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Le BIM, une (r)évolution

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

. Pourquoi nos façons de faire actuelles sont-elles dépassées ?
Le constat est clair, les méthodes de travaille régissant le milieu de la construction atteignent aujourd’hui leurs limites. Sont en cause, principalement, les interactions entre les différents acteurs d’un même projet, qui sont des lieux de pertes considérables d’information et donc de temps. Et dans ce secteur, le temps est synonyme de rentabilité, de profit, ou au contraire de déficit et de pertes de marchés.
En cause également la bonne appréhension des interfaces entre les différents corps d’état, qui s’avère être nécessaire si l’on redoute les retards et les réserves, lesquelles peuvent placer l’entreprise dans une situation délicate à la fin du chantier.

. Au fond, comment une volonté de travailler ensemble peut-elle améliorer les échanges entre acteurs ?
Le travail en collaboration devient concret. Le partage des données géométriques, techniques et même financières se matérialise au sein de la maquette numérique, outil de travail et d’échange au cœur du concept du BIM. Les ressaisies sont limitées puisque la définition des différents objets manipulés (fondations, murs, fenêtres, mobilier, … ) ne s’opère qu’une seule fois. Ainsi le travail de l’un profite à tous. Cette maquette virtuelle peut également intégrer une notion d’échelle, ou de détail, nécessaire lorsque plusieurs dessinateurs (architectes, bureaux d’étude) opèrent sur un même projet. La compréhension reste intacte et la lisibilité du projet par tous les acteurs est améliorée.

. Est-il réellement possible d’intégrer l’ensemble des acteurs dans un même processus de centralisation des données ?
On ne peut pas considérer le BIM et la maquette numérique comme un outil simple à mettre en place. Car si les grandes entreprises l’ont d’ores et déjà intégré, aujourd’hui la majorité des structures qui opèrent dans le processus de construction n’ont pas les capacités financières d’en faire leur unique outil de travail et d’échange. Ainsi, l’effort demandé amènera peut-être à une sélection des entreprises selon leurs ressources et plongera le milieu de la construction dans une spirale élitiste destructrice, provoquant la disparition des petits artisans et des entreprises locales. Mais sans penser au pire, il sera compliqué de demander à tous les corps d’état de s’équiper de cet outil et de réclamer systématiquement au plombier ou à l’électricien une maquette 3D voire 4D de ses réseaux.

. Comment attribuer la responsabilité et la propriété de la maquette numérique ?
Une des questions épineuses inhérente au BIM est celle de ce qu’on appelle le « BIM Manager ». Qui est-il ? Quel est son rôle ? Que fait-il concrètement ? Pour l’instant il est défini tant bien que mal par « celui qui est responsable de la maquette numérique ». Mais la complexité de cette position reste entière. Seule Bouygues Construction tente une définition concrète, pas encore de son rôle mais au moins d’un plan de carrière réaliste, en créant des binômes BIM Manager / Directeur Technique, jeune employé / employé expérimenté, pour que l’un transmette ce qui manque à l’autre, les connaissances techniques du métier, et qu’ils forment ensemble un duo complet et efficace associant communication, technique et vue d’ensemble mais aussi modélisation et vision précise du projet.

Comment « ça » fonctionne ?

. Quel est le principe de fonctionnement du BIM ?
Le principe du BIM est de pouvoir réunir autour d’une même maquette du projet les différents acteurs de celui-ci et permettre à chacun de la construire en parallèle. Le maquette numérique est donc dynamique et doit s’actualiser directement lorsqu’une modification est apportée.

. A quelle échelle est construite une maquette numérique BIM ?
Un concept clé du BIM est le LOD (« Level Of Details »), ou niveau de détail en français. Il s’agit de décider à quel niveau de détail le projet va s’élaborer. Ainsi le LOD va être différent selon les acteurs du projet, l’architecte travaillant sur une échelle moins précise que l’ingénieur structure par exemple.

. Quelle forme prennent les fichiers d’un projet en BIM ?
Le BIM étant un concept, différents logiciels permettent de faire du BIM. On peut citer par exemple Revit d’Autodesk ou Archicad de Graphisoft. Lors de la conception du projet BIM, les fichiers peuvent être défini en format propriétaire (uniquement lisible par les logiciels qui les créent), ou en format IFC (pour Industry Foundation Classes), format standardisé (norme ISO 16739) qui permet l’interopérabilité des maquettes numériques. Ainsi un fichier IFC contient un certain nombre d’informations sur un objet : sa géométrie ainsi que les informations telles que le coût, le fabricant… Le format IFC est essentiel lors de l’échange d’informations entre différents acteurs qui n’utilisent pas les mêmes logiciels, de même il permet de préserver les informations d’un projet réalisé en BIM afin de pouvoir les consulter un certain temps après livraison du projet. A noter qu’il existe d’autres formats similaires à l’IFC, tel les fichiers COBie utilisés au Royaume-Uni.

