joué par le server BIM ?

Un serveur BIM servirait entre autre à : La vérification et la validation d’un IFC, gérer les données, les sauvegardes et les utilisateurs, offrir une interface de gestion personnalisable.

 

Qu’est-ce que le BIM changera pour moi ?

 

Comment les maîtres d’ouvrages pourront utiliser le BIM ?

Tout d’abord, les maitres d’ouvrage peuvent exiger qu’un projet mette en œuvre le BIM. Ainsi ils peuvent gérer de manière efficace leur budget car ils auront à disposition des informations fiables et de qualités qui préservent leurs investissements.

De plus, lorsqu’ils ont à gérer un patrimoine important (grand budget ou terrain très étendus), la maquette numérique leur permet d’avoir une connaissance en temps réel de leur patrimoine (surface, matériaux de construction, propriétés environnementales,…etc. Cela constitue un réel changement car sans le BIM, les maitres d’ouvrage ne connaissaient qu’à un instant t la gérance de leur budget.

Quel impact aura-t-il sur la conception d’un projet ?

Le développement du BIM va changer la répartition des charges de travail. On va passer plus de temps sur les phases dites d’APD et APS et moins de temps sur les phases d’exécution.

Ces étapes liées à la conception seront ainsi primordiales pour tous les consultants. Effectivement, le fonctionnement et l’efficacité du BIM repose sur un principe collaboratif entre les différents intervenants autour de la maquette numérique. Par exemple, la partie structure demandée par l’architecte est modélisée par une maquette numérique réalisée par les ingénieurs structures, il en va de même pour toutes les autres parties telles que les réseaux d’EP et EC…etc. Tout ce travail est alors réalisée sur un même support ce qui permet à l’architecte d’avoir la mainmise sur son projet.

Et en phase d’exécution ?

Pour la maitrise d’œuvre, cela va leur permettre de gérer le budget en temps réel, de vérifier le respect des couts des travaux, des délais ainsi que les normes en vigueur et des critères  du projet de manière qualitatif et quantitatif.

Ce point est de plus très important pour les architectes, car le BIM arrive pour eux comme un renforcement de leur profession. C’est en tout cas ce que pense Olivier Arene, architecte associé 2/3/4 architecture :

« Le BIM manager est ainsi essentiel et je suis convaincu que l’architecte, anciennement mandataire de la MOE, doit assurer ce rôle. Nos partenaires ingénieurs sont ainsi obligés de concevoir leurs ouvrages en étroite collaboration avec l’architecte, non seulement en 3D mais également, et c’est là le plus important, de façon coordonnée entre eux…il est impératif que les architectes et les ingénieurs contractent ensemble en se constituant en équipe unie et solide. »

Les entreprises quant à elles, pourront avoir une meilleure vue dans le procédé de construction, et surtout de résoudre d’éventuels problèmes ou conflits d’intérêt de construction en phases d’études et non sur chantiers. Ce qui permet ainsi de préserver une certaine qualité. Et enfin, l’introduction de la 4D qui ajoute une dimension de temps au modèle 3D, va permettre de relier la phase de conception à la phase de construction. Ainsi tout coordinateur sur chantier (OPC, MOE…) pourra utiliser également ce modèle 4D comme planning.

Quelle est la documentation produite par le BIM ? 

Enfin, le fonctionnement du BIM annonce une réduction des équipes d’architectes chargés d’études mais surtout un changement dans la manière de produire de la documentation. Beaucoup de vue en 3D, beaucoup de détails en 3D sont utilisées pour représenter et expliquer les travaux voulus, tout en gardant la possibilité d’avoir des plans 2D classiques à tout instant. Par conséquent si le BIM change l’organisation et la composition des équipes sur un projet, il va également changer la manière pour les concepteurs de rendre leur travail.

 

Comment faire pour y aller ?

 

Comment motiver les entreprises à se pencher vers le BIM ?

Le BIM existe et c’est un excellent point. La grande majorité des entreprises, qu’elles soient de maîtrise d’ouvrage, de maîtrise d’œuvre ou des entrepreneurs ont connaissance de cette technologie et pourtant très peu ont fait le pas pour l’utiliser. Comment est-ce possible de laisser passer un tel potentiel lorsqu’on voit ce que sont capables de réaliser d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Finlande avec cette révolution ? Tout simplement car la France est un pays conservateur qui campe sur ses positions et a énormément de mal à se lancer dans du nouveau et à utiliser de nouvelles et innovantes technologies. La France a peur du changement ! Et pourtant elle n’aura pas le choix que d’utiliser le BIM alors comment la motiver ?

A l’heure actuelle la maîtrise d’œuvre, qui gère la partie conception, a bien compris l’utilité de cet outil et se l’est plutôt bien approprié, permettant ainsi aux architectes de laisser encore plus libre cours à leur esprit créatif et à leur soif de courbes. Les entrepreneurs, côté exécution, ont quant à eux saisi l’importance de ce concept et commence à entrevoir les gains potentiels (estimés à 35€/m²SHON construit) car le BIM permet d’éviter nombre de non-qualité, la motivation ne manque donc pas. C’est du côté de la maîtrise d’ouvrage qu’il est plus complexe de saisir l’importance du BIM. C’est donc le suivi d’informations obligatoire (informations sur l’amiante, sur les valeurs vénales pour normes IFRS ou normes énergétiques) qui force aujourd’hui la maîtrise d’ouvrage à se tourner vers le BIM pour posséder et manager toute cette donnée. Ce sont donc des obligations pénales qui lancent les gestionnaires dans la voie du BIM mais ils y restent car ils comprennent rapidement le potentiel de ces outils et le gain qu’il permet (estimé à 2,3€/m²géré chaque année).

Vers une potentielle obligation de l’Etat français ?

Sylvia Pinel avait annoncé une obligation progressive du BIM début 2017 comme le prévoit la directive européenne. Pour autant cette annonce est depuis tombée à l’eau et seule une forte incitation du BIM par l’Etat est faite. Pour autant, bien qu’il soit difficile pour un maître d’ouvrage en France d’imposer ses choix, de nombreux acteurs publics (Habitat 76, Rouen Habitat, La Ville de Paris, APHP, …) commencent à exiger à ce que le BIM soit utilisé sur leurs opérations. Pour autant la maîtrise d’ouvrage, particulièrement publique, française a du mal à imposer des conditions pour ses marchés. Malgré tout l’Etat Français s’avère être une force motrice dans l’implémentation du BIM en France car il a su en faire comprendre l’importance et le potentiel pour le parc national.

Pour quels types de chantier privilégier le BIM ?

A l’heure actuelle le BIM a été majoritairement utilisé pour les chantiers « spéciaux » et de grande ampleur comme la Fondation Louis Vuitton. C’est une lourde erreur de notre part. Aujourd’hui les marchés de moins de 15 millions représentent 80% du marché et c’est pour ces opérations que le BIM s’avère particulièrement intéressant. Le BIM va permettre de lever les problèmes bêtes et méchants facilement et tôt dans l’avancement du projet (comme des prises derrière les portes, des clashs de canalisations, etc.) mais aussi pour gérer la suite du chantier (documentation technique et de livraison pour la maîtrise d’ouvrage après la réalisation). Le maître d’ouvrage pourra alors se lancer dans le facility et l’asset management de tout son par et non pas seulement de ses OVNI architecturaux.

Qu’en est-il de la chaîne managériale actuelle ?

La vraie révolution à opérer avant l’arrivée du BIM et la revue complète de la chaîne managériale actuelle. Aujourd’hui, toutes les études s’enchainent en se redonnant parfois quelques documents (au mieux annotés, au pire griffonnés) pour continuer et chacun fait sa soupe de son côté sans coordination. On a alors un plan structure différent du CCTP et de nombreux autres problèmes de cohérence. Le BIM c’est prendre tous ces usages et les fédérer autour de différents modèles BIM(s). C’est donc par la création d’une nouvelle entité, le BIM Management, cogérée par les divers intervenants que le projet peut avancer. Le BIM Management va assurer la communication, la cohérence et la compatibilité entre les diverses maquettes BIM pour que le travail se déroule sans anicroches.

Comment concrètement implémenter le BIM dans une structure existante ?

Le point de départ évident est l’équipement, l’entreprise va devoir se doter de logiciels, de machines et former ses équipes à cette nouvelle méthode de travail. Cette partie engendre un coût conséquent mais pas le plus important dans l’implémentation du BIM. Les vraies dépenses sont cachées, la partie submergée de l’iceberg, elles viennent de l’appropriation du BIM par la société. En effet, chaque compagnie a son histoire, ses modes de travail, qui ne peuvent pas être totalement supprimés par l’arrivée d’un nouveau mode. Il va donc falloir modeler le BIM, l’adapter à ses besoins propres, à sa culture d’entreprise pour qu’il colle et que le tout fonctionne avec harmonie. C’est donc une nouvelle organisation, la création de bibliothèques, la mise en place de gabarits et de templates qu’il va falloir prendre en compte et qui va prendre un poids considérable dans la balance financière finale. On pourrait dire qu’il faut que chacun trouve sa BIM Identity avant de faire réellement du BIM ou alors il ne sera pas abouti et causera des problèmes dans l’organisation du travail de tous les jours. C’est pour toutes ces raisons qu’implémenter le BIM ne prend pas que quelques mois mais peut monter jusqu’à plusieurs années de travail.

