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Le BIM en France et pour Tous : Info ou Intox ?

Qu’est ce qui nous permet de penser qu’aujourd’hui Le BIM* est en marche et que tous les acteurs du bâtiment sont concernés ?
Où en est la France en matière de BIM ?

« 92 % des maîtres d’œuvre ont déjà entendu parler du « Building Information Modeling »,
63 % des artisans et entreprises du bâtiment répondent également par l’affirmative.
32 % des artisans confessent ne pas connaître le BIM… »
Résultat de l’enquête menée entre le 26 mai et le 10 juin 2015 par Batiactu.

Autant de questions qui méritent un petit tour d’horizon pour faire le point sur la situation.

Faisons d’abord un rapide point historique.
Si l’on remonte trente à quarante ans en arrière, nous nous apercevrons que la thématique du BIM existait déjà. Par thématique du BIM, j’entends ici le thème : « exploitation de données ».

A la fin des années 70, c’est d’abord le monde aéronautique qui développe des logiciels 3D, Dassault Aviation en tête avec CATI (Conception Assistée Tridimensionnelle Interactive).
Puis en 1981, Dassault Système crée CATIA (CATI version Appliquée) pour assurer le développement et la maintenance.
En 1985, Michel Fauconnet (ingénieur ENSHMG – Ecole Nationale Supérieure d’Hydraulique et de Mécanique de Grenoble) crée un progiciel pour les thermiciens, capable de calculer des bilans thermiques et énergétiques: Turbo TH, plusieurs fois rebaptisé. Il est connu aujourd’hui sous le nom de: Virtual TTH 2014, intègre la RT 2012 et s’utilise avec EnergyPlus pour la simulation thermique et avec CSTBTh-CE Ex pour le calcul de l’éco prêt.

Mais en 1985, nous ne parlions pas encore du BIM, de l’interopérabilité mais de renseignement de données et de la manière de les utiliser dans le domaine du bâtiment.

Parallèlement, les acteurs de la construction se servaient de déjà différents logiciels de représentation 3D (ou maquette virtuelle), dans lesquels il suffisait de charger des programmes adaptés pour implémenter les objets avec des informations, et l’on pouvait ainsi extraire des données et les lire sous Excel, par exemple.
Mais ici nous parlons de logiciels puissants, capables de créer des maquettes 3D, d’informations contenues à l’intérieur…mais pas encore de BIM.
Parce que beaucoup, encore, font cette confusion entre Maquette virtuelle et BIM.

En attendant, il n’est pas interdit de penser que ces démarches proactives ont permis le développement de nouvelles réflexions en général et, plus particulièrement, sur la question du partage des données et de leur exploitation dans le domaine du bâtiment.

Ce n’est qu’en 2000, que le terme de « Building Information Model » (BIM) fait son entrée dans le monde du bâtiment en tant que « concept fédérateur désignant des logiciels CAO » (extrait des « Ateliers du Numérique » créés en 2009)
La F3DF (formation 3D en France) parle même de « révolution » pour le bâtiment « le BIM est la méthode qui permet le partage de toutes les données tout au long de la vie d’un bâtiment … depuis sa construction en passant par son utilisation et jusqu’à sa démolition »

En 2005, le ministère de l’économie, des finances et de l’industrie lance le programme « TIC** & PME 2010 », afin de promouvoir le travail collaboratif, sous forme de concours destinés à toutes les filières du bâtiment.

Finalement, on peut voir que le BIM est en marche depuis au moins 15 ans, si l’on en croit ces INFOS, issues de documents publics, voire officiels et de retour d’expérience.
Mais quel est le bilan de ces années, où en sommes-nous de l’évolution du BIM ?

Mis à part quelques « grands groupes » qui utilisent le BIM depuis 2000, dont Bouygues, qui en fait partie, et se vante de récolter, aujourd’hui, les premiers fruits de ses projets en BIM, ou encore VINCI Construction, EGIS (Conseil & d’Ingénierie dans les domaines des transports, de la ville, du bâtiment, de l’industrie, de l’eau, de l’environnement et de l’énergie), où en sont les autres, les PME, les indépendants, les artisans, les « petits » ?
Auront-ils les moyens de se mettre au BIM ou est-ce de l’INTOX ?
Se feront-ils engloutir progressivement ou tout simplement disparaîtront-ils ?
Les coûts liés à la formation, à l’achat de logiciels, à la mise en œuvre semblent difficilement surmontables pour ces « petits ». Alors comment faire ?

