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BIM: la revue de projet / Validation

L’objectif de la revue de projet est de valider la faisabilité technique, environnementale, sociétale et économique du projet compte tenu du niveau de détail associée à la phase.

Au-delà de cet objectif principal, la revue de projets participe à la collaboration entre les acteurs du projet, en permettant une meilleure communication pour des prises de décisions efficaces et collégiale.

Et le BIM dans tout ça?

Le Projet MINnd, consacre un cas d’usage à la revue de projet: un document COMMUNIC décrit le changement qui s’opère entre le pré-BIM et le BIM dans le processus de revue de projet et de validation.

 

Etapes chngmt

PRE-BIM

MODELLING COLLABORATION INTEGRATION
Validation du plan et donc de toutes les informations contenues sur ce plan, par apposition d’un visa sur le cartouche.  Validation toujours sur les plans, dont certains sont générés automatiquement à partir de la maquette.La maquette est une information complémentaire, mais elle n’est pas contractuellement approuvée. Le contrôle de cohérence des informations se fait sur la maquette.Tous les plans sont issus de la maquette. Leur validation est « simple » puisque toutes les incohérences sont résolues.

Le contrôle de cohérence des informations se fait sur la maquette.

On ne valide plus de plans mais les objets qui constituent la maquette. Les plans sont édités à la demande, seulement pour les ouvriers sur le chantier.

Étapes du changement¹

Le passage au BIM, consiste uniquement en un changement de support, pas de processus.

Les étapes de la revue de projet restent inchangées mais elles prennent une autre forme:

-Définir les revues de projet: Les objectifs de la revue doivent être explicités en amont de la réunion pour que tous les intervenants aient pu prendre connaissance via la Maquette numérique des sujets qui seront abordés.

-Préparer les revues de projet: Une thématique peut être proposée pour restreindre les sujets. En suivant cette thématique, une vérification des données, une détection des clashes et un tri de ces derniers doit être effectué par statut et par priorité. Des vues sont créées spécifiquement pour traiter les points durs.

-Organiser les revues de projet: L’ordre du jour doit mentionner les sujets issus de cette analyse.

-Animer les revues de projet: l’animation, assurée le plus souvent par le chef de projet, doit permettre à chacun de s’exprimer et trouver les solutions qui conviennent.

La préparation des revues de projet, est plus que jamais un enjeu important de la réussite de ces réunions.

Avec quels supports?

Avec des logiciels de vérification et de synthèse.
De nombreux éditeurs proposent des outils plus ou moins élaborés en fonction du besoin.
Ces logiciels de vérification et de synthèse permettent :

– l’agrégation de modèles,

– la vérification de la réglementation et de la performance: Il s’agit de vérifier automatiquement que le résultat est bien conforme aux réglementations et performances exigées par le client;

– la détection des interférences: les objets portent différentes informations dont la définition géométrique et les liens avec les informations d’autres objets. Le logiciel de vérification permettra de vérifier automatiquement les clashes d’encombrement (les volumes des objets ne rentrent pas en conflit) et les clashes d’attributs (les liens définis entre attributs des objets sont bien respectés);

– le management des arbitrages du projet: Les visualisations du navigateur, le vérificateur de réglementation et le détecteur d’interférences vont aider à détecter les anomalies de conception ou de cohérence entre les différents métiers. Il s’agira donc de prendre des décisions d’arbitrage et veiller à enregistrer ces décisions.

Le format de fichier utilisé pendant ces revues dépendra du projet, des intervenants et des outils, mais le format IFC est fortement recommandé et privilégié, car seul format interopérable et supporté par tous les logiciels BIM.

Parmi les logiciels de vérification et de synthèse, on peut distinguer, les viewers, les checkers et les plateformes collaboratives. Quelques exemples:

Viewers Vérification géométrique visuelle, navigation dans les éléments du modèle SimpleBim, Solibri Model Viewer, IFC Java Viewer, BIM Vision, XBIM Xplorer…
Checkers Vérification géométrique visuelle, navigation dans les éléments du modèle, détection de clashes, vérification de normes Solibri Model Checker, Navisworks…
Plateformes Vérification géométrique visuelle, navigation dans les éléments du modèle, détection de clashes, vérification de normes, suivi des clashes et des validations BIMPlus, BIMSync, BIMSight, A360…

Il n’y a pas d’outil meilleur qu’un autre, chacun devra trouver l’outil qui correspond le mieux à ses attentes et habitudes, en priorisant l’efficience des revues de projet.

Pour qui? Pour quoi ?

Pour tous les acteurs du projet. Car la revue de projet garantit l’intégrité et la cohérence de la somme des métiers. Mais au-delà de donner aux parties prenantes une vision plus claire du projet, la qualité de visualisation constitue un élément de communication du projet. Par exemple, une expérience immersive s’appuyant sur la mécanique du jeu vidéo permet de naviguer et appréhender les espaces.

Pour remplir l’objectif de validation de la conception du bâtiment du nouvel hôpital d’Ajaccio, la MN a été connectée à la solution eveCity du CSTB. Cela a permis de projeter le bâtiment en 3D dans son environnement. Les acteurs ont ainsi pu visualiser et visiter certains espaces témoins du bâtiment.

Différentes solutions, touchant à l’univers des jeux vidéo sont disponibles et permettent la création d’exécutables dans lequel il est possible de naviguer via une manette. Mais celles-ci nécessitent une certaine maitrise. Parmi d’autres produits, on peut mentionner des logiciels comme Unity ou Stingray qui permettent des rendus très réalistes.
Pour les utilisateurs de Revit, des plugins permettent de créer facilement une navigation réaliste dans le projet. Par exemple, EnScape, génère des exécutables dissociés du logiciel, permettant une navigation fluide dans le projet.

Il faut être prudent car ces solutions dépassent le simple cadre de la revue de projet, et s’orientent vers la validation client, tant les images sont travaillées et la navigation s’approche d’une visite virtuelle. Il convient donc d’adapter le support et le temps de préparation à l’objectif défini : revue technique ou présentation client ? Les deux ne doivent pas être confondus au risque de perdre de vue les objectifs au profit de la seule technologie.

L’étape suivante est la visite virtuelle d’un bâtiment modélisé en BIM à l’aide d’un casque de réalité virtuelle (Oculus Rift, HTC vive…) ou même l’immersion via le « CAVE ». Il s’agit d’une expérience d’immersion dans la maquette à l’échelle 1, grâce à une projection stéréoscopique sur 3, 4 ou 5 faces.