. Comment s’organise le partage des informations entre les différents acteurs ?
Deux schémas d’organisation peuvent être distingués. Dans un premier cas la maquette se compose d’une collection d’objets IFC ; chaque acteur concevant son fichier IFC qui est ensuite mis en relation avec les autres fichiers des autres acteurs. Dans un second cas, on utilise une base de données dans laquelle on gère individuellement chaque objet IFC, tous les acteurs travaillent alors autour d’un même fichier qui se met à jour au fur et à mesure des différentes modifications.
L’idée du BIM étant notamment d’éviter la redondance d’un même travail chez les différents acteurs, il est nécessaire de mettre au point une plateforme sur laquelle se partagent les fichiers BIM. Le choix du processus de création des fichiers, leur mise en relation et leur partage est guidé par le BIM manager. Il existe une grande variété de solutions qui doivent être adoptées en prenant compte des particularités et des méthodes de travail des différents acteurs.

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

. Comment se modifie le travail de conception en amont du chantier pour le maître d’ouvrage, les architectes et le maître d’oeuvre ?
Même si on pourra observer un changement dans les modes de travail, c’est-à-dire dans les outils qui sont utilisés, les acteurs garderont sûrement les mêmes missions et les mêmes responsabilités. Cependant, il est probable de voir une évolution dans la communication, qui ne sera pas uniquement bilatéral entre deux acteurs sous forme d’un mail par exemple, mais qui prendra une forme radiale faisant intervenir plusieurs acteurs dans une conversation.

. Si les outils vont évoluer, qui devra prendre des initiatives pour les mettre en
place ?
A l’avenir, il est sûr que plutôt que de demander à l’architecte de remettre des plans DWG, le concepteur devra simplement remettre une maquette numérique. Grâce à cette maquette il sera possible de vérifier la conformité au programme en temps réel. De même on peut avoir une optimisation des calculs structurels (pour éviter le ressaisi et permettre la suivie en temps réel). Lors de la synthèse, c’est sur cette maquette qu’on détectera les clashs entre les corps d’état et on pourra faire d’autres simulations comme le calcul d’ensoleillement et les calculs énergétiques à l’aide du bureau d’études techniques. En conception, le projet n’est pas forcément validé par le client, donc on peut utiliser la maquette en réalité virtuelle pour faire visiter le client avant la production même.

. Comment peut-on valoriser cette maquette au cours de la production pour réduire d’autres coûts en tant que maître d’œuvre d’exécution ou en tant qu’entreprise ?
Sur la base de la maquette on peut établir plutôt facilement un ensemble de métrés et donc une étude de prix. Ensuite l’équipe méthodes prend la maquette en charge pour produire un planning 4D, qui intègre l’enchaînement des tâches dans le temps. A chaque élément de la maquette, que ce soit une dalle ou l’installation de la grue est associé une phase d’exécution et ce déroulement permet d’expliquer à l’équipe travaux dans quel ordre les travaux seront faits. On peut imaginer que le matériel dans l’entreprise sera mieux géré puisqu’on a une meilleure quantification des besoins.

. Qu’est-ce que le BIM peut apporter aux compagnons sur chantier ?
A l’aide d’une tablette il est possible de visualiser le bâtiment futur, à travers une sorte de réalité simulée en temps réel, ce qui peut accélérer la compréhension du travail qui doit être fait. De plus, des contrôles de qualité peuvent se faire de façon plus efficace en ayant un accès instantané aux bases de données nécessaires.

. Après la livraison, lorsque le bâtiment est en exploitation, est-ce que le BIM a encore une importance pour le client ?
Il est important pour le client de garder les documents générés notamment pour l’entretien et le maintien du bâtiment, mais aussi pour de futurs projets. Le nettoyage du bâtiment peut être prévu par le concepteur, ainsi que le fonctionnement normal que ce soit à travers la domotique ou un système spécifique de gestion. Le propriétaire peut demander à contrôler la sécurité du bâtiment ou gérer son patrimoine de façon autonome. Lors des travaux futurs, les bases de données BIM sont indispensables aux équipes d’intervention pour saisir rapidement les enjeux, possibilités et particularités du bâtiment existant. Tout ceci est rendu possible par une organisation et une mise en place de systèmes en amont.

