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QUID DE LA ROUTE CONNECTEE ?

Figure 1La route connectée, ou route intelligente, dont la recherche est en plein essor, permettra d’améliorer le trafic, la sureté et la sécurité routière, de limiter la pollution et les consommations d’énergie et les infrastructures pourront s’auto-diagnostiquer.

TECHNOLOGIE

Les premiers systèmes d’information routière étaient basés sur des capteurs sous la chaussée, des boucles à induction, des caméras vidéo, des reports vers les panneaux d’affichage. Ces technologies sont très couteuses et ne peuvent pas être installées sur tous les réseaux routiers. Avec le développement de la technologie WIFI, Bluetooth, réseaux cellulaires, GPS et la généralisation de l’équipement électronique à bord des véhicules, le déploiement de routes connectées devient envisageable très rapidement. [1]

Le système repose sur la communication de données entre véhicules eux-mêmes et, entre véhicules et infrastructures à travers des bornes, des centres de gestion routière, des feux de signalisation et par la chaussée. Les automobilistes seront informés en temps réel, des conditions de trafic (chantiers, accidents, embouteillages), de la vitesse autorisée, de la météo, de l’état de la chaussée (verglacée, détériorée, mouillée…). L’éclairage routier pourra détecter la présence des véhicules et s’allumer lors de leur passage, les bandes blanches pourront s’allumer la nuit, la maintenance nécessaire pour les infrastructures concernées sera signalée automatiquement, le salage des routes adapté automatiquement aux conditions météo,..

CONTEXTE INTERNATIONAL

EUROPE

L’Europe prévoit un fond de 100 millions d’euro pour le programme de recherche Horizon 2020.

1.      EUROPE DU NORD

  • PROJET VIKING

Financé en partie par l’Europe, le projet VIKING 2001-2007 a été développé par cinq pays du Nord de l’Europe (Finlande, Suède, Norvège, Danemark et Allemagne du Nord). Ce projet a permis le développement de plusieurs systèmes ou services de transport intelligents (ITS – Intelligent Transportation System)) En particulier, la gestion commune de la régulation du trafic à travers les frontières, le dosage par GPS du salage des routes en fonction de la météo au Danemark, un portail d’informations routières pour les 5 pays, le paiement automatisé des autoroutes, ponts, tunnels avec un système uniformisé, …

Le projet VIKING 2007-2013, à travers le programme EasyWay qui regroupe 8 régions européennes, poursuit ses recherches de développement et d’uniformisation des services de transport intelligent.

  • INTELLIGENT ROAD

En Finlande et en Suède, un système de gestion des conditions de circulation a été mis en place au travers d’un site internet. Il informe en temps réel de l’état des routes et de la météo grâce à une communication interactive entre les routiers, des capteurs, des stations météo [2]

2.      UK

Le gouvernement du Royaume Uni a annoncé en octobre 2013 sa volonté de financer un tronçon de route connectée de 50 miles pour permettre la circulation de voitures autonomes [3]

3.      FRANCE

  • L’entreprise COLAS a dévoilé en octobre 2015, son revêtement photovoltaïque WATTWAY. Les routes qui seront revêtues de ce système produisant de l’électricité, seront connectées et informeront en temps réel de leur état, des conditions de circulations, …
  • En février 2014, le ministre des transports Frédéric Cuvellier, a annoncé le déploiement de 3000 kms de routes connectées pour 2016, répartis sur 5 sites pilotes en collaboration avec les deux constructeurs français PSA et Renault.[4]
  • L’IFSTTAR a lancé en 2010, un programme de recherche « R5G » (Route 5ème Génération) avec en particulier le « R5G coopérative » qui concerne les routes connectées.[5]

MONDE

1.      US

Parmi la multitude de projets de recherche aux US, l’un d’eux concerne la gestion autonome des intersections (AIM – Autonomous Intelligent Management) du Laboratoire d’intelligence Artificielle de l’Université du Texas. Ce système ne fonctionnera qu’avec des voitures autonomes qui échangent avec des serveurs les autorisant ou non à traverser les carrefours. Ce système augmente la sécurité, les temps d’attente, réduirait les consommations de carburant et l’émission de CO2. [6]

L’administration US a annoncé qu’elle investirait 4 milliards de dollars dans le secteur des voitures autonomes connectées pour les 10 prochaines années.