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BIM : BOULEVERSEMENT INTERPROFESSIONNEL MAJEUR

1. Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

  • En quelques mots ?

    Le BIM à travers la maquette numérique et la gestion des informations qu’elle contient donne la possibilité de faire évoluer de manière plus fiable, plus rapide et plus économique les études, les travaux et l’exploitation des bâtiments.

  • Un accès depuis n’importe où ?

    L’interface unique de travail et l’utilisation du cloud permet à tous les intervenants de travailler à distance où qu’ils soient et à n’importe quel moment.

  • Une communication renforcée ?

    Le BIM va permettre aux différents acteurs de visualiser et d’appréhender les détails du projet au plus proche du réel et non plus seulement sur des plans, il constitue une aide efficace à la compréhension, la communication et la décision.

  • Une meilleure interopérabilité ?

    Le travail sur la version numérique en constante mise à jour réduit considérablement les erreurs dues à l’utilisation de plans ayant le mauvais indice.
    On peut anticiper les problèmes d’assemblages et d’interférences pour éviter les adaptations sur chantier qui conduise souvent à des tâches mal réalisées.

  • Construire durable/cycle de vie du bâtiment ?

    La maquette numérique constitue une base de données intelligente utilisable sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. En effet plus qu’un modèle 3D, le BIM intègre une dimension de temps, des données de coûts et de quantités, des outils de gestion d’actifs immobiliers et enfin les performances énergétiques et environnementales.
    Après la livraison du bâtiment, le BIM continue de servir pour optimiser la maintenance, anticiper et simuler l’évolution de l’ouvrage et gérer son parc immobilier.

  • Un gain budgétaire ?

    La charge de travail va augmenter en conception, le prix aussi. Cependant une large compensation est à prévoir, les projets seront mieux pensés, mieux préparés et le travail ultérieur sera simplifié.
    La qualité va être améliorée avec une réduction des reprises. La faisabilité est évaluée largement en amont de la phase chantier et laisse une grande flexibilité dans le changement de design, pour un coût dérisoire comparé à une exécution sur site. Les gaspillages vont diminués grâce à la précision des métrés. La sécurité sera mieux assurée ce qui entrainera une diminution des accidents de travail. Les pénalités dues aux retards de livraison seront moins fréquentes en respectant mieux les délais du client.

2. Comment « ça » fonctionne ?

 

  • Quels sont les différents niveaux de développement de la maquette ?

    Il y a 6 niveaux de développement. Le niveau 1 – Esquisse – permet de caractériser les volumes 3D génériques. Le niveau 2 – Avant Projet Sommaire – permet l’enrichissement de la maquette avec des éléments techniques. Le niveau 3 – Projet – permet de définir tous les objets, et d’en déduire les quantitatifs. Le niveau 4 – Etudes d’exécution – permet d’intégrer les éléments retenus par les entreprises. Le niveau 5 – Dossier des Ouvrages Exécutés – contient toutes les informations du projet fini. Le niveau 6 – Exploitation – permet de déployer l’information nécessaire aux utilisateurs.

  • Quels sont les outils ?

    Chaque cœur de métier dispose de ses propres logiciels pour simuler ses propres études de structures, d’acoustique, de thermique, de consommation énergétique et d’économie de la construction. Il est donc inévitable d’utiliser plusieurs logiciels et donc plusieurs maquettes, comme : Revit (Autodesk), Microstation (Bentley), Sketchup pro ou Rhinocéros 3D. Chaque acteur crée et peut faire appel à des bibliothèques d’objets. Comme la maquette est utilisable tout au long du cycle de vie du bâtiment, des logiciels de gestion de patrimoine sont également applicables.

  • Quels sont les protocoles/les règles à suivre ?

    Le BIM suit la normalisation ISO 16739; celle-ci requière un format IFC (Industry Foundation Classes). Celui-ci permet de décrire les objets selon un modèle bien précis. Ainsi les échanges et partages des informations se réalisent de manière automatique entre les logiciels. Par ailleurs, il est essentiel d’insérer les normes de construction dans le projet BIM, celles-ci peuvent être intégrées en tant qu’objets.

  • Quels sont les intervenants ?

    De nombreux acteurs sont amenés à utiliser cette maquette BIM : les architectes, les Bureaux d’Etudes Techniques, les Bureaux des Méthodes, les commerciaux, l’équipe travaux, le client, l’exploitant.

  • Doit-on être un as du BIM pour profiter des avantages du BIM ?

    Quand la maquette est finie, il est possible d’extraire une visionneuse graphique qui sera lue sans logiciel spécifique. Cette visionneuse permet de visualiser et d’extraire l’intégralité des données du bâtiment en 2D et en 3D. Ainsi, dans la phase finale du projet, le client reçoit une maquette numérique qui contient toutes les informations nécessaires sur l’ouvrage, la gestion, l’exploitation et la maintenance.

3. Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

 

  • Pour les architectes ?

    Le travail traditionnellement réalisé sur des plans 2D, passe obligatoirement en 3D.

  • Pour les bureaux d’études techniques ?

    Ils perdent beaucoup de temps à ressaisir les données du projet dans leur logiciel à partir des plans 2D, ils auront maintenant accès à la maquette numérique sur laquelle ils pourront opérer directement et lancer des simulations.

  • Pour les méthodes ?

    Ils peuvent désormais réaliser les Plans d’Installation Chantier en 3D pour simuler au mieux la vie du chantier avec les interférences des grues, la position des circulations, des zones de stockages… La présentation des rotations se fait en 3D avec le positionnement précis des différentes banches par exemple et non plus uniquement des portions de mur surlignées. Ainsi, on peut voir directement si la banche n’interfère pas avec son environnement direct, on peut également ajouter des données telles que les volumes de béton précis à commander en déduisant directement les ouvertures (fenêtres…).

  • Pour les commerciaux et les études de prix ?

    Les constructeurs sont amenés à savoir utiliser de plus en plus le BIM pour répondre aux appels d’offre, en effet leur capacité à mettre en œuvre la maquette numérique va devenir un réel critère de sélection pour la réalisation de projets.
    On peut estimer le coût du projet de manière plus précise, en associant leurs bordereaux de prix détaillés à la maquette numérique. Les métrés de béton… pourront être automatisés sur la maquette pour donner des valeurs les plus proches de la réalité.

  • Pour les équipes travaux ?

    Leurs tâches sont simplifiées avec une vraie clarté sur le rendu final attendu, des projets mieux pensés avec plus de réflexion en amont sur les difficultés à venir, des maquettes 3D beaucoup plus explicites que les plans 2D et rassemblant toutes les informations nécessaires.

  • Pour l’exploitation et les interventions ultérieures ?

    Tous les détails du projet se trouvent sur la maquette numérique, ils ne sont plus éparpillés sur une quantité astronomique de plans qui sont susceptibles d’être perdus.

  • Pour le client, les riverains, les futurs occupants ?

    Avec la réalité augmentée et la réalité virtuelle, ils vont pouvoir visiter son bâtiment en amont et se faire une idée très précise du rendu final. Cela va considérablement faciliter leur compréhension du projet par rapport aux plans.

 4. Comment faire pour y aller ?

 

  • A-t-on envie d’y aller ?

    On ne peut nier que le secteur du BTP en France reste un secteur très attaché à ses traditions opératoires. La France est aussi un pays dans lequel la consommation de papier ne risque pas de baisser puisque les validations de plans papiers ainsi que leur archivage restent obligatoires à l’ère du numérique.
    La France accuse ainsi, fidèle à ses habitudes, un retard considérable dans le domaine du BIM. Si en Angleterre, les marchés publics intégreront obligatoirement du BIM à partir de 2015, « moins de 1 % des cabinets d’architecture français font du BIM et moins de 30 % des agences travaillent à un moment ou à un autre en 3D », estime Thierry Parinaud, architecte et Vice-Président de MediaConstruct.
    Cela dit, la nouvelle réforme du Code des Marchés Publics de travaux prévue pour 2016 en France épouse les principes fondateurs du BIM, notamment l’Open Data pour tous soit une exigence de rendus informatiques de la part de toutes les entreprises consultables par tous les intervenants et aussi une amélioration de la communication entre intervenants dans une visée de prévision des contraintes liées aux interfaces.
    Dans cette même optique, La directive Européenne préconise l’utilisation de la maquette numérique pour tous les chantiers de marché public, à horizon 2017.

  • Comment traduire cette volonté dans les sphères décisionnelles ?

    Même si les écoles d’ingénieurs, ayant compris la révolution du BIM, l’intègrent dans la formation des futurs acteurs du BTP, la sensibilisation ne peut suffire. Il faudrait, en effet pour une vraie orientation vers la mise en application, que les dirigeants des entreprises, bureaux d’études et d’architecture mettent en œuvre les moyens humains et financiers.
    Une démarche possible serait que chaque dirigeant d’intervenants dans le BTP procède à un essai sur l’amélioration de productivité et de rendement liée au BIM, qui s’inscrirait éventuellement dans le cadre d’une collaboration avec le pole Recherche et Développement.
    Un tel essai a par exemple été mené par l’entreprise, leader du BTP, Bouygues Construction qui a une volonté forte de se tourner vers l’extérieur pour partager ses réflexions et progresser par les coopérations et les partenariats, notamment avec les laboratoires de recherche universitaires et les industriels. En 2010, le Groupe a par exemple créé la chaire « Bâtir durable et innover » avec le CSTB, l’école des Ponts ParisTech, Supélec et l’école Centrale Paris. Actuellement, les efforts de recherche s’articulent autour de deux axes principaux : la construction durable et les démarches stratégiques de nos métiers.

