Archives du mot-clé futur

Scénario pour la création d’un MOOC sur le BIM

(1)   Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

Qu’est-ce que le BIM ?

 

BIM = Modélisation des données du bâtiment (maquette numérique), il incarne une façon de décrire les bâtiments en concentrant l’ensemble de l’information technique, composants, équipements et comportements. Toute modification apportée, quelle que soit la compétence exercée, est automatique et répercutée sur l’ensemble de la maquette. D’où une importante diminution du temps et des coûts de production des plans et saisies informatiques.

 

 

Quels sont les principaux avantages du BIM ?

 

– Le BIM permet un échange d’informations simplifié, dont celles-ci sont à jour, justes et non redondantes. Il permet un travail en collaboration et non un travail « à la chaine ».

 

– Le BIM est autant utile aux Maitres d’œuvre, architectes, bureaux d’études qu’aux Maitres d’Ouvrage. En effet, ces derniers peuvent utiliser la maquette pour la maintenance et son utilisation (représentation numérique de son patrimoine). Il devra cependant mettre à jour la maquette afin que celle-ci soit réutilisable.

 

– Le BIM met en place les bonnes pratiques qui ne sont pas mises en place, grâce à une grande panoplie d’outils.

 

– Le BIM fait appel à un langage commun, les IFC, ce qui permet un échange de données possible et facile.

 

– Le BIM permet de réduire ainsi les coûts de conception et d’améliorer la gestion.

 

– Le BIM permet un gain de fiabilité grâce à ses diverses simulations (thermiques, acoustiques, environnementales, quantitatifs, …)

 

 

Quels sont les principaux inconvénients du BIM ?

 

– La qualité de la maquette doit être très élevée, afin que les différentes simulations soient fiables et correctes, que les quantités soient les plus réelles possible, et que l’utilisation future de celle-ci puisse être exploitable (éviter les clashs, supprimer les objets non utiles dans la maquette, …) De plus, les erreurs effectuées au sein du projet grâce au BIM doivent être rapidement et souvent corrigées afin que celles-ci soient minimes à résoudre. Plus on attend, plus le problème risque de prendre de l’ampleur, et cela va devenir long et couteux à corriger.

 

– Il va de soi que les acteurs du projet (en BIM) aient une connaissance des différents logiciels BIM (exploitation des données, modifications si nécessaire, …). Il faut prévoir 2-3 jours pour faire des plateaux réunissant tout le monde, afin de démarrer sur de bonnes bases, et prévoir des périodes tampons (pour sortir des métrés, des quantités, ..)

 

– Coûts cachés dus au BIM :

. Les parties prenantes qui ne s’adaptent pas au BIM

. Mauvaise gestion des gabarits

. Qualité des modèles

. Eviter la sous-traitance. Cela peut attirer des soucis (Exemple : le sous-traitant met la clef sous la porte, il est alors très difficile de réparer les dommages).

 

 

(2)   Comment ça fonctionne ?

 

Quel est le principe de fonctionnement du BIM ?

 

L’informatique est utilisée dans le bâtiment depuis longtemps, bien avant l’apparition du BIM. Seulement il n’existe aucun logiciel exhaustif capable de rassembler toutes les informations du bâtiment. Chaque corps de métier a généralement son logiciel spécifique. Mais le système BIM est centré sur une base de données commune, ou chaque intervenant peut partager ses données sans dépendre d’un outil particulier. On appelle cela l’interopérabilité.

 

Pour permettre cette interopérabilité, il existe un format d’échange IFC (Industry Foundation Classes). Ce langage informatique commun permet à tous les acteurs de transmettre leur travail, quel que soit le logiciel utilisé en interne.

 

 

 

L’interopérabilité du BIM

 

La base de données contient également une bibliothèque 3D, qui comprend les caractéristiques géométriques des objets, mais également des informations sur leur nature. Les caractéristiques des matériaux, physiques ou mécaniques sont ainsi disponibles.

Quelles sont les étapes d’un projet ?

