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TALLER, FASTER & SMARTER

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Depuis l’antiquité jusqu’à nos jours en passant par les diverses évolutions, les hommes se sont lancés dans la course effrénée de la construction des édifices les plus impressionnants. La hauteur, la rapidité et la mise en œuvre sont devenues au fils du temps les caractéristiques de ces réalisations, symboles de puissance et de richesse. Il y a plus de 4 000 ans, le plus haut bâtiment atteignait déjà 140 mètres, cependant le temps de construction pouvait s’étendre sur plusieurs générations et coutait la vie à de nombreux ouvriers. Depuis, les accidents ont très fortement diminués, les hauteurs ont augmenté et la vitesse s’est accélérée. Actuellement, dans la mesure où l’outil informatique a évolué à tel point d’être omniprésent, construisons-nous plus intelligemment ?

En 2015, 120 tours ont été achevées dont cent six compris entre 200m et 300m de haut, treize de 300m à 600m et une de plus de 600m (mais combien ont été édifiées avec le BIM ?). Aujourd’hui, le nombre total de réalisations dépassant les 200 mètres de hauteur est de 1040, ce chiffre a été multiplié par quatre depuis les années 2000 (260 tours de plus de 200m). Depuis le début du nouveau millénaire, la course aux plus hauts édifices s’est accélérée. En effet, au XX siècle le record était battu en moyenne tous les vingt ans, depuis les années 2000 la tendance est d’environ tous les 5 ans.

L’arrivée de l’outil informatique a bouleversé les façons de  concevoir, de s’organiser et de construire. Les acteurs du bâtiment ont dû s’adapter à cette révolution technologique. Certains ont vu l’ordinateur comme une fenêtre sur un nouveau monde plein d’opportunités et d’autres ont vu dans cet outil la fin d’un art et le début de la standardisation du métier imposée par les logiciels. Car avant cette nouvelle ère informatique, l’architecte n’était limité que par son imagination et les contraintes techniques. Aujourd’hui, les outils numériques permettent de passer des obstacles autrefois tout à fait insurmontables, mais rendent les utilisateurs dépendant. De surcroît, ces programmes informatiques de plus en plus nombreux, complexes et précis demandent un apprentissage long et une grande maîtrise.
Les nouvelles générations d’architectes doivent connaître 2 à 5 logiciels pour pouvoir concevoir un bâtiment. Seulement, chaque programme influence à sa manière l’architecture, c’est pourquoi il est parfois possible d’identifier les logiciels sources d’un bâtiment construit. Ainsi nous pouvons nous poser la question suivante: Est-ce que l’informatique a réinventé le métier d’architecte ou est-ce qu’il a rendu ces derniers dépendants?

L’Empire State Building de New York mesure 320m de hauteur et a été réalisé en 1931. Sans l’aide de l’informatique, ce bâtiment à été construit en 410 jours sans retard. Cette prouesse architecturale montre un décalage avec les constructions contemporaines, malgré leur plus grande taille ils sont construits proportionnellement plus lentement. Car aujourd’hui, l’architecture des projets est plus complexe ce qui implique l’intervention d’un plus grand nombre d’acteurs lors de la conception et de la construction.
Alors quelle position doivent prendre les architectes quand la maîtrise des logiciels est plus importante que la pensée intellectuelle et théorique. Il existe aujourd’hui un vaste catalogue de logiciel répondant aux diverses ambitions et budget de chacun. Cependant, dès que le choix est fait pas l’utilisateur, le programme l’enferme par ses contraintes techniques, impactant indirectement sa créativité. Aujourd’hui nous pouvons dire que les logiciels se répercutent profondément sur l’architecture. Mais ne serait-il pas plus juste, si c’était les acteurs de l’architecture qui influencerai les programmes informatiques, comme c’est le cas pour le logiciel Grasshopper ?

Webographie

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http://www.skyscrapercenter.com/year-in-review/2015#

 

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BIM : Révolutionnaire, Controversé et Prometteur.