  • Quelle stratégie adopter ?

    Une fois ce test d’efficacité du BIM effectué sur un projet, un retour d’expérience permettrait de généraliser progressivement la mise en place du BIM. S’imposera alors le dialogue avec le revendeur de matériel qui permettrait d’avoir des démonstrations, des formations pour les utilisateurs ainsi que des fournitures en logiciels et matériel informatique (ordinateurs plus performants, tablettes pouvant contenir une version simplifiée de la maquette numérique transportable sur chantier…).
    Une fois bien équipés, commence alors la sensibilisation et formation de tous les intervenants de l’architecte à l’ouvrier car opter pour le BIM n’est pas qu’acheter un logiciel et payer un informaticien mais choisir de changer de méthode de travail, d’accorder plus de temps à la mise en place puis vérification de la concordance entre la maquette et le site et en contrepartie gagner en prévision des aléas en collaborant plus avec les différents corps d’état.
    Il serait dans cette optique judicieux d’opter pour une formation approfondie sur le BIM pour quelques chefs de projets ou superviseurs afin d’en faire des BIM managers et de proposer des stages de formation moins élaborés pour le reste des intervenants leur permettant d’exploiter la maquette. La formation pour tous restant une obligation de réussite.
    Des pertes financières se verraient inévitablement à court terme de cette démarche à cause des achats de matériels et des formations à payer mais pourvu que tous les intervenants travaillent en bonne intelligence sous l’œil vigilant et conseillant du BIM manager, les avantages de l’application du BIM ne tarderaient pas à se manifester.

Article rédigé par : ANGLARD Hadrien, DROUILHET Jean-Loup, JACOBELLI Tony et SAHLI Abir

Bibliographie :

 

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Révolution BIM

Qu’est ce que le BIM peut m’apporter ?

Une définition du BIM s’impose avant tout :

B  pour Conception Construction Exploitation

pour Informations

M pour définir et simuler le bâtiment, sa livraison, son exploitation, en utilisant des outils intégrés.

Le BIM ne doit pas être assimilé à l’ensemble des logiciels 3D communément répandus dans le commerce. Le BIM (Building Information Modelling) consiste à « Modéliser les informations d’un bâtiment » afin d’anticiper d’éventuels problèmes pouvant survenir à la phase chantier et pouvant avoir un impact planning/financier important.

Un des apports fondamental du BIM consiste en une meilleure compréhension de l’ouvrage avec une conception plus aboutie, plus précise où l’ensemble des informations du projet peut être enregistré dans un fichier unique. Qui dit une meilleure compréhension dit une aide certaine à la prise de décision et une optimisation des coûts de la construction.

Certes l’investissement est important mais selon le gouvernement britannique, le BIM pourrait permettre de réaliser une économie de 20% sur les coûts de construction. Cet investissement  devient rentable notamment sur les grands projets où l’on voit que le BIM n’est pas simplement un outil mais se présente comme une réelle solution (Fondations Louis Vuitton – Groupe Vinci – réalisée grâce à la maquette numérique ou alors la façade en Nid d’oiseau de La Philharmonie de Paris – Groupe Bouygues).

En France, le BIM devient une nécessité : le 15 janvier 2014 le parlement a voté une directive incitant fortement les Etats Membres à utiliser le BIM dans le cadre de leurs projets publics de bâtiments et d’infrastructures. La maquette numérique devient ainsi obligatoire à compter de 2017 pour les marchés publics d’Etat.

L’instauration du BIM vient d’une idée qui peut paraître toute simple mais qui prend tout son sens en réalité : « L’homme visualise mieux les choses en 3D qu’en 2D ». C’est donc dans cette optique que les ingénieurs du bâtiment se sont décidés à travailler sur la question.

Actuellement, des Start-ups (exemple : Levels3D) développent même des appareils qui utilisent la réalité augmentée permettant à son utilisateur de se déplacer dans son bâtiment afin d’y entrevoir différents problèmes d’interfaces ou alors de modifier les finitions (couleurs, principes construction, matériaux…).

Néanmoins les plus petites entreprises sont assez réticentes sur le sujet et ne veulent pas réaliser un investissement financier trop important dans un contexte économique assez difficile. Le gouvernement français a plus ou moins compris l’enjeu du BIM et veut l’intégrer dans les dossiers d’appels d’offre en marché public à l’horizon 2017. Néanmoins, une contrainte réglementaire vis à vis du BIM ne serait pas bien acceptée dans le métier et favoriserait les grands groupes.

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Les coûts du projet et le BIM (source : www.warrenandmahoney.com)
Les coûts du projet et le BIM (source : www.warrenandmahoney.com)

 

Le BIM possède plusieurs avantages : il permet une meilleure planification et une amélioration de la qualité de construction en éliminant les problèmes de conception avant le début de chantier, un gain de temps, de productivité, de communication, de données détaillées, et l’ intégration des règles métier. Le centre hospitalier d’Ajaccio est un projet qui a intégré la maquette numérique à toutes les étapes de son développement : « Il faut beaucoup d’anticipation et de réflexion dans les mises en œuvre, et le BIM permet de trouver les solutions très en amont, avant que le problème ne se pose réellement », relate Annalisa de Maestri, directrice du BET Bianchi et déléguée générale de BIM France.

D’autres problèmes pourraient être réglés par le BIM, notamment les problèmes de gestion de droit, de valeur contractuelle, de coût, de spécificité et complexité. Le manque d’interopérabilité est un autre problème solvable grâce au BIM : il est à l’origine de coûts supplémentaires qui pourraient être évités grâce au BIM : Selon les chiffres FFB 2010, on a  40 euros/m² de SHON pour les entreprises et 2,3 euros/m²/an pour les GDP.

Comment ça « fonctionne » ?

Le BIM est un processus qui se divise en cinq étapes :

  1. La rétro-conception : programmation du projet incluant les études d’urbanisme, les relevés des géomètres, la modélisation du terrain et des bâtiments existants.
  2. Conception : la maîtrise d’œuvre, l’architecte et les différents bureaux d’études conçoivent le bâtiment sur la maquette numérique.
  3. Construction : collaboration avec les entreprises de construction, mais encore rare.
  4. Maintenance et Exploitation : étape essentielle.
  5. Déconstruction : également concernée par l’exploitation des données de la maquette numérique.

Il existe différents types de maquette numérique que l’on veut regrouper sur un même support de travail pour analyser le projet dans sa globalité (structure, thermique, fluide, isolation…) et identifier les dysfonctionnements.

Tout d’abord, il y a la maquette numérique dite « isolée » où chaque intervenant va créer une maquette numérique relative à son corps de métier (maquette de simulation thermique pour le thermicien, la maquette structure pour le BET structure…). Le niveau supérieur de la maquette isolée est nommé maquette « collaborative ». Les maquettes isolées sont mises en commun via  une maquette globale au format de fichier IFC (Industry Foundation Classes) commun à tous pour faciliter l’échange de données. Cela facilitera l’interopérabilité entre les différents corps de métiers qui utilisent généralement des modélisations différentes (différents formats de fichiers, logiciels, méthodes de modélisation…). Il existe une normalisation de l’interopérabilité (Data ISO 16 739 (IFC) ; Terms ISO12 006 – 3 (IFD) ; Process ISO 29 481 (IDM)).  Le BIM manager met en place le plan d’exécution du BIM pour la maîtrise d’ouvrage afin d’organiser la collaboration des corps de métiers, en respectant l’intérêt du client et non en favorisant un autre acteur du projet en particulier (Architecte, BET Structure, BET Fluides, Géomètre, Entreprise…). Il veille à l’interaction entre les personnes face au projet. Chaque intervenant va travailler sur une même base et le rôle du BIM manager sera de compiler l’ensemble de ces maquettes pour établir des conclusions, synthèses et vérifier la fiabilité des données et des échanges afin d’évaluer le pourcentage d’erreurs au sein de la maquette produite. L’analyse globale du projet aide à traiter des conflits qui ne sont souvent pas apparents à la suite d’une analyse des maquettes isolées seules, d’où l’intérêt de traiter l’information sur une base commune de données.

Enfin le niveau de maquette sur lequel les entreprises et bureaux études aimeraient travailler est la maquette numérique « intégrée » ou « en temps réel », du fait qu’elle permet à chacun des intervenants d’avoir les informations nécessaires pour progresser ensemble en même temps. Ce type de maquette est compliqué à mettre en œuvre car il nécessite une mémoire bien plus importante que celle actuellement utilisée et expose le projet à des risques de crashs informatiques fréquents. C’est pourtant ce à quoi le BIM aspire, toujours dans un esprit de collaboration poussé à son maximum.