Mais dans un processus de revue et validation de projet, cela n’est-il pas un peu gadget?

 

Sources:

http://www.minnd.fr 
http://www.planete-tp.com/ 
http://www.urbanews.fr
http://www.lemoniteur.fr    

http://www.arobim.fr    
http://www.cstb.fr

1 Bilal Soccar, in « Building information modelling framework: A research and delivery foundation for industry stakeholders”, Automation in Construction, Volume 18, Issue 3, May 2009, pages 357-375

MINnD: Modélisation des Informations dans les Infrastructures (projet de recherche collaborative)
COMMUNIC: COllaboration par la Maquette Multi-Usages Numérique et l’Ingénierie Concourante (groupe de recherche)
IFC : Industry Foundation class – Format supporté par tous les logiciels BIM garantissant l’interopérabilité de ces derniers
MN: Maquette Numérique
Exécutable: fichier contenant un programme identifié par le système d’exploitation, entrainant l’exécution du programme

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COMPRENDRE ET APPREHENDER LE BIM : UNE AUTRE FACON DE CONCEVOIR NOS CONSTRUCTIONS DE DEMAIN

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

    Le « Building Information Modeling » (BIM) n’est pas seulement ce que l’on appelle une maquette numérique, et n’est pas non plus un logiciel. C’est un support complet qui peut accompagner le projet de construction depuis sa conception jusqu’à la fin de vie de l’ouvrage. Le BIM est présent durant tout le cycle de vie de l’ouvrage. En effet, l’objectif est de transposer la réalité future numériquement afin de pouvoir non seulement avoir un stockage intelligent des données
inhérentes au projet et au bâtiment lui-même, mais aussi de pouvoir prévoir les incidences d’un changement quelconque en amont.
Il permet le travail collaboratif puisque le but de la démarche « BIM » est de concentrer au sein d’un même « dossier », toutes les informations.

BIM & BTP
Source : BIM & BTP: Construire grâce à la maquette numérique par Clément Valente

C’est une sorte de base de données technique partagée, construite et entretenue par les acteurs du projet. Ils s’efforcent de la rendre la plus proche de la réalité et la plus fournie possible, afin que tous ceux qui accèdent à ces informations n’aient pas à douter de leurs fiabilités. Parmi ces éléments nous pouvons citer :

  •  Les objets composant le bâtiment
  •  Les caractéristiques physiques inhérentes à ces objets
  •  Les caractéristiques techniques
  •  Les caractéristiques fonctionnelles
  •  Les relations entre les objets qui nous permet de comprendre comment nous
    construisons et pourquoi (exemples : le montage d’une structure poteau-poutre en
    acier, l’emplacement de la machinerie d’ascenseur…)

Toutes ces informations contribuent à différencier assez significativement la pure modélisation 3D d’un projet de construction avec la conceptualisation BIM de celui-ci. De plus, il est
important de préciser que la liste ci-dessus n’est pas exhaustive, nous pouvons rajouter autant d’informations que nécessaire au sein de cette base de données. Cependant, il faut prendre le recul
nécessaire pour comprendre qu’une telle masse d’informations doit être très soigneusement gérée et claire pour que les acteurs aient un niveau d’accès correspondant à leur rôle au sein du  projet, autrement dit qu’il existe une gestion des données structurée selon un « code » établi par les collaborateurs afin de rendre le BIM utile à un maximum de personnes. Qui dit « maximum de personnes » dit position et statut différent vis-à-vis de la vie du bâtiment, c’est-à-dire par exemple, que le constructeur pourra avoir accès à des informations nécessaires à l’exécution des travaux et le maître d’ouvrage pourra visualiser l’ensemble des zones où nous devons prêter une attention particulière ou susceptible d’être entretenue régulièrement par exemple. Le but étant de n’avoir aucune limite imposée et que chacun puisse trouver une utilité au BIM.
Les données partageables pouvant être diffusées en temps réel, sont dans un format standardisé (IFC norme ISO), ce qui permet de gagner un temps considérable sur le dimensionnement, la recherche d’erreur et va dans le sens d’un travail collaboratif où tous les
intervenants, ayant accès simultanément à l’information, peuvent faire valoir leurs capacités et répartir plus efficacement les tâches à accomplir. Comme nous l’avons vu, l’objectif du BIM est grand puisqu’il à la prétention de réunir un maximum d’informations pour permettre à tous les acteurs de se reposer sur une seule et même
« base de données techniques ». Cela semble utopique, pourtant le nombre d’entreprises souhaitant effectuer une transition vers le BIM est de plus en plus grand. Il s’avère que ce système de base de
données collaborative n’est pas nouveau (exemple : programmations de logiciels etc…) et que le bâtiment est un des secteurs les moins « informatisé », où l’utilisation d’outils  technologiques est le plus faible. Le BIM permettra de combler vite ce retard, en utilisant une conception des projets connue dans une forme nouvelle et adaptée pour arriver à un niveau équivalent ou supérieur au secteur industriel. Nous pouvons même imaginer que grâce au BIM, nous pourrons accéder aux informations via tablettes, objets connectés et autre, pour gagner en efficacité.

 

Comment « ça » fonctionne ?

Le BIM est un concept relativement riche et difficile à appréhender en raison de la pluralité des objectifs à atteindre. En effet, pour qu’un projet soit considéré selon le « Building Information Modeling », il doit respecter un certain nombre de conditions :

  •  Le support doit être unique
  •  Posséder plusieurs niveaux de détails
  •  Avoir une maquette numérique
  •  Etc…

Tout cela doit permettre d’effectuer correctement, et avec une efficacité surpassant les méthodes traditionnelles, certaines tâches telles que :

    1- La planification des chantiers (4D)

Comme nous l’avons vu précédemment, le BIM est une maquette numérique assimilée à une base de donnée enrichie et partagée par tous les acteurs du projet, cela implique une nouvelle façon de
travailler et de collaborer ensemble. Cette conception prend en compte le temps, donc en plus de la maquette numérique en 3D, nous rajoutons la dimension de temps et nous obtenons la 4D. Cela
permet de coordonner le chantier, non seulement au niveau des travaux, mais aussi pour faciliter la gestion des équipes et des cadences de livraison. Pour illustrer l’utilisation de la 4D dans la gestion du temps au niveau du chantier, nous pouvons citer l’exemple de la Fondation Louis Vuitton où le phasage du montage de la verrière a été piloté grâce au BIM.