Ces dernières années, l’acronyme BIM est sur toutes les lèvres et depuis son apparition, le Building Information Modeling a été à l’origine d’une véritable révolution dans le milieu de la conception architecturale et de la construction. Le BIM est « à la fois un logiciel, une base de données, un processus collaboratif voire une méthode de management ». Il pourrait se résumer en une maquette numérique qui « contient une base de données et une représentation graphique, en 2D ou en 3D, du bâtiment»(1). C’est un outil qui a permis une véritable libération des formes chez plusieurs architectes, notamment du mouvement déconstructiviste, tels que Frank Gehry ou Zaha Hadid. Ces derniers, souvent avides de volumétries déroutantes et futuristes, se sont appuyés sur ce nouvel outil pour se défaire des carcans qu’imposait parfois la conception en 2D.
C’est ainsi que Gehry a pu signer des édifices aussi iconiques par leur forme que le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles ou la très fraichement inaugurée Fondation Louis Vuitton à Paris, et que la Britannique Hadid propose des édifices aux courbes fluides et fuyantes dans des projets comme l’Opéra de Guangzhou en Chine.

Si de telles réalisations d’une grande sophistication apparente suscitent un lot d’admiration quasi immédiat chez le public profane, le milieu des architectes est quelque peu divisé. Souvent critiqués à la fois pour leurs partis pris architecturaux, décrits comme formalistes et décontextualisés, c’est surtout pour le processus de conception que permet le recours au BIM qu’ils sont décriés. Frank Gehry, est incontestablement la figure la plus représentative d’un ensemble d’architectes dont la démarche consiste à partir de formes abstraites sous formes d’esquisses d’intentions, matérialisées en maquettes, et de leur donner vie au moyen de scans 3D pour aboutir à une représentation concrète grâce au BIM et que la très classique CAO -conception assistée par ordinateur- aurait rendu très laborieuse. Ce que soulignent les détracteurs c’est que l’usage du BIM mène à une aliénation de la conception et n’aboutit pas à un véritable travail sur l’espace et donc à une Architecture mais se limite à la production d’édifices, certes très esthétiques, mais qui relèvent plus de l’objet formel ou de la sculpture.

S’il divise les architectes en deux camps idéologiquement opposés, les professionnels de la construction ont un avis majoritairement positif et le présentent comme un outil d’avenir incontournable, et cela malgré l’aspect couteux qu’implique son adoption due à la fois à un coût d’acquisition mais aussi et surtout à un coût de formation à une nouvelle technologie. Ainsi des grands groupes comme Bouygues en assument l’utilisation comme un gage de qualité et en font ouvertement la promotion à travers le site BimGeneration(2), y rappelant à quel point le BIM permet de créer un support commun à l’ensemble des intervenants dans la conception et la réalisation d’un projet. Assurant la garantie d’une communication claire et d’une rationalisation de la conception et de la réalisation entre les différents acteurs et ce, dès les prémisses du projet, la modélisation par BIM serait donc avant toute chose un formidable moyen dans la mise en oeuvre de projets d’une grande complexité. S’imposant de plus en plus dans de nombreuses structures et agences, principalement dans le monde anglo-saxon avec un taux d’adoption de près de 50% aux Etats-Unis contre un peu plus d’un tiers en Europe occidentale(3) où il se répand de plus en plus, lentement mais surement. En France, les déclarations de L’ancienne Ministre Cécile Dufflot prévoyant un déploiement du BIM obligatoire à tous les marchés publics d’ici 2017(4), sont un signe annonciateur que ce dernier deviendra très vite indispensable et incontournable. Aux architectes maintenant de se positionner et d’en faire le meilleur des usages.

(1)Julien Beideler, Le plan pour faire basculer le batiment dans le BIM, Le Moniteur, 27mars 2014

(2 )www.bimgeneration.com

(3)McGraw-Hill Construction, Rapport Smartmarket, Etude sur l’utilisation de la BIM par les architectes en France et en Europe, 2010

(4)Antoine Hudin, Le BIM c’est maintenant ou Presque… , Le Moniteur, 3 septembre 2014

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Transition vers un nouvel outil de conception et d’information : le BIM

Le BIM (Building Information Modeling) aussi appelé maquette numérique, est un nouvel outil pour concevoir les bâtiments et accompagner leur exploitation. L’ingéniosité du BIM réside dans le fait qu’un seul modèle 3D peut contenir une véritable mine d’informations apportées par l’ensemble des professionnels qui construisent le projet. Le BIM permet donc d’éviter les erreurs et omissions grâce à une meilleure coordination et communication entre l’ensemble des participants du projet.