Existe-t-il en France des « boosters » pour permettre à tous les acteurs du bâtiment de participer au BIM ? Les « petits » pourront-ils un jour jouer dans la cour des « grands » et cela correspond-il à leur typologie de projet (souvent eux aussi « petits »)?

Rapide tour d’horizon des mesures en action en Europe et en France:
En mai 2010, la « stratégie de l’Europe 2020″ est adoptée et l’une des sept initiatives phare est « la stratégie du numérique ».
Le 6 mai 2014, la commission Européenne adopte la stratégie pour un marché unique numérique, qui définit un certain nombre d’actions qui devront être mise en place d’ici à 2016.

En octobre 2014, face à la baisse d’activité du secteur de la construction, le ministre Sylvia Pinel ministre du logement et de l’égalité des territoires, annonce l’entrée en vigueur de son « plan de reconstruction » dont la mission numérique*** fait partie.
Le 2 décembre 2014, B.Delcambre, président du CSTB et ambassadeur du numérique, sort son rapport : « Mission numérique Bâtiment », qui explique et incite à la mise en place du BIM, avec de gros crédits alloués par l’Etat (20 millions d’euros sur 3 ans)

Plusieurs associations se sont créées, comme Mediaconstruct en 1989 (issue de BuildingSmart, association internationale), qui communique sur les usages du BIM et le soutienne.

Parallèlement, les éditeurs de logiciels, font évoluer leurs outils, en les rendant inter opérables, notamment avec les IFC****, qui permettent des échanges de fichiers avec des logiciels différents dits OpenBIM*****, ou encore les « viewers » gratuits…
Les industriels du bâtiment proposent, eux, des bibliothèques de matériaux, d’équipements, souvent gratuits et exploitables en BIM.

Google: offre d'emploi Bim
Google: offre d’emploi Bim

La FFB****** a engagé des études économiques sur le sujet du BIM en 2010 et a révélé que « le manque d’interopérabilité coûte environ 40 euros par m² et par SHON pour les entreprises. Les coûts annuels de non qualité du secteur de la construction en France imputables aux défauts d’interopérabilité sont estimés à 15 milliards d’euros»

Après ce rapide tour d’horizon, il apparaît que le BIM est un des sujets forts et aux enjeux multiples de ces prochaines années, qu’il est d’ores et déjà en action.
Afin de pallier bouleversements techniques, qu’inévitablement il génère, son développement se devra d’être accompagné de mesures adaptées et dynamiques, tant en fonction de la taille des entreprises utilisatrices qu’en fonction de la taille des chantiers.
Certes la vitesse d’adaptation ne sera pas la même en fonction des utilisateurs mais il semble se dessiner, aujourd’hui, une réelle volonté d’action de l’ensemble des acteurs pour y parvenir.

Le BIM c’est aussi une transformation des modes de travail, de la transmission de données, du partage de l’information, de la communication, de la mise en commun, de la maîtrise des nouvelles technologies et beaucoup de l’envie de travailler ensemble et mieux.

http://www.encyclopie-incomplete.com
http://www.encyclopie-incomplete.com

Alors, pour les individualistes, les conservateurs, ceux qui rêvent de Pouvoir et de Propriété, cela risque de poser quelques problèmes existentiels… mais ça, c’est un autre sujet !


*BIM : Building Information modeling / model – modélisation des données du bâtiment
**TIC : Technologies de l’Information et de la Communication
***Mission numérique : rapport inscrit dans le cadre du plan de relance de la construction et orienté sur le numérique
****IFC : Industrie Foundation Classes – format de fichier d’échange
*****OpenBim : programme de coopération universel reposant sur des standards et des processus de travail ouverts et destinés au domaine de la conception (définition Allplan, logiciel)
******FFB : Fédération Française du Bâtiment (organisation professionnelle de 1904 qui représente et défend les entreprises du bâtiment)
Sources :
https://fr.wikipedia.org pour Michel Fauconnet
http://support fisa.fr/fiche/produit/1/ = pour virtual TTH

http://lesateliersdunumériques.webnode.com

http://Formation-3-D-france.com = Le bim l’avenir du bâtiment

http://www.Bimfrance.net

http://www.batiactu.com/edito/bim—ou-en-est-la-france

http://www.latribune.fr pour le sujet « bâtiment le big bang du bim
http://hub.icade.fr = le bim en 5 questions
http//bimfrance.net = pour le rapport sur le numérique
http://www.cndp.fr = pour l’école du numérique

http://www.batiportail.com/toutsurlebim.asp

http://www.europarl.europa.eu

http://www.ffbatiment.fr

http://www.untec.com

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La révolution du marché par le BIM dans la conception et l’exploitation des projets