La maquette numérique se construit suivant des niveaux de détails (ou LOD) croissants selon le niveau de complexité. Chaque intervenant travaille sur le niveau de détail le plus adapté à sa discipline et peut aussi intervenir sur plusieurs niveaux pour visualiser les informations et la géométrie du projet plus ou moins précisément.  La maquette BIM devient ainsi un outil de management à sept dimensions, les dimensions représentant les étapes de la maîtrise de projet sont explicitées ci-dessous :

3D : Conception et coordination

4D : Ordonnancement et planification

5D : Estimations de prix

6D : Achats

7D : Exploitation, Maintenance

Le BIM dans le cycle de vie du projet (source : www.bimcity.com)
Le BIM dans le cycle de vie du projet (source : www.bimcity.com)

Le processus du BIM intervient en cela tout au long du cycle de vie du projet et organise un travail collaboratif autour d’un modèle central qui se déroule en quatre temps :

1-PLAN || Lors de l’élaboration du projet, met en place le fonctionnement du BIM dédié au projet. Le fonctionnement du BIM s’intègre donc dans une démarche globale de gestion de projet, selon une approche du projet qui lui est proche : le BIM Manager en est le pilier central étant donné qu’il veille à la mise en place et au bon fonctionnement de la collaboration multidisciplinaire. Le « workflow » ou flux de travail décrit le processus et la méthode d’utilisation du BIM : un nombre variable de flux de travail est mis en place par le BIM Manager pour prendre en compte les besoins et exigences du client, l’interopérabilité entre logiciels, les différentes phases de projet et les qualifications des différents intervenants en matière de BIM. Des données sont collectées sur une base de données commune lors des différentes phases du projet : On vise ainsi à répondre de manière permanente à la question : « Qui renseigne quoi et quand ? ».

2-DESIGN || Lors des phases de conception : les expertises des différents domaines à partir de données existantes in situ et de modèles créés enrichissent la base de données et permettent la prise de bonnes décisions et la gestion du budget global.

3-BUILD || Lors des phases de construction : les acteurs des différents lots (fournisseurs, fabricants…) renseignent sur les aspects techniques (fiches techniques, avis techniques, avec modèle, références des produits installés…), aux différents niveaux de détail exigés.

4-MANAGE || Lors de la phase d’exploitation : la base de données étant archivée et sécurisée par le BIM Manager, le responsable en charge de la gestion du patrimoine bâti pourra interroger la base de données pour anticiper en budgétisant les travaux nécessaires au bon fonctionnement de l’ouvrage. Il devra de plus mettre à jour la base de données et la renseigner jusqu’à sa démolition qui y aura également été prévue (dépollution, quantité de déchets…).

Qu’est ce que cela va changer pour moi ?

L’instauration du BIM dans les métiers de la construction va nécessiter des investissements de la part des entreprises. En effet, elles vont devoir acquérir les machines, logiciels adéquates et engager des moyens humains pour la formation de ses équipes. On estime que l’investissement initial est important car ces formations nécessiteront l’intervention de personnes spécialisées et du temps de travail à consacré au BIM qui ne le sera pas sur les projets quotidien. Le but étant d’intégrer les nouvelles pratiques du BIM dans les différents corps de métiers.

Le gain à long terme est vraiment très intéressant. Les grands groupes comme Vinci, Bouygues, Oger International l’ont très vite compris et ont été précurseurs pour développer le BIM dans leur service.

L’instauration du BIM dans une entreprise est une vraie plus-value car elle va permettre d’améliorer la productivité de celle ci. Néanmoins, il faut l’avouer, la mise en place du BIM dans une entreprise, dans un service fait face à de nombreuses difficultés. En effet, cette instauration va de pair avec une modification des méthodes de travail de l’ensemble des collaborateurs. Cela passe alors par de la communication et de la formation en interne.

Comment ces changements vont pouvoir être effectués au sein d’un service ? 

> Rédaction de guide interne à l’entreprise afin que tous les utilisateurs puissent travailler dans le même sens. Ces différents guides permettent de donner une direction commune à l’ensemble des collaborateurs afin que chacun comprennent les enjeux de celui-ci.

> Établissement de Gabarits type Revit propres à une entreprise sur lesquels les bureaux d’étude pourront travailler. Il est donc important pour ces grands groupes de répandre ses gabarits auprès de ses clients afin que le gabarit utilisé pour l’étude soit identique à celui utilisé par l’entreprise générale. Le but étant de minimiser les soucis d’interopérabilités entre par exemple la maquette d’un architecte et celle d’un thermicien.

> Affecter un référent BIM dans chacun des services. Par exemple un référent BIM en étude de prix afin d’actualiser les bases de prix, intégrer de nouvelles références, créer des outils permettant d’établir des métrés. De même dans les autres services avec un référent BIM au service méthode, services commerciaux et travaux.

 

Les modifications qu’implique l’intégration du BIM dans le cœur des métiers du bâtiment sont très importantes et vont nécessiter une phase d’adaptation de l’ensemble des équipes. En effet le personnel des entreprises n’est pas forcément formé à l’usage du BIM dans les projets. Prenons l’exemple d’un chargé d’étude ayant intégré le milieu du bâtiment il y a 20 ans. Cette personne possède une grande expérience dans les projets de construction mais néanmoins elle ne possède pas ou très peu de compétences sur les logiciels du BIM (Revit …). Il va donc falloir former cette personne pour l’accompagner dans la transition du métier. A contrario, un jeune embauché a pu acquérir des compétences dans le BIM lors de ses études mais ne possède pas une grande expérience dans le métier.  Ce que les entreprises doivent mettre en avant c’est la richesse que peut apporter cette diversité des formations et des expériences.

Chacun (la personne expérimentée et le jeune embauché) va pouvoir apprendre de l’autre, cet échange est primordial et permettra de resserrer le Gap générationnel entre les membres d’une équipe.

Si l’on s’intéresse au milieu des études dans une entreprise générale, Comment un projet traité avec le BIM va-t-il impacter une étude ?

Tout d’abord l’entreprise générale reçoit le dossier 3D de la part des architectes. Le modèle virtuel permet aux ingénieurs d’effectuer leurs calculs et modifications. Ils peuvent de plus interagir avec l’architecte de manière plus aisée et en gagnant du temps. Ainsi la phase d’étude préliminaire et la phase de conception détaillée vont être plus longue, cependant grâce au BIM, la phase de documentation va être réduite considérablement.

Les ingénieurs pourront également travailler directement avec les fournisseurs grâce à cette maquette en leur envoyant par exemple la mise en fabrication et le façonnage de certaines pièces (aciers, éléments préfabriqués,…).

C’est l’interaction entre les ingénieurs et le BIM manager qui permet d’éviter la perte d’information d’un point de vue technique et méthode.

Comment faire pour y aller ?

Pour mettre en place le BIM dans les différents métiers, il a donc été impératif de créer un métier qui n’existait pas il y a quelques années, il s’agit du BIM manager. Cette personne va avoir la lourde mission de coordonner les différents acteurs intervenant sur la maquette numérique afin que la coordination y soit aisée.

Si l’on revient sur la technique pure, toujours dans un souci de minimiser des problèmes d’interopérabilités, il est évident qu’il va falloir créer des standards sur lesquels les équipes vont pouvoir travailler afin de gagner le maximum de temps. On pense à l’établissement de gabarit pour les fichiers Revit par exemple, de création d’une bibliothèque d’objet 3D (mur porteurs, menuiseries extérieures, passerelle de sécurité, matériel de chantier…) et de l’établissement d’une charte BIM propre à l’entreprise.

De même, on peut penser à l’élaboration de guides d’utilisation du BIM dans chacun des métiers. Par exemple, si l’on prend le cas d’une entreprise générale (Type Vinci, Bouygues), celle-ci possède de nombreux services (direction technique, méthodes, commerce, travaux…). Chacun de ces intervenants va finir par utiliser la maquette numérique d’une façon ou d’une autre, il faut donc une personne formée à l’utilisation du BIM pour qu’elle puisse répandre son savoir aux autres membres de son équipe.

Le BIM a pour vocation de mettre à disposition de l’utilisateur de la maquette des informations dont il a besoin, la dimension collaborative est donc très développée. Cette dimension collaborative a aussi des limites, et c’est aussi une des missions du BIM manager de gérer ce qui peut être vu par tel ou tel intervenant.

Il y a tout de même certaines précautions à prendre dans l’instauration du BIM dans les entreprises, de nombreuses questions se posent en ce qui concerne les droits d’accès des maquettes numériques. Les données/bibliothèques d’objet 3D issus d’une maquette numérique, qui a été développée par une entreprise, peuvent être réutilisées par un concurrent, par exemple. C’est pourquoi il y a des réflexions sur les droits d’accès à ces maquettes car actuellement il n’y a pas de moyen de verrouiller un fichier/objet 3D à moins de le mettre en lecture seule ce qui le rend impropre à toute modification.

BIBLIOGRAPHIE

WEB

http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-du-bim/post/4251/panorama-web-les-articles-sur-le-bim

http://www.lemoniteur.fr/article/le-bim-c-est-maintenant-ou-presque-25511986

http://fr.slideshare.net/JonathanRENOU/etes-vous-bim-ready-slide-share

http://batiment-numerique.fr

ARTICLE

Le BIM 2017, le bâtiment 2.0 ! Etes-vous prêts ? L’ingénieur constructeur, 2015, n°535, p.30.

Groupe-n4B3

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Le BIM : Le grand tournant du BTP

(1) Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

L’industrie du bâtiment est aujourd’hui confrontée à des défis de taille: des projets toujours plus complexes, des budgets plus limités, des délais plus serrés… Parallèlement, les exigences sont sans cesse plus importantes en termes de durabilité des produits et le nombre des intervenants augmente. Alors comment réagir face à cette situation ?