 

Le processus d’utilisation est assez clairement défini. On commence par une modélisation architecturale, puis une modélisation des détails de constructions (corps d’états techniques). Puis le BIM manager va assembler les données et vérifier la cohérence de l’ouvrage. A partir de cette étape, le manager va chercher les conflits entre les données, qui seront répertoriées dans un rapport. Enfin on peut rajouter toutes les données secondaires de la construction : isolation, calculs des coûts, l’ordonnancement des étapes… Ces étapes correspondent à des LOD (level of developpement) qui vont de 1 jusqu’à 5.

 

Il est important de noter que toutes ces étapes sont réalisées indépendamment par chacun des acteurs du projet. C’est le point fort du BIM, la concertation des parties n’est plus nécessaire pour le moindre petit détail.

 

 

(3)   « Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? »

 

Dans quel cas suis-je concerné par ce changement ?

 

A peu près tout le monde travaillant dans le milieu du BTP est concerné par l’arrivée du BIM. Que l’on soit architecte, maitre d’ouvrage ou encore expert géomètre et quel que soit le projet sur lequel on est présent (même si le BIM est particulièrement utile pour les projets de grande envergure).

 

Pour le maître d’ouvrage, le changement se fera au niveau de la gestion de son patrimoine ; c’est un gain de temps non négligeable mais qui nécessitera peut-être quelques connaissances techniques. Pour les autres acteurs d’un projet, le BIM permettra une meilleure communication et un gain de temps et d’argent. Cela oblige à un travail encore plus collaboratif et un partage plus important des responsabilités.

 

En tant qu’étudiant en travaux publics entrant bientôt dans le secteur, on a peut-être la chance de s’adapter plus rapidement à l’arrivée du BIM et d’en faire un argument pour s’épanouir dans une entreprise.

 

 

Comment mon travail va-t-il évoluer?

Il est normal, quand l’on est concerné par ces changements, de se demander comment va évoluer notre travail. Pour quelqu’un qui est déjà débordé par son travail, il est important de savoir si l’arrivée du BIM coïncidera à un gain de temps et un allégement des tâches ou au contraire à un ajout de travail supplémentaire, ce qui serait difficilement supportable.

 

La question revient à se demander comment les entreprises vont-elle être remodelées pour répondre à l’utilisation du BIM dans leurs projets. Vont-t-elles engager de nouveaux employés spécialement pour cette tâche (des BIM managers) ou vont-t-elles forcer leurs employés actuels à se former aux logiciels de modélisation (par une formation accompagnée ou par leur propre moyen) ?

 

Dans tous les cas, on ne peut rester insensible à cette nouveauté et il est important de réfléchir dès à présent à ce que l’on pourra en tirer de meilleur. Il parait inéluctable, comme souligné dans la question précédente, que le travail en groupe sera encore plus développé, ce qui peut en gêner certains.

Dois-je m’inquiéter pour mon emploi ?

Le monde de l’entreprise est dur au point que si l’on ne répond pas aux exigences on devient un frein pour notre société ; il est donc logique de penser que l’on risque de perdre son emploi avec l’apparition du BIM si l’on est incapable de s’adapter rapidement.

 

Mais ce n’est pas la première fois qu’un changement se fait dans le BTP, et nos prédécesseurs se sont adaptés aux arrivées de nouvelles technologies et d’internet, il ne dépend donc que de nous-même de réussir le passage au BIM, en sachant qu’en plus tout le secteur sera concerné.

 

On peut décider d’attendre qu’il soit obligatoire (ce qui n’est pas encore le cas en France contrairement à d’autres pays, même s’il est très présent pour certains projets comme les hôpitaux) pour se mettre au BIM, au risque de passer à la trappe, ou prendre les devants et se voir être un précurseur dans le domaine. Le plus sûr étant tout de même de suivre l’évolution sans brusquer les choses ni prendre de retard.

 

 

(4)   « Comment faire pour y aller ? »

 

Comment la législation peut évoluer pour promouvoir le passage au BIM ?