    2- Simulation du coût (5D)

Cette notion rajoute une « dimension » au projet BIM, nous l’appelons donc la 5D, et concerne la simulation des coûts de construction. Le projet prend en considération les coûts liés aux matériaux et à la main d’œuvre pour simuler un budget. Cette possibilité est très recherchée par les maîtres d’ouvrage quand différents scénarii de construction sont possibles et que naturellement, nous devons trouver lequel est le moins coûteux. En plus de cela, une fois la décision prise, la liste des fournitures peut être générée et être éditée. Pour l’ensemble du chantier et à toutes les phases, nous avons la possibilité d’avoir un tirage des bordereaux de commande automatiquement. Encore une fois, chaque innovation liée au BIM sert, à différents niveaux, tous les protagonistes du projet.

    3- La réalité virtuelle immersive

Ce dernier point est une innovation non pas sur le fond du concept BIM, mais sur sa forme puisque l’outil sera accessible dans des salles de réalité immersive, où nous pourrons constater tous les points explicités plus haut, intervenir en temps réel sur chaque élément et juger les résultats. Le but étant de pousser l’expérience à son paroxysme en plongeant les acteurs du projet à l’intérieur de
leur maquette. Nous pourrons désormais nous balader au sein de la construction, tester différents matériaux, vérifier l’effet de la ventilation sur le confort thermique et acoustique, changer l’heure, la date, les saisons, les éclairages extérieurs et d’une manière générale tous les éléments implémentés au sein de cette énorme base de donnée pour réaliser un bâtiment au plus près des résultats
escomptés. Les différents points que nous avons abordés nous permettent de comprendre comment cela fonctionne, et de voir quels sont les objectifs à atteindre en montant un projet selon le BIM. Nous avons vu que cette conception prend en considération plusieurs phases et plusieurs dimensions pour que le tout forme un outil intelligent, ayant des données précises et d’une richesse suffisante pour permettre aux calculs d’être au plus près de la réalité future.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Les changements induits par le BIM dans les différentes structures qui l’utilisent dépendent de leurs besoins. Cela peut se traduire par l’apparition de nouveaux postes ou l’adaptation des intervenants à ce nouvel outil. En effet, l’apparition du BIM et son utilisation croissante ont mené à la création de nouveaux postes spécialisés dans la gestion des maquettes numériques. Ils sont répartis parmi les différents intervenants du bâtiment mais il n’y a pas encore de fiche de poste pour les définir. D’abord, il est nécessaire de confier le pilotage de la conception au BIM Manager. Ce dernier est missionné par la maîtrise d’œuvre pour déterminer les règles de modélisation imposées aux intervenants (modeleur et coordinateur) et fusionner les représentations structure, fluides et architecture. En entreprise, c’est le BIM coordinateur qui veille au respect des règles et à la qualité de la modélisation en interagissant avec le modeleur, dessinateur 3D en maîtrise d’œuvre. Ainsi, des formations sont proposées dans des établissements spécialisés afin de permettre
l’accès à des bases techniques nécessaires pour maîtriser tous les aspects du BIM. D’autre part, les professionnels du BTP sont amenés à s’adapter à cet outil permettant de simplifier le travail et de réduire les problèmes de qualité rencontrés sur les chantiers. De ce fait, tous les intervenants devront maîtriser son utilisation. La maîtrise d’ouvrage verra la quantité de tâches de gestion de son patrimoine réduite. L’ouvrage est évalué en amont ce qui permet une meilleure estimation des dépenses. Par ailleurs, les plus grands changements sont appliqués à la maîtrise d’œuvre qui passe des vues 2D à la modélisation 3D, il faut donc qu’elle maîtrise de
nouveaux logiciels.

 

Comment faire pour y aller ?

Pour intégrer le BIM dans les entreprises, il faudra confronter les salariés à cet outil petit à petit, tout d’abord en embauchant des personnes formées et qualifiées pour mettre en place le
système. Ces « BIM Ready » auront ensuite comme mission de transmettre leurs connaissances techniques et former les autres afin d’harmoniser les méthodes de travail et collaborer avec les
autres entités. En plus de la qualification des employés autour du secteur du BIM, il est très important et fondamental de prendre en considération la modification ou la création du parc informatique dédié. En effet, le BIM repose sur l’utilisation de l’informatique, il est donc nécessaire de mettre en place suivant les envies et la nécessité de l’entreprise, le matériel indispensable à la modélisation et à
l’échange de données. Une autre possibilité plus simple consiste à sous-traiter un bureau externe de modélisation BIM. L’entreprise peut effectuer son travail habituel et le confier au bureau pour l’exploiter et fournir une maquette numérique. Cette solution est adaptée pour de petites et moyennes entreprises qui ne peuvent pas intégrer le BIM dans leur structure. Il faut savoir que la maquette numérique dans sa globalité est gourmande en calculs et l’achat des machines est coûteux. Nous prendrons l’exemple de l’ESTP (l’Ecole Spéciale des Travaux Publics) qui a ouvert, pour l’année scolaire 2015-2016, sa salle dédiée BIM, à la pointe de la technologie et pour un investissement de 500 000 €. Pour les calculs très lourds, une dernière solution consiste à passer par un cluster (ou « ferme de calculs), un réseau distant et dédié à l’exécution de calculs informatiques, auquel nous envoyons nos requêtes, celui-ci
nous retourne le produit fini, par exemple pour les calculs de photo-réalisme sur les maquettes 3D.

AS jussieu

Source : Architecture-Studio, Réhabilitation du secteur est du campus de Jussieu

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Le BIM : Le grand tournant du BTP

(1) Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

L’industrie du bâtiment est aujourd’hui confrontée à des défis de taille: des projets toujours plus complexes, des budgets plus limités, des délais plus serrés… Parallèlement, les exigences sont sans cesse plus importantes en termes de durabilité des produits et le nombre des intervenants augmente. Alors comment réagir face à cette situation ?

La modélisation des données architecturales (le BIM, building information modeling), est le sujet central du moment. Il est déjà largement appliqué à l’étranger, particulièrement en Grande-Bretagne, en Norvège et aux Pays-Bas. C’est un fichier numérique qui concentre l’ensemble de l’information technique d’un ouvrage et qui contient chaque objet composant le bâtiment et ses caractéristiques. Il enveloppe et améliore à la fois, le processus de conception, de construction et d’exploitation.

 

Le BIM a-t-il déjà été appliqué dans certains projets ? Quelles conclusions en a-t-on tiré ?

