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Le BIM, de son fonctionnement à sa mise en place

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

  • Quels sont les avantages du BIM ?

Le BIM a l’avantage d’améliorer l’efficacité de la conception et permet un contrôle facile de la qualité. Un modèle unique connecté peut améliorer la communication au sein des équipes de conception et de construction, et les éléments paramétriques du modèle créent une base de données robuste. Ces données sont également utilisables après l’achèvement des travaux puisqu’elles sont conservées jusqu’à la démolition de l’ouvrage, ce qui facilite l’entretien de l’ouvrage.

La modélisation de construction dépasse l’ancien dessin 2D, en permettant aux concepteurs de visualiser le bâtiment et son contenu de tous les angles, et de trouver les problèmes éventuels à des stades antérieurs à la construction afin de les corriger avant la réalisation des travaux ce qui évite des dépenses imprévues. La conception paramétrique fait gagner du temps en créant et modifiant plusieurs portions de conception simultanément. Coupes, élévations et vues tridimensionnelles peuvent être créés instantanément, réduisant la nécessité pour les tracés de contrôle. Les modifications apportées à l’un de ces éléments affectent tous les autres, y compris les matériaux, les coûts et les échéances de construction.

Les modèles créés avec le BIM sont visuellement faciles à comprendre et accessibles à tous, y compris le client qui peut voir un aperçu réaliste de l’ouvrage avant sa réalisation, contrairement aux plans 2D qui nécessitent des connaissances techniques pour leur compréhension.

De plus, le BIM permet une collaboration entre toutes les parties prenantes (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprise). Cette collaboration s’effectue aussi au sein de chaque entité.

 

  • Quelles sont les limites du BIM ?

L’utilisation du BIM nécessite une formation importante à la fois coûteuse et chronophage, qui doit être suivie par l’ensemble des collaborateurs. De plus, l’installation du BIM nécessite du nouveau matériel informatique ainsi que des logiciels ou des licences. Ceci engendre un coût pour les entreprises qui est parfois difficile à supporter, notamment dans le cas des PME.

Le BIM est plus complexe et prend plus de temps au début d’un projet. Lorsque le BIM est utilisé, l’entrepreneur ne peut pas utiliser de simples plans pour lancer les travaux. Il doit d’abord coopérer avec la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre pour créer le modèle de collaboration.

Par ailleurs, les entreprises doivent faire face à un partage d’informations stockées dans une base de données également utilisée par l’ensemble des projets BIM. Le risque pour les entreprises est qu’un manque de sécurité entraînerait un accès libre à leurs données confidentielles.

 

Comment « ça » fonctionne ?

 

  • Sur quel principe repose le processus BIM ?

Le fondement du BIM est la collaboration entre différents intervenants par des échanges de données de façon à éviter la duplication de la saisie données et les erreurs. Le BIM permet donc de structurer l’ensemble des données d’un projet en utilisant une méthode de travail commune basé sur une seule et même base de données. Cependant, souvent, au sein d’un même projet, les intervenants n’utilisent pas les mêmes applications. La difficulté réside dans l’échange de données sans erreurs entre des applications différentes. Ce processus se nomme l’interopérabilité.

 

  • Par quels moyens cet échange de données est-il fait ?

Il est possible de récupérer les données manuellement mais ce type d’échange est à éviter : elle entraînerait une source d’erreurs non négligeable couplée à une perte de temps. Ainsi aujourd’hui, les principaux formats d’échange de données BIM sont l’IFC (Industry Foundation Classes) et le XML. Ils sont utilisés pour toutes les phases du projet : les études de faisabilité, la conception, la construction, l’utilisation et la démolition.

Il est aussi possible d’utiliser des Interfaces de Programmation (API : Application Programming Interface) pour compléter les échanges de données lors d’éventuels oublis ou erreurs. Ils s’utilisent donc en complément des formats standards d’échange. Les plugins, eux, s’installent dans une application et permettent de convertir les données en une seule fois. Ce n’est pas le cas des formats IFC ou XML qui font deux conversions, une pour exporter les données et une autres pour les importer et qui donc engendre un risque d’erreurs plus important.

 

  • Comment les informations sont organisées pour en faciliter la gestion ?

D’abord, on différencie quatre modèles : le modèle de conception, celui de construction, celui de mise en service et enfin, celui d’utilisation de l’ouvrage. Puis, pour un accès simple et rapide des informations des constituants du modèle, les propriétés décrivant un objet ou un ensemble d’objets sont données par ce qu’on appelle des paramètres ou par des attributs. Les paramètres altèrent l’aspect de l’objet comme sa taille, alors que les attributs ne le modifient pas et sont plutôt considérés comme des données, c’est le cas du poids par exemple. Appliquer des contraintes entre objets est un moyen de réduire le nombre d’erreurs de conception mais il peut ralentir le calcul du logiciel si un trop grand nombre de contraintes est appliqué.

 

  • Quels sont les principaux composants d’une maquette numérique en BIM ?

Un projet est décomposé en plusieurs éléments pour en assurer la qualité. Il y a quatre types de composants : les objets, les assemblages d’objets, les matériaux et les détails. Ces composants peuvent être classés en trois catégories : la primaire, regroupant les constituants de l’ossature du projet, la catégorie secondaire, qui concerne les éléments de conception et la tertiaire, pour des composants de détails. La gestion du projet se fait aussi par la mise en place de convention pour les noms des objets ou des assemblages afin de faciliter leurs identifications et leurs recherches et il convient évidemment d’ajouter seulement les informations utiles.

 

  • Comment est géré l’accès aux données selon les collaborateurs et comment assurer un modèle fiable ?

Un environnement collaboratif implique un partage de document et une gestion de la visibilité des données selon les intervenants. Un coordinateur BIM est affecté au projet pour gérer l’interopérabilité des documents et la sécurité des données. Une étape de ségrégation des données est nécessaire pour déterminer les liaisons entre fichiers. Le processus comprend également une étape de vérification de la qualité de la maquette numérique suivi de la résolution des problèmes ou de la validation des données car les formats de conversion ne sont pas encore totalement fiables et des erreurs peuvent survenir à l’export ou à l’import.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer dans le monde du BTP ?

Le principal changement qui sera apporté par le BIM est la visualisation 3D ainsi que la collaboration étroite entre les acteurs d’un projet. Dans le passé, un ingénieur en structure utilisait Autocad pour réaliser la conception d’une infrastructure. Mais dans un avenir proche, le BIM deviendra incontournable pour échanger des données plus facilement. Via le BIM, les rôles d’Autocad (calcul, modélisation, visualisation) sont conservés et intégrées dans le processus. Un changement majeur dû au BIM est le gain de temps de travail sur un projet. Le BIM va également permettre de diminuer les coûts et faciliter la communication entre les différents intervenants.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les clients ?

Le BIM crée de nombreux avantages pour les clients. Les coûts seront réduits par une meilleure maîtrise du projet, une réduction du temps de réalisation du projet et une meilleure vision ainsi qu’une minimisation de l’impact financier sur une modification. Le modèle 3D présente un support qui facilite la communication avec les intervenants et le public.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les entrepreneurs ?

Les entrepreneurs ont la capacité d’imposer le BIM, ce qui lui permet d’avoir un rôle plus important dans la logistique du projet. La création d’une unique base de données permet d’estimer les quantités de matériaux au plus juste, ainsi l’entrepreneur réalise des économies donc des bénéfices. Par ailleurs, les entreprises visionnent grâce à la maquette numérique l’ensemble du chantier avant la construction et détectent les éventuelles erreurs.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour la maîtrise d’ouvrage ?

La maîtrise d’ouvrage est la plus enclin au changement pour le BIM car cela lui apporte une meilleure vision du projet, ce qui lui permet de corriger les défauts avant qu’ils aient un impact financier. Les logiciels permettent des visualisations 3D et la génération de plans 2D à n’importe quel avancement du projet. En plus de faciliter la collaboration par l’utilisation d’un même modèle 3D, les quantités et coûts peuvent être donnés en temps réel et permettent de connaître l’impact budgétaire d’une modification. Le BIM représente un gain de temps considérable pour les ingénieurs en structure qui vont utiliser les éléments structuraux déjà précisés par l’architecte sans avoir besoin de recréer le modèle et le risque d’erreur en sera diminué.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les fabricants et les fournisseurs ?

