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Licence de BIMer

Dans l’agence Tartempion*, on a trouvé des solutions pour raccourcir drastiquement les coûts d’étude et de conception.

La première réside dans l’exploitation de la maquette numérique, la deuxième dans celle des fuseaux horaires. La troisième dans l’optimisation des licences.

Chez Tartempion, on applique les recettes de l’entreprise manufacturière et on fait les 3×8. Pas en demandant aux ingénieurs et architectes de travailler la nuit, mais simplement en les faisant travailler tout autour de la planète : la maison-mère est en Europe, et il y a des filiales en Inde et en Amérique du Sud. Ainsi, le travail se fait en continu, et chaque équipe peut le matin travailler avec les avancées des autres équipes pendant sa nuit.

Alors que le secteur du bâtiment était relativement à l’abri des délocalisations, l’évolution constatée dans l’industrie [1] pourrait s’y propager.

Les gains ne sont pas seulement dans les délais, mais aussi sur des à-côtés, tels que la gestion des licences des logiciels spécialisés. Très couteuses (plusieurs milliers d’Euro), celles-ci ne sont habituellement utilisées que quelques heures par jours, 6 à 10h au maximum.

Dans le schéma traditionnel, le logiciel est acheté et ne peut être installé que sur un ordinateur, l’activation se faisant par un code unique.

Aujourd’hui, il est devenu courant d’utiliser des licences réseau ou licence flottante: le logiciel est installé sur les postes de tous les utilisateurs potentiels, et on se connecte à un serveur sur lequel un certain nombre de licences est disponible [2].

C’est le choix fait chez Tartempion, ainsi, une licence relâchée en Europe peut être ensuite utilisée par les équipes indiennes. 3 équipes de 40 personnes se partagent donc seulement une cinquantaine de licences au lieu de 120. Il faut noter cependant que ces licences réseau sont généralement plus onéreuses que les licences simples.

De nouvelles méthodes de gestion apparaissent sous la pression des éditeurs de logiciel :

  • L’abonnement à un produit : l’avantage est qu’on conserve toujours une version à jour, mais cela demande un investissement permanent, alors qu’on pouvait auparavant conserver une même licence indéfiniment et travailler par exemple avec une version obsolète mais encore adaptée au besoin de l’utilisateur.
  • La licence à la demande : A l’ouverture du logiciel, un ou plusieurs jetons sont décomptés du compte de l’entreprise. On a donc une consommation de licence à la demande.

L’avantage est que cela permet une gestion très fine des coûts, cela permet par exemple de n’utiliser certains logiciels spécialisés que très ponctuellement, sans devoir assumer l’investissement complet.

L’inconvénient peut venir de l’hésitation des utilisateurs à ouvrir le logiciel pour une très courte durée. Par ailleurs, ce système n’est pas forcément rentable pour les produits utilisés quotidiennement dans l’entreprise.

La prochaine évolution, encore très marginale dans les logiciels du BTP est le SAAS (software as a service) [3], à l’image des messageries en ligne ou des services GoogleDoc dans lequel toute l’infrastructure de calcul est déportée chez l’éditeur, et où l’utilisateur utilise le logiciel à travers une simple interface web. Cela devrait permettre, une fois que tous les logiciels les plus gourmands en ressource auront adopté ce fonctionnement, de réduire fortement les capacités des stations de travail installées dans les agences.

Le coût de la connexion au service sera alors l’enjeu de négociations entre l’éditeur et son client.

*fictive

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Webographie :

[1] « Ingénierie : le Geicet craint une délocalisation dans la filière automobile », article de l’Usine Nouvelle du 28/01/2009, consulté le 12/06/2015 :
http://www.usinenouvelle.com/article/ingenierie-le-geicet-craint-une-delocalisation-dans-la-filiere-automobile.N29365

[2] « Licensing options » – Autodesk page web modifiée le 11/06/2015, consultée le 12/06/2015 : http://usa.autodesk.com/adsk/servlet/pc/index?siteID=123112&id=18270103

[3] « SaaS : les avantages, les inconvénients et les principaux fournisseurs » Article de ZdNET du 21/10/2013, consulté le 12/06/2015 :
http://www.zdnet.fr/actualites/saas-les-avantages-les-inconvenients-et-les-principaux-fournisseurs-39794160.htm?p=2

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Le BIM, touché-coulé pour nos PME françaises ?

Le BIM – Building Information Modeling – débarquera définitivement en 2015 en France et sera à l’origine d’une grande révolution en terme de conception et simulation de projet dans nos entreprises. C’est un processus permettant la création et l’utilisation d’une maquette unique en 3D : chaque intervenant peut accéder à toutes les informations pendant chaque phase du projet.

A première vue, le BIM semble être plus adapté aux projets d’envergure dirigés par de grandes entreprises, pourtant ses avantages ne se limitent pas à une maquette unique : en effet, les données sont analysées directement par les logiciels et ainsi permettent de créer des bâtiments nettement plus performants énergétiquement – sujet phare de notre siècle – tout en réalisant des économies !

Mais quelles seront les conséquences pour nos entreprises PME françaises ?

Ce changement demandera un investissement financier conséquent pour se mettre a jour en technique et en maîtrise, coût insupportable pour certaines PME. D’une part, il leur faudra assumer le coût de formation des employés ainsi que la mise à jour de tous les logiciels nécessaires. D’autre part, ce travail en équipe phase à phase aura forcément un impact temporel car il faudra rester concentré sur le projet non seulement en phase de chantier mais aussi en phase de conception. Ainsi, les PME se concentreront forcément sur certains marchés plus que d’autres ou devront faire appel à du personnel supplémentaire. Les pertes financières liées à la mise en place du BIM seront soit un investissement fatal soit une manière de se démarquer de la concurrence pour celles qui arrivent à s’en servir.

En revanche, à leur échelle, l’adoption du BIM sera plus simple que dans une grosse structure, le personnel à former étant moindre. De plus, les grandes entreprises en manque de personnel qualifié en BIM feront appel inévitablement à des sous-traitants pour réaliser leurs projets. Cette proximité permettra aux PME de rivaliser avec les grandes entreprises. Pour finir, même si les logiciels évoluent, la mise en place du BIM correspond à la finalité d’un mode de travail déjà existant. Il est assez courant que certains entrepreneurs construisent un modèle 3D basé sur les plans d’architecte pour vérifier la constructibilité d’un bâtiment. Cela permet aussi aux clients de mieux appréhender leur projet.

Cependant, nous devons considérer ce mouvement à une échelle mondiale. Dans de nombreux pays comme les Etats Unis ou les pays Scandinaves, le BIM est déjà utilisé depuis 2009 et a fait ses preuves sur le plan environnemental et économique. Sa mise en place en France est inévitable afin que nos PME puissent continuer d’exister. Mais rassurons nous : la mise en application du BIM sera progressive pour être effective seulement dans deux ans.

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