 

L’utilisation du BIM s’est avérée concluant dans de nombreux ouvrages réalisés parmi lesquels figurent la philharmonie de Paris, le Viaduc D’Abidjan, le CHU d’Amiens et de nombreux autres. Il a alors permis sur ces chantiers de répondre à la complexité de conception des ouvrages, de respecter des délais, d’intégrer de fortes contraintes, de traiter des conflits d’interfaces entre les différents bureaux d’études, de présenter le projet définitif…

 

Quels sont les avantages et intérêts d’utiliser le BIM ?

 

Le premier intérêt de ces applications BIM, c’est l’interopérabilité. L’interopérabilité, c’est la capacité que possède un système, à échanger avec d’autres systèmes aisément. Toutes les applications BIM sont capables d’importer et d’exporter au format IFC (Industrial Foundation Classes). Le BIM améliore alors considérablement la qualité des ouvrages. En effet, l’augmentation de la qualité est due à un gain de clarté entre les acteurs et à la baisse de la part d’improvisation sur chantier, ce qui aboutit à une meilleure anticipation des problèmes à résoudre. Des retours d’expérience ont ainsi pu montrer que l’utilisation d’applications interopérables peut générer des économies allant jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires des entreprises.

Par ailleurs, alors que les mêmes informations techniques d’un bâtiment sont ressaisies au moins 7 fois (par l’architecte, l’économiste, les BE, le gros œuvre, l’équipementier réseau, le chauffagiste, l’électricien…), le BIM permet d’éviter une perte importante d’informations entre chaque étape. Ainsi, le BIM a un impact visible en termes de réduction des délais sur les opérations complexes et des gains en productivité. Chaque partie prenante visualise le futur bâtiment plus concrètement que sur plans et appréhende mieux le projet. Le coût de l’ouvrage est également optimisé, car associer les bordereaux de prix détaillés à la maquette numérique permet d’estimer le coût de l’ouvrage de façon très précise.

 

En quoi l’utilisation du BIM reste encore aujourd’hui limitée ?

 

Le nombre de constituants et d’informations est considérable dans un projet de construction. Les logiciels BIM doivent gérer des centaines de types d’informations et deviennent complexes à développer pour des petites structures ou de petits éditeurs de logiciels. La nécessité d’un langage commun et adapté, les IFC, qui est un processus long à mettre en œuvre.

De plus, d’inévitables difficultés informatiques (lourdeur des fichiers, prix des logiciels, des matériels, de la maintenance, formation des spécialistes…) doivent également être affrontées, risquant de paralyser momentanément la productivité de l’entreprise.  A ce jour, compte tenu de l’investissement en logiciels plus chers (5 à 15 k-Euros, à l’achat et 2 k-euros pour la maintenance et la mise à jour), la conception BIM demeure chère et aujourd’hui prioritairement réservée à des ouvrages complexes.

Le pôle conception doit non seulement payer pour le logiciel et le matériel nécessaires pour mettre en œuvre BIM, mais il doit également payer la formation ou l’embauche d’un personnel spécialisé qui a l’expertise en BIM.

(2) Comment fonctionne le BIM ?

Avant l’apparition du BIM, les interactions entre métiers du bâtiment sont très complexes. Un utilisateur B qui veut utiliser les données rentrées par A sur le logiciel A sur son logiciel B ne le peut qu’à une condition : que le logiciel A soit traduit en passant par une interface, logiciel de traduction des données.

Et inversement, si c’est l’utilisateur de A qui a besoin de connaître et d’utiliser les modifications faites par l’utilisateur de B. La grande difficulté dans le bâtiment est de rendre cette interface standard, soit utilisable quelques soient les logiciels en jeu. Il s’agit d’une problématique majeure dont bien des acteurs internationaux ont pris conscience. Et c’est là qu’intervient le BIM.

Le BIM, «Building Information Model», appelé plus communément « maquette numérique », incarne une façon révolutionnaire de décrire le projet de bâtiment en concentrant l’ensemble de l’information technique de l’ouvrage. Il s’agit d’une représentation 3D d’un bâtiment contenant toutes les informations le concernant. Il peut être réalisé à l’aide de différents logiciels et permet d’améliorer la communication entre les différents acteurs de la construction qui ont alors une vue globale de tous les aspects de la construction. La production des bâtiments s’en trouve facilitée.

La maquette numérique du projet se construit au fur et à mesure, les informations étant capitalisées, et permet de constater visuellement l’avancement ou les modifications du projet. Ainsi, l’ensemble des résultats de chaque étape du processus ou presque est rassemblé dans la maquette. Chaque objet est créé avec l’ensemble des informations qui le concernent.

De plus, c’est un logiciel qui permet de transcrire un ensemble de logiciels sur un même modèle. Ainsi, pour décrire le BIM on peut dire que c’est un système permettant de créer une maquette numérique d’un bâtiment et qui permet à chaque acteur de la construction d’ajouter ses propres informations en continuant à utiliser les outils informatiques qu’ils utilisaient avant. Le logiciel de BIM utilisé permet donc l’interopérabilité. C’est un ensemble d’outils (processus, modèle, logiciel) visant à orienter la mise en œuvre vers certains procédés.

Le processus produit le Building Information Model (abrégé BIM). Celui-ci contient les informations géographiques, les relations spatiales, les quantités, la géométrie de la construction ainsi que les propriétés des éléments et sous-éléments de construction. Ces informations sont classées de manière logique, par exemple en suivant une arborescence spatiale (site → contexte → bâtiment → étage → espace, etc.). Le BIM peut être utilisé durant toute la vie de l’ouvrage et de sa construction, il inclue à la fois les processus de construction et d’opération des installations mais aussi il peut contenir les données nécessaires à l’entretien de l’ouvrage au long terme. Un objet BIM est en 3D et exploitable, les conflits spatiaux éventuellement présents dans la maquette numérique peuvent donc être détectés aisément. Ainsi on évite les erreurs et les changements dus aux erreurs internes de transmission des données d’une personne à l’autre lors de la conception et du dessin à l’atelier. Les données extraites de la maquette numérique peuvent également servir à produire des listes de pièces, elles-mêmes utilisées par la suite pour l’évaluation du coût des matériaux, l’évaluation des coûts énergétiques d’opération tant pour l’éclairage que pour le chauffage et la climatisation, l’analyse acoustique ou autres. Elles procurent aussi des rétroactions immédiates lors de la conception, informant instantanément le concepteur des effets des changements sur l’ensemble du projet. Il s’agit d’une approche révolutionnaire car l’intervention humaine se trouve assistée par des technologies ultra-performantes et on a ainsi une plus grande efficacité avec un effort grandement diminué.