En ayant une bonne compréhension du BIM, les fabricants et fournisseurs pourront utiliser directement les modèles BIM pour la fabrication de parties de l’infrastructure comme les armatures par exemple. Leur tâche est alors simplifiée car le modèle BIM contient des informations complémentaires qui pourraient leur être utiles. Cependant, les fabricants et fournisseurs auront besoin d’avoir une bonne connaissance du BIM pour savoir quelles informations leur seront utiles, sans quoi ils crouleront sous les informations inutilisables.

 

  • Comment le BIM intègre la dimension environnementale aux projets ?

Le processus BIM permet de vérifier et d’adapter la conception d’une infrastructure à son environnement pour diminuer au mieux l’impact environnemental. Il permet également de réduire les déchets par une meilleure prévision des quantités de matériaux utilisés. Ainsi le BIM intègre parfaitement les préoccupations actuelles concernant le respect de l’environnement qui vont aller en grandissant.

 

Comment faire pour y aller ?

 

  • Une simple formation suffit-elle à apprendre le fonctionnement du BIM ?

Une formation informative comme celle-ci ne vous apprend pas le fonctionnement réel du BIM, il offre seulement une culture de cette technologie et précise ses avantages. Une formation complète de BIM doit se faire par la pratique sur un ordinateur. C’est une étape d’une longue procédure dans les entreprises.

 

  • Quelle est la procédure à suivre pour implanter le BIM dans une entreprise  ?

Le BIM n’est pas seulement un logiciel à installer sur un ordinateur, c’est un tout. La procédure d’installation du BIM dans une entreprise est un travail de longue haleine. Il faut à la fois acheter du matériel informatique et former le personnel à l’utilisation de nouveaux logiciels de BIM. L’installation du BIM dans une entreprise doit se faire en étapes clairement définies.

 

  • Quelles sont exactement ces étapes ?

Il faut tout d’abord comprendre ce qu’est le BIM et ce qu’il peut apporter à l’entreprise et en quoi l’entreprise est tributaire de cet outil. Pour cela, il faut se baser sur le fonctionnement actuel de l’entreprise. Il faut ensuite définir une stratégie d’implantation. Cette stratégie se décompose en deux parties : une partie sur la formation du personnel et une partie sur le matériel à mettre en place. Une fois la stratégie établie, il faut définir un budget. Puis, il faut commencer la sensibilisation du personnel au BIM ainsi que sa formation. Seulement à ce moment, il faut installer le matériel à proprement parler (logiciel, nouveaux ordinateurs). Enfin, la pratique du BIM dans une entreprise doit toujours se faire accompagner par une personne d’expérience qui sera capable de guider les collaborateurs pour un travail de meilleure qualité.

 

  • Quelles sont les possibilités pour un entrepreneur pour se faire accompagner dans l’implantation du BIM dans son entreprise ?

Par sa complexité, le BIM nécessite de se faire accompagner par des personnes ayant de l’expérience dans ce domaine. Il y a deux solutions possibles pour les entreprises dans le cadre de l’accompagnement dans le BIM. La première solution est de faire appel à un cabinet de conseil spécialisé dans le BIM. Cette opération permettra de sensibiliser le personnel et de le former par la pratique. L’autre solution, qui peut être associée avec la première est d’engager un « spécialiste » du BIM, c’est-à-dire une personne ayant de l’expérience dans ce domaine et qui sera capable d’accompagner les collaborateurs tout au long de leurs projets.

 

  • Le BIM ne risque-t-il pas d’être dépassé avec l’évolution rapide de la technologie ?

L’évolution de la technologie ne va pas dépasser le BIM dans un futur proche puisqu’il est pour l’instant un outil nouveau. Cette évolution ne fera qu’apporter au BIM des compléments et un fonctionnement plus facile. Elle se traduira par des mises à jour sur le logiciel qui seront mineures et n’entraineront pas de réelles difficultés pour ses utilisateurs.

 

 

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Scénario pour la création d’un MOOC sur le BIM

(1)   Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

Qu’est-ce que le BIM ?

 

BIM = Modélisation des données du bâtiment (maquette numérique), il incarne une façon de décrire les bâtiments en concentrant l’ensemble de l’information technique, composants, équipements et comportements. Toute modification apportée, quelle que soit la compétence exercée, est automatique et répercutée sur l’ensemble de la maquette. D’où une importante diminution du temps et des coûts de production des plans et saisies informatiques.

 

 

Quels sont les principaux avantages du BIM ?

 

– Le BIM permet un échange d’informations simplifié, dont celles-ci sont à jour, justes et non redondantes. Il permet un travail en collaboration et non un travail « à la chaine ».

 

– Le BIM est autant utile aux Maitres d’œuvre, architectes, bureaux d’études qu’aux Maitres d’Ouvrage. En effet, ces derniers peuvent utiliser la maquette pour la maintenance et son utilisation (représentation numérique de son patrimoine). Il devra cependant mettre à jour la maquette afin que celle-ci soit réutilisable.

 

– Le BIM met en place les bonnes pratiques qui ne sont pas mises en place, grâce à une grande panoplie d’outils.

 

– Le BIM fait appel à un langage commun, les IFC, ce qui permet un échange de données possible et facile.

 

– Le BIM permet de réduire ainsi les coûts de conception et d’améliorer la gestion.

 

– Le BIM permet un gain de fiabilité grâce à ses diverses simulations (thermiques, acoustiques, environnementales, quantitatifs, …)

 

 

Quels sont les principaux inconvénients du BIM ?

 

– La qualité de la maquette doit être très élevée, afin que les différentes simulations soient fiables et correctes, que les quantités soient les plus réelles possible, et que l’utilisation future de celle-ci puisse être exploitable (éviter les clashs, supprimer les objets non utiles dans la maquette, …) De plus, les erreurs effectuées au sein du projet grâce au BIM doivent être rapidement et souvent corrigées afin que celles-ci soient minimes à résoudre. Plus on attend, plus le problème risque de prendre de l’ampleur, et cela va devenir long et couteux à corriger.

 

– Il va de soi que les acteurs du projet (en BIM) aient une connaissance des différents logiciels BIM (exploitation des données, modifications si nécessaire, …). Il faut prévoir 2-3 jours pour faire des plateaux réunissant tout le monde, afin de démarrer sur de bonnes bases, et prévoir des périodes tampons (pour sortir des métrés, des quantités, ..)

 

– Coûts cachés dus au BIM :

. Les parties prenantes qui ne s’adaptent pas au BIM

. Mauvaise gestion des gabarits

. Qualité des modèles

. Eviter la sous-traitance. Cela peut attirer des soucis (Exemple : le sous-traitant met la clef sous la porte, il est alors très difficile de réparer les dommages).

 

 

(2)   Comment ça fonctionne ?

 

Quel est le principe de fonctionnement du BIM ?

 

L’informatique est utilisée dans le bâtiment depuis longtemps, bien avant l’apparition du BIM. Seulement il n’existe aucun logiciel exhaustif capable de rassembler toutes les informations du bâtiment. Chaque corps de métier a généralement son logiciel spécifique. Mais le système BIM est centré sur une base de données commune, ou chaque intervenant peut partager ses données sans dépendre d’un outil particulier. On appelle cela l’interopérabilité.

 

Pour permettre cette interopérabilité, il existe un format d’échange IFC (Industry Foundation Classes). Ce langage informatique commun permet à tous les acteurs de transmettre leur travail, quel que soit le logiciel utilisé en interne.

 

 

 

L’interopérabilité du BIM

 

La base de données contient également une bibliothèque 3D, qui comprend les caractéristiques géométriques des objets, mais également des informations sur leur nature. Les caractéristiques des matériaux, physiques ou mécaniques sont ainsi disponibles.

Quelles sont les étapes d’un projet ?

