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« La conception géométrique est nécessaire mais elle n’est pas suffisante » Christophe Gobin (Cahier Pratique Le Moniteur n°5737 sur la Constructibilité)

Dans la pratique, la projétation consiste en une réponse géométrique aux besoins de l’utilisateur final alors que les composants élémentaires d’un ouvrage font parti d’ensembles qui répondent à des fonctions attendues par les usagers (performances thermiques, acoustiques…. ). La géométrie, seule, ne peut répondre aux exigences du programme.

L’Institut de recherche en constructibilité (IRC) propose la découpe du bâtiment en sous ensembles fonctionnels comme suit

  1. Adaptation
  2. Structure
  3. Enveloppe
  4. Partition et accès
  5. Equipement
  6. Parachèvement

Cahier pratique Le moniteur n°5737 (@IRC)

Cette notion de fonction est décrite dans la méthode UNTEC d’analyse et d’estimation des coûts de la construction immobilière (UNTEC, 2002). Cette méthode propose de décomposer les projets en éléments constitutifs jusqu’à l’obtention « d’organes fonctionnels ». A titre d’exemple, les fondations ont pour fonction «  la répartition sur le terrain des charges et des surcharges du bâtiment (UNTEC, 2002).

Si l’on fait un parallèle avec l’utilisation des IFC dans les projets de construction, la problématique est assez similaire. Le format IFC permet d’échanger la géométrie nécessaire entre les acteurs chargés de la conception du bâtiment et les objets peuvent être enrichis d’informations non géométriques. L’objectif du BIM est de passer de la 3D à la 7D et l’accent est mis sur l’interopérabilité via les IFC alors que lorsque l’on dépasse le stade de la conception, les besoins en données géométriques diminuent En effet, les composants IFC, sous ensemble de la famille élément, ne permettent pas de définir un bâtiment en sous ensembles fonctionnels. Le cours de l’UNIT  « Arborescence des principaux objets du modèle IFC » illustre mon propos et montre clairement que se trouvent au même niveau d’arborescence, sous les éléments constructifs : les murs, les dalles, la toiture, les poutres, les portes, les fenêtres….

De nombreux maitres d’ouvrages, souvent Anglo-Saxons, imposent l’utilisation de formats de données non géométriques pour enrichir les maquettes 3D. Parmi ces formats, on peut citer : UNIFORMAT II, OMNICLASS, UNICLASS. En France, la décomposition primaire proposée par l’UNTEC pourrait s’assimiler à un de ces formats. Si on étudie ces formats avec la vision proposée par l’Institut de recherche en constructibilité, les plus proches d’un découpage fonctionnel sont UNIFORMAT II et la méthode UNTEC.

La mise en place puis l’adoption par les acteurs français d’un format du type Uniformat permettrait de réaliser des projets de construction ou de rénovation avec une description par éléments attendue et comprise par tous, à toutes les phases, et permettant à la donnée de rester structurée lorsque les besoins en information géométrique diminuent.

L’enjeu est une meilleure coordination grâce à « une certaine uniformité des données de conception présentées par chaque discipline », Robert P Charrette (Guide pour la description de projets par éléments Uniformat II, 2006).

 

 

 

 

 

 

Références :

www.unit.eu/cours/bim/arbo/arbo.html

www.omniclass.org

www.csinet.org/Home-Page-Category/Formats/MasterFormat/What-is-MasterFormat-PPT.ppt

www.cebq.org/documents/DPE-GuidepourUniformatII.pdf

www.jmb51.net/DT_2011/32-INFORMATIQUE_APPLIQUEE/methode_untec_2002.PDF

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Un Nouvel Outil Couteux : le BIM

C’est quoi le BIM ?

Le BIM (Building Information Modeling) est un fichier numérique concentrant l’ensemble des informations techniques d’un ouvrage.

Il s’agit d’abord d’un processus de production de données puisque le BIM regroupe la totalité des éléments constitutifs d’un bâtiment ou d’une infrastructure. Il les caractérise, les localise dans l’espace et le temps et décrit leurs liaisons mutuelles : c’est une véritable maquette numérique du projet.

Le BIM est également un processus de gestion, permettant de définir toutes les méthodes et procédures utilisées lors du cycle de vie de l’ouvrage, de sa conception à son exploitation.

 

Pourquoi le BIM ?

Depuis sa naissance aux Etats Unis au milieu des années 90, le BIM a fait son chemin. De la volonté d’un langage numérique commun hier à un véritable outil de conception/construction/exploitation aujourd’hui, le BIM a su se rendre indispensable pour la réalisation de nombreux projets.

Le développement d’une maquette numérique permet, entre autre, de construire, tester et analyser en temps réel une structure, de vérifier la faisabilité d’une modification technique, de concevoir des bâtiments moins énergivores, d’améliorer la coactivité des différents intervenants du chantier ainsi que leur compréhension du projet…

 

Pour qui le BIM ?

Au vu des multiples possibilités offertes par le BIM, il vient rapidement les questions suivantes : Pourquoi le BIM est-il réservé aux projets d’exception ? Est-ce toujours vrai ?

Le montage d’un projet BIM nécessite une technologie récente et chère. En effet, les logiciels utilisés coûtent de 5 000 à 6 000 euros à l’achat auxquels il faut ajouter des mises à jour annuelles représentants près de 20% du prix d’achat. En outre, il faut former le personnel et aménager son espace de travail, par l’acquisition d’ordinateurs performants (2 000 à 3 000 euros pièce), capables de faire tourner les logiciels BIM. Enfin, le passage au BIM constitue un changement radical par rapport à la CAO classiquement utilisée : le temps d’adaptation nécessaire peut engendrer une perte de rendement, estimée à 20% les six premiers mois.

Le BIM est également très chronophage et le montage d’un projet, même modeste, représente une quantité très importante de travail et donc de main d’œuvre.

Ainsi, le BIM est encore réservé aux grandes entreprises de travaux pour les projets d’envergure alors que de nombreuses PME ne parviennent pas à sauter le pas. Pourtant, leur taille réduite facilite l’adoption du BIM, outil qui tend à s’avérer déterminant face à la concurrence sur des marchés de petite taille : étude de faisabilité, optimisation de l’ordonnancement…

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