2.      MOYEN ORIENT

En mai 2015, une conférence a été organisée par le Qatar et la suède. En effet, le Qatar s’engage dans un programme de zéro mort sur la route avec l’aide de la Suède qui mène cette politique depuis 1997. Parmi les solutions, Ericsson propose un cloud de partage de données transmises par les voitures, les routes et les autorités.[7]

PROTECTION DES DONNEES

En janvier 2016, la commissaire européenne aux transports Violeta Bulc a remis le rapport de la commission qui a rencontré des industriels de l’automobile, des compagnies d’assurance, des autorités publiques depuis fin 2014. Dix groupes de travail ont étudié les aspects de sécurité, techniques, règlementaires…

La commissaire a précisé qu’elle voulait voir des voitures connectées sur les routes européennes d’ici 2019 (C-ITS Platform).[8]

Ce rapport a soulevé le problème de la sécurité des données personnelles émises par les véhicules (positionnement, vitesse, informations personnelles des conducteurs…) ainsi que la vulnérabilité des voitures autonomes face à des cyber-pirates. Ces données personnelles peuvent être récupérées par les constructeurs et utilisées à des fins commerciales. Les groupes de travail poursuivent les études et produiront des directives.

Aujourd’hui, la technologie des routes connectées est disponible mais la règlementation est à définir aussi bien en Europe qu’aux Etats Unis.

[1] http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs13177-014-0092-1

[2] http://data.intelligentroad.eu/vis/map/hour/

[3] http://www.theguardian.com/technology/2013/oct/02/super-highway-a14-internet-connected-road

[4] http://www.usine-digitale.fr/article/3-000-vehicules-connectes-sur-2-000-kilometres-de-routes-francaises-des-2016.N239579

[5] http://www.ifsttar.fr/ressources-en-ligne/espace-science-et-societe/infrastructures/dossiers-thematiques/a-quoi-ressembleront-les-routes-de-5eme-generation-r5g/routes-connectees-et-cooperatives/

[6] http://www.objetconnecte.net/bientot-fin-embouteillages-161522/

[7] http://www.itp.net/603213-qatar-and-sweden-collaborate-on-smart-road-safety-solutions

[8] http://ec.europa.eu/transport/themes/its/doc/c-its-platform-final-report-january-2016.pdf

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La mobilité intelligente : Une histoire française.

Éléments de connexion géographique, les routes sont désormais un moyen de transfert et de partage de données. Elles sont désormais le support des câbles de fibres optiques pour internet, sont munies de balises qui communiquent avec des voitures, et permettent plus récemment de produire de l’énergie.


En France, la route connectée (ou route intelligente) est un dispositif des STI, « Systèmes de Transport Intelligents », qui ambitionnent de révolutionner l’usage des réseaux d’infrastructures et des véhicules en tirant profit des nouvelles technologies de l’information, et ce aussi bien pour le transport des biens que des personnes.

Si un plan d’action à l’échelle de l’Hexagone a été mise en place récemment, il faut pourtant remonter aux années 1970, pour retrouver les prémices du travail sur la route connectée.

Le  2  juillet  1973,  Henri  Billottet  et  Jean-Raymond  Narbaits-­Jaureguy,  deux  inventeurs français,   déposent   une   demande   de   brevet   aux   États-Unis   pour   un   « système   de surveillance d’objets se déplaçant le long d’une route ». Le brevet leur sera octroyé deux ans plus tard, le 16 septembre 1975 et ouvrira la voie à d’autres travaux et recherches dans le même sens.