Comment faire pour y aller ?

. Tous les acteurs du projet seront-ils concernés ?
A terme tous les acteurs du projet, la maitrise d’œuvre, les entrepreneurs ainsi que les fournisseurs devront être capables de nourrir et renseigner la maquette numérique afin de pouvoir livrer une maquette fidèle à l’ouvrage réellement construit. Les compétences attendues de chaque acteurs seront cependant variables et ne se recouperont pas forcement. Les fournisseurs pourront se contenter de fournir des catalogues d’objets paramétrables, comportant toutes les caractéristiques géométriques et physiques des objets tandis que la maitrise d’œuvre devra elle être capable de concevoir, manipuler, tester le bâtiment virtuel afin de vérifier sa pertinence par rapport au programme.

. Comment doit-on organiser notre passage vers ce nouvel outil ?
Anticiper ce passage : le BIM ne se résume pas à un changement de logiciel. Il implique de penser le processus de conception dans le cadre de la maquette numérique et de la collaboration entre BET et architectes dès les premières étapes.

Cela passe dans un premier temps par l’apprentissage de la conception 3D. Les croquis, les maquettes réelles seront toujours pertinents mais ils se traduiront directement en volume sur la maquette numérique.
Vient ensuite le passage au BIM : définir les environnements de travail, intégrer les différents niveaux de définitions de chaque partie du bâtiment. Former un BIM Manager peut être nécessaire, notamment pour les agences d’architectures, plus à même de porter l’intérêt global de l’ouvrage. Cette personne sera responsable de la mise en place de la maquette, de sa charte d’utilisation, du rassemblement des différentes informations, de la gestion des conflits résiduels. Sans présence de BIM Manager, un bureau d’études ou une agence devra néanmoins être capable de compléter la maquette selon ses propres domaines de compétences puis d’en discuter avec les autres acteurs.

. Que va me coûter le passage au BIM ?
Passer au BIM implique de repenser ses façons de travailler et de collaborer. Cela doit être conçu comme un investissement : une perte d’efficacité est à envisager dans un premier temps mais celle-ci sera rapidement compensée par un gain de productivité, de fiabilité ainsi que de qualité, plus de temps étant accordé à la conception et moins à la production de document. Ce changement doit être adapté à la taille de l’entreprise, la motivation des employés ainsi que leur expérience. Enfin il doit être planifié avec justesse : la temporalité d’un projet BIM est différente, plus de temps est accordé en phase conception. Cela doit être intégré dans l’équilibre financier des entreprises.

. Combien de temps cela va-t-il me prendre ?
Si la formation au logiciel de conception adapté au BIM peut s’effectuer en quelques jours, l’acquisition de nouvelle façon de travailler peut prendre plusieurs mois. Une solution est de prendre en charge d’abord seulement un projet en BIM afin de se permettre une perte d’efficacité mais un retour d’expérience conséquent. Une fois les processus et méthodes mises en place, la part de projet traité en BIM pourra augmenter en effectuant des gains d’efficacité de plus en plus conséquents.
Bibliographie

Sites :

– conseils.xpair.com – article : Réglementation et norme BIM pour le bâtiment
– batiweb.com – article : Le BIM, un véritable challenge organisationnel pour les acteurs de la construction
– btpinformatic.fr – article : La maquette numérique passe en phase construction
– syndicat-architectes.fr – Article BIM : la montée en puissance

Livres :
– BIM et maquette numérique – Guersendre Nagy, Eric Lebègue, Olivier Celnik ; éditions Eyrolles
– Revit pour le BIM: Initiation générale et perfectionnement structure – Stevens Chemise, Jonathan Renou ; éditions Eyrolles
– BIM & BTP : Construire grâce à la maquette numérique – Clément Valente ; édition Méthodes BTP

Magazine :
– Le Moniteur – Avril 2015

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Le BIM: un outil puissant qui devient indispensable

JESTIN Guillaume
BELIAEFF Nicolas
des MINIERES Stanislas
GUYOT Joseph
B3, groupe 15

 

Le BIM, qu’est-ce que c’est ?