(3) Qu’est-ce que ça va changer pour moi?

Les métiers seront-ils impactés par l’arrivée du BIM?

En effet les métiers vont évoluer, plus ou moins selon chaque poste. Mais ils évolueront presque tous, car le BIM repose notamment sur la collaboration. Dès lors qu’une entreprise travaille sur une maquette numérique, il faut partir du principe que tous les acteurs du projet savent la lire, car la maquette contient toutes les informations nécessaires.

Mon poste est-il en danger avec l’arrivée de ces nouveaux métiers ?

Avec le contexte économique actuel, les entreprises ne devraient pas décider de renforcer massivement leurs effectifs. Les « BIM ready », ceux qui sont déjà prêt à l’arrivée du BIM, ne sont pas nombreux et très peu d’écoles ne proposent jusqu’ici des formations au BIM, ce que veut dire qu’il est difficile de recruter des profils tout juste diplômés. Au lieu de créer de nouveaux métiers, elles devraient plutôt créer de nouvelles fonctions. Il s’agit donc d’adapter les postes déjà existant en leur ajoutant la dimension BIM.

Je suis déjà débordé par mon métier, alors pourquoi intégrer en plus une nouvelle contrainte qu’est le BIM ?

Le BIM n’est pas une contrainte mais plutôt un nouvel outil de travail et de collaboration. Au-delà des évolutions de métiers, c’est un secteur tout entier qui est modifié. Toutes les entreprises de BTP devront un jour se mettre au BIM si elles veulent rester dans la concurrence.

Un accompagnement est-il nécessaire pour débuter dans le processus BIM ?

Oui, car le BIM est à la fois nouveau et complexe. Ses enjeux, ce qu’il représente et la maitrise des logiciels qui lui sont dédiés nécessitent une sensibilisation, une formation. Ainsi, l’employeur peut proposer des formations à des logiciels de BIM permettant au salarié ciblé de maitriser l’outil. De plus, la structure de l’entreprise sera certainement modifiée afin d’inclure le BIM et d’accompagner les salariés dans ce changement : Elle intègrera des BIM manager, chargés de piloter le processus BIM dans l’entreprise. Les « BIM ready » auront pour mission de transmettre leurs connaissances aux autres.

Est-il possible de connaitre précisément les changements qui vont être apportés ?

Non, les nouveaux métiers et les évolutions de postes ne sont pas encore réellement définis. La période de transition vers le BIM semble très complexe. Les compétences en maquette numérique sont très variables suivant les entreprises et la méthode de passage au BIM dépendra certainement des volontés du chef d’entreprise. De plus à ce stade, aucune loi française n’oblige l’utilisation du BIM et ne définit clairement les axes de développement. Il va donc falloir plusieurs années pour créer un socle solide autour du BIM.

 

(4) Comment faire pour y aller (phase opérationnelle) ?

 

De quelle manière doit s’effectuer la transition entre les logiciels standard et le BIM dans les entreprises ?

Il serait dangereux pour les entreprises de vouloir basculer brutalement vers le BIM, en voulant par exemple muter une agence d’un coup. Ce changement doit s’effectuer progressivement par étapes. Ceci se résume par l’abandon successif des logiciels 2D pour les logiciels 3D si possible compatible avec le logiciel BIM. Cette phase permet de manipuler et de se familiariser avec les différents outils de la 3D de manière à anticiper l’arrivée du BIM lorsqu’il sera exigé. Enfin, la mise en place du BIM peut être envisagée, en ouvrant à l’ensemble des opérateurs.

Comment rendre la formation du BIM efficace ?

Le meilleur moyen est de former le plus tôt possible en proposant aux étudiants des cours de BIM. Dans les écoles d’ingénieurs, il est devenu indispensable d’intégrer au cursus spécialisé dans les métiers du bâtiment et des travaux publics des cours de formation pour ce nouvel outil. C’est le cas de l’école de Ponts et Chaussées ou encore de l’ESTP qui proposent une formation au BIM dans le cadre de masters spécialisés. Ceci présente de nombreux avantages, notamment un gain de temps et des économies pour les entreprises qui n’auront peu ou pas à former leurs salariés, une aisance accrue grâce à une familiarisation plus précoce.

Quels sont les moyens de formation et de sensibilisation du BIM pour les professionnels du bâtiment ?

Le GEPA propose des formations continues pour les architectes et les différents acteurs liés au monde bâtiment. Parmi ses formations possibles, le BIM a pris une place essentielle en répondant à une demande toujours plus importante. D’autres organismes, comme le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) proposent depuis peu des formations de « BIM Managers ».

Le gouvernement, quant à lui, contribue à cette transition numérique, notamment grâce au lancement d’un portail internet par la ministre du logement Sylvia Pinel. Ce portail prévoit de rassembler un ensemble de document explicitant le concept de la transition énergétique, les premiers retours d’expérience. Il permettra également de mettre en relation les différents acteurs du numérique et de se tenir informer des avancés dans ce domaine.

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L’intérêt du BIM dans un projet d’envergue

Nous allons voir à travers l’exemple de la réalisation de l’hôpital SEHA à Al Aïn (Emirats Arabes Unis), comment le BIM peut servir les intérêts des architectes.

L’un des intérêts majeurs pour ce type de grand projet est d’arriver à travailler en commun avec un grand nombre de collaborateurs (ici environ 50 architectes et 100 ingénieurs), ce qui est difficile, mais qui est facilité par l’utilisation du BIM. En effet, ce dernier permet d’avoir un grand nombre de stockages et d’échanges d’information sur le projet. Le BIM permet une meilleure communication et collaboration entre les différents services pour un grand projet d’envergure.
De plus même s’il peut sembler fastidieux de devoir rentrer un grand nombre de données dans le programme à la base, on se rend vite compte de l’intérêt lorsqu’il y a une modification à faire, et que le logiciel recalcule lui-même les données. Par ailleurs l’optimisation des détails possibles par le BIM permet de déterminer avec exactitude les quantités nécessaires au projet.
Néanmoins le BIM n’est pas qu’un logiciel de conception pur et simple, on peut l’utiliser à d’autres fins. Dans notre société actuelle, où on se rend compte qu’il est de plus en plus vital de vivre en harmonie et de respecter l’environnement, on peut utiliser le BIM à ces fins pour améliorer la viabilité d’un projet. En effet pour le projet de l’hôpital, on l’a utilisé afin d’analyser la circulation de l’air et faire des études sismiques.
Cependant si l’utilisation du logiciel BIM est de plus en plus fréquente chez les architectes et les ingénieurs, on a pu noter un manque de formation des étudiants français dans ce domaine, ce qui dommageable étant donné les intérêts d’un tel logiciel. Ce manque de formation peut leur être néfaste étant donné que dans d’autre pays on a commencé cette formation. Afin de remédier à ce problème, il faudrait que les écoles d’ingénieurs et d’architectes offrent une formation plus développé à leurs étudiants. Il y a eu la révolution numérique, ce serait dommageable que le secteur du BTP français ne puisse pas en profiter.

