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Etudiants en Architecture, appréhender le B.I.M. dans sa vie future

La quasi parfaite maîtrise des logiciels de conception est de plus en plus considérée comme une condition d’embauche pour les étudiants en école d’architecture. En outre, la perspective du B.I.M. suscite à nouveaux chez les étudiants le besoin de cours adaptés aux divers logiciels mais aussi celui d’une formation associée au B.I.M. de manière à appréhender de façon optimale les outils d’aujourd’hui et de demain dont ils auront besoins dans leur carrière professionnelle mais aussi dans leurs relations avec les divers collaborateurs qu’ils rencontreront. Ainsi, l’enseignement de la maquette numérique devrait être un cours obligatoire dans toutes les écoles d’architecture. Dans certaines écoles, il existe déjà des cours initiatiques au B.I.M. mais qui demeurent optionnels et donc non forcément adéquat avec l’emploi du temps déjà chargé.

D’autre part, un grand nombre d’administratifs, de responsables pédagogiques et d’enseignants se montre encore réticent à jeter immédiatement le pavé dans la mare. Installer des cours de B.I.M. représente un bouleversement et une remise en cause des habitudes et des méthodes. En effet, ceci impliquerait dans un premier temps de cesser de partitionner les divers enseignements axés autour de la construction ; mais également d’accentuer les partenariats et les échanges entre les écoles formant à ce domaine. Si l’on veut que les diverses professions de la construction collaborent de façon optimale autours des projets de construction, c’est dès la vie étudiante qu’il faut forger les mentalités. Il s’agit donc en quelque sorte d’appliquer une réelle révolution dans les méthodes d’enseignement qui doivent à nouveau évoluer avec leur temps comme elles l’avaient fait auparavant lors de l’installation de la C.A.O..

Les étudiants sont demandeurs de tels enseignements et montrent même un réel engouement lorsque certains de leurs professeurs leur proposent des ateliers collaboratifs entre institutions de nature différente. Ressentant cette lacune dans leur emploi du temps, certains n’hésitent pas à prendre les devants en participant à des concours axés sur le B.I.M. ou en apprenant, de façon autodidacte, à maîtriser des logiciels tels que Revit dont l’enseignement n’est pas proposer dans toutes les écoles d’architecture. On peut ainsi citer l’exemple du concours B.I.M. Décathlon qui demande à une équipe pluridisciplinaire, composée d’étudiants en école d’architecture, d’ingénierie et d’économie de la construction, d’élaborer, sous forme de maquette numérique, le meilleur scénario concernant la rénovation d’un ouvrage de construction.

Du chemin reste donc à parcourir d’ici la généralisation de l’enseignement du B.I.M. dans les écoles d’architecture. Et n’oublions pas que former les jeunes générations aux outils de demain est une réelle nécessité pour l’avenir.

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Le BIM et le projet d’architecture

Avec le BIM une nouvelle révolution numérique est en cours dans le monde du bâtiment. En effet, cette maquette numérique a pour but de permettre une meilleure collaboration entre tous les acteurs d’un projet. Les bouleversements liés à la modernisation inévitable de nos moyens de conception doivent-ils nous réjouir ? En quoi le BIM va influencer le projet de l’architecte ? Doit-on s’inquiéter de ces évolutions ?

La possibilité de complexifier le projet
La première influence du BIM sur le projet de l’architecte est qu’il va permettre de concevoir des projets bien plus complexes. En effet, la majorité des difficultés techniques peuvent être résolues par l’utilisation de la maquette numérique. Ainsi les architectes laissent libre court à leur créativité et imaginer des projets engendrant toujours plus de complexité formelle. On peut notamment penser à la Fondation Louis Vuitton, de Frank Gehry, qui vient d’être inaugurée à Paris. Ce bâtiment n’aurait jamais pu être réalisé sans l’utilisation du BIM qui a permis une bonne coordination entre tous les acteurs du projet, de l’architecte en passant par les bureaux d’études et les entreprises de construction.

Un nouveau rôle pour l’architecte
Une des principales interrogations que soulève le BIM concerne la liberté qu’il laisse à l’architecte.      Faut-il craindre une disparition du point de vue singulier de l’architecte menant à une uniformisation de la production ?

En effet, il semblerait que le BIM puisse induire une mise au second plan de l’architecte en tant qu’acteur principal d’un bâtiment. Tout d’abord, les logiciels proposent de plus en plus des solutions prédéfinies, « prêtes à l’emploi », avec des arbitrages toujours plus nombreux. Ensuite, la forte collaboration qu’implique le BIM aggrave la situation. En effet, de très nombreux acteurs, à différents niveaux, vont agir sur une même maquette numérique simultanément. A qui attribuer la propriété intellectuelle du projet ? Et d’ailleurs, puisque le projet n’est jamais fini, car en permanence remis à jour pendant la vie du bâtiment, pourra-t-on encore parler d’œuvre ?

Mais, le BIM peut aussi revaloriser le travail de l’architecte en mettant fin à une division abstraite des tâches. Jusque-là, la répartition du travail en agence induit que certains s’occupent uniquement de dessiner des détails constructifs, d’autres des façades par exemple. A l’avenir, grâce au BIM, ils interviendront tous en même temps sur une simulation en trois dimensions du bâtiment. Tous les architectes de l’agence pourront aborder la question du programme, des volumes, de la structure ou encore des coûts par exemple. Les capacités de synthèse de chacun seront mobilisées et les architectes ne devront plus se consacrer uniquement à une spécialisation souvent attribuée arbitrairement.

Ainsi le BIM va révolutionner le projet d’architecture et la place de l’architecte dans le projet en bouleversant l’organisation entre tous les acteurs mais aussi au sein même des agences d’architecture.

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