 

En Janvier 2014, des directives européennes ont été votées, incitant à l’utilisation du BIM dans la passation des marchés publics. Les Etats ont ainsi jusqu’au mois d’avril 2016 pour transposer ces directives européennes au niveau national. Les Etats pourront, soit inciter, soit rendre obligatoire l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

Certains pays ont déjà franchi le pas, comme le Royaume-Uni où l’utilisation du BIM est devenue obligatoire à partir de janvier 2016 pour les marchés publics supérieurs à 5 MGBP.

 

Bertrand Delcambre, nommé Ambassadeur du numérique dans le bâtiment par la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, Sylvia Pinel, se prononce dans son rapport sur « la mission numérique du bâtiment » en faveur, dans un premier temps, d’une incitation à l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

 

Comment le passage au BIM se traduit-il dans les entreprises ?

 

Le passage au BIM nécessite de la part des entreprises un investissement important. En effet, les entreprises doivent investir dans de nouveaux logiciels mais également dans du matériel plus performant ainsi que dans la formation des employés. La Fédération CINOV estime l’investissement pour les logiciels et le matériel entre 8000€ et 15000€ par poste de travail. Cela représente une somme importante, notamment pour les TPE/PME. Cependant, cet investissement devrait être assez rapidement compensé par une meilleure productivité et une baisse des dépenses liées aux non conformités.

 

Ainsi, Bertrand Delcambre propose, dans son rapport, de mettre à disposition des entreprises des « Kits BIM » pour permettre l’utilisation du BIM par les plus petites structures, en utilisant des logiciels Open Source et des bibliothèques d’objets simples.

 

 

Comment former les professionnels au BIM ?

 

L’utilisation de la maquette numérique au sein des entreprises nécessite de former le personnel à ces nouvelles technologies. On voit ainsi apparaitre de nouvelles formations comme le Mastère Spécialisé  BIM mis en place par l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie (ESTP), en association avec d’autres structures. Cependant, ce type de formations nécessite une présence à l’école et est donc plus adaptée à une jeune génération d’ingénieurs tous justes diplômés. C’est pourquoi les MOOC (Massive Open Online Courses) représentent un outil de formation important pour favoriser le passage au BIM dans les entreprises et notamment dans les petites et moyennes entreprises.

 

 

Comment assurer la qualité de l’échange des informations par la maquette numérique ?

 

Dans le but de rendre le meilleur possible l’échange d’informations par le biais de la maquette numérique, il est indispensable de rendre utilisables et compréhensibles par tous les données utilisées par les différents acteurs. Ainsi, la commission de normalisation AFNOR/PPBIM travaille sur une normalisation, en termes de propriétés des produits, de l’utilisation du BIM. Une première norme expérimentale XP P07-150 a été publiée en décembre 2014 dans le but d’une harmonisation des données échangées par l’utilisation de la maquette numérique.

 

 

Sources :

 

www.enpc.fr/

– Cours de l’option BIM de 3ème année de l’ESTP

– wwww.bimbtp.com/decouvrir-le-bim/les-lourdes-consequences-du-bim

-www.polantis.info

www.lemoniteur.fr/

Rapport de la Mission Numérique Bâtiment du gouvernement (sur le site www.territoires.gouv.fr)

 

 

 

Share Button
image bim

LE BIM, BOUM À VENIR

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Le BIM, ou Building Information Modeling (Modélisation des données du bâtiment), est l’association de technologies et de différents processus afin de réaliser un bâtiment, tout en facilitant la communication et l’analyse des modèles de construction des différents intervenants du projet, depuis sa conception jusqu’à son démantèlement

Construire un bâtiment sans la maquette numérique, en quoi cela consiste-t-il ?

