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Le BIM : les premices d’une interface homme ­‐ chantier

De la conception, à la déconstruction, en passant par la fabrication, ainsi que la vente, le Building Information Modeling permet de réunir toutes les caractéristiques d’un ouvrage. La structure, l’ossature, les circuits électriques et bien d’autres informations peuvent être groupées dans un seul dossier informatique. Est-­‐ce le début d’une modélisation informatique du chantier? Les plans papiers ont-­‐ils encore une utilité sur un chantier ? Est-­‐ce une révolution ou une évolution logique du monde du travail ?

Mots clés: BIM, chantier, interface, informatique, évolution.

L’école finlandaise entre dans l’ère du numérique. Recement publié sur le site Savonsavomat.fr, le gouvernemant finlandais supprimera les leçons d’écriture en les remplaçant par des leçons d’initiation au maniement du clavier d’ordinateur. Evolution logique de notre société ou révolution de la transcription?

Sur un chantier de BTP, les plans papiers sont pour l’instant indispensables. C’est la seule solution actuelle qui fait face aux aléas d’un chantier. Cependant, ces plans papiers commencent à disparaître dans les bureaux pour les plus jeunes générations. En effet, la possibilité de zoomer, modifier, colorier ou encore anoter permet d’excellentes conditions de travail sur un ordinateur. De plus, les plans sont imprimés deux à trois fois au format A0 par corps de métier sur un chantier. Nous pouvons donc

imaginer le gaspillage d’encre et de papier. D’ici 2017, les marchés publics francais de plus de 2000m^2 devront être traités par le BIM. Cette directive a pour but d’étendre la modelisation informatique à tous type de chantier.

De nouvelles interfaces se developpent autour de ces modélisations. L’entreprise française Blockbase a developpé l’application, Bulldozair, accescible sur toutes les tablettes mobiles. Cette application permet de centraliser tous les plans au format pdf, de rajouter des notes, des mesures, des rappels… Un second intêret de cette application est son aspect collaboratif. En effet, toutes les données d’un professionel sont stockées sur le cloud. Ces données peuvent alors être partagées avec ses associés.

Nous pouvons alors imaginer un cloud réunissant toutes les données d’un chantier. Des plans de fabrication jusqu’aux différents plannings, tous les acteurs de la construction seraient connectés. Les erreurs seraient minimisées ainsi que les arnaques. L’avancement du chantier serait visible de tous. Les mails et les remarques seraient enregistrés. Ce genre d’interface permettrait de faire d’énormes économies de temps et surtout d’argent.

Cependant, tous les acteurs d’un chantier ne sont pas habitués au travail informatique. Une formation sera alors nécessaire et le gain de temps ne se ferait pas ressentirimmédiatement.

Les idées et la manière pour gerer l’ensemble d’un chantier informatiquement est à portée de main. Il ne tiens qu’à nous de les mettre en service !

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La nouvelle effervescence autour du BIM est-elle justifiée ?

Après avoir révolutionné l’industrie en général et l’aéronautique, la modélisation 3D s’attaque enfin au milieu de la construction. De nouveaux outils informatiques s’installent sur le marché tels que des logiciels de conception à base d’éléments finis, des outils de modélisation, …

Le monde est maintenant un univers très concurrentiel et internationalisé grâce à la libéralisation et l’accélération des échanges par internet et la mondialisation. Les marchés à forte concurrence ou les réalisations très complexes rendent le BIM indispensable aujourd’hui. Cet outil permet de gagner du temps sur chantier pour anticiper et éviter les clashs ou les malfaçons. Cela rend possible une gestion des interfaces plus précise entre les différents cotraitants ou concepteurs. La création d’une plateforme collaborative permet aussi que chacun puisse bénéficier des avancées ou des travaux des autres. Un bel exemple d’utilisation du BIM est la construction de la fondation Louis Vuitton imaginée par Franck Géhry et réalisée par Vinci Grands Projets qui est un projet très audacieux.

Modélisation de la fondation Louis Vuitton

Il peut avoir d’autres utilités : il peut aussi servir d’outils pédagogiques en tant que maquette virtuelle afin d’expliquer aux équipes de production l’organisation du projet ou de présenter un projet à des investisseurs. Cependant, ce n’est pas non plus une réponse adaptée pour tout type de projet.

En effet, le BIM peut être long et complexe à mettre en place, il faut que l’investissement soit utile. Comme il existe de nombreux éditeurs (Autodesk, Catia, Tekla, Digital Project,…), tout le monde ne travaille pas avec les mêmes logiciels de modélisation. Vu qu’ils sont rarement compatibles, il faut donc pouvoir traduire d’un système à l’autre et cela constitue un frein à la transmission des données.