 

Le processus d’utilisation est assez clairement défini. On commence par une modélisation architecturale, puis une modélisation des détails de constructions (corps d’états techniques). Puis le BIM manager va assembler les données et vérifier la cohérence de l’ouvrage. A partir de cette étape, le manager va chercher les conflits entre les données, qui seront répertoriées dans un rapport. Enfin on peut rajouter toutes les données secondaires de la construction : isolation, calculs des coûts, l’ordonnancement des étapes… Ces étapes correspondent à des LOD (level of developpement) qui vont de 1 jusqu’à 5.

 

Il est important de noter que toutes ces étapes sont réalisées indépendamment par chacun des acteurs du projet. C’est le point fort du BIM, la concertation des parties n’est plus nécessaire pour le moindre petit détail.

 

 

(3)   « Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? »

 

Dans quel cas suis-je concerné par ce changement ?

 

A peu près tout le monde travaillant dans le milieu du BTP est concerné par l’arrivée du BIM. Que l’on soit architecte, maitre d’ouvrage ou encore expert géomètre et quel que soit le projet sur lequel on est présent (même si le BIM est particulièrement utile pour les projets de grande envergure).

 

Pour le maître d’ouvrage, le changement se fera au niveau de la gestion de son patrimoine ; c’est un gain de temps non négligeable mais qui nécessitera peut-être quelques connaissances techniques. Pour les autres acteurs d’un projet, le BIM permettra une meilleure communication et un gain de temps et d’argent. Cela oblige à un travail encore plus collaboratif et un partage plus important des responsabilités.

 

En tant qu’étudiant en travaux publics entrant bientôt dans le secteur, on a peut-être la chance de s’adapter plus rapidement à l’arrivée du BIM et d’en faire un argument pour s’épanouir dans une entreprise.

 

 

Comment mon travail va-t-il évoluer?

Il est normal, quand l’on est concerné par ces changements, de se demander comment va évoluer notre travail. Pour quelqu’un qui est déjà débordé par son travail, il est important de savoir si l’arrivée du BIM coïncidera à un gain de temps et un allégement des tâches ou au contraire à un ajout de travail supplémentaire, ce qui serait difficilement supportable.

 

La question revient à se demander comment les entreprises vont-elle être remodelées pour répondre à l’utilisation du BIM dans leurs projets. Vont-t-elles engager de nouveaux employés spécialement pour cette tâche (des BIM managers) ou vont-t-elles forcer leurs employés actuels à se former aux logiciels de modélisation (par une formation accompagnée ou par leur propre moyen) ?

 

Dans tous les cas, on ne peut rester insensible à cette nouveauté et il est important de réfléchir dès à présent à ce que l’on pourra en tirer de meilleur. Il parait inéluctable, comme souligné dans la question précédente, que le travail en groupe sera encore plus développé, ce qui peut en gêner certains.

Dois-je m’inquiéter pour mon emploi ?

Le monde de l’entreprise est dur au point que si l’on ne répond pas aux exigences on devient un frein pour notre société ; il est donc logique de penser que l’on risque de perdre son emploi avec l’apparition du BIM si l’on est incapable de s’adapter rapidement.

 

Mais ce n’est pas la première fois qu’un changement se fait dans le BTP, et nos prédécesseurs se sont adaptés aux arrivées de nouvelles technologies et d’internet, il ne dépend donc que de nous-même de réussir le passage au BIM, en sachant qu’en plus tout le secteur sera concerné.

 

On peut décider d’attendre qu’il soit obligatoire (ce qui n’est pas encore le cas en France contrairement à d’autres pays, même s’il est très présent pour certains projets comme les hôpitaux) pour se mettre au BIM, au risque de passer à la trappe, ou prendre les devants et se voir être un précurseur dans le domaine. Le plus sûr étant tout de même de suivre l’évolution sans brusquer les choses ni prendre de retard.

 

 

(4)   « Comment faire pour y aller ? »

 

Comment la législation peut évoluer pour promouvoir le passage au BIM ?

 

En Janvier 2014, des directives européennes ont été votées, incitant à l’utilisation du BIM dans la passation des marchés publics. Les Etats ont ainsi jusqu’au mois d’avril 2016 pour transposer ces directives européennes au niveau national. Les Etats pourront, soit inciter, soit rendre obligatoire l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

Certains pays ont déjà franchi le pas, comme le Royaume-Uni où l’utilisation du BIM est devenue obligatoire à partir de janvier 2016 pour les marchés publics supérieurs à 5 MGBP.

 

Bertrand Delcambre, nommé Ambassadeur du numérique dans le bâtiment par la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, Sylvia Pinel, se prononce dans son rapport sur « la mission numérique du bâtiment » en faveur, dans un premier temps, d’une incitation à l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

 

Comment le passage au BIM se traduit-il dans les entreprises ?

 

Le passage au BIM nécessite de la part des entreprises un investissement important. En effet, les entreprises doivent investir dans de nouveaux logiciels mais également dans du matériel plus performant ainsi que dans la formation des employés. La Fédération CINOV estime l’investissement pour les logiciels et le matériel entre 8000€ et 15000€ par poste de travail. Cela représente une somme importante, notamment pour les TPE/PME. Cependant, cet investissement devrait être assez rapidement compensé par une meilleure productivité et une baisse des dépenses liées aux non conformités.

 

Ainsi, Bertrand Delcambre propose, dans son rapport, de mettre à disposition des entreprises des « Kits BIM » pour permettre l’utilisation du BIM par les plus petites structures, en utilisant des logiciels Open Source et des bibliothèques d’objets simples.

 

 

Comment former les professionnels au BIM ?

 

L’utilisation de la maquette numérique au sein des entreprises nécessite de former le personnel à ces nouvelles technologies. On voit ainsi apparaitre de nouvelles formations comme le Mastère Spécialisé  BIM mis en place par l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie (ESTP), en association avec d’autres structures. Cependant, ce type de formations nécessite une présence à l’école et est donc plus adaptée à une jeune génération d’ingénieurs tous justes diplômés. C’est pourquoi les MOOC (Massive Open Online Courses) représentent un outil de formation important pour favoriser le passage au BIM dans les entreprises et notamment dans les petites et moyennes entreprises.

 

 

Comment assurer la qualité de l’échange des informations par la maquette numérique ?

 

Dans le but de rendre le meilleur possible l’échange d’informations par le biais de la maquette numérique, il est indispensable de rendre utilisables et compréhensibles par tous les données utilisées par les différents acteurs. Ainsi, la commission de normalisation AFNOR/PPBIM travaille sur une normalisation, en termes de propriétés des produits, de l’utilisation du BIM. Une première norme expérimentale XP P07-150 a été publiée en décembre 2014 dans le but d’une harmonisation des données échangées par l’utilisation de la maquette numérique.

 

 

Sources :

 

www.enpc.fr/

– Cours de l’option BIM de 3ème année de l’ESTP

– wwww.bimbtp.com/decouvrir-le-bim/les-lourdes-consequences-du-bim

-www.polantis.info

www.lemoniteur.fr/

Rapport de la Mission Numérique Bâtiment du gouvernement (sur le site www.territoires.gouv.fr)

 

 

 

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Le BIM, une nouvelle façon de construire

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Qu’est-ce que le BIM ?

Le BIM une technologie innovante au service de la construction qui regroupe un ensemble structuré d’informations sur un bâtiment existant ou en projet grâce à une maquette numérique.

Le BIM est une sorte de prototype numérique avec autant d’objets qu’il est possible de représenté afin de favoriser les simulations et donc de mieux comprendre le bâtiment avant sa construction.

Grâce aux informations que la maquette véhicule, une véritable base de données contenant l’ensemble des caractéristiques techniques du bâtiment est ainsi crée. Les informations telles que la marque, la durée de vie, la taille, la résistance au feu ou encore l’impact environnemental sont accessibles en quelques clics pour tous les intervenants (concepteurs, constructeurs ou même habitants).

Qui peut bénéficier des avantages du BIM ?