La modélisation des données architecturales (le BIM, building information modeling), est le sujet central du moment. Il est déjà largement appliqué à l’étranger, particulièrement en Grande-Bretagne, en Norvège et aux Pays-Bas. C’est un fichier numérique qui concentre l’ensemble de l’information technique d’un ouvrage et qui contient chaque objet composant le bâtiment et ses caractéristiques. Il enveloppe et améliore à la fois, le processus de conception, de construction et d’exploitation.

 

Le BIM a-t-il déjà été appliqué dans certains projets ? Quelles conclusions en a-t-on tiré ?

 

L’utilisation du BIM s’est avérée concluant dans de nombreux ouvrages réalisés parmi lesquels figurent la philharmonie de Paris, le Viaduc D’Abidjan, le CHU d’Amiens et de nombreux autres. Il a alors permis sur ces chantiers de répondre à la complexité de conception des ouvrages, de respecter des délais, d’intégrer de fortes contraintes, de traiter des conflits d’interfaces entre les différents bureaux d’études, de présenter le projet définitif…

 

Quels sont les avantages et intérêts d’utiliser le BIM ?

 

Le premier intérêt de ces applications BIM, c’est l’interopérabilité. L’interopérabilité, c’est la capacité que possède un système, à échanger avec d’autres systèmes aisément. Toutes les applications BIM sont capables d’importer et d’exporter au format IFC (Industrial Foundation Classes). Le BIM améliore alors considérablement la qualité des ouvrages. En effet, l’augmentation de la qualité est due à un gain de clarté entre les acteurs et à la baisse de la part d’improvisation sur chantier, ce qui aboutit à une meilleure anticipation des problèmes à résoudre. Des retours d’expérience ont ainsi pu montrer que l’utilisation d’applications interopérables peut générer des économies allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires des entreprises.

Par ailleurs, alors que les mêmes informations techniques d’un bâtiment sont ressaisies au moins 7 fois (par l’architecte, l’économiste, les BE, le gros œuvre, l’équipementier réseau, le chauffagiste, l’électricien…), le BIM permet d’éviter une perte importante d’informations entre chaque étape. Ainsi, le BIM a un impact visible en termes de réduction des délais sur les opérations complexes et des gains en productivité. Chaque partie prenante visualise le futur bâtiment plus concrètement que sur plans et appréhende mieux le projet. Le coût de l’ouvrage est également optimisé, car associer les bordereaux de prix détaillés à la maquette numérique permet d’estimer le coût de l’ouvrage de façon très précise.

 

En quoi l’utilisation du BIM reste encore aujourd’hui limitée ?

 

Le nombre de constituants et d’informations est considérable dans un projet de construction. Les logiciels BIM doivent gérer des centaines de types d’informations et deviennent complexes à développer pour des petites structures ou de petits éditeurs de logiciels. La nécessité d’un langage commun et adapté, les IFC, qui est un processus long à mettre en œuvre.

De plus, d’inévitables difficultés informatiques (lourdeur des fichiers, prix des logiciels, des matériels, de la maintenance, formation des spécialistes…) doivent également être affrontées, risquant de paralyser momentanément la productivité de l’entreprise.  A ce jour, compte tenu de l’investissement en logiciels plus chers (5 à 15 k-Euros, à l’achat et 2 k-euros pour la maintenance et la mise à jour), la conception BIM demeure chère et aujourd’hui prioritairement réservée à des ouvrages complexes.

Le pôle conception doit non seulement payer pour le logiciel et le matériel nécessaires pour mettre en œuvre BIM, mais il doit également payer la formation ou l’embauche d’un personnel spécialisé qui a l’expertise en BIM.

(2) Comment fonctionne le BIM ?

Avant l’apparition du BIM, les interactions entre métiers du bâtiment sont très complexes. Un utilisateur B qui veut utiliser les données rentrées par A sur le logiciel A sur son logiciel B ne le peut qu’à une condition : que le logiciel A soit traduit en passant par une interface, logiciel de traduction des données.

Et inversement, si c’est l’utilisateur de A qui a besoin de connaître et d’utiliser les modifications faites par l’utilisateur de B. La grande difficulté dans le bâtiment est de rendre cette interface standard, soit utilisable quelques soient les logiciels en jeu. Il s’agit d’une problématique majeure dont bien des acteurs internationaux ont pris conscience. Et c’est là qu’intervient le BIM.

Le BIM, «Building Information Model», appelé plus communément « maquette numérique », incarne une façon révolutionnaire de décrire le projet de bâtiment en concentrant l’ensemble de l’information technique de l’ouvrage. Il s’agit d’une représentation 3D d’un bâtiment contenant toutes les informations le concernant. Il peut être réalisé à l’aide de différents logiciels et permet d’améliorer la communication entre les différents acteurs de la construction qui ont alors une vue globale de tous les aspects de la construction. La production des bâtiments s’en trouve facilitée.

La maquette numérique du projet se construit au fur et à mesure, les informations étant capitalisées, et permet de constater visuellement l’avancement ou les modifications du projet. Ainsi, l’ensemble des résultats de chaque étape du processus ou presque est rassemblé dans la maquette. Chaque objet est créé avec l’ensemble des informations qui le concernent.

De plus, c’est un logiciel qui permet de transcrire un ensemble de logiciels sur un même modèle. Ainsi, pour décrire le BIM on peut dire que c’est un système permettant de créer une maquette numérique d’un bâtiment et qui permet à chaque acteur de la construction d’ajouter ses propres informations en continuant à utiliser les outils informatiques qu’ils utilisaient avant. Le logiciel de BIM utilisé permet donc l’interopérabilité. C’est un ensemble d’outils (processus, modèle, logiciel) visant à orienter la mise en œuvre vers certains procédés.

Le processus produit le Building Information Model (abrégé BIM). Celui-ci contient les informations géographiques, les relations spatiales, les quantités, la géométrie de la construction ainsi que les propriétés des éléments et sous-éléments de construction. Ces informations sont classées de manière logique, par exemple en suivant une arborescence spatiale (site → contexte → bâtiment → étage → espace, etc.). Le BIM peut être utilisé durant toute la vie de l’ouvrage et de sa construction, il inclue à la fois les processus de construction et d’opération des installations mais aussi il peut contenir les données nécessaires à l’entretien de l’ouvrage au long terme. Un objet BIM est en 3D et exploitable, les conflits spatiaux éventuellement présents dans la maquette numérique peuvent donc être détectés aisément. Ainsi on évite les erreurs et les changements dus aux erreurs internes de transmission des données d’une personne à l’autre lors de la conception et du dessin à l’atelier. Les données extraites de la maquette numérique peuvent également servir à produire des listes de pièces, elles-mêmes utilisées par la suite pour l’évaluation du coût des matériaux, l’évaluation des coûts énergétiques d’opération tant pour l’éclairage que pour le chauffage et la climatisation, l’analyse acoustique ou autres. Elles procurent aussi des rétroactions immédiates lors de la conception, informant instantanément le concepteur des effets des changements sur l’ensemble du projet. Il s’agit d’une approche révolutionnaire car l’intervention humaine se trouve assistée par des technologies ultra-performantes et on a ainsi une plus grande efficacité avec un effort grandement diminué.

(3) Qu’est-ce que ça va changer pour moi?

Les métiers seront-ils impactés par l’arrivée du BIM?

En effet les métiers vont évoluer, plus ou moins selon chaque poste. Mais ils évolueront presque tous, car le BIM repose notamment sur la collaboration. Dès lors qu’une entreprise travaille sur une maquette numérique, il faut partir du principe que tous les acteurs du projet savent la lire, car la maquette contient toutes les informations nécessaires.

Mon poste est-il en danger avec l’arrivée de ces nouveaux métiers ?

Avec le contexte économique actuel, les entreprises ne devraient pas décider de renforcer massivement leurs effectifs. Les « BIM ready », ceux qui sont déjà prêt à l’arrivée du BIM, ne sont pas nombreux et très peu d’écoles ne proposent jusqu’ici des formations au BIM, ce que veut dire qu’il est difficile de recruter des profils tout juste diplômés. Au lieu de créer de nouveaux métiers, elles devraient plutôt créer de nouvelles fonctions. Il s’agit donc d’adapter les postes déjà existant en leur ajoutant la dimension BIM.

Je suis déjà débordé par mon métier, alors pourquoi intégrer en plus une nouvelle contrainte qu’est le BIM ?

Le BIM n’est pas une contrainte mais plutôt un nouvel outil de travail et de collaboration. Au-delà des évolutions de métiers, c’est un secteur tout entier qui est modifié. Toutes les entreprises de BTP devront un jour se mettre au BIM si elles veulent rester dans la concurrence.

Un accompagnement est-il nécessaire pour débuter dans le processus BIM ?

Oui, car le BIM est à la fois nouveau et complexe. Ses enjeux, ce qu’il représente et la maitrise des logiciels qui lui sont dédiés nécessitent une sensibilisation, une formation. Ainsi, l’employeur peut proposer des formations à des logiciels de BIM permettant au salarié ciblé de maitriser l’outil. De plus, la structure de l’entreprise sera certainement modifiée afin d’inclure le BIM et d’accompagner les salariés dans ce changement : Elle intègrera des BIM manager, chargés de piloter le processus BIM dans l’entreprise. Les « BIM ready » auront pour mission de transmettre leurs connaissances aux autres.