De plus, étant donné que les systèmes d’exploitation et les logiciels changent régulièrement, les données ayant servi à la réalisation d’un bâtiment risquent de ne pas être réutilisable durant toute sa durée de vie : les échelles de temps ne sont pas les mêmes. C’est un des problèmes auquel a dû répondre Eric TAILLARDAT et son équipe (Vinci Grands Projets) pour la fondation Louis Vuitton. Il a alors réussi à créer un système totalement indépendant de tout logiciel et système d’exploitation pouvant être réutilisable pour rebâtir entièrement le bâtiment une nouvelle fois.

Donc oui le BIM est une révolution souhaitable et indispensable pour les projets audacieux.

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ZOOM – le BIM en France : Interview exclusive

Vous êtes un acteur de la construction ou simplement attentif à l’actualité dans ce domaine ? Alors le concept de BIM (Building Information Modeling) ne vous est certainement pas complètement étranger. Mais que savez-vous exactement du BIM ? Aujourd’hui, le célèbre expert en la matière, Edouard SANCHEZ, accepte de répondre pour vous à toutes nos questions…


Diplômé de l’ESTP (l’École Spéciale des Travaux Publics), Edouard SANCHEZ a d’abord participé à la construction du chantier du Nouveau Forum des Halles qui compte sur le BIM pour l’assistance au pilotage et à la gestion des interfaces. Il est ensuite intervenu sur divers projets d’aménagement urbain en région parisienne qui intégraient cette même technologie pour faire face aux multiples difficultés des différentes phases, de la conception à la réalisation puis l’exploitation. Il est aujourd’hui devenu une référence reconnue dans le domaine.


Qu’est-ce que le BIM ?

E.S. : « Le BIM est simplement la synthèse d’un projet. Un outil numérique dynamique permettant la visualisation et la modification d’une multitude de paramètres d’un bâtiment, du ferraillage de la structure au coût des luminaires en passant par la consommation énergétique… »

Par qui est-il utilisé ?

E.S. : « Tous les acteurs d’un projet de construction ont intérêt à utiliser le BIM. En effet, il suffit de quelques heures passées sur un chantier pour se rendre compte de la complexité des interfaces et des retards que cela peut entrainer : Le Génie Civil a omis une réservation et l’électricien n’est maintenant plus capable de passer sa gaine…Des problèmes qui peuvent être évités à condition de travailler sur un seul et même outil regroupant l’ensemble des données. »

C’est donc un outil pour la conception ?

E.S. : « Oui, mais pas uniquement ! Le BIM couvre l’intégralité du cycle de vie d’un bâtiment, depuis sa réalisation jusqu’à son exploitation et parfois même jusqu’à sa déconstruction. »

Existe-t-il des avantages autres que techniques à cet outil ?

E.S. : « Les bénéfices de l’utilisation du BIM sont en lien direct avec la technique. Cependant, il existe bien d’autres avantages attribués à cet outil. Les économies de délais et d’argent rendues possibles sont significatives. Il y a donc un avantage financier certain, mais cela peut également devenir un avantage concurrentiel : la maîtrise d’ouvrage saura qu’un candidat proposant l’intégration du BIM dans son projet sera plus à même de maîtriser les délais de livraison et les coûts réellement engagés. »

Dans ce cas, pourquoi l’utilisation du BIM reste-t-elle si limitée ?

E.S. : « Il est vrai qu’en comparaison avec nos voisins hollandais et anglo-saxons, la France accuse un certain retard en matière de développement du BIM. Celui-ci tend toutefois à diminuer étant donné les nouvelles directives européennes qui essayent d’inciter à la création de livrables numériques. Le coût élevé d’acquisition et d’utilisation d’un logiciel de BIM par une main d’œuvre qualifiée reste un obstacle solide aujourd’hui, mais qui doit être mis en rapport avec les économies induites par cette même technologie. »

Quel futur à l’horizon pour le BIM ?

E.S. : « Progressivement, les maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre mais aussi les entreprises générales comprennent de mieux en mieux les intérêts que représentent pour eux le BIM. Nous pouvons donc nous attendre à une systématisation de l’utilisation du BIM sur les projets, surtout si le cadre réglementaire vient à le favoriser voire le rendre obligatoire. De plus, de nouvelles utilisations deviennent possibles, notamment celles liées au Smart Grid et au Big Data. Bref, vous n’avez pas fini d’entendre parler du BIM ! »

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