Archives du mot-clé Building Information Modeling

Le BIM: une révolution des uns face au conservatisme des autres.

Il convient dans un premier temps de définir ce qu’est le BIM. Le « Building Information Modeling »  est à la fois un logiciel, une base de données, un processus et une méthode de management : c’est une maquette numérique. Il permet, entre autres, une meilleure conception, visualisation, simulation et collaboration tout au long du cycle de vie d’un projet, c’est-à-dire de la conception à son exploitation. Tout cela a pour conséquence directe une qualité améliorée, une production augmentée et donc une réduction des coûts. Cependant, et malgré ces effets attractifs, le BIM peine à se répandre dans le marché de la construction et se heurte ainsi au conservatisme des acteurs du BTP.

Ce conservatisme peut être illustré en prenant un exemple courant d’une habitude d’une personne : prendre un café le matin. Supposons maintenant qu’un jour, les médias commencent à vanter les effets bénéfiques du thé qui est moins coûteux et qui présente un goût meilleur. Cette personne, malgré ce qui est dit, aura la fâcheuse tendance à rester sur son habitude : boire du café tous les matins. « Pourquoi changer si cela marche déjà? » ; «Que deviendra la machine à café ? » ; Changer d’habitude demande un certain effort physique puis d’adaptation mentale. La personne considérée ne sera que très rarement encline à changer son habitude et à faire des efforts dans ce sens.

Extrapolons alors cette illustration dans le monde du BTP où les plans se font en 2D et où seuls quelques personnels qualifiés ont la capacité de les lire. Les avantages du BIM se font alors entendre au niveau du personnel et des responsables. Intrigués par ce concept innovant et par ses biens-faits, ces derniers décident alors d’en parler à leur directeur. Or de ce côté, l’enthousiasme est bien plus modéré. Un certain temps – plusieurs années – de transition s’avère nécessaire. S’ajoute à cela une formation des employés afin de les adapter à ce changement culturel. De plus, il conviendra de prendre une sous-traitance adaptée à cette culture et donc de se limiter. L’effort physique devient ainsi financier. L’esprit innovant devient alors conservateur : « La dépense à fournir et la perte de productivité lors de la période de transition est-elle rentable ? » ; « Pourquoi changer un système qui marche ? » ; « La sous-traitance n’est pas encore adaptée, pourquoi ne pas changer plus tard ». Tant de questions conservatives qui repoussent la révolution annoncée du BIM.

Afin d’accélérer ce changement, l’Etat a annoncé début 2014 qu’il allait « rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017 ». L’Etat espère ainsi servir de tremplin et étendre ce concept aux marchés privés sur tout le territoire comme cela se passe dans certains pays d’Asie tel que le Singapour. Ce changement culturel passe aussi par une évolution des mœurs : la formation des différents acteurs du BTP possède une grande part de responsabilité dans l’évolution du BIM. Sensibiliser ces derniers aux biens-faits du BIM et travailler sur une communication concrète au niveau des clients et des sous-traitants afin de les rassurer quant à cette nouvelle méthode s’avère être essentiel.

La France, deuxième acteur mondial dans le secteur du BTP, présente un léger retard par rapport à certains pays quant à l’exploitation du BIM. L’esprit conservateur, fort de ses habitudes, en est le premier responsable. Mais les acteurs du BTP évoluent et leur formation avec ; la culture du BIM se répandra de façon plus importante, la révolution prendra forme.

Après tout, le conservatisme évolue lui aussi, espérons seulement qu’il ne soit pas trop tard.

Share Button