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Le BIM pour l’évolution des logements

Le Building Information Model ne se limite pas qu’aux constructions neuves et peut s’avérer très utile dans la réhabilitation et la rénovation. Parce qu’on a pas toujours l’historique des bâtiments nécessaire, cela demande un travail en amont plus rigoureux et décisif pour assurer une bonne réalisation des travaux et un réalisme de la maquette.

Le premier challenge est donc le travail de récupération des données nécessaires à la réalisation de la maquette. Pour que le BIM soit efficace il faut que ce soit un travail qui se fasse en collaboration et requiert une bonne communication entre les intervenants: maitre d’ouvrage, exploitants, occupants et entreprise exécutant les travaux. En effet la maquette ne peut évoluer que grâce aux différents retours et avis des intervenants. Cela permet d’avoir une meilleure expertise et d’être plus performant et précis.

Grâce à cette collaboration, le maître d’ouvrage peut établir une maquette et vérifier qu’elle correspond bien aux besoins et demandes du client. A partir de ces informations sur la structure, les matériaux, les réseaux etc.. le maître d’ouvrage peut définir les différentes solutions qui peuvent être mises en place.

Cela peut mettre en valeur le potentiel des logements et en augmenterait leurs valeurs: ce n’est plus un logement avec un nombre de fonctions fixes mais mais un habitat modulaire qui propose différentes organisations d’un même espace. Ce type de logement pourrait alors se vendre plus facilement: lorsqu’on montre visuellement grâce à une maquette comment un appartement peut s’adapter à tout type de situation familiale, il cible alors un plus large public.

Dans cette optique de rénovation le BIM permettrait d’adapter un grand nombre de logements un peu trop « normalisés » et figés tel que des HLM. La société évolue et le BIM pourrait permettre aux logements d’évoluer dans le même sens que leurs habitants: un étudiant, un couple, une famille nombreuse ou alors une personne âgée n’ont pas les mêmes besoins, et donc recherchent un logement organisé différemment. Pouvoir facilement montrer la capacité d’un logement à s’adapter aux situations familiales serait alors une grande évolution dans le domaine de la rénovation et aussi de l’immobilier.

Le BIM, grâce à sa base de données recueillies sur un logement, peut y proposer des modifications afin d’adapter le logement en mettant en avant les différents décloisonnements, réaménagement de l’espace et innovations à apporter. Cela s’applique à la fois sur la gestion de l’espace propre du bâtiment (cloisonnement, décloisonnement, création de duplex, de mezzanine), à la modification des fonctions des pièces et à l’aménagement de l’espace intérieur et des services (électricité, eau…). En particulier cela faciliterait la vie des personnes handicapées ou âgées en adaptant les propriétés des logements aux besoins des utilisateurs.

Ainsi le BIM permettrait de répondre à la demande forte de réhabilitation et de rénovation surtout en métropole: éviter de déconstruire lorsqu’une réorganisation de l’espace suffit. Cela permettrait de ne pas rester figé sur une fonction d’un logement, de montrer la modernité de la réhabilitation et de la rénovation en faisant preuve de créativité avec une interface attrayante et visuelle pour l’exploitant.

L’objectif est d’arriver à des logements qui peuvent facilement et à moindre coût correspondre à des personnes de profils différents. C’est une autre forme de normalisation des logements: c’est avec une structure donnée pouvoir créer une multitudes de logements différents dans leur organisation des pièces comme des aménagements des services et du mobilier correspondants à des profils précis. Des habitats évolutifs, multifonctions, modernes et innovants.

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Le BIM, outils de communication

Dans le domaine de la conception et de la réalisation d’ouvrage en BTP, la communication entre ses différents acteurs est un des enjeux primordial du processus. Tous les corps de métier doivent être en mesure de dialoguer dans un langage connu et compris par tous, et c’est une chose que la modélisation numérique permet d’améliorer.

Que ce soit entre les architectes et les ingénieurs, les conducteurs de travaux et les chefs de chantier des différents lots, pouvoir échanger autour de documents précis et compréhensibles par tous peut faire toute la différence. Avec le BIM, les plans et données sont facilement accessibles et modifiables, et d’une grande lisibilité. Cette technologie permet un gain de temps dans la conception et la modification d’un bâtiment, et de pouvoir normaliser et harmoniser la représentation. Il réconcilie l’aspect technique et l’aspect architectural de la conception en permettant à la fois une grande précision de tous les aspects esthétiques comme techniques, en même temps que des possibilités de calculs et de mesures, et favorise ainsi la collaboration des équipes.

Un outil pratique

La modélisation numérique sert tout le long de la vie d’un chantier et à tous les niveaux, de la modélisation des avancements et des cadences à la gestion des levées de réserve avant la livraison. Elle permet en plus d’éviter la multiplication des documents papiers au fur et à mesure de l’avancement et des modifications, et d’avoir une vision claire des objectifs et du futur ouvrage.

Pas un remplaçant, mais un complément

Le BIM reste avant tout un outil de gestion et de communication. La conception architecturale reste encore l’affaire de la main et du crayon, du papier et de la maquette, au moins dans sa phase de recherche. Mais le passage au BIM permet une synthèse et une vision globale du projet. Il n’est pas une « menace » à la vision traditionnelle du projet comme peuvent le juger certains mais un complément, un allié pour le secteur de la construction. C’est un gain de temps considérable en fin de conception quand il est temps de produire des documents clairs qui seront la vitrine du projet. Il nécessite néanmoins un apprentissage sérieux et conséquent pour devenir un réflexe et une aide et non une pratique marginale car difficile d’utilisation.