Est-il possible de connaitre précisément les changements qui vont être apportés ?

Non, les nouveaux métiers et les évolutions de postes ne sont pas encore réellement définis. La période de transition vers le BIM semble très complexe. Les compétences en maquette numérique sont très variables suivant les entreprises et la méthode de passage au BIM dépendra certainement des volontés du chef d’entreprise. De plus à ce stade, aucune loi française n’oblige l’utilisation du BIM et ne définit clairement les axes de développement. Il va donc falloir plusieurs années pour créer un socle solide autour du BIM.

 

(4) Comment faire pour y aller (phase opérationnelle) ?

 

De quelle manière doit s’effectuer la transition entre les logiciels standard et le BIM dans les entreprises ?

Il serait dangereux pour les entreprises de vouloir basculer brutalement vers le BIM, en voulant par exemple muter une agence d’un coup. Ce changement doit s’effectuer progressivement par étapes. Ceci se résume par l’abandon successif des logiciels 2D pour les logiciels 3D si possible compatible avec le logiciel BIM. Cette phase permet de manipuler et de se familiariser avec les différents outils de la 3D de manière à anticiper l’arrivée du BIM lorsqu’il sera exigé. Enfin, la mise en place du BIM peut être envisagée, en ouvrant à l’ensemble des opérateurs.

Comment rendre la formation du BIM efficace ?

Le meilleur moyen est de former le plus tôt possible en proposant aux étudiants des cours de BIM. Dans les écoles d’ingénieurs, il est devenu indispensable d’intégrer au cursus spécialisé dans les métiers du bâtiment et des travaux publics des cours de formation pour ce nouvel outil. C’est le cas de l’école de Ponts et Chaussées ou encore de l’ESTP qui proposent une formation au BIM dans le cadre de masters spécialisés. Ceci présente de nombreux avantages, notamment un gain de temps et des économies pour les entreprises qui n’auront peu ou pas à former leurs salariés, une aisance accrue grâce à une familiarisation plus précoce.

Quels sont les moyens de formation et de sensibilisation du BIM pour les professionnels du bâtiment ?

Le GEPA propose des formations continues pour les architectes et les différents acteurs liés au monde bâtiment. Parmi ses formations possibles, le BIM a pris une place essentielle en répondant à une demande toujours plus importante. D’autres organismes, comme le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) proposent depuis peu des formations de « BIM Managers ».

Le gouvernement, quant à lui, contribue à cette transition numérique, notamment grâce au lancement d’un portail internet par la ministre du logement Sylvia Pinel. Ce portail prévoit de rassembler un ensemble de document explicitant le concept de la transition énergétique, les premiers retours d’expérience. Il permettra également de mettre en relation les différents acteurs du numérique et de se tenir informer des avancés dans ce domaine.

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Le BIM, de son fonctionnement à sa mise en place

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

  • Quels sont les avantages du BIM ?

Le BIM a l’avantage d’améliorer l’efficacité de la conception et permet un contrôle facile de la qualité. Un modèle unique connecté peut améliorer la communication au sein des équipes de conception et de construction, et les éléments paramétriques du modèle créent une base de données robuste. Ces données sont également utilisables après l’achèvement des travaux puisqu’elles sont conservées jusqu’à la démolition de l’ouvrage, ce qui facilite l’entretien de l’ouvrage.

La modélisation de construction dépasse l’ancien dessin 2D, en permettant aux concepteurs de visualiser le bâtiment et son contenu de tous les angles, et de trouver les problèmes éventuels à des stades antérieurs à la construction afin de les corriger avant la réalisation des travaux ce qui évite des dépenses imprévues. La conception paramétrique fait gagner du temps en créant et modifiant plusieurs portions de conception simultanément. Coupes, élévations et vues tridimensionnelles peuvent être créés instantanément, réduisant la nécessité pour les tracés de contrôle. Les modifications apportées à l’un de ces éléments affectent tous les autres, y compris les matériaux, les coûts et les échéances de construction.

Les modèles créés avec le BIM sont visuellement faciles à comprendre et accessibles à tous, y compris le client qui peut voir un aperçu réaliste de l’ouvrage avant sa réalisation, contrairement aux plans 2D qui nécessitent des connaissances techniques pour leur compréhension.

De plus, le BIM permet une collaboration entre toutes les parties prenantes (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprise). Cette collaboration s’effectue aussi au sein de chaque entité.

 

  • Quelles sont les limites du BIM ?

L’utilisation du BIM nécessite une formation importante à la fois coûteuse et chronophage, qui doit être suivie par l’ensemble des collaborateurs. De plus, l’installation du BIM nécessite du nouveau matériel informatique ainsi que des logiciels ou des licences. Ceci engendre un coût pour les entreprises qui est parfois difficile à supporter, notamment dans le cas des PME.

Le BIM est plus complexe et prend plus de temps au début d’un projet. Lorsque le BIM est utilisé, l’entrepreneur ne peut pas utiliser de simples plans pour lancer les travaux. Il doit d’abord coopérer avec la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre pour créer le modèle de collaboration.

Par ailleurs, les entreprises doivent faire face à un partage d’informations stockées dans une base de données également utilisée par l’ensemble des projets BIM. Le risque pour les entreprises est qu’un manque de sécurité entraînerait un accès libre à leurs données confidentielles.

 

Comment « ça » fonctionne ?

 

  • Sur quel principe repose le processus BIM ?

Le fondement du BIM est la collaboration entre différents intervenants par des échanges de données de façon à éviter la duplication de la saisie données et les erreurs. Le BIM permet donc de structurer l’ensemble des données d’un projet en utilisant une méthode de travail commune basé sur une seule et même base de données. Cependant, souvent, au sein d’un même projet, les intervenants n’utilisent pas les mêmes applications. La difficulté réside dans l’échange de données sans erreurs entre des applications différentes. Ce processus se nomme l’interopérabilité.

 

  • Par quels moyens cet échange de données est-il fait ?

Il est possible de récupérer les données manuellement mais ce type d’échange est à éviter : elle entraînerait une source d’erreurs non négligeable couplée à une perte de temps. Ainsi aujourd’hui, les principaux formats d’échange de données BIM sont l’IFC (Industry Foundation Classes) et le XML. Ils sont utilisés pour toutes les phases du projet : les études de faisabilité, la conception, la construction, l’utilisation et la démolition.

Il est aussi possible d’utiliser des Interfaces de Programmation (API : Application Programming Interface) pour compléter les échanges de données lors d’éventuels oublis ou erreurs. Ils s’utilisent donc en complément des formats standards d’échange. Les plugins, eux, s’installent dans une application et permettent de convertir les données en une seule fois. Ce n’est pas le cas des formats IFC ou XML qui font deux conversions, une pour exporter les données et une autres pour les importer et qui donc engendre un risque d’erreurs plus important.

 

  • Comment les informations sont organisées pour en faciliter la gestion ?

D’abord, on différencie quatre modèles : le modèle de conception, celui de construction, celui de mise en service et enfin, celui d’utilisation de l’ouvrage. Puis, pour un accès simple et rapide des informations des constituants du modèle, les propriétés décrivant un objet ou un ensemble d’objets sont données par ce qu’on appelle des paramètres ou par des attributs. Les paramètres altèrent l’aspect de l’objet comme sa taille, alors que les attributs ne le modifient pas et sont plutôt considérés comme des données, c’est le cas du poids par exemple. Appliquer des contraintes entre objets est un moyen de réduire le nombre d’erreurs de conception mais il peut ralentir le calcul du logiciel si un trop grand nombre de contraintes est appliqué.

 

  • Quels sont les principaux composants d’une maquette numérique en BIM ?

Un projet est décomposé en plusieurs éléments pour en assurer la qualité. Il y a quatre types de composants : les objets, les assemblages d’objets, les matériaux et les détails. Ces composants peuvent être classés en trois catégories : la primaire, regroupant les constituants de l’ossature du projet, la catégorie secondaire, qui concerne les éléments de conception et la tertiaire, pour des composants de détails. La gestion du projet se fait aussi par la mise en place de convention pour les noms des objets ou des assemblages afin de faciliter leurs identifications et leurs recherches et il convient évidemment d’ajouter seulement les informations utiles.

 

  • Comment est géré l’accès aux données selon les collaborateurs et comment assurer un modèle fiable ?

Un environnement collaboratif implique un partage de document et une gestion de la visibilité des données selon les intervenants. Un coordinateur BIM est affecté au projet pour gérer l’interopérabilité des documents et la sécurité des données. Une étape de ségrégation des données est nécessaire pour déterminer les liaisons entre fichiers. Le processus comprend également une étape de vérification de la qualité de la maquette numérique suivi de la résolution des problèmes ou de la validation des données car les formats de conversion ne sont pas encore totalement fiables et des erreurs peuvent survenir à l’export ou à l’import.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer dans le monde du BTP ?

Le principal changement qui sera apporté par le BIM est la visualisation 3D ainsi que la collaboration étroite entre les acteurs d’un projet. Dans le passé, un ingénieur en structure utilisait Autocad pour réaliser la conception d’une infrastructure. Mais dans un avenir proche, le BIM deviendra incontournable pour échanger des données plus facilement. Via le BIM, les rôles d’Autocad (calcul, modélisation, visualisation) sont conservés et intégrées dans le processus. Un changement majeur dû au BIM est le gain de temps de travail sur un projet. Le BIM va également permettre de diminuer les coûts et faciliter la communication entre les différents intervenants.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les clients ?