Lors de sa conception, un bâtiment passe par différentes étapes. Le problème avec un processus traditionnel est que l’on observe une perte importante d’informations au passage d’une étape à la suivante car les acteurs ne sont généralement pas les mêmes et n’utilisent pas les mêmes outils et les même formats de données (souvent incompatibles entre elles). De plus, chaque corps de métiers peut utiliser des unités différentes (millimètre pour les charpentes métalliques, cm pour les électriciens…) et chaque information peut être rentrée plusieurs fois par différent corps de métiers. Cette non-communication entre les différents acteurs de la conception est la source de nombreuses erreurs et de retard, ce qui augmente le coût de l’ouvrage et qui est souvent source de conflits juridiques qui peuvent conduire à des procès longs et couteux.

Quel sont les avantages qu’apporte le BIM par rapport à la méthode classique de construction ?

Grâce à la maquette numérique, la communication entre les différents intervenants est facilitée : tous les différents corps de métier, les autorités, les bureaux d’études et architectes, les industriels et les centres de recherche peuvent mettre en commun leurs informations. Ces informations sont capitalisées à chaque étape en rassemblant ainsi chaque résultat des différentes étapes (géométrie, matériaux, chauffage, éclairage, acoustique, soufflerie, emplacement des équipements, etc.). Le BIM permet de regrouper toutes les informations sur le cycle de vie du bâtiment ainsi que celles de la conception, de la construction et de l’exploitation de l’ouvrage en incluant les règles de construction, les normes demandées, les données fournisseurs, les plans/ les coupes/ les visualisation et caractéristiques du produit, les calculs, les plannings pour chaque partie et les modélisations 3D du projet, le tout dans un format que chacun doit être capable de lire. La centralisation de ces données permet de se rendre compte de différents problèmes qui sont susceptibles de se produire lors de la construction et ainsi de les résoudre en amont et éviter de perdre du temps et de l’argent, tout en augmentant la productivité globale du projet.

Mais alors ne pas faire systématiquement du BIM pour chaque projet ?

La création d’une maquette numérique peut paraitre longue et fastidieuse car c’est un outil complexe et nouveau qui demande une formation et du temps, mais tout ce temps qui est perdu en amont des travaux avec le BIM est largement gagné par la suite grâce à l’optimisation des plannings, des délais de livraison et de la communication. Mais la maquette numérique n’évite pas les erreurs humaines !

Par ailleurs, le BIM pose un problème de propriété intellectuelle. En effet, chaque intervenant du projet y insert un grand nombre d‘informations sur la conception, le coût, les procédés techniques et graphiques qui leur sont propres, etc., chacune étant protégé par le droit à la propriété intellectuelle. Mais alors à qui appartient ces données une fois dans la maquette ? Et à qui appartient la maquette ? Le rôle et la responsabilité de chaque acteurs sur la maquette doivent être contractuellement définis car sinon nous ne pouvons savoir à qui incombe la responsabilité lors d’une erreur dans la maquette étant donné que tout le monde y a accès.

Comment « ça » fonctionne ?

C’est bien beau cette idée de collaboration des différents acteurs, mais comment échangent-ils les informations entre eux ?

Déjà dès le tout début du projet, on réunit les 3 entités principales que sont les maître d’ouvrage, maître d’oeuvre et entreprises pour que soient prises les décisions élémentaires et essentielles à la bonne tenue du projet. En utilisant un modèle 3D, on a une meilleure vision des options, et on peut donc prendre des solutions plus rapidement et de manière plus avisée. Avec le BIM, l’accent est mis sur le partage, le collectif.

Ainsi, de manière pratique, on met en place, pour chaque projet, une plateforme collaborative, accessible à toutes les parties prenantes : fichiers de dessins 2D, 3D, documents écrits, notices techniques… Les éditeurs de logiciel ont déjà mis en ligne leurs propres plateformes, qui sont utilisable de manière personnalisée pour chaque projet. Elles permettent un tri des fichiers selon 4 catégories : En cours de développement, Partagé, Publié et Archivé.

Les fichiers sont donc à la disposition de tous les acteurs, qui ont ainsi une vision globale de toute l’activité, et peuvent ainsi mieux communiquer, mieux intervenir aux différentes étapes du projet.

Cette logistique ne ressemble pas du tout à ce qui se faisait jusqu’à présent…Cela implique un tout nouveau processus de travail, non ?