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La coordination : condition essentielle au BIM

Le BIM (Building Information Modeling) est aujourd’hui une technologie en plein essor dans le milieu du BTP. Ce concept permet d’intégrer toutes les données relatives à une construction, tant physiques qu’organisationnelles ou budgétaires. Basé sur la communication, le BIM permet aux différents acteurs (architecte, ingénieur méthodes, conducteur de travaux, etc.) de travailler en coordination sur toutes les étapes du projet via un même document.

 Difficultés rencontrées

Cet aspect est une condition essentielle pour la réussite des projets BIM. Cependant, dans de nombreux cas, cette condition n’est pas respectée et le BIM connait ainsi des obstacles à son développement, liés à la coordination.

Tout d’abord, certaines entreprises du BTP ressentent un manque de confiance face à ce nouveau concept dû notamment à un manque de clarté dans la mise en œuvre concrète du BIM dans les projets de construction. Sur le plan technique, il y a un besoin de permettre l’envoi de notifications lorsque l’un des intervenants effectue un changement : les collaborateurs ne sont pas au courant des modifications instantanément. De plus, avec l’intervention continue de l’informatique, les différents acteurs ne se concertent pas physiquement mais échangent uniquement des documents. Ceci peut entrainer des problèmes d’interprétation des données par les autres intervenants. Les données ne peuvent être transmises et comprises que lorsqu’une explication réelle a été faite pour leur interprétation.

Le BIM Manager

Afin de surmonter ces obstacles liés à une coordination absente ou mal menée, certains font appel à un gestionnaire de projet BIM, également appelé BIM Manager. Ce gestionnaire de projet a comme mission de faire le lien entre les plateformes technologiques avec les données qu’elles contiennent et les intervenants de la construction. Son objectif est directement lié à la satisfaction du client. En effet, une mauvaise coordination engendre une mauvaise compréhension des données et ainsi des délais de conception supplémentaires possibles.

Le BIM Manager doit être doté d’un large éventail de connaissances relatives au projet en cours et en gestion en BIM. Ses connaissances, son leadership ainsi que sa capacité à aborder les défis organisationnels influenceront la collaboration, l’ouverture d’esprit, la communication et la coordination des différents intervenants du projet. La manière de travailler qu’il proposera à son équipe favorisera les échanges d’informations et une conception commune efficace. Le rôle du BIM Manager est primordial car un doit aussi pouvoir éviter les conflits qui constituent une perte dans le système de production. Il doit être capable d’appréhender les causes et les solutions possibles des conflits pour les résoudre de manière efficace. Ceci peut passer par la prévision de marges de tolérance adéquates ou encore par un séquençage judicieux des opérations de la construction.

L’intervention du BIM Manager, véritable chef d’orchestre d’un projet, ne se limite pas à la résolution de conflits, il assure également la mise en place des outils BIM, supervise la réalisation de maquettes numériques et définit les méthodes de travail des équipes.

Autres solutions ?

Il existe d’autres moyens pour améliorer la coordination au sein d’un projet BIM comme par exemple l’organisation de réunions entre toutes les parties prenantes pour partager les informations et les analyser. Sur le plan technique, une standardisation à grande échelle du vocabulaire permettrait une réelle coordination et une transmission de données plus juste. De plus, il existe un besoin profond de formation des intervenants et des étudiants au BIM, qui nécessite un savoir-faire spécifique en informatique.

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BIM : un outil pour perfectionner l’étude solaire d’un projet

BIM est entrain de devenir un logiciel incontournable dans la création de bâtiments durables. Une des raisons principales, c’est la précision et la simplicité de l’étude solaire et énergétique que BIM peut fournir.
Pour les architectes c’est l’opportunité d’adopter un processus de création itératif très efficace où ils peuvent connaitre et maîtriser de nombreuses informations et ainsi faire les bons choix en vue d’améliorer la performance énergétique du projet.

Facilite le dialogue architecte/ client
La communication entre la maîtrise d’œuvre et la maîtrise d’ouvrage est simplifiée et plus réactive. En effet, si le client suggère un changement, l’architecte peut alors facilement, montrer les effets qui en découlent et qui vont modifier la durabilité du projet. Par exemple, si le client veut supprimer certains éléments en façade, l’éclairement naturel n’est plus le même, on utilisera plus de la lumière artificielle et on augmentera la consommation d’énergie. La simulation des changements d’éclairements et leur impact sur la consommation énergétique du bâtiment et sa durabilité, a été grandement accélérée grâce au logiciel BIM. Des études auparavant menées sur plusieurs semaines ne prennent plus que quelques jours maintenant.

Développe la créativité
Si dans l’analyse solaire du bâtiment, BIM permet d’améliorer le processus de communication avec les membres d’une équipe, il aide aussi à développer la créativité en passant moins de temps à traiter manuellement des données. Plus de temps peut être investi dans création à purement parler du bâtiment. Grâce à l’outil BIM, le travail de la lumière devient une expérimentation où toutes les solutions sont envisagées. Alors que les architectes commencent à essayer des solutions, de nouvelles idées surgissent, ils peuvent ainsi expérimenter tout en ayant les résultats immédiats de ce qui marche ou non. Cela peut générer une émulation au sein de l’équipe de création où chacun ajoute de nouvelles idées à l’ensemble.

Vers la maison passive
BIM contribue également à créer des maisons passives. Voici un exemple qui illustre très bien cette tendance : le Grange Insurance Aubudon Center à Colombus qui a ouvert en 2009. L’équipe a utilisé BIM pour aider à orienter le bâtiment selon l’axe Est-Ouest qui maximise l’exposition solaire. Le groupe a crée des maquettes numériques pour étudier comment les différents angles des rayons solaires affectent le chauffage ainsi que l’éclairement naturel du bâtiment. Cela a permis à l’équipe de créer des persiennes et des débords de toits adaptés en conséquence.

La rénovation
La vitesse des analyses solaires que BIM permet à également été bénéfique pour la rénovation de projets. Ainsi, sur des bâtiments déjà existants on peut voir rapidement si, oui ou non, il est avantageux de refaire un éclairage qui inclut des capteurs de lumière naturelle. On peut ainsi, valider ce genre de décisions auprès des propriétaires et leur expliquer les avantages de ce genre d’intervention.