Le BIM crée de nombreux avantages pour les clients. Les coûts seront réduits par une meilleure maîtrise du projet, une réduction du temps de réalisation du projet et une meilleure vision ainsi qu’une minimisation de l’impact financier sur une modification. Le modèle 3D présente un support qui facilite la communication avec les intervenants et le public.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les entrepreneurs ?

Les entrepreneurs ont la capacité d’imposer le BIM, ce qui lui permet d’avoir un rôle plus important dans la logistique du projet. La création d’une unique base de données permet d’estimer les quantités de matériaux au plus juste, ainsi l’entrepreneur réalise des économies donc des bénéfices. Par ailleurs, les entreprises visionnent grâce à la maquette numérique l’ensemble du chantier avant la construction et détectent les éventuelles erreurs.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour la maîtrise d’ouvrage ?

La maîtrise d’ouvrage est la plus enclin au changement pour le BIM car cela lui apporte une meilleure vision du projet, ce qui lui permet de corriger les défauts avant qu’ils aient un impact financier. Les logiciels permettent des visualisations 3D et la génération de plans 2D à n’importe quel avancement du projet. En plus de faciliter la collaboration par l’utilisation d’un même modèle 3D, les quantités et coûts peuvent être donnés en temps réel et permettent de connaître l’impact budgétaire d’une modification. Le BIM représente un gain de temps considérable pour les ingénieurs en structure qui vont utiliser les éléments structuraux déjà précisés par l’architecte sans avoir besoin de recréer le modèle et le risque d’erreur en sera diminué.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les fabricants et les fournisseurs ?

En ayant une bonne compréhension du BIM, les fabricants et fournisseurs pourront utiliser directement les modèles BIM pour la fabrication de parties de l’infrastructure comme les armatures par exemple. Leur tâche est alors simplifiée car le modèle BIM contient des informations complémentaires qui pourraient leur être utiles. Cependant, les fabricants et fournisseurs auront besoin d’avoir une bonne connaissance du BIM pour savoir quelles informations leur seront utiles, sans quoi ils crouleront sous les informations inutilisables.

 

  • Comment le BIM intègre la dimension environnementale aux projets ?

Le processus BIM permet de vérifier et d’adapter la conception d’une infrastructure à son environnement pour diminuer au mieux l’impact environnemental. Il permet également de réduire les déchets par une meilleure prévision des quantités de matériaux utilisés. Ainsi le BIM intègre parfaitement les préoccupations actuelles concernant le respect de l’environnement qui vont aller en grandissant.

 

Comment faire pour y aller ?

 

  • Une simple formation suffit-elle à apprendre le fonctionnement du BIM ?

Une formation informative comme celle-ci ne vous apprend pas le fonctionnement réel du BIM, il offre seulement une culture de cette technologie et précise ses avantages. Une formation complète de BIM doit se faire par la pratique sur un ordinateur. C’est une étape d’une longue procédure dans les entreprises.

 

  • Quelle est la procédure à suivre pour implanter le BIM dans une entreprise  ?

Le BIM n’est pas seulement un logiciel à installer sur un ordinateur, c’est un tout. La procédure d’installation du BIM dans une entreprise est un travail de longue haleine. Il faut à la fois acheter du matériel informatique et former le personnel à l’utilisation de nouveaux logiciels de BIM. L’installation du BIM dans une entreprise doit se faire en étapes clairement définies.

 

  • Quelles sont exactement ces étapes ?

Il faut tout d’abord comprendre ce qu’est le BIM et ce qu’il peut apporter à l’entreprise et en quoi l’entreprise est tributaire de cet outil. Pour cela, il faut se baser sur le fonctionnement actuel de l’entreprise. Il faut ensuite définir une stratégie d’implantation. Cette stratégie se décompose en deux parties : une partie sur la formation du personnel et une partie sur le matériel à mettre en place. Une fois la stratégie établie, il faut définir un budget. Puis, il faut commencer la sensibilisation du personnel au BIM ainsi que sa formation. Seulement à ce moment, il faut installer le matériel à proprement parler (logiciel, nouveaux ordinateurs). Enfin, la pratique du BIM dans une entreprise doit toujours se faire accompagner par une personne d’expérience qui sera capable de guider les collaborateurs pour un travail de meilleure qualité.

 

  • Quelles sont les possibilités pour un entrepreneur pour se faire accompagner dans l’implantation du BIM dans son entreprise ?

Par sa complexité, le BIM nécessite de se faire accompagner par des personnes ayant de l’expérience dans ce domaine. Il y a deux solutions possibles pour les entreprises dans le cadre de l’accompagnement dans le BIM. La première solution est de faire appel à un cabinet de conseil spécialisé dans le BIM. Cette opération permettra de sensibiliser le personnel et de le former par la pratique. L’autre solution, qui peut être associée avec la première est d’engager un « spécialiste » du BIM, c’est-à-dire une personne ayant de l’expérience dans ce domaine et qui sera capable d’accompagner les collaborateurs tout au long de leurs projets.

 

  • Le BIM ne risque-t-il pas d’être dépassé avec l’évolution rapide de la technologie ?

L’évolution de la technologie ne va pas dépasser le BIM dans un futur proche puisqu’il est pour l’instant un outil nouveau. Cette évolution ne fera qu’apporter au BIM des compléments et un fonctionnement plus facile. Elle se traduira par des mises à jour sur le logiciel qui seront mineures et n’entraineront pas de réelles difficultés pour ses utilisateurs.

 

 

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Le BIM en entreprise : entre progrès, atout et complexité …

Le BIM en entreprise : entre progrès, atout et complexité …

 

QUESTION 1 : Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ? (retour d’expérience, atouts, limites)

En quoi le BIM est-il de plus en plus plébiscité, même par l’Etat ?

Pour un ingénieur de la construction, le BIM est un atout de taille aussi bien dans le suivi d’un chantier, que dans la conception d’un projet, ou dans le suivi de son exécution. Il n’est certes pas utilisé depuis longtemps, mais les retours d’expériences concernant son utilisation ont eu des effets bénéfiques. Avec l’évolution de l’électronique, des tablettes notamment, les plans papier qui ne contiennent pas autant d’informations que les maquettes numériques 3D vont bientôt ne plus être d’actualité. Il sera, pour les conducteurs de travaux et les chefs de secteur par exemple, beaucoup plus simple de suivre un chantier avec une tablette contenant une multitude d’informations, ou même d’accompagner le client ou le maitre d’œuvre.

Pour les cabinets d’architecture, le travail sera beaucoup plus rapide tant les informations pourront être brassées en même temps sur une même maquette et ce depuis plusieurs postes à la fois. Ainsi tous les corps de métier de la construction pourront y trouver leur compte, et les premiers retours d’expériences l’ont démontrés.

A tel point que la législation imposera dans quelques années l’utilisation du BIM pour tous les projets dont l’Etat ou les collectivités locales se porteront maitre d’ouvrage. Et ce phénomène se répand également dans les autres pays européens. En effet ces derniers ont bien saisi l’importance et l’aide cruciale que ce procédé pouvait apporter, au niveau des délais, de la meilleure visibilité des projets et de la maîtrise des coûts notamment.

Quels sont les atouts et les limites du BIM ?

            Un des principaux atouts engendrés par le BIM est le gain significatif de productivité : le travail simultané de nombreux acteurs intervenants dans la réalisation de l’ouvrage permet une optimisation du temps de travail qui se traduit par un gain de productivité du travail réalisé. Le BIM autorise également une intégration de toutes les compétences et les données techniques nécessaires à la conception de l’ouvrage au fur et à mesure que cette ce dernier est en cours d’évolution. Enfin, le BIM permet d’augmenter la fiabilité des données nécessaires à la conception de l’ouvrage, donc à la réalisation de ce dernier. Dans la mesure où un BIM manager intervient pour coordonner les différents intervenants de la conception et de la réalisation d’un chantier, le nombre d’erreurs d’interprétation d’un document ou de retranscription est beaucoup plus faible qu’auparavant.

Malgré de nombreux avantages certains, il subsiste des inconvénients liés à la jeunesse de l’utilisation du BIM en entreprise, et que seules les années d’utilisation vont permettre d’effacer. C’est le cas notamment du prix, qui aujourd’hui reste encore extrêmement élevé étant donné l’inexpérience que la plupart des entreprises ont en la matière. De plus, légalement, l’utilisation du BIM engendre encore quelques zones d’ombres, notamment concernant la propriété du modèle 3D puisque tout le monde peut intervenir dessus. En outre, seul les plans du marché ont aujourd’hui une valeur contractuelle, la maquette numérique générée par le BIM n’en est pas une, elle ne constitue qu’une aide à la réalisation et à la gestion de l’ensemble du projet.

 

QUESTION 2 Comment « ça » fonctionne ? (Echanges de données, processus…)

 

Tout d’abord pourquoi faire un MOOC plutôt qu’un cours classique ?