Tout à fait ! La révolution BIM est également une révolution de méthode de travail, un tout nouveau cycle process de résolution des différents problèmes qui peuvent survenir lors d’un projet de construction : Planifier, afin de trouver des solutions d’amélioration pour un problème qui a été identifié : listing détaillé du plan de déploiement de ces solutions, et première formation du personnel à mettre en oeuvre lesdites solutions. Effectuer les modifications et les documenter : Utilisation des moyens techniques adéquats (hardware et software), et formation des employés à leur utilisation. Vérifier que le nouveau produit correspond à ce qui avait été prévu : Remise à jour du plan de déploiement et contrôle de celui-ci au regard de la phase d’exécution. Agir pour standardiser les résultats, et pouvoir les réutiliser dans les cas similaires : Évaluer la formation qui a été faite auprès des employés, et confirmation des résultats…

…et recommencer le cycle si les buts initiaux n’ont pas été atteints !

Et c’est efficace, au moins ?

Evidemment, car les erreurs, les problèmes sont de mieux en mieux traités au fur et à mesure que les processus s’enchainent. La recherche permanente de l’amélioration des processus permet un gain de temps, et donc de productivité. De plus, les solutions apportées, puisque répertoriées et réutilisables, constituent une véritable valeur ajoutée par rapport aux méthodes traditionnelles.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Le BIM induit-il des changements lors de l’exploitation des bâtiments ?

Comme il a été dit précédemment, le BIM permet de faciliter la phase de conception du bâtiment, en centralisant sur un fichier unique, accessible à tous les acteurs du projet, l’ensemble des données géométriques et techniques de l’ouvrage. Cependant l’utilisation du BIM ne se résume pas uniquement à la phase de conception. En effet les maquettes numériques peuvent être très utiles dans l’ensemble du cycle de vie de l’édifice. En archivant la maquette de l’ouvrage, on conserve l’ensemble des données de celui-ci. Ainsi dès qu’il faut réaliser une rénovation, un agrandissement ou une mise en conformité de l’édifice, le bureau d’étude et l’architecte possède déjà l’ensemble des données nécessaires pour démarrer le projet (type de matériaux, tracés des réseaux, position du ferraillage etc…). Les études préalables avant toutes modifications apportées à l’ouvrage en sont grandement simplifiées. Après modification de l’édifice, on met à jour la maquette numérique. On possède ainsi en permanence de plans actualisés de l’ouvrage. De même, en fin de vie de l’édifice, la déconstruction de l’ouvrage est grandement simplifiée puisque l’on connait exactement, grâce à la maquette, les matériaux qui le composent. Le chantier de déconstruction peut être optimisé et on évite ainsi un long et fastidieux travail de triage des éléments. De manière générale, le BIM par rapport aux plans de construction, simplifie l’exploitation du bâtiment : en effet les plans sur papiers sont difficilement manipulables et souvent erronés car ne sont pas mis à jour.

La maquette numérique va-t-elle apporter des changements sur la phase chantier ?

On l’a vu, l’impact du BIM sur la conception du bâtiment est important. Toutefois on peut aussi utiliser la maquette numérique lors de la phase de construction : « sur le terrain ». En effet en équipant les équipes travaux (ingénieurs, chef de chantier, sous-traitants etc…) de tablettes compatibles avec des logiciels BIM, la productivité des chantiers peut être grandement améliorée. Le personnel de chantier a ainsi accès aux vues en 3D de l’ouvrage, avec toutes les données (matériaux, dimensions etc…) qui sont mises à jour. La réalisation de l’ouvrage est ainsi facilitée et on évite les erreurs. De plus les échanges d’informations entre bureau d’études, architecte et entreprise de construction sont plus rapides.

Comment faire pour y aller ?

