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LES ENJEUX D’UNE  »CARTE VITALE » DU BÂTIMENT

Avec le développement du BIM, les nouvelles constructions vont se doter de plans et maquettes virtuels de plus en plus complets et précis. Ainsi, dès 2017 pour les logements neufs,  les maîtres d’œuvre ne devront plus se contenter de fournir les plans des travaux réalisés au travers d’un Dossier des Ouvrages Exécutés, mais les fichiers mis à jour de  la maquette virtuelle du bâtiment, le Passeport Efficacité Energétique (P2E). Véritable fiche d’identité du bâtiment, ce document informatique est en réalité une base donnée à part entière qui rassemble les documents de tous les corps de métiers, et les met en forme en 3D au travers de logiciels intégrateurs tels que Catia de Dassault Systèmes, ou Revit d’Autocad.

Cette opération, menée par Bertrand Delcambre, nommé Ambassadeur du Numérique du Bâtiment par le Ministre du Logement, vise à faciliter l’évolution énergétique des bâtiments, mettant en perspective leur cycle de vie et le coût de leur rénovation, et a pour but de fournir à tous les corps de métiers des informations précises sur les matériaux, les structures et les techniques utilisées par l’édifice concerné

Mais dans cette course vers l’avancée technologique, ne peut-on pas craindre le risque d’une fuite ? Prenons un site à haute importance stratégique comme le « pentagone à la française », que Bouygues est en train de finaliser à Balard, dans le sud de Paris. Lors de sa réalisation, en particulier pendant le gros-œuvre, les conducteurs de travaux n’avaient jamais accès à la totalité des plans de leur mission. Les plans étaient eux-mêmes régulièrement détruits, et leur circulation ne pouvaient quitter le site. Imaginons maintenant que, quelque part, ait été stockée cette fameuse « carte d’identité » du bâtiment. Le fichier informatique serait évidement protégé avec les systèmes les plus avancés. Mais qu’en penser lorsque le géant de l’électronique, informatique, téléphonie, et du cinéma, Sony a vu ses données piratées, parmi lesquelles des mails confidentiels, des films non- projetés, etc. Personne n’aurait pu prédire un tel désastre, que les Etats-Unis semblent déjà attribuer à la Corée du Nord. L’informatique n’est pas inviolable. Si une telle fuite devait survenir sur des points stratégiques comme les sites militaires, des gratte-ciels, ou d’autres bâtiments à forte densité de population, on peut aisément imaginer le danger que cela représenterait si des documents aussi précis tombaient dans de mauvaises mains. Le terrorisme virtuel pourrait alors se transformer en terrorisme réel, offrant aux fanatiques la possibilité de trouver le point faible de la structure, ou d’échafauder un plan sur mesure.

Si le BIM est assurément un outil indispensable à la simplification des projets, la diffusion de la maquette associée est -à mon sens, à penser avec précaution.  A l’heure où nous courrons vers le tout-numérique, le FSO (Service Secrets Russes) prend un contre-pied total, en ressortant leurs machines à écrire pour le stockage des documents confidentiels, de manière à ce qu’ils soient protégés d’internet et de ses fuites.

 

Sources : http://www.planbatimentdurable.fr

http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/un-service-special-russe-revient-a-la-machine-a-ecrire-pour-garder-s

Alexandre SAINT-MARTIN

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LE BIM NE DOIT PAS SE LIMITER A UN OUTIL

      De tout temps l’Homme s’est muni d’outils pour avancer, il les a façonné, les a pensé et a vécu à ses côté. On pense que l’homme domine l’outil car il le précède mais des études montrent qu’également : l’outil fait l’Homme. Le BIM est un enjeu majeur aujourd’hui dans la conception des bâtiments. C’est un réel progrès et une chance pour le domaine de la construction. Il est donc légitime de se demander en quelle mesure le BIM risque de façonner le monde de la construction, de sorte que le BIM se place dans l’inconscient et menace l’innovation future.

       Cette capacité de l’Homme à inclure dans sa perception spatiale un objet est admise depuis longtemps. Nécessaire pour l’évolution, cette capacité nous permet de voir l’outil comme un prolongement de nôtre corps, ainsi nous pouvons manger à l’aide de couverts sans se blesser le palais ou la langue car nous prenons conscience de leur présence. L’outil est également reconnu comme un marqueur très riche. En effet la Préhistoire s’organise autour de lui ; les outils les plus complexes et les plus performants concordent avec un Homme de plus en plus « évolué ». La présence d’outils a souvent permis de définir si tel fossile était celui d’un humain ou celui d’un chimpanzé. Á chaque grande culture de la préhistoire correspondait un type d’homme préhistorique avec la certitude que, si l’on trouve des outils en pierre taillée, alors il y avait des hommes. Autrement dit, l’outil était un prolongement de l’Homme.  L’outil faisait donc l’homme. Pour se rapprocher de notre temps on peut prendre l’exemple des artistes qui questionnent sans cesse l’outil académique pour rappeler à quel point il conditionne l’œuvre. Ainsi les œuvres de peintres contemporains réalisées sans autres outils que leurs corps permettent de rappeler le déterminisme que possède l’outil (ici le pinceau) sur le résultat final. L’exemple d’Autocad est également important ; selon de nombreux théoriciens d’architecture ce logiciels à bridé la liberté du plan au détriment d’une orthogonalité automatique que serait un nonchoix, une simple facilité.

      Pour revenir sur le BIM, il serait donc dangereux de le considérer comme un simple outil au vu des exemples précédents. Le BIM a pour ambition de ne pas se limiter à un outil de conception, c’est surtout un outil de gestion de projet piloté par un BIM Manager qui va offrir des nouveaux horizons aux entreprises. Les chantiers se doivent de monter en complexité pour englober de plus en plus de contraintes qu’elles soient techniques, environnementale, etc. Ainsi beaucoup de travaux sont interdépendants et on ne peut plus se permettre de raisonner exclusivement en 2D de façon séquentiel. Le BIM c’est principalement une interface d’échanges numériques où les différents intervenants se côtoient pour coordonner le projet au mieux. Il a pour vocation d’enrichir les possibles et faciliter le dialogue et la compréhension. Il faut cependant être vigilant dans le pilotage du projet pour que le BIM ne se limite pas à un outil de conception qui déterminerait trop fortement le résultat final.

Mot clefs : BIM, Homme, liberté, innovation, danger, outil.

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