L’intégralité des intervenants du projet peut y trouver ses avantages :

  • Les maîtres d’ouvrages :

Le modèle virtuel permet de vérifier très tôt si le projet respectera les exigences financières ainsi que les délais de construction puisqu’une estimation des coûts en temps réel des modifications de conception est possible.

  • Les bureaux d’études, ingénieurs et architectes :

Grâce aux logiciels, des plans 2D du modèle virtuel peuvent être fournis. De plus, il est possible d’extraire à un instant donné, les quantités et coûts de construction. De cette manière, nous pouvons connaître immédiatement les conséquences d’une modification ou d’une variante.

  • Les entrepreneurs :

Il est possible de rajouter une quatrième dimension au modèle virtuel : le temps, qui permet d’optimiser les plannings. De plus, les commandes peuvent être effectuées au bon moment et dans les bonnes quantités.

Malgré ces nombreux avantages indéniables, certains retours sur expériences montrent les limites du BIM.

Concernant la mise en place du BIM, Jérôme Brunet se félicite d’avoir anticipé l’évolution prévue car « L’outil, assez lourd à gérer, représente un investissement et du temps de formation ».

A cela, Emmanuel Aboulker rajoute : « S’il existe des formations et de nombreuses vidéos sur le fonctionnement du logiciel et de ses outils pour produire un modèle 3D, il n’y a presque rien sur le management de projet. Or sans cela, l’outil n’est pas exploitable ».

De plus le logiciel en lui-même ainsi que les mises à jour sont couteux. Comme le souligne Michel Rémon, qui orchestre aussi des projets complexes « Je m’interroge aussi sur le coût de ce dispositif pour les petites agences où il est difficile d’avoir un BIM manager ».

Ce dernier pense également que « le BIM réduit le rôle du dessin au profit d’un objet […] Un amoureux du dessin peut y voir une perte, mais c’est un gain de temps pour étudier des géométries complexes et assembler les apports de chaque cotraitant à la maquette numérique ». Nous pouvons effectivement reprocher au BIM que la géométrie du bâtiment ne soit pas assez détaillée.

Enfin, deux membres de l’agence ANMA architectes offrent leur retour d’expérience de leur utilisation du BIM :1

Mais selon eux, dans la réalité, les flèches ont tendance à rester comme avant ce qui gâche les efforts financiers et techniques de chacun. Pour eux, ces flèches sont surtout des communications, des interactions humaines, ce sont donc nos habitudes et nos méthodes. Ils en viennent donc à la conclusion que le BIM n’est donc pas un changement d’outils mais un changement de méthode.

La bonne collaboration entre métiers est donc l’enjeu majeur puisque le BIM c’est de l’efficacité collective.

Comment « ça » fonctionne ?

Le BIM repose tout d’abord sur les technologies de représentation d’objets en 3D. Ces technologies ont été développées dans les années 80 pour les besoins de l’industrie.

Les logiciels actuels de BIM reposent sur une conception paramétrique. Les éléments du bâtiment sont développés séparément mais des familles ou classes d’objets sont créées. Pour chaque famille on définit des paramètres géométriques (qui peuvent être variables ou fixes), on définit aussi des règles qui permettent de générer automatiquement les objets en fonction de leurs relations avec leur environnement, par exemple s’il doit être parallèle à une droite ou en contact avec une surface. De plus il est possible de rajouter des règles supplémentaires comme l’épaisseur minimale d’un mur. En cas de modification d’un paramètre le programme met à jour tous les autres paramètres et prévient l’utilisateur si les conditions ne sont plus vérifiées.

Le BIM permet d’intégrer en plus des données géométriques, les caractéristiques structurelles, thermiques, mécaniques et électriques des objets. Ces informations donnent une meilleure vision des possibilités d’exploitation du bâtiment et rendent les différents diagnostics plus précis. Cet afflux de données a pour conséquence de rendre les modèles assez lourds, il n’est pas rare de travailler avec des fichiers de plusieurs gigabits. Pour compenser cette lourdeur, les mises à jour sont faites de façon incrémentale, c’est-à-dire que lorsque qu’on change un objet, seul cet objet sera modifié dans la sauvegarde. Ceci permet d’alléger les quantités de données gérées par le système et de garder un environnement de travail réactif.

Qu’est-ce que cela signifie plus concrètement ?

Au-delà des possibilités offertes par le BIM, il existe une hiérarchie entre les différents types de logiciels BIM et leur type d’utilisation :

  • Outils BIM

Ce sont des logiciels qui ont des fonctions spécifiques comme la production des plans, estimation des coûts, détection d’interférences, etc. Ces logiciels en général ne viennent pas modifier le modèle 3D et leurs résultats sont directement exploitables, ils ne sont pas exportés dans d’autres logiciels.

  • Plateformes BIM

Les logiciels de conception produisent de nombreuses données qui sont destinées à des usages multiples. La plateforme permet de stocker toutes les données du modèle primaire 3D. Aujourd’hui les plateformes BIM intègrent en plus des modules qui permettent la détection d’incohérences, la production de plans, etc.

  • Environnements BIM

C’est un environnement ou un serveur sur lequel l’ensemble des données du projet vont être stockées pour que les divers logiciels puissent y accéder. Sur de gros projets il peut y avoir jusqu’à cinquante logiciels différents utilisés, il est donc vital d’avoir une gestion centralisée des données pour permettre la communication entre les différentes parties du projet de même qu’une communication entre les différentes plateformes BIM. Ainsi au-delà des données du modèle virtuel se sont aussi les images, les vidéos, les emails et les enregistrements audio qui sont stockés.

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Il est vrai que le progrès amène des changements dans la façon de travailler, de penser. Prenons l’exemple de l’industrie. Avant TAYLOR et FORD, l’industrie n’était qu’une suite de travaux artisanaux sans rendements. Avec l’arrivée des cadences et du travail à la chaine, la productivité a augmenté.
Certes, le BTP est un milieu différent de l’industrie car on n’a pas le droit à l’erreur. On ne construit pas de prototype que l’on peut tester mais on construit directement le projet du client.

Pourquoi ajouter autant de dimensions ?

Ce n’est pas qu’un plan en 3D. Ajouter plusieurs dimensions est très utile pour la partie exécution notamment la planification avec la partie 4D.

Chaque intervenant du projet sera averti de l’avancement du projet pour régler au mieux son calendrier.

Ce modèle, peut-il être utile pour plusieurs personnes ?

Le changement le plus marquant pour les équipes de conception et d’étude sera dans la qualité et dans la nature des services. En effet, ces équipes gaspillent leurs temps en produisant des documents spécifiques à une réunion. Ces équipes peuvent désormais se concerter sur le modèle sans pour autant le dénaturer. Le modèle contient plusieurs niveaux d’accréditation : le BIM manager peut modifier tout le modèle mais les équipes d’études dédiées ne peuvent modifier que leurs parties. Par exemple, le BET d’électricité ne peut pas modifier la plomberie pour passer ses réseaux.

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Une modélisation en plus, la phase conception sera allongée et donc le coût du projet augmentera ?

En effet, les dessinateurs projeteurs devront travailler de concert avec les projeteurs BIM. Le client ne sait pas vraiment ce qu’il veut avant de l’avoir vu, le BIM est là pour ça. En effet, cette maquette numérique permet de créer des témoins ou prototypes virtuels. Cela permet aux constructeurs et architectes de mieux cerner les besoins du client pour augmenter sa satisfaction. Certes, le prix sera supérieur mais le projet correspondra exactement aux nécessités du client sans avoir à réinvestir pour d’éventuelles modifications qui sont parfois coûteuses. Ainsi, le prix initial est plus élevé mais le témoin virtuel permet de rectifier la majorité des problèmes en phase d’étude avant qu’ils ne surgissent en phase construction.

Comment faire pour y aller ?

Pour pouvoir comprendre et bénéficier des avantages de ces nouvelles façons de faire, les entreprises du BTP vont avoir besoin de former leurs employés ou d’engager des jeunes diplômés dans le domaine.

Pour une intégration du BIM dans les entreprises, il est nécessaire d’avoir un personnel qualifié.

Quelles sont les formations existantes ?