BIM, Building Information Modeling, signifie littéralement « modélisation des informations du bâtiment ». Cependant on constate rapidement que cet acronyme ne désigne pas seulement une simple modélisation des informations mais aussi un modèle de construction collaboratif qui ouvre de nouvelles possibilités d’organisation et de management.

Plus simplement le BIM est un nouvel outil d’aide à la construction qui repose sur une plateforme d’échange collaborative dont la trame est composée de maquettes numériques. Cela a pour effet de donner très vite, au maître d’ouvrage ainsi qu’aux différentes parties prenantes, la vue finale du projet en 3 dimensions et ainsi de les aider à prendre des décisions.

Avec le BIM les échanges d’informations ne se font plus de manière séquentielle. En effet chaque corps de métier est en mesure d’accéder simultanément à une maquette centrale qu’il peut enrichir avec les données concernant son propre métier. Une telle procédure permet non seulement de supprimer les ressaisies mais également de gagner un temps non négligeable en phase d’exécution.

Autre nouveauté, le BIM introduit la notion d’objet. Un objet est un composant élémentaire du bâtiment comme un mur, une dalle, une fenêtre, ou encore une ouverture, un poteau ou bien une poutre. Ces objets sont précisément localisés dans la maquette 3D, cela a pour effet de mettre en valeur les nombreuses relations qui existent entre différents objets (jonctions de murs, remplissage d’ouverture par une fenêtre ou une porte…).

L’utilisation du BIM modifie-t-elle la charge de travail selon les phases de projet ?

L’utilisation du BIM entraine une répartition différente de la charge de travail. La charge de travail va dorénavant être plus importante en amont du projet, on va en effet passer plus de temps dans les phases APS (Avant Projet Sommaire) et APD (Avant Projet Détaillé), et en passer un peu moins dans les phases d’exécution.

Ceci s’explique par le fait que la maquette numérique est créée en phase de conception puis complétée en phase d’exécution. L’architecte et le bureau d ‘étude passent donc beaucoup de temps à concevoir le modèle numérique en intégrant les très nombreux paramètres composant un ouvrage d’art. Ce processus a pour avantage de faire apparaître très tôt les difficultés concernant la réalisation de certains lots du projet ou encore les problèmes de compatibilité de réseaux et de ce fait de trouver des solutions appropriées dès la phase de conception.

Ainsi la phase de conception devient une phase beaucoup plus réfléchie qu’au préalable. Une partie des difficultés rencontrée en temps normal en phase d’exécution sont levées en amont du projet. L’utilisation du BIM permet donc une optimisation des délais de production.

Cependant cette modification de la répartition du temps entre les différentes phases d’un projet soulève de nouvelles problématiques. En effet sachant qu’une partie de la charge de travail habituellement en phase d’exécution est déplacée en phase de conception, il est important de modifier les méthodes de travail et d’ajuster la redistribution de ce travail.

Quel avenir pour le BIM ?

Le BIM n’est pas seulement la tendance du moment, c’est un processus qui va s’inscrire durablement dans le temps et qui va certainement révolutionner l’industrie du bâtiment. Pour s’en convaincre il suffit de citer les très nombreux retours d’expérience positifs concernant l’utilisation du BIM dans un projet de construction. L’exemple le plus probant est peut-être la réalisation de la Fondation Louis Vuitton. Ce projet a pu être mené à bien grâce à une utilisation intensive du BIM. En effet, étant donnée la complexité de la structure, seul un procédé tel que le BIM permettait une visualisation claire des enjeux techniques.

Enfin il est important de souligner les nombreuses perspectives d’avenir du BIM. En effet, à court terme, la maquette collaborative 3D enrichira ses fonctionnalités pour se diriger vers le 4D voire même le 5D. Il sera alors possible de vérifier de façon simplifiée le respect des normes en vigueur, ou encore d’effectuer des calculs de pertes énergétiques ou des simulations de vieillissement de la structure.

Cette évolution répond à une demande grandissante en bâtiments de plus en plus écologiques. Seul le BIM et ses nouvelles fonctionnalités pourront répondre aux nouveaux enjeux énergétiques des bâtiments et trouver des solutions constructives innovantes.

Je suis client, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Le BIM ne présente pour le client que des avantages : réduction des coûts (optimisation et exactitude), du temps de finalisation, de la consommation d’énergie, des déchets, amélioration de la communication entre intervenants, des performances du bâtiment, de la continuité des informations. En tant que client la maquette peut également être utilisée en phase exploitation (notamment pour la maintenance et les performances), ou pour les travaux de rénovation futurs.