Il se pose maintenant la question de la mise en oeuvre du BIM. En effet, pour que le BIM soit vraiment efficace, il est évident que la plus grande partie des acteurs, petits ou grands, doivent utiliser le BIM. Ainsi, les entreprises de gros oeuvre et de second oeuvre, comme le maître d’oeuvre ou les sous-traitants, doivent communiquer sur la même plateforme. Le BIM nécessite une organisation adaptée à chaque intervenant. Quelles sont les mesures à prendre pour mettre en place le BIM au sein des entreprises participantes, et comment coordonner les intervenants ?

Cela passe d’abord par la définition des besoins pour chaque structure n’est-ce pas ?

Oui, effectivement il est nécessaire d’analyser quels seront les acteurs susceptibles d’utiliser le BIM. Il faut en cela fixer des objectifs réalistes pour lesquels le personnel travaillera sur ces logiciels. La transition entre des logiciels de dessins par exemple au BIM ne peut se faire en un seul jet. L’évolution vers le BIM doit se faire progressivement, pour évoluer à 100% avec le BIM.

La formation du personnel est alors indispensable ?

Elle s’inscrit bien sûr dans le processus. Des équipes spécialisées BIM vont former le personnel progressivement afin de garder une productivité au moins équivalente qu’avec d’autres logiciels pendant le temps de la formation. L’apprentissage du BIM se fait d’abord sur des petites quantités pour apprivoiser le logiciel, pour pouvoir apprendre à travailler en 2D et en 3D. Pour cette transition, l’on a souvent recours à un BIM manager dont la mission est de gérer l’information et les différents participants afin qu’ils travaillent tous au même rythme. Son rôle en sus est aussi de contrôler la bonne utilisation du BIM. Les entreprises peuvent alors faire appel à des intervenants d’école d’ingénieurs, d’organismes privés, pour piloter cette formation. Il est conseillé de travailler avec le BIM dès la formation réalisée pour ne pas perdre l’acquis et sur un projet nouveau.

Y a-t-il des problèmes de communication entre les différents acteurs de la construction ?

Historiquement, les architectes et les maîtres d’oeuvre travaillent en 3D depuis quelques années déjà. Or, les constructeurs eux ont besoin de plan 2D pour la mise en oeuvre des travaux sur le terrain. Il est apparu que dans de nombreux cas, des projeteurs étaient nécessaires pour projeter le projet du 3D en 2D. Ainsi, avec la formation du personnel, cette étape ne sera plus nécessaire et il y aura un gain de temps.

Les grandes entreprises elles, ont le temps et la possibilité de former leur personnel, mais qu’advient-il pour les petites entreprises de sous-traitance tel que le plombier ou le chauffagiste ?

En effet se pose le problème de la généralisation du BIM. On peut être amené à penser que certaines petites entreprises de sous-traitance seront écartées d’un projet parce qu’elles n’utilisent pas le BIM pour diverses raisons. C’est pour cela qu’il faut que le BIM se généralise mais progressivement. Cela nécessite des investissements pas forcément rentables pour les petites entreprises, l’immobilisation des certains personnels… Les petites entreprises n’auront sans doute pas à créer avec le BIM mais avant tout elles devront savoir comment traiter les informations du BIM et y apporter leur participation.

Puis le BIM va changer certaines coutumes à la française, notamment le fait que les architectes, au contraire des pays anglo-saxons, ne fournissent pas des plans finaux. La tradition veut que les entreprises effectuent tour à tour des ajustements. Le BIM va alors forcer tout le monde à travailler avec un même outil et à mettre plus de rigueur dans les communications.

 

 

Bibliographie :

Le cours de Monsieur Doukari

http://objectif-bim.com/index.php

http://www.lest-eclair.fr/…/quand-tout-le-batiment-va-faire…

http://blog.archipad.com/2015/…/31/le-bim-comment-sy-mettre/

http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview

Share Button

Quelle sera l’utilisation du BIM dans 10, 20, 30, 40 ans ?