Des masters pour se former au BIM sont actuellement en train de voir le jour, c’est ainsi que l’école d’ingénieur du CESI a ouvert en 2015 une option BIM et maquette numérique dans son master Management de Projets de Construction. Ce type de formation se fait en alternance et sur un an. Ces formations sont donc plutôt destinées à des étudiants voulant se spécialiser.

L’ESTP et l’école des Ponts ParisTech ont également ouvert un Master spécialisé sur le BIM dans la construction : « Master spécialisé BIM : conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures ». Cette formation développe chez les étudiants leurs connaissances sur les logiciels pour qu’ils soient capables aussi bien de concevoir et de gérer des projets dans un contexte de maquettes numériques.

Pour des entreprises voulant former leurs employés, le CESI a également développé des formations plus courtes d’une dizaine de jours. . Les trois formations proposées se nomment :

  • Modélisateur BIM : Comment concevoir une maquette BIM ?
  • Coordinateur BIM : Comment synthétiser des maquettes BIM et en extraire les informations voulues ?
  • Chef de projet BIM : Comment piloter un projet selon une stratégie BIM ?

Des MOOC existent également pour apprendre quelques bases du BIM mais ces MOOC ne sont pas certifiés. Des entreprises spécialisées en informatique comme Tase solutions mettent en ligne des vidéos pour apprendre à se servir des logiciels du BIM. Mais ces solutions ne sont que simplistes et ne permettent pas une vraie formation de fond.

Pour développer le BIM, des congrès sont également en train de se développer à travers la France et le Monde. Ainsi en Août 2015, un « BIM Integration Congress » a eu lieu aux Etats-Unis afin de réfléchir sur les moyens d’intégrer le BIM aux entreprises. Les 6 et 7 avril 2016, le « BIM World » qui est un salon sur le BIM ayant lieu tous les ans se déroulera à Paris. Ce salon a été créé pour promouvoir le BIM dans le monde et présenter les nouvelles évolutions. De nombreuses conférences sont données par des spécialistes sur divers sujets, en particulier sur la conception, la construction et la rénovation.

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LE BIM, BOUM À VENIR

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Le BIM, ou Building Information Modeling (Modélisation des données du bâtiment), est l’association de technologies et de différents processus afin de réaliser un bâtiment, tout en facilitant la communication et l’analyse des modèles de construction des différents intervenants du projet, depuis sa conception jusqu’à son démantèlement

Construire un bâtiment sans la maquette numérique, en quoi cela consiste-t-il ?

Lors de sa conception, un bâtiment passe par différentes étapes. Le problème avec un processus traditionnel est que l’on observe une perte importante d’informations au passage d’une étape à la suivante car les acteurs ne sont généralement pas les mêmes et n’utilisent pas les mêmes outils et les même formats de données (souvent incompatibles entre elles). De plus, chaque corps de métiers peut utiliser des unités différentes (millimètre pour les charpentes métalliques, cm pour les électriciens…) et chaque information peut être rentrée plusieurs fois par différent corps de métiers. Cette non-communication entre les différents acteurs de la conception est la source de nombreuses erreurs et de retard, ce qui augmente le coût de l’ouvrage et qui est souvent source de conflits juridiques qui peuvent conduire à des procès longs et couteux.

Quel sont les avantages qu’apporte le BIM par rapport à la méthode classique de construction ?

Grâce à la maquette numérique, la communication entre les différents intervenants est facilitée : tous les différents corps de métier, les autorités, les bureaux d’études et architectes, les industriels et les centres de recherche peuvent mettre en commun leurs informations. Ces informations sont capitalisées à chaque étape en rassemblant ainsi chaque résultat des différentes étapes (géométrie, matériaux, chauffage, éclairage, acoustique, soufflerie, emplacement des équipements, etc.). Le BIM permet de regrouper toutes les informations sur le cycle de vie du bâtiment ainsi que celles de la conception, de la construction et de l’exploitation de l’ouvrage en incluant les règles de construction, les normes demandées, les données fournisseurs, les plans/ les coupes/ les visualisation et caractéristiques du produit, les calculs, les plannings pour chaque partie et les modélisations 3D du projet, le tout dans un format que chacun doit être capable de lire. La centralisation de ces données permet de se rendre compte de différents problèmes qui sont susceptibles de se produire lors de la construction et ainsi de les résoudre en amont et éviter de perdre du temps et de l’argent, tout en augmentant la productivité globale du projet.

Mais alors ne pas faire systématiquement du BIM pour chaque projet ?

La création d’une maquette numérique peut paraitre longue et fastidieuse car c’est un outil complexe et nouveau qui demande une formation et du temps, mais tout ce temps qui est perdu en amont des travaux avec le BIM est largement gagné par la suite grâce à l’optimisation des plannings, des délais de livraison et de la communication. Mais la maquette numérique n’évite pas les erreurs humaines !

Par ailleurs, le BIM pose un problème de propriété intellectuelle. En effet, chaque intervenant du projet y insert un grand nombre d‘informations sur la conception, le coût, les procédés techniques et graphiques qui leur sont propres, etc., chacune étant protégé par le droit à la propriété intellectuelle. Mais alors à qui appartient ces données une fois dans la maquette ? Et à qui appartient la maquette ? Le rôle et la responsabilité de chaque acteurs sur la maquette doivent être contractuellement définis car sinon nous ne pouvons savoir à qui incombe la responsabilité lors d’une erreur dans la maquette étant donné que tout le monde y a accès.

Comment « ça » fonctionne ?

C’est bien beau cette idée de collaboration des différents acteurs, mais comment échangent-ils les informations entre eux ?

Déjà dès le tout début du projet, on réunit les 3 entités principales que sont les maître d’ouvrage, maître d’oeuvre et entreprises pour que soient prises les décisions élémentaires et essentielles à la bonne tenue du projet. En utilisant un modèle 3D, on a une meilleure vision des options, et on peut donc prendre des solutions plus rapidement et de manière plus avisée. Avec le BIM, l’accent est mis sur le partage, le collectif.

Ainsi, de manière pratique, on met en place, pour chaque projet, une plateforme collaborative, accessible à toutes les parties prenantes : fichiers de dessins 2D, 3D, documents écrits, notices techniques… Les éditeurs de logiciel ont déjà mis en ligne leurs propres plateformes, qui sont utilisable de manière personnalisée pour chaque projet. Elles permettent un tri des fichiers selon 4 catégories : En cours de développement, Partagé, Publié et Archivé.

Les fichiers sont donc à la disposition de tous les acteurs, qui ont ainsi une vision globale de toute l’activité, et peuvent ainsi mieux communiquer, mieux intervenir aux différentes étapes du projet.

Cette logistique ne ressemble pas du tout à ce qui se faisait jusqu’à présent…Cela implique un tout nouveau processus de travail, non ?

Tout à fait ! La révolution BIM est également une révolution de méthode de travail, un tout nouveau cycle process de résolution des différents problèmes qui peuvent survenir lors d’un projet de construction : Planifier, afin de trouver des solutions d’amélioration pour un problème qui a été identifié : listing détaillé du plan de déploiement de ces solutions, et première formation du personnel à mettre en oeuvre lesdites solutions. Effectuer les modifications et les documenter : Utilisation des moyens techniques adéquats (hardware et software), et formation des employés à leur utilisation. Vérifier que le nouveau produit correspond à ce qui avait été prévu : Remise à jour du plan de déploiement et contrôle de celui-ci au regard de la phase d’exécution. Agir pour standardiser les résultats, et pouvoir les réutiliser dans les cas similaires : Évaluer la formation qui a été faite auprès des employés, et confirmation des résultats…

…et recommencer le cycle si les buts initiaux n’ont pas été atteints !

Et c’est efficace, au moins ?

Evidemment, car les erreurs, les problèmes sont de mieux en mieux traités au fur et à mesure que les processus s’enchainent. La recherche permanente de l’amélioration des processus permet un gain de temps, et donc de productivité. De plus, les solutions apportées, puisque répertoriées et réutilisables, constituent une véritable valeur ajoutée par rapport aux méthodes traditionnelles.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Le BIM induit-il des changements lors de l’exploitation des bâtiments ?