Je suis architecte, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Les architectes ont été les premiers à exploiter le principe du BIM. La maquette numérique s’avère très pratique pour concevoir avant le chantier, ce qui permet de se rendre mieux compte de la pertinence des choix architecturaux et de leur fonctionnement avant qu’ils n’aient une implication financière. Franck Gehry par exemple, est un précurseur dans l’utilisation de la 3D pour la conception pour remédier à l’originalité de ses bâtiments. Cela évite les erreurs, permet de sortir des plans 2D instantanément, et d’avoir une idée précise du budget.

Je suis Bureau d’études, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Généralement la maquette transmise par l’Architecte contient déjà les éléments structuraux, ce qui évite à l’ingénieur de refaire le modèle. L’ingénieur a besoin d’épurer les plans de l’architecte pour ne garder que ce qui le concerne pour ses calculs, on évite là encore un nombre incalculable d’erreurs. Les modifications seront rapidement faites et répercutées sur le modèle architectural. Il est à peu près certain que ces modèles seront synchronisés à des logiciels de calcul de structure (ou d’armature) qui une fois choisies pourront être envoyées au fournisseur.

Je suis une entreprise, qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Bien que les entrepreneurs aient mis du temps à réaliser que le BIM n’est pas qu’une affaire d’architecte et de bureaux d’études, ces derniers ont désormais fait le pas. Cela permet de se faire une bonne idée du projet avant le démarrage de la construction, de corriger les erreurs. Il est de plus en plus fréquent que l’entreprise se charge elle-même de la réalisation de la maquette sur la base des plans de l’architecte, ou des différentes maquettes numériques. Cette maquette sera utilisée pour planifier le chantier, certaines entreprises l’utilisent même pour déterminer les zones de danger sur le chantier en plus de s’en servir pour les éléments préfabriqués. L’utilisation du BIM responsabilise de plus en plus l’entreprise par rapport à la maîtrise d’œuvre.

Mon entreprise veut faire le pas, doit-elle le faire ?

Maîtriser le BIM ne s’invente pas. L’aisance vient pas à pas mais il est généralement recommandé aux entrepreneurs de ne pas compter sur une opérationnalité complète de leurs équipes avant au moins plusieurs mois d’apprentissage. Il s’agit de « perdre du temps pour en gagner » : si l’investissement semble de taille aux entreprises en terme de temps comme d’argent, les résultats escomptés sont encore plus significatifs : ouverture à de nouveaux marchés, gain considérable de temps, facilitation des échanges entre intervenants…d’autant qu’il sera progressivement obligatoire d’utiliser la maquette numérique et le BIM pour les équipements de l’état à l’horizon 2017.

Comment doit-elle procéder ?

Il y a plusieurs formations proposées : En France, Ignition Formation propose des formations courtes certifiantes sur le BIM. L’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et l’ESTP en partenariat offrent quant à elles un Master Spécialisé BIM : conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures. Certaines universités anglophones proposent également des formations à distance. Dans le cas d’une entreprise il est plutôt conseillé de travailler directement avec un consultant capable d’assurer des courss collectifs aux collaborateurs par une formation interne à l’entreprise. Adapter sa structure à l’utilisation du BIM relève d’un vrai plan de déploiement appuyé à tous les niveaux hiérarchiques d’une structure. Encore une fois, bien qu’une perte de rendement initiale soit à prévoir, les entreprises y trouveront largement leur compte sur le long terme.

Est-ce une révolution ?

Le passage au BIM peut avoir un aspect inquiétant pour les travailleurs de la vieille école : abandon de la technique papier, maquette détaillée et aboutie, nombre important de paramètres et détails : on parle de révolution du BIM, au même titre que le passage du papier à la CAO. Toutefois, cette révolution est bien encadrée avec notamment des standards et autres document normalisés qui doivent être respectés pour une interaction optimale entre intervenants.

Mon entreprise est une PME, cela vaut-il le coup d’y aller ?