Suivre de près les innovations actuelles est une chose… mais se projeter à 40 ans en est une autre ! Qui, il y a 40 ans, devant sa planche à dessin, son téléphone filaire et son bottin aurait imaginé l’E-mail, le smartphone et l’imprimante 3D ?
Dans la mesure où, à priori, aucun site n’est vraiment directement prospectif sur le sujet, nous avons décidé de traiter la question du BIM comme si elle avait été totalement intégrée dans la pratique du future. Le BIM ne sera plus en soi la révolution que l’on nous vend aujourd’hui, mais aura été totalement intégré dans la construction, tel son ADN. De ce fait, nous nous intéressons ici aux futures tendances dans le monde du bâtiment, tant d’un point de vu des outils et de leurs usages, que des objets bâti qu’ils produiront.

Ainsi, dans les années à venir, tout porterait à croire que la pratique du BIM soit aussi répandue que celle d’Excel aujourd’hui, avec un développement très fort en Chine, au Japon et au Brésil, et où la part d’usagers la plus importante se situe directement chez les constructeurs, et non plus chez les architectes. Le «Cloud » semblerait être le support indispensable au développement du BIM, tout comme une aide précieuse aux études et aux simulations par une énorme puissance de calcul délocalisée et partagée (1).

Le Royaume Uni ayant une longueur d’avance sur l’usage du BIM, continu malgré tout à développer une certaine prospective, avec notamment la constitution du groupe de réflexion BIM2050, affilié au BIM TaskGroup. Il s’agit pour eux de rapprocher les mondes du bâtiment et de l’industrie au travers du BIM, et de prospecter de nouveaux horizons de développements, tels que l’éducation des enfants à maitriser les outils de conception, d’impressions 3D, etc. (2)

Si l’on se penche justement sur cette notion d’impression 3D, le BIM et plus particulièrement la maquette numérique a profité de cette technologie naissante pour la transposer sur la construction à grande échelle. Une tentative hollandaise est en cours, avec des matériaux bio-sourcés (3), alors que la Chine est nettement en avance avec des prototypes aboutis, et visitables (4). Leur technique est plus conventionnelle, dans le sens où l’exosquelette de la maison est certes imprimé en ciment, mais ne sert que de fond de coffrage perdu, sans être particulièrement novateur en termes d’écriture architecturale.

L’évolution la plus probable dans les prochaines années, dans la continuité du BIM, voire au-delà semble bien liée à la robotique. Des ouvriers programmables, infatigables, sans congés ni revendications, changeront nos habitudes du chantier. Les drones, robots et autres humanoïdes sont tout destinés à remplacer les compagnons sur des taches prédéfinies dans la maquette numérique, dans le prolongement naturel de ce que nous connaissons pour la 4D aujourd’hui (5) & (6).

Mots-clefs

« future of BIM »
« BIM 2050 »
« 3D printed house »
« robot chantier bâtiment »

Webographie

(1)  C.C. Sullivan, The future of construction: Meet BIM (or else). In ZDnet, 13 Février 2013  [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.zdnet.com/article/the-future-of-construction-meet-bim-or-else/

(2)   BIM2050 Team, Built Environment 2050, A Report on Our Digital Future. In Bim Task Group, UK Septembre 2014 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.bimtaskgroup.org/wp-content/uploads/2014/09/2050-Report.pdf

(3) 3D Print Canal House [consulté le 13 Avril 2015]

http://3dprintcanalhouse.com/

(4)  Kira, Exclusive: WinSun China builds world’s first 3D printed villa and tallest 3D printed apartment building. In 3ders, 18 Janvier 2015 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.3ders.org/articles/20150118-winsun-builds-world-first-3d-printed-villa-and-tallest-3d-printed-building-in-china.html

(5)  Michael Ignatevossian, Voici l’ouvrier du futur. In Paris Match, 24 novembre 2013 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.parismatch.com/Actu/Environnement-et-sciences/Voici-l-ouvrier-du-futur-538030

(6)  Anonyme, Des robots termites qui construisent comme de véritables ouvriers, In Humanoïdes, 16 Février 2014 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.humanoides.fr/2014/02/16/des-robots-termites-qui-construisent-comme-de-veritables-ouvriers/

Share Button