Comme il a été dit précédemment, le BIM permet de faciliter la phase de conception du bâtiment, en centralisant sur un fichier unique, accessible à tous les acteurs du projet, l’ensemble des données géométriques et techniques de l’ouvrage. Cependant l’utilisation du BIM ne se résume pas uniquement à la phase de conception. En effet les maquettes numériques peuvent être très utiles dans l’ensemble du cycle de vie de l’édifice. En archivant la maquette de l’ouvrage, on conserve l’ensemble des données de celui-ci. Ainsi dès qu’il faut réaliser une rénovation, un agrandissement ou une mise en conformité de l’édifice, le bureau d’étude et l’architecte possède déjà l’ensemble des données nécessaires pour démarrer le projet (type de matériaux, tracés des réseaux, position du ferraillage etc…). Les études préalables avant toutes modifications apportées à l’ouvrage en sont grandement simplifiées. Après modification de l’édifice, on met à jour la maquette numérique. On possède ainsi en permanence de plans actualisés de l’ouvrage. De même, en fin de vie de l’édifice, la déconstruction de l’ouvrage est grandement simplifiée puisque l’on connait exactement, grâce à la maquette, les matériaux qui le composent. Le chantier de déconstruction peut être optimisé et on évite ainsi un long et fastidieux travail de triage des éléments. De manière générale, le BIM par rapport aux plans de construction, simplifie l’exploitation du bâtiment : en effet les plans sur papiers sont difficilement manipulables et souvent erronés car ne sont pas mis à jour.

La maquette numérique va-t-elle apporter des changements sur la phase chantier ?

On l’a vu, l’impact du BIM sur la conception du bâtiment est important. Toutefois on peut aussi utiliser la maquette numérique lors de la phase de construction : « sur le terrain ». En effet en équipant les équipes travaux (ingénieurs, chef de chantier, sous-traitants etc…) de tablettes compatibles avec des logiciels BIM, la productivité des chantiers peut être grandement améliorée. Le personnel de chantier a ainsi accès aux vues en 3D de l’ouvrage, avec toutes les données (matériaux, dimensions etc…) qui sont mises à jour. La réalisation de l’ouvrage est ainsi facilitée et on évite les erreurs. De plus les échanges d’informations entre bureau d’études, architecte et entreprise de construction sont plus rapides.

Comment faire pour y aller ?

Il se pose maintenant la question de la mise en oeuvre du BIM. En effet, pour que le BIM soit vraiment efficace, il est évident que la plus grande partie des acteurs, petits ou grands, doivent utiliser le BIM. Ainsi, les entreprises de gros oeuvre et de second oeuvre, comme le maître d’oeuvre ou les sous-traitants, doivent communiquer sur la même plateforme. Le BIM nécessite une organisation adaptée à chaque intervenant. Quelles sont les mesures à prendre pour mettre en place le BIM au sein des entreprises participantes, et comment coordonner les intervenants ?

Cela passe d’abord par la définition des besoins pour chaque structure n’est-ce pas ?

Oui, effectivement il est nécessaire d’analyser quels seront les acteurs susceptibles d’utiliser le BIM. Il faut en cela fixer des objectifs réalistes pour lesquels le personnel travaillera sur ces logiciels. La transition entre des logiciels de dessins par exemple au BIM ne peut se faire en un seul jet. L’évolution vers le BIM doit se faire progressivement, pour évoluer à 100% avec le BIM.

La formation du personnel est alors indispensable ?

Elle s’inscrit bien sûr dans le processus. Des équipes spécialisées BIM vont former le personnel progressivement afin de garder une productivité au moins équivalente qu’avec d’autres logiciels pendant le temps de la formation. L’apprentissage du BIM se fait d’abord sur des petites quantités pour apprivoiser le logiciel, pour pouvoir apprendre à travailler en 2D et en 3D. Pour cette transition, l’on a souvent recours à un BIM manager dont la mission est de gérer l’information et les différents participants afin qu’ils travaillent tous au même rythme. Son rôle en sus est aussi de contrôler la bonne utilisation du BIM. Les entreprises peuvent alors faire appel à des intervenants d’école d’ingénieurs, d’organismes privés, pour piloter cette formation. Il est conseillé de travailler avec le BIM dès la formation réalisée pour ne pas perdre l’acquis et sur un projet nouveau.

Y a-t-il des problèmes de communication entre les différents acteurs de la construction ?

Historiquement, les architectes et les maîtres d’oeuvre travaillent en 3D depuis quelques années déjà. Or, les constructeurs eux ont besoin de plan 2D pour la mise en oeuvre des travaux sur le terrain. Il est apparu que dans de nombreux cas, des projeteurs étaient nécessaires pour projeter le projet du 3D en 2D. Ainsi, avec la formation du personnel, cette étape ne sera plus nécessaire et il y aura un gain de temps.

Les grandes entreprises elles, ont le temps et la possibilité de former leur personnel, mais qu’advient-il pour les petites entreprises de sous-traitance tel que le plombier ou le chauffagiste ?

En effet se pose le problème de la généralisation du BIM. On peut être amené à penser que certaines petites entreprises de sous-traitance seront écartées d’un projet parce qu’elles n’utilisent pas le BIM pour diverses raisons. C’est pour cela qu’il faut que le BIM se généralise mais progressivement. Cela nécessite des investissements pas forcément rentables pour les petites entreprises, l’immobilisation des certains personnels… Les petites entreprises n’auront sans doute pas à créer avec le BIM mais avant tout elles devront savoir comment traiter les informations du BIM et y apporter leur participation.

Puis le BIM va changer certaines coutumes à la française, notamment le fait que les architectes, au contraire des pays anglo-saxons, ne fournissent pas des plans finaux. La tradition veut que les entreprises effectuent tour à tour des ajustements. Le BIM va alors forcer tout le monde à travailler avec un même outil et à mettre plus de rigueur dans les communications.

 

 

Bibliographie :

Le cours de Monsieur Doukari

http://objectif-bim.com/index.php

http://www.lest-eclair.fr/…/quand-tout-le-batiment-va-faire…

http://blog.archipad.com/2015/…/31/le-bim-comment-sy-mettre/

http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview

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L’intégration du BIM dans le secteur de la construction

1. Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

1) Qu’est-ce que le BIM ?
Né de l’innovation informatique incessante des dernières années, et dont l’intérêt s’est vu amplifié au regard des exigences économiques et environnementales croissantes, le BIM (« Building Information Modeling » ou « modélisation des données du bâtiment ») se définit par un ensemble de méthodes liées à un modèle virtuel contenant des données, à caractère géométriques et techniques, agencées entre elles. Cette façon de travailler sur un projet de construction, que ce soit au sujet de bâtiments ou d’infrastructures linéaires, permet de remplacer les procédures manuelles. Les données intelligentes rassemblées dans ce modèle numérique permettent ainsi une simplification des démarches de conception, de construction, d’approvisionnement, de maintenance et enfin de démolition du projet.

2) Quels atouts cet outil présente-t-il ?
La modélisation virtuelle permet aux différents intervenants d’obtenir rapidement une vision globale et concrète du projet. De la même façon, la capacité des entreprises d’exécution à comprendre les exigences du client est améliorée. Une économie de temps est ainsi apportée.
Cette méthode de travail apporte une centralisation des données, facilitant ainsi la collaboration des différents intervenants sur un projet (architectes, maîtres d’oeuvre, entreprises). Les litiges entre intervenants liés aux quantités de tel ou tel objet sont réglés, puisqu’il est possible de retirer depuis la maquette numérique le métré de chacun des objets à mettre en oeuvre en phase d’exécution. Ces données sont communes donc davantage de transparence apparaît entre les différentes parties prenantes, et les prix peuvent être fixés de façon plus précise et certaine.
Elle permet d’anticiper, en phase de conception, une grande majorité des problématiques susceptibles d’apparaître au cours des phases d’exécution et de maintenance, et présente donc un gain de temps considérable en proposant des solutions viables en amont des problèmes.
L’ensemble des coûts est disponible dès que la phase de conception est achevée. Les disparités entre les budgets initial et final d’un projet sont moindres avec l’utilisation du BIM qu’avec les méthodes « traditionnelles » manuelles.
Au cours des prochains mois, des réglementations et normes seront éditées par le gouvernement dans l’objectif de rendre obligatoire d’ici 2017 l’utilisation du BIM pour les marchés publics. Ces mesures faciliteront l’accès au BIM pour l’ensemble des entreprises, et son développement ne peut qu’être accru de par la généralisation de son utilisation sur les projets d’équipements de l’Etat.