A première vue, le BIM parait plutôt dédié aux projets de grande envergure où la collaboration est primordiale en raison du nombre important d’intervenants. Les contrats concernés par le BIM sont donc généralement de gros contrats publics et privés, et impliquent de ce fait rarement petites entreprises ou bureaux d’études. Les couts liés à l’achat des logiciels, à la formation, et l’inévitable perte de rendement initial évoquée en début d’article semblent insurmontables pour les PME. Cependant, si l’on s’y intéresse de plus près, les PME ont leur avantage certain sur les grands groupes. L’adoption de cette technique est par exemple bien plus facile à mettre en place dans une structure à taille réduite où les procédures peuvent être simplifiées au maximum. La marge de manœuvre dans le choix des processus est elle aussi bien plus grande dans une PME, là où les grandes entreprises devront s’affranchir de leurs habitudes pour se plier aux modèles gouvernementaux ou internationaux bien plus complexes. Enfin, les grandes entreprises pourraient être amenées à sous-traiter comme à leur habitude faute de personnel rapidement qualifié pour réaliser leurs projets.

Jusqu’à quelle taille de bâtiment pour le BIM ?

Il n’est pas rare de voir certains entrepreneurs construire un modèle 3D même pour des petits bâtiments, afin de vérifier la constructibilité d’un bâtiment. On peut ainsi imaginer des maquettes BIM même pour les habitations individuelles, qui représentent d’ailleurs une part non négligeable de notre consommation d’énergie. Proposer une maquette pourrait enfin être une spécificité appréciée des clients en vue d’une meilleure compréhension du projet.

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La réalité virtuelle : voyage au centre du BIM

Qu’est-ce que la réalité virtuelle ?
Derrière ce terme semblant sortir tout droit d’une oeuvre de science-fiction se cache une innovation de plus en plus pertinente au 21e siècle. Il s’agit d’une simulation interactive d’un environnement virtuel par ordinateur. L’immersion dans cet environnement est renforcée par une expérience sensorielle (visuelle, sonore, voire olfactive et tactile). L’utilisateur est donc complètement plongé dans un univers artificiel dans lequel il peut interagir.
Les outils de réalité virtuelle consistent généralement en un masque recouvrant les yeux, muni de deux écrans numériques projetant pour chaque oeil une image déformée permettant une vision 3D. De plus le casque est muni de capteurs qui détectent les mouvements, ce qui donne l’impression à l’utilisateur se trouver et de se déplacer dans un autre univers.
L’outil le plus connu aujourd’hui est l’Oculus Rift. Après avoir été fondé au moyen d’un Kickstarter en 2012, l’étendue de ses possibilités a séduit la compagnie américaine Facebook qui l’a racheté pour près de 2 milliards de dollars.
La cible initiale de la réalité virtuelle était le jeu vidéo, mais d’autres enjeux se sont dévoilés avec le temps. Ainsi les secteurs militaires (pour l’entrainement) et médicaux (pour l’étude de comportements après prise de médicaments) ont également profité de cette avancée technologique. Un autre secteur dans lequel les outils de réalité virtuelle se développent de plus en plus est le domaine de la construction assistée par ordinateur.

Vers un BIM 2.0
Le BIM (Building Information Modeling) consiste en l’ensemble des opérations et technologies modélisant les données d’une construction. Grâce à ces outils de conception 3D, la productivité et la qualité des constructions sont fortement affinées.
La réalité virtuelle peut être vue comme une véritable plus-value au BIM. En effet, celle-ci permettra entre autres d’avoir un avant-goût concret du projet final : tous les acteurs du projet pourront ainsi adopter le point de vue d’un visiteur et visualiser personnellement l’intérieur de la structure. Cela permettra notamment d’éviter des erreurs architecturales qui auraient été négligées.
Pouvoir se déplacer à l’intérieur du modèle synthétique aidera également à repérer des détails cachés par d’autres structures, prendre conscience de l’ampleur de déformations, ou encore adopter le point de vue d’une personne lors de simulations d’incidents (pour vérifier l’accès aux issues de secours lors d’un incendie par exemple).
Grâce aux détecteurs de mouvement, la prise en main sera de même facilitée. Ainsi peut-on s’imaginer manipuler du bout des doigts les différents éléments de la structure à la façon de Minority Report.

Mais aujourd’hui ?
Pour l’instant, seuls des kits de développement sont vendus. Cependant leurs prix restent abordables (aux alentours de 300$ pour un casque). Avant une commercialisation plus large, il faudra attendre les corrections des effets secondaires. En effet des problèmes de cinétose ont été déjà constatés : il s’agit de troubles liés à une discordance entre les sens et l’équilibre interne pouvant provoquer des nausées voire des malaises.
Si la réalité virtuelle n’en est qu’à son coup d’essai, certaines entreprises comme Bouygues Construction lui ont déjà fait confiance et il se pourrait que dans quelques années, nous nous moquions de nos écrans d’ordinateur, plats et désuets.

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