« Un système pour la surveillance d'une route le long de laquelle les véhicules se déplacent, et qui fonctionne en temps réel, comprend un équipement radar" (Traduction extraite du descriptif du brevet « System for the surveillance of objects moving along a route US 3906492 A »)
« Un système pour la surveillance d’une route le long de laquelle les véhicules se déplacent, et qui fonctionne en temps réel, comprend un équipement radar » (Traduction extraite du descriptif du brevet « System for the surveillance of objects moving along a route US 3906492 A »)

 

Près de quarante ans plus tard, la France a commencé à tester, depuis 2014 et sur un réseau de 2000 km environ, dans les régions parisiennes et bordelaises, un système qui permet à des « véhicules intelligents » de diffuser et de recevoir des informations -­‐ concernant  l’état  de  la  chaussée,  la  présence  d’un  obstacle,  d’éventuels  accidents,  etc.-­‐ avec les autres utilisateurs via des bornes WI-­‐FI installées tout au long de ces routes.

Un rapport intitulé « Livre Vert -­‐ Mobilité 3.0 » a été publié en septembre 2015 par ATEC ITS France –une association active depuis une dizaine d’années- pour soutenir les efforts déployés dans ce sens par l’État et les organismes privés.

Par ailleurs, de grandes entreprises françaises telles qu’Egis, Vinci Energies et Thales, travaillent avec plusieurs villes à travers le monde pour faire évoluer ce dispositif vers une meilleure maîtrise des infrastructures.

Cette implication française s’insère dans le cadre du programme européen plus global de « Smart City », lequel concerne également le secteur de la construction où le BIM est en train d’initier une mutation conséquente. Il permettra à l’Hexagone et au Vieux Continent  de  rattraper  un  certain  retard  accusé  sur  d’autres  pays  anglo-saxons  ou nordiques pour en faire un vecteur de développement certain et durable.

 

 


Références :

https://www.google.com/patents/US3906492

http://www.atec-­itsfrance.net/

http://www.congres-atecitsfrance.fr/

https://www.aruco.com/

http://www.transport-­intelligent.net/

http://www.ifsttar.fr

 

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BIM4

Le BIM : un outil d’aide lors de la conception

Le BIM (Building Information Modelling) est un concept qui a été inventé en 1995. Son objectif est de permettre la capitalisation des informations liées à un bâtiment, une infrastructure ou autre dans le but d’optimiser sa conception, sa construction, son exploitation et sa démolition. Le BIM sert donc tout au long de la vie d’un ouvrage. De plus, le BIM permet d’effectuer un travail collectif entre les différents intervenants : la maquette numérique est reprise par chaque intervenant qui y rajoute ses paramètres : architecture, calcul de structures, réseaux… Tout ceci permet une durabilité de l’ouvrage ainsi qu’un gain de temps et d’argent pour l’ensemble des parties prenantes du projet.

BIM2

Mais le BIM permet aussi de laisser parler son imagination lors de la conception afin d’innover et de créer les bâtiments, les infrastructures de demain. Cet outil permet de se rendre compte en temps réel de la faisabilité d’un ouvrage. De plus, le BIM permet de visualiser les différentes possibilités envisageables (par exemple, les différents types de ponts ainsi que leurs emplacements possibles dans le contexte environnemental). Il permet également de montrer au client le rendu final du projet avant même d’avoir entamé les travaux. Cela permet de corriger en amont du chantier les éventuels changements souhaités par le client.

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Grâce au BIM, l’ensemble des intervenants peuvent travailler ensemble sur le projet via une capitalisation de l’information. Cette façon de travailler devient indispensable sur les nouveaux projets comme par exemple la Fondation Louis Vuitton dont le modèle global comportait huit millions de degrés de liberté et cent vingt mille cas de charge différents.

Étant donné la complexité des besoins actuels, le BIM sera au cœur des projets de demain. Le problème qui sera à résoudre est celui de la sauvegarde des données. En effet, l’outil informatique a une durée de vie moyenne de dix ans tandis que les ouvrages sont conçus pour durer au minimum cent ans.

BIM3

Mots clés : Conception – Innovation – Maquette Numérique – Infrastructure – Durabilité

Sources :

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