3) Quelles limites à cette application ?
L’apparition du BIM dans les projets requiert une maîtrise de l’outil par l’ensemble des intervenants pour pouvoir l’utiliser de manière efficace. Une supervision par un expert ou une formation des collaborateurs de chaque partie liée au projet en question devient indispensable. Ceci engendre un surcoût non négligeable en phase de conception, à prendre en considération dans le budget des entreprises participantes. Certes, ce coût est amorti par les économies réalisées en phases d’exécution et de maintenance, mais il est important de s’assurer que ce n’est qu’un déplacement des coûts, et non un ajout.
La forte densité d’informations de tous types présentes dans les modélisations numériques et paramétriques est sujette à des dysfonctionnements de type informatique. Il est nécessaire d’être conscient de ce risque, qui peut engendrer un arrêt temporaire de production en phase d’exécution.
Il est primordial que les informations saisies par les différents intervenants sur le modèle soient traçables et retranscrits sous tous les formats de logiciels utilisés. Par exemple, si deux intervenants de corps d’états distincts travaillent avec des logiciels différents sur un même projet, chacun doit pouvoir être en mesure de lire les informations saisies par l’autre de façon à éviter les malfaçons. Une interface, complexe à mettre en oeuvre, doit faire l’intermédiaire entre les différents logiciels de façon à homogénéiser les données, et y inclure leurs origines.

4) A quels types de projets peut-on appliquer cet outil ? Quels sont les premiers résultats ?
En comparaison à la méthode traditionnelle, la réduction des délais et des coûts liée à l’intégration d’interfaces dans la maquette numérique est d’autant plus importante que les interfaces sont nombreuses et complexes. Beaucoup de projets particulièrement complexes pourront ainsi être menés à bien grâce à l’utilisation du BIM, sans laquelle il n’aurait pas été possible d’aboutir au vu du budget nécessaire. C’est le cas notamment de la Cité du Vin à Bordeaux, projet actuellement mené par Vinci Construction.
L’utilisation du BIM est particulièrement intéressante sur des projets uniques et non reproductibles. En ce sens, l’outil est largement adapté au secteur du Bâtiment et des Travaux Publics. Soucieux de rendre ses bâtiments intelligents, Airbus Defence and Space a choisi cette méthode de travail. Maître d’oeuvre de programmes de lanceurs civils et militaire, le leader européen de la Défense a pu appliquer le BIM sur la conception d’une plate-forme de simulation aéroportuaire. Après modélisation des différents flux au sein d’un aéroport (véhicules et passagers), l’équipe d’Airbus Defence and Space était en mesure d’optimiser le positionnement et le dimensionnement des espaces nécessaires au bon fonctionnement de l’aéroport (comptoirs d’enregistrement, dispositifs de sûreté…). A partir de ces mêmes données, il est par exemple possible de simuler une situation d’urgence et d’adapter les infrastructures par anticipation.

 

2. Comment ça fonctionne ?

1) De quoi parle-t-on ?
Il est important de bien comprendre la notion de BIM. Le BIM n’est pas uniquement le passage d’une modélisation 2D à une modélisation 3D. Ce n’est pas une simple une base de données rassemblant toutes les caractéristiques des composants du projet. Le BIM est une nouvelle manière de travailler et de collaborer. Le BIM permet d’impliquer tous les acteurs de la construction autour d’un modèle 3D intégré avec une base de données. Celle-ci est dite intelligente car les « objets » qui la composent sont identifiés par leurs attributs (leurs caractéristiques) et leurs relations aux autres objets. Dans cette partie le « ça » de ma question ne concerne donc pas uniquement le BIM en tant que logiciel. Il englobe aussi les acteurs du BIM et leur manière de collaborer, c’est à dire « de fonctionner ».

2) Comment fonctionne la base de données ?
Lors d’un projet de construction les différents acteurs vont être amenés à enrichir la base de données du modèle 3D. Cet ensemble structuré d’informations sur le projet contient les informations géométriques issues des logiciels de DAO ainsi que les informations techniques de toutes les vues métiers. Il est donc essentiel que chaque acteur puisse interagir avec le modèle 3D. Des groupes de chercheurs ont doit développer des standards afin de permettre l’utilisation de la maquette par différents professionnels. Ces standards sont regroupés sous le nom d’IFC. L’IFC est un fichier neutre qui permet d’échanger les informations issues d’une maquette numérique. Il contribue donc à l’interopérabilité entre les différentes applications BIM. Ainsi un ingénieur thermique pourra extraire directement de la maquette numérique, les informations le concernant et ainsi éviter de rentrer les données manuellement dans son logiciel thermique. Il aura par la suite la possibilité de compléter la maquette numérique avec ses résultats s’ils sont pertinents pour les autres acteurs. La pertinence de l’information de la maquette numérique est donc un sujet important. Cela nécessite donc certaines règles.

3) Comment l’équipe s’organise-t-elle autour de la maquette numérique ?
Il est impératif que la maquette numérique soit au coeur du projet dès le début. Les différents acteurs doivent se rencontrer au commencement du projet afin d’établir des « règles » d’utilisation de la maquette 3D. Les questions concernant les intervenants, les informations pertinentes ou non et les modalités des rectifications de la maquette doivent être résolues au début. En effet, il est difficile de modifier les « règles » ou de rajouter des acteurs en cours de route. Cette étape est très importante d’un point de vue organisationnel mais aussi pénal. Ce dernier point étant toujours un des freins à l’usage massif du BIM dans la construction. Les intervenants devront s’astreindre à mettre à jours les données de la maquette régulièrement afin que les autres professionnels puissent corriger ou modifier leurs « calculs ». C’est pour cela qu’il faut programmer des séances de travails ou « rendus » entre tous les acteurs. Un BIM manager devra être présent pour s’assurer de la bonne coordination de tous les acteurs du projet. La bonne tenue de la maquette numérique et la rigueur des données permettra une meilleure exploitation de l’ouvrage par les utilisateurs finaux.

4) Réduire les erreurs ?
La maquette numérique permettra de réduire les erreurs. En disposant d’un modèle 3D unique et interopérable entre les différentes applications du BIM, les différents acteurs vont éviter les erreurs lors du transfert de données d’un logiciel à un autre. Tous les plans et coupes utilisés lors de la phase de construction seront extraits de la maquette numérique. De plus, en limitant les intervenants sur la maquette numérique et en s’assurant de la qualité des informations collectées, le modèle 3D permettra de gagner en temps et en argent. En tirant partie de « l’intelligence » de la base de données, on sera capable de détecter les clashs entre les différents composants. L’objet « intelligent » sera en effet en mesure de détecter une relation non conforme. Par exemple une relation tuyau-mur sera détectée immédiatement et permettra ainsi d’éviter de devoir traiter ce problème sur le chantier.

 

3. Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Moi ?
La question est large. Le BIM va révolutionner le monde la construction, tous les acteurs de la construction sont concernés : des bureaux d’études (conception, analyse) aux utilisateurs finaux (Immobilier, FM : facility management). Les impacts seront différents selon les métiers : étude de prix (métrés automatique), construction (visualisation, préfabrication), client (données).
Afin de ne pas lister tous les métiers concernés par le BIM, à savoir au moins tous les métiers liés au monde de la construction, nous allons nous intéresser plus particulièrement à la partie production d’un ouvrage.