Développé à partir de 1995 suite au rassemblement de plusieurs entreprises de la construction afin de créer un projet visant à faciliter les interactions entre les différents acteurs de l’acte de construire, le BIM est né de l’évolution du langage numérique IFC (Industry Foundation Classes). Depuis la croissance des premiers logiciels de dessin 2D, il tend aujourd’hui à devenir le modèle standardisé de management et de gestion de projet par l’utilisation de la maquette numérique.

Aujourd’hui, de grands noms tels que Eiffage Construction et un nombre grandissant d’acteurs du BTP développent et intègrent ce mode de réponse innovateur aux appels d’offres. Il assure et favorise ainsi le déroulement de différentes opérations, à commencer par la conception. La visualisation du futur bâtiment est facilitée pour le client, mais aussi pour le concepteur dans le cadre de projets architecturalement complexes, comme celui de fondation Louis Vuitton développé par Gehry Technologies et ayant obtenu le Prix d’Excellence BIM par l’American Institute of Architects. Il permet de plus d’optimiser le coût du futur ouvrage à construire grâce à l’obtention de données quantitatives pointues pour chaque type de matériau, et d’y apporter les coûts indirects. Ainsi, selon le gouvernement Britannique, concevoir grâce au BIM permettrait de réduire jusqu’à 20 % le coût d’un ouvrage. La phase de construction est aussi concernée par cette innovation. Elle offre la possibilité d’obtenir une meilleure organisation et planification du chantier, l’anticipation des futures difficultés par la maquette numérique et donc une fiabilisation des délais.

Outre l’utilisation des 6 premières dimensions du BIM, permettant de répondre aux besoins des étapes de construction et de conception d’un projet, une septième dimension tend aujourd’hui à se développer. Elle a pour utilité de faciliter la maintenance d’un projet, élément particulièrement appréciable pour le client sachant que 75% du coût d’un ouvrage est engendré par l’exploitation. La gestion de l’entretien et du remplacement des équipements, ou encore de l’espace permet ainsi d’optimiser les coûts d’exploitation. L’évolution de l’ouvrage est aussi remise en cause, dans le but de tenir compte des possibles utilisations futures de ce dernier dès la conception, un bâtiment tertiaire étant aujourd’hui utilisé à 60 % de ses possibilités en moyenne. Selon Wen Hu, responsable de l’expertise et du développement de Bouygues Energies et Services en France, le BIM devrait alors prétendre à devenir l’un des principaux outils du facility management, et couvrirait ainsi l’ensemble du cycle de vie d’un immeuble.

Adaptation du BIM au cycle d'un immeuble
Adaptation du BIM au cycle d’un immeuble

 

Pour l’avenir, le Parlement Européen recommande la réalisation d’une maquette numérique dans le cadre des chantiers en marchés publics d’ici 2017, principalement pour les raisons économiques attrayantes qu’elle représente. Au niveau national, la FFB (Fédération Française du Bâtiment) a récemment annoncé l’ouverture d’une nouvelle cellule « Maquette Numérique », permettant notamment de rendre le BIM accessible à toutes les entreprises à des coûts réduits. Il n’est en effet aujourd’hui pas évident pour une PME de suivre cette évolution au même titre qu’un grand groupe, car elle nécessite une adaptation et l’adoption d’une nouvelle manière de penser un projet ce qui engendre un coût non négligeable. Cette dernière a aussi pour intention d’uniformiser les données, en développant au niveau européen la norme IFC Iso, ainsi que le format standardisé Bimétré, permettant l’interaction entre les différents logiciels CAO et de gestion de projet.

Le BIM a donc un avenir prometteur et tend à s’uniformiser à travers le monde en permettant l’utilisation des nouvelles technologies au bénéfice du monde de la construction.

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