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La communication par maquette numérique

Depuis des siècles, les architectes et artisans pensent et définissent leurs projets par des plans, des coupes, des axonométries, etc., leur permettant de visualiser celui-ci en trois dimensions. Cependant, la fabrication d’une maquette, à l’aide de papiers, cartons, etc., facilite la réflexion et permet de mettre en évidence de nouvelles interrogations concernant les espaces, le rapport à l’environnement, etc. Celle-ci fait alors partie intégrante du processus de conception d’un projet d’un point de vue architecturale, elle est d’ailleurs développée à différentes échelles, offrant de multiples points de vue au concepteur, et lui permettant un terme de communiquer sur son projet. L’heure est aujourd’hui au développement du BIM, maquette numérique ayant pour objectif de regrouper l’ensemble des informations techniques relatives au projet, développée au fil de l’avancement de l’opération par le BIM Master. Alors que l’on se trouve au commencement de ce qui sera peut-être une avancée majeure dans le monde de la construction, il est intéressant de se questionner sur le processus de développement de ces maquettes numériques et de leur utilité en terme de communication, comparé à l’utilisation faite de la maquette par l’architecte.

   Tout d’abord, l’architecte, lors de son processus de conception, est à même de développer différentes maquettes en fonction de ce qu’il cherche à montrer : concept, principe de structure, etc. Ainsi, la maquette numérique doit permettre de visualiser le ou les points que l’on cherche à mettre en lumière, et le BIM Master doit mettre en place une organisation informatique telle que cela soit possible. Toujours dans les similitudes, les niveaux de développement prescrits dans Le Cahier Pratique du Moniteur : BIM/Maquette Numérique correspondent d’une certaine manière au travail en maquette de l’architecte à différentes échelles : plus le projet progresse, plus le niveau de détail doit être élevé, mais cette évolution ne doit pas empêcher l’utilisateur de pouvoir revenir à un niveau de détail plus simple, qui lui permet d’avoir une vision globale du projet. De cette façon, la maquette numérique doit devenir un vrai outil de communication, car elle permet de souligner des points pertinents parmi les milliers d’informations dont elle est composée. Ceci est un outil de grande qualité en ce qui concerne la communication avec les entreprises, permettant la coordination et la démonstration visuelle (de certains modes opératoires par exemple). Mais cette maquette numérique doit pouvoir également permettre de devenir un vrai support de communication auprès des clients, des élus ou de la population, comme la maquette de l’architecte l’est déjà actuellement, car d’une certaine manière, cela vulgarise le milieu de la construction, permet de concrétiser le projet sous une forme lisible et compréhensible par le plus grand nombre, ce qui n’est pas le cas de plans ou de coupes en deux dimensions qui peuvent parfois s’avérer très complexes. On peut ainsi imaginer pouvoir faire passer des idées en matière de développement durable, de gestion d’énergie, des sujets dont beaucoup de gens se désintéressent par peur de ne pas comprendre. Pour aller plus loin, imaginez un cours magistral d’école d’ingénieurs pendant lequel l’enseignant pourrait s’appuyer sur ce support numérique pour expliquer les grands principes d’un corps d’état par exemple, il serait ainsi à même de présenter ce point à différentes échelles, du global au détail, captant l’attention des étudiants comme pourrait le faire un architecte présentant son projet en public.

   Pour conclure, je pense que les ingénieurs, dans le développement et l’utilisation de ces maquettes numériques, devraient s’inspirer fortement de ce qui a déjà été mis en œuvre par les architectes, qui ont fait de leur maquette un outil très puissant de communication et de persuasion, car je suis convaincu que la sélection des informations mises en lumière sur une maquette numérique, et leurs niveaux de précision, est un point capital de l’utilisation du BIM dans les prochaines années, pour une communication plus efficace et didactique.

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Le BIM sera-t-il un outil accessible pour les PME et les artisans ?

Nous vivons actuellement un vrai développement des outils numériques dans la filière de la construction en général. Dans un contexte économique tendu, l’arrivée de méthodes d’industrialisation des filières de l’automobile, nous pousse à revoir nos méthodes de conception, dans le but d’optimiser au mieux et de prévoir au plus tôt les différentes phases d’un projet.

Les outils numériques 3D ne sont pas nouveaux dans le bâtiment, mais l’apparition du Building Information Modeling (BIM), en a complètement changé l’utilisation. Ces outils servaient avant tout à une conception artistique dans la construction, dorénavant ce seront des éléments clés. Véritable plateforme de coordination ils permettront de prévoir et d’organiser toutes les phases de chantier. Ils permettront de définir méticuleusement les marchés pour les différents corps d’état. Mais encore plus loin, les plans dessinés avec ces logiciels pourront être réutilisés et suivre la vie du projet et servir dans une réhabilitation. On en arrive même à évoquer la 4D, en rajoutant une échelle de temps intégrée aux logiciels, et de 5D avec une échelle budgétaire pour contrôler au mieux le budget en amont.

On l’a donc vu, le BIM est outil qui regroupe de nombreux logiciels, de nombreuses fonctionnalités sur une plateforme quasi-unique, cela demande donc de nouvelles compétences informatiques. Cette innovation pourrait être comparée aux Eurocodes qui nécessiteront un échange de connaissance contre expérience entre la nouvelle génération d’ingénieur et la précédente. Qui dit nouvelles compétences, dit formations, nouveaux logiciels et nouveaux processus et donc coûts supplémentaires et pertes de rendements. Il est donc normal que les petites et moyennes entreprises (PME) soient d’abord réticentes à ces outils qui semblent compliquer le travail plus qu’autre chose.

Pourtant les PME ont plusieurs avantages face aux grands groupes, la taille de leur structure étant plus petite, il y est plus facile et rapide de développer de nouveaux processus indispensable au développement du BIM. Ces entreprises seront de plus en plus impliquées dans la maitrise de la consommation énergétique des habitations, et le BIM est un formidable outil à ce sujet. Les erreurs de conception n’existent pas que dans les grands projets, le BIM permet de détecter toutes les interférences et de les corriger avant le début de la construction et donc de gérer au mieux le budget. Il devient un support de communication indispensable, le développement des imprimantes 3D ou des lunettes immersives annonce plusieurs nouvelles applications, comme l’utilisation de la réalité augmentée que cela soit avec des lunettes ou une tablette, le client pourra exactement voir comment sera implantée sa future maison et suivre les différentes étapes de la construction. Le gouvernement a de plus annoncé qu’il débloquerait 20 millions d’Euros pour aider le secteur du bâtiment, notamment les PME et les artisans, à se numériser. Les entreprises qui adopteront le BIM seront prêtes et auront un net avantage face à leurs concurrents.

Sources :

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