Un nombre grandissant d’architectes, d’ingénieurs et de concepteurs l’utilisent du fait de ses nombreux avantages mais aussi parce que ce sont les maîtres d’ouvrage qui imposent son utilisation pour de grands projets de construction afin de garder le contrôle sur les frais et la durée du projet. Aujourd’hui, de nombreuses réformes ont vu le jour notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Finlande et en Norvège mais aussi aux Etats-Unis rendant le BIM obligatoire pour de grands projets publics. La France décide alors de rejoindre cette révolution BIM mondiale et c’est le 18 mars 2014 que Cécile Duflot, l’ex-ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, annonça que le gouvernement Français devrait “progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017″.

La transition de la CAO vers le BIM n’est pas chose aisée car elle implique un changement radical des méthodes de travail et peut avoir des effets négatifs pour l’entreprise. Néanmoins, cette fois, cette transition se fera plus naturellement contrairement au passage du dessin à la main vers la CAO qui a été beaucoup plus difficile. En effet, le 16 décembre 2000, la loi SRU, qui proposait aux collectivités locales un budget spécial afin d’utiliser des outils informatiques pour leurs projets, a fait de la CAO l’outil permettant de produire tous les plans informatisés exigés. Cependant, en 2000, la plupart des entreprises de construction et agences d’architecture en France n’étaient pas équipées des logiciels de CAO et la transition fut rude pour certaines d’entre elles. Contrairement à la révolution de la CAO Architecturale, la révolution du BIM bénéficie de plusieurs avantages. Premièrement, en France, plus d’un tiers du secteur possède déjà et utilise les logiciels BIM. De plus, les entreprises ne possédant pas ces logiciels bénéficient d’une aide de la part des éditeurs des logiciels BIM pour les installer. Et enfin, un des principaux avantages dans cette deuxième révolution est que la plupart des étudiants en écoles d’ingénieur ou d’architecture reçoivent une formation sur les logiciels BIM et beaucoup d’entre eux sont opérationnels quant à leur utilisation.

En conclusion, c’est cette nouvelle génération d’architectes et d’ingénieurs ne jurant que par le BIM qui permettra de faciliter le déploiement du BIM dans les entreprises du secteur de la construction.

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Le BIM : Un coup de pouce pour arriver au grand boum ?

Les intérêts du BIM ne sont plus à démontrer. Dans un monde de mutualisation, de partage et d’échange d’information, le BIM permet à tous les intervenants agissant autour d’un projet de bâtiment ou de travaux publics de travailler sur un fichier unique regroupant à la fois des informations techniques, structurelles intrinsèques au projet. Les projets colossaux sont facilités par cette mise en commun d’informations permettant une meilleure compréhension du projet. Mais quand est-il de l’utilisation du BIM dans des projets de moindre envergure ? Quelle est plus particulièrement la vision de l’architecte sur ce qui semble être une révolution dans la façon de travailler?

Dressons tout d’abord un état des lieux. Les cabinets d’architectures ne sont pas actuellement préparés au changement. Au sein d’une agence, peu de membre sont formés et savent utiliser les nouvelles suites de logiciels d’autant plus que les formations sont rares et peu abordables. Pourtant, le BIM permettrait d’améliorer la qualité générale d’un projet en limitant les conflits entres les parties grâce au partage du flux d’information.

Accoutumés aux logiciels de CAO, les architectes ont du mal à franchir le cap surtout lorsqu’il s’agit de remettre en cause des réflexes et des notions acquises depuis des années. Mais, souvenez-vous : les premiers logiciels de CAO ont été implantés en 1984 et quinze en plus tard, peu d’agences en était équipées. Il a fallu attendre la loi SRU (Solidarité Renouvellement Urbain) préconisant des plans informatisés pour les ouvrages publics. Les différents cabinets se sont ajustés à cette nouvelle norme. Ce passage n’a pas été sans conséquence, notamment pour les seniors qui sont moins enclins à utiliser des outils informatiques. L’évolution de la CAO au BIM s’annonce beaucoup plus facile, les éditeurs de logiciel ont conçu des outils plus intuitifs pour les utilisateurs. Il semble uniquement manquer un élément déclencheur pour que transition s’opère de façon plus globale.

La France doit-elle faire adopter une loi exigeant l’utilisation du BIM pour les ouvrages publics ? Les projets publics bénéficieraient de coûts moins élevés grâce à des travaux mieux organisés. De plus, ils seront totalement transparents, l’information étant accessible à tous.

D’autres pays européen comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves ont fait passer des mesures visant à utiliser le BIM pour le profit de la collectivité.

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