Le MOOC (ou Massiv Open Online Courses) est avant tout un outil facilitant l’accès à la connaissance. Dans un monde où internet et les réseaux sociaux font partie intégrante de notre mode de vie, où tout s’échange très vite, l’accès à l’information et au savoir est devenu une priorité. Une priorité pour plusieurs raisons : tout d’abord pour permettre à l’information d’accéder partout et d’atteindre le plus grand nombre, mais aussi pour répondre aux attentes de rapidité de propagation et de partage des données. « L’information est l’oxygène des temps modernes », et à juste titre il a fallu redéfinir les modes de transmission des connaissances, ou du moins les améliorer.

Pourquoi faire un MOOC sur le BIM ?

Les sujets traités dans un MOOC peuvent être divers et variés. Dans notre cas, il s’agit de développer un MOOC capable d’informer sur le Building Information Modeling (BIM). Le BIM est la nouvelle manière de concevoir et d’analyser un bâtiment. Il est l’avenir de la construction grâce à cette nouvelle manière de percevoir le design et la modélisation à travers le temps. Il est donc important d’informer le plus grand nombre sur son fonctionnement et la manière de l’utiliser aussi bien sur un chantier en Chine que dans un bureau d’études en Europe ou encore dans un cabinet d’architectes en Amérique par exemple. En cela, le MOOC est la meilleure manière d’enseigner le BIM. Il est un échange rapide de données à travers le monde et une sensibilisation beaucoup plus diffuse à cette technique que si les cours n’avaient été dispensés qu’à l’université.

 

Comment fonctionne le BIM ?

Le BIM est avant tout un moyen de mieux visualiser et de communiquer dans le secteur de la construction. A l’aide d’une maquette numérique en 3D, les composants d’un édifice en construction contiennent une multitude d’informations qui n’étaient pas présentes auparavant, sans le BIM. Ces informations peuvent interagir entre elles au bénéfice de la construction de l’édifice réel. Elles corrigent d’elles-mêmes les problèmes d’exécution pouvant être engendrés lors de la modification d’un élément de la structure. Ce qui rend le BIM pratique, c’est la possibilité pour chaque intervenant d’un projet de rentrer des modifications dont il est le garant. Ces modifications pourront alors être transmises aux autres entreprises automatiquement, ce qui est un gain de temps. Le logiciel BIM régulera automatiquement les problèmes de conception liés à cette modification. Il ne peut donc pas y avoir d’erreurs possibles. La possibilité de voir la phase d’exécution des travaux est aussi un atout de taille. Tous les problèmes liés à son évolution y seront alors décelés.

Ainsi, tout cela permet de faciliter et d’optimiser le planning d’un projet. Il permet aussi de ne pas perdre d’argent en réparant les erreurs d’exécution puisqu’elles auront été décelées et enrayées à l’avance. Ce qu’il faut également retenir c’est le partage des informations, et la modification permanente de la maquette par les différents acteurs d’un projet. Bien que travaillant séparément, la mise en commun de leurs travaux et modifications à l’aide du logiciel BIM pourra les faire avancer main dans la main et beaucoup plus rapidement.

Exit des réunions superflues pour se tenir au courant ou se mettre d’accord, exit donc la perte de temps et les retards de planning, mais aussi les pertes économiques conséquentes.

 

QUESTION 3 : Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? (Changement de posture, réflexion sur les changements induits pour les différents métiers et leur positionnement)

L’apparition mais surtout le développement exponentiel du BIM dans les agences des entreprises du BTP en France engendrent la question suivante : qu’est-ce que le BIM va changer pour l’ingénieur dans son travail, la vision qu’il a de ce dernier, la position qu’il adopte pour le réaliser ainsi que les changements induits par cette nouvelle technologie.

Il faut rappeler que l’un des principaux enjeux du BIM est de s’approprier un langage universel tout en l’adaptant à son travail car c’est un outil de travail sur mesure. A l’heure actuelle, nous constatons que nos habitudes sont encore plus basées sur l’intérêt porté à la construction d’un ouvrage que sur la gestion du patrimoine une fois ce dernier réalisé. En effet, toutes les données collectées lors du passage de l’appel d’offres ont finalement un intérêt très limité étant donné le suivi de chantier que nous effectuons aujourd’hui. Une première question se pose alors à nous :

Comment suivre avec efficacité la réalisation d’un chantier et dans un même temps valoriser les conceptions proposées à une maitrise d’ouvrage ?

C’est pour répondre à cette question que le BIM est là. En effet, la maquette numérique proposée n’est pas seulement un nouvel outil de conception, mais c’est surtout un outil de production et de gestion de données exploitables par tous les intervenants du chantier et à n’importe quelles phases de ce dernier. Ce partage d’un même langage par tous les acteurs du chantier impose cependant que le BIM soit une norme. Le BIM permet donc à la maitrise d’œuvre responsable de la conception de l’ouvrage, de ne plus se soucier de « traduire » les différents documents reçus des différentes parties prenantes puisque lui et l’ensemble des parties prenantes auront un même langage, dont la fiabilité et la transversalité sont assurées.

Quelles transformations apporte le BIM dans le métier de l’ingénieur?

La transformation majeure apportée par le BIM se traduit de la manière suivante : auparavant, la chaîne de travail pouvait être considérée comme séquentielle ; l’architecte réalise une esquisse vérifiée par un bureau d’études qui lui-même joint des documents de réalisations techniques renvoyés à l’architecte qui se charge de tout synthétiser, avec un fort risque d’erreur. Grâce au BIM, toutes ces étapes deviennent obsolètes car le processus de conception de l’ouvrage devient simultané et partagé de tous. C’est ce que nous appelons l’interopérabilité. Cette nouvelle notion peut paraitre être un des inconvénients du BIM mais s’avère finalement être un avantage dès lors qu’un nouvel emploi est créé : celui de BIM manager.

Capital pour la bonne conception de l’ouvrage, le BIM manager doit dans un premier temps, concilier les possibles incohérences existantes dans le projet entre les différents acteurs responsables de la conception de l’ouvrage, puis dans un second temps, coordonner les directives nécessaires à la correction des incohérences relevées pour que chaque corps de métier modifie l’ouvrage en conséquence.

En définitive, même s’il est à l’aube de l’intégration dans l’entreprise, le BIM engendre une certaine mutation de l’ingénieur face à son travail. En effet, ce dernier se doit de prendre du recul pour éviter des incohérences dues à la simultanéité des tâches réalisées. Les différents acteurs de la conception et de la réalisation de l’ouvrage sont obligés d’avoir une vision beaucoup plus transversale et ne peuvent plus se permettre de considérer l’ouvrage uniquement selon leur point de vue.

 

  QUESTION 4 : Comment faire pour y aller ? (Phase opérationnelle)

Tout d’abord, comment se procurer le logiciel ?

La première étape consiste à acheter le logiciel BIM (entre 5000 et 6000 euros à l’achat et 20% de ce prix chaque année pour renouveler l’abonnement). A l’aide de ce logiciel, il sera alors possible d’effectuer une maquette numérique, des estimations, des visualisations… Pour avoir plus d’outils afin de faire des analyses plus précises, il est possible d’acheter des options en plus pour le logiciel (ex : planification). En plus de ces éventuelles options ajoutées, il est nécessaire d’utiliser des ordinateurs suffisamment puissants pour les faire tourner (prévoir 2000 à 3000 euros par machine). En effet, de nombreuses données de tout type permettant de s’assurer de la stabilité de l’ouvrage sont enregistrées dans la base de données (ex : Fondation Louis Vuitton – environ 60000 Go d’informations).

Comment s’approprier le logiciel et organiser son personnel ?

L’utilisation du système BIM requiert une formation d’environ une semaine ainsi que 3 mois d’appropriation du logiciel pour pouvoir s’en servir correctement. Chaque entreprise titulaire d’un marché devra avoir un « responsable BIM » ayant suivi cette formation dans son équipe et qui travaillera en même temps avec le BIM Manager (Maître d’œuvre, Synthèse, Architectes). Ce responsable n’aura pas le niveau du BIM Manager mais aura suffisamment de connaissances pour ajouter les données propres à ses travaux pour compléter la maquette numérique.

Ces responsables sont indispensables à la réalisation d’un projet afin de ne pas intégrer d’erreurs dans la maquette, ou du moins, les corriger rapidement. Car le BIM ajoute, modifie les données entrées par les utilisateurs mais ne précise pas qui à rentrer les données erronées pour savoir d’où vient le problème.

Quelles conséquences pour l’entreprise ?  

Bien évidemment, l’utilisation de ce logiciel et de ces méthodes n’a pas de conséquences bénéfiques immédiates pour les entreprises qui commencent à s’y mettre. Son utilisation est très complexe, demande un temps d’adaptation et coûte cher à mettre en place. La création de pièces standards au début demande également du temps mais qui il vite rattrapé par la suite. Des études ont cependant prouvées que cette perte de temps devient négligeable au bout de quelques mois et la productivité est augmentée de 20 à 30% en moyenne, rendant ainsi l’utilisation de ce logiciel rentable après environ 2 ans.

C’est pourquoi les entreprises ne doivent plus hésiter à se mettre au BIM. Les clients demandent d’ailleurs de plus en plus son utilisation, il est donc important pour continuer à gagner des appels d’offres de s’y mettre rapidement. Plus vite l’entreprise sera prête, plus vite elle s’y adaptera avant que les autres n’aient réellement commencé à s’en servir.

 

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