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Le BIM : la science prospective qui commence aujourd’hui

Imaginez une base de données informatique la plus complète et la plus précise possible. Cette base recenserait l’ensemble des composants techniques d’un bâtiment ou d’une structure (murs, menuiseries, dalles, poteaux, poutres,…) et leur associerait un très grand nombre de caractéristiques essentielles telles que leurs dimensions, poids, matériaux, couleurs, résistance au feu, capacité à isoler, etc. Ce modèle, c’est le BIM. Il permet de créer des centaines d’objets « intelligents » en 3D ou en 2D et de les assembler, tout en précisant leurs relations les uns par rapport aux autres, selon une maquette numérique. Cette dernière se construisant progressivement, elle permet d’avoir une idée précise de l’avancement du projet et ce de manière très visuelle.

Mais à quoi sert le BIM ? Les objectifs  sont nombreux et concernent des domaines variés. Selon le site Batiportail, le premier résultat recherché est probablement l’ « interopérabilité » des différentes utilisations informatiques : chaque acteur du projet, du bureau d’études au maître d’ouvrage, peut ainsi accéder aux mêmes informations et les partager sans avoir ni à les saisir à nouveau, ni à changer de support de communication. En effet, chaque modification apportée à la maquette numérique est prise en compte dans l’ensemble du projet, qu’il s’agisse de plans, de nomenclatures ou de coupes. Cela permet ainsi un gain de temps non négligeable mais également une réduction des coûts dus au manque d’interopérabilité entre l’ensemble des intervenants.

Mais les avantages ne s’arrêtent pas là. La disparition quasi-totale des erreurs et omissions humaines qui se produisent lors des échanges d’information améliorent nettement la qualité du travail. D’autre part, la coordination entre les différents corps d’état ainsi que la volonté d’une plateforme simple d’utilisation et donc accessible à tout le monde, facilitent les rapports et diminuent les incompréhensions. Il en résulte une cohésion globale plus prononcée et, ainsi, de meilleures conditions de travail.

À l’heure actuelle, même si les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore Singapour semblent en avance sur la pratique du BIM, la France n’est pas une grande retardataire d’après Le Moniteur. Consciente de la nécessité de se démarquer des autres pays afin d’accroître sa compétitivité, elle souhaite développer un savoir-faire spécifique en se concentrant non seulement sur les phases de conception et d’exécution mais également sur l’exploitation de l’ouvrage grâce à un entretien régulier des données et à une intégration des nouvelles informations même après la réception. Cette volonté d’une « gestion du patrimoine » permettrait ainsi d’établir des diagnostics énergétiques plus précis et de mieux anticiper face aux risques.

Par ailleurs, le site Polantis rapporte que l’ex Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot, souhaite, sur le modèle de nos voisins britanniques, instaurer une réforme visant à rendre obligatoire l’utilisation de la maquette numérique dans les marchés publics d’ici 2017. En attendant, de nombreuses écoles d’ingénierie ou d’architecture ont d’ores et déjà commencé à former leurs étudiants à cette science qui paraît si prometteuse…

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Le BIM, un risque à prendre pour les PME ?

Le BIM, un outil permettant de modéliser des informations dans le monde de la construction, commence à devenir un sujet incontournable dans le bâtiment. Il permet de réunir toutes les informations physiques et fonctionnelles d’un projet dans un seul fichier, cela permet d’avoir une parfaite cohérence entre les données de chaque acteur du bâtiment, de la conception à l’exploitation du bâtiment, voire de sa démolition. On peut se dire alors que cet outil prend tout son sens dans les projets de grandes envergures, qui à la fois sont complexes et montrent beaucoup de points singuliers, comme les projets de la Philharmonie de Paris ou la fondation Louis Vuitton qui ont tous deux eu recours au BIM. Mais cet instrument peut-il être rentable pour des projets beaucoup moins complexes ? Les PME auraient-elles intérêt à l’utiliser ?

Le BIM est sans contexte un moyen d’augmenter la productivité et l’efficacité, même pour les plus petits projets. En effet, il permet dès la conception de voir tous les points qui poseront problème dans le futur, mais également de faire des modifications avec ajustement des autres donnée, un calcul des quantités exactes des matériaux, une utilisation des plans 2D à partir du 3D. Les avantages sont multiples, mais pour une petite entreprise le chemin peut être long et sinueux pour arriver à utiliser une telle machine et à la rendre complètement optimale. Un désavantage majeur : le coût.

Un logiciel BIM coûte environ 6000€, il faut également compter en plus le coût des mises à jour et de maintenance, et un ordinateur assez puissant pour utiliser ce genre de logiciel se chiffrera à 3000€. Il faut également former les personnes qui l’utiliseront : la formation d’une semaine minimum s’élèvera à 1000€/jour. Il y a cependant la possibilité de recruter des gens déjà formé au BIM, en effet l’ENPC (Ecole Nationale des Ponts et Chaussées) a créé le Mastère Spécialisé « BIM,  Conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures ».

C’est dans tous les cas un réel investissement, sans compter le temps de mise en route et d’adaptation de tout le personnel, qui engendra une perte de rendement dans les six premiers mois, de 20 à 30 %. Il y a également un autre problème, les personnes d’expérience qui ne sont pas encore ancrées dans les nouvelles technologies peuvent être réfractaires et mettre un frein à cette avancée. Il est donc possible de créer au sein même d’une entreprise une divergence par l’apparition du BIM, qui rendrait la facilité d’échange d’information, avantage majeur du BIM, complètement obsolète.

Le choix est difficile et le risque dur à prendre, mais la monté en flèche du BIM est fulgurante et cette décision cruciale pourra sans aucun doute rendre les PME plus compétitives sur le marché. Elles pourront ainsi élargir leur éventail d’opportunités en décrochant des affaires qu’elles n’auraient jamais pu acquérir sans le BIM.

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