3.1. Comment adapter les méthodes de conception aux nouveaux outils ?
La mise en place de la solution BIM est une révolution majeure dans le monde de la conception et de la construction, une nouvelle méthode de travail. La majorité des professionnels n’est pas formée à l’utilisation du logiciel alors que les entreprises souhaitent se moderniser. La transition de la méthode conventionnelle vers le BIM doit s’effectuer étape par étape et vise une amélioration de la productivité. En impliquant tous les parties prenantes du projet et en optimisant sa fabrication, nous effleurons le concept de Lean Management dans le monde de la construction. Cependant, les processus ne peuvent pas être actualisés du jour au lendemain.
L’entreprise de conception américaine Gannett Fleming (2000 employés) a réussi ce défi. Norb Howell, le responsable BIM chargé de superviser la transition nous l’explique dans une interview. Il a révélé à ses collaborateurs les atouts de la solution BIM en l’appliquant à un projet complexe dès le début. La centralisation des données, l’optimisation du processus de gestion des informations et surtout une nette amélioration de la coordination et de la collaboration au sein de son équipe ont été constatées.

3.2. Comment le BIM influe-t-il sur la communication ?
Une généralisation du logiciel BIM dans les entreprises va permettre une meilleure communication. Les fichiers auront tous le même format à savoir le format I.F.C. (libre et gratuit). Les problèmes de compatibilité que l’on constate pour différents logiciels de D.A.O seront résolus. Ce point est essentiel notamment pour les groupements d’entreprises collaborant sur un même projet. Nous nous dirigeons vers une universalisation de l’industrie du bâtiment. Des plates formes informatiques de partage de données ont été mises places entre les nombreux acteurs du monde de la construction.

3.3. Quel sera l’impact sur la phase de construction ?
Les entreprises de construction sont directement concernées pas la mise en place du BIM. Les constructeurs devront être en mesure d’interpréter d’exploiter ce modèle numérique afin d’assurer la bonne préparation du chantier et sa réalisation. En isolant les différentes parties de la structure, la préfabrication à grande échelle est possible. En réduisant ainsi les coûts de fabrication et d’assemblage, nous pouvons faire le lien avec la méthode DFMA (Design For Manufacturing Assembly). Grâce à cette méthode, nous observons aussi une amélioration de la qualité.
La solution BIM permet d’évaluer précisément les métrés (volume, surface, quantité de matériaux…) à chaque instant de la réalisation de l’ouvrage et de dénombrer ses éléments constitutifs. Ces informations sont primordiales pour l’entreprise de construction et permettent d’établir rapidement un bordereau des prix précis.
Les différents acteurs de l’ouvrage ont la possibilité de savoir très vite à quoi ressemble l’ouvrage grâce à la maquette numérique. Ceci facilite la compréhension du projet par tous offrant la possibilité d’éviter certaines erreurs ou des accidents lors de la phase de construction. Il sera aussi possible de connaitre les compositions de chaque élément de la structure. Si un jour l’un d’eux se détériore, il suffit d’ouvrir la maquette numérique et d’isoler la pièce pour connaitre immédiatement ses caractéristiques. La méthode BIM constitue un atout à long terme.

 

4. Comment faire pour y aller ?

4.1. Comment installer le BIM dans les grands groupes ?
Aujourd’hui le BIM commence à prendre une grande importance dans le secteur de la construction parce que les entreprises connaissent les enjeux qui en découlent. Même si rien n’est encore obligatoire en France comme c’est le cas en Angleterre ou aux Etats-Unis, où des règlements précisent les formes de rendus BIM que doivent fournir les groupes, les majors français doivent s’approprier les concepts afin de conquérir des marchés étrangers. On peut par exemple citer le Moyen-Orient et particulièrement les riches pays pétroliers qui bâtissent des villes entières. Ces projets pharaoniques mettent en concurrence une multitude d’entreprises internationales et toutes n’ont pas les mêmes méthodes de fonctionnement avec le BIM.
Les majors français essayent donc de s’engager sur les marchés français à l’aide du BIM pour se faire la main et faire du BIM le roi de la construction. Toute l’expérience acquise en France sera par la suite une vitrine des entreprises française à l’étranger.
Pour se faire, les grands groupes ont investi énormément pour s’adapter rapidement aux changements car leur présence internationale leur a montré l’importance de la révolution numérique. Les branches innovations des entreprises ont donc vite créé des équipes pour développer le BIM au sein de l’entreprise et répondre aux offres correspondant à cette nouvelle technologie.

4.2. Mise en place du BIM dans les petites entreprises
L’accessibilité au BIM pour les PME/TPE est, elle, plus compliquée. En effet, ces dernières subissent de manière générale les changements des plus grosses entreprises et doivent s’y confirmer ou couler. Pour le BIM, le problème est lui plus conséquent puisqu’il s’agit ici de changer de mode de travail et de tout prévoir en amont pour réduire les problèmes en aval. Chosent que les PME/TPE ne sont que très peu habituées à faire par manque de moyens.
On sent donc aujourd’hui un écart technologique se créer dans le monde du BTP entre les entreprises qui se sont engagées dans le BIM et les autres qui, parfois, ne travaillent toujours pas avec des logiciels de CAO/DAO.
De nombreux problèmes de sous-traitance apparaissent donc à la suite des grands projets BIM puisque certaines entreprises ne trouvent pas de sous-traitants capables de travailler directement sur la maquette numérique afin de répondre à un appel d’offre. Des extractions de plans doivent alors être préalablement effectuées pour les distribuer et que les métrés soient faits.
Ces problèmes bien connus amènent aujourd’hui les pouvoirs publics à mettre en place des formations BIM destinées à démocratiser cette révolution et permettre à tous de connaître la puissance de ces nouveaux outils. L’état, par l’intermédiaire du plan de transition numérique du bâtiment, compte investir plusieurs millions d’euros pour que chaque acteur d’un projet de construction puisse s’adapter aux changements.
A cet effet, un portail national du numérique est en cours de construction pour convaincre les constructeurs du bien fait de cette révolution. Cependant, un changement de mentalité de la part de chacun devra être effectué au niveau des investissements. Ces petites entreprises vont devoir acquérir les logiciels et former des employés. Ces investissement devront conduire à des hausses de tarifs pour être amorti et les TPE/PME devront être sensibilisé au fait de devoir investir ce qui n’est bien sûr pas toujours dans leur mentalité.

 

 

Bibliographie :

Sites internet :
– http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview/customer-qa
– http://www.lemoniteur.fr/article/70-millions-supplementaires-pour-relancer-la-construction-26631913
– http://www.lemoniteur.fr/article/formation-vers-une-mobilisation-generale-en-faveur-du-bim-26646541
– http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-du-bim/post/4527/6-bonnes-raisons-d-aborder-le-bim-sous-un-angle-lean
– http://www.mediaconstruct.fr/bim-et-ifc/bim-maquette-numerique/
– http://objectif-bim.com/index.php/technologie-bim/interoperabilite-echange-des-donnees-bim/
– http://www.buildingsmart-tech.org/ifc/

Article : « Le BIM, 2017, le bâtiment 2.0 ! Etes-vous prêts ? », L’ingénieur Constructeur, numéro 535

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Soyez acteur de la « BIM Révolution »

Qu’est-ce-que le BIM ?

BIM est l’acronyme de « Building Information Modeling » qui signifie littéralement la modélisation des informations liées au bâtiment. Néanmoins, au regard de l’utilisation du BIM dans le monde du BTP, on peut se dire que ce sigle est trompeur par rapport aux formidables possibilités qu’offre le BIM aujourd’hui. En effet, le BIM est une révolution dans la gestion du chantier grâce à la création d’un modèle collaboratif.

 

Dans quelle mesure le BIM s’intègre-t-il, aujourd’hui, au niveau mondial ?

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Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ? Quels sont ses limites actuelles ?

Atouts Limites
  • Meilleure collaboration des différents acteurs d’un projet.
  • Ajout d’informations pertinentes très tôt dans le projet.
  • Analyses et tests effectués avant le début des travaux.
  • Amélioration de la qualité de la construction.
  • Élaboration de plans marketing plus efficaces.
  • Changement des habitudes dans les méthodes de travail.
  • Passage à la technologie assez couteux.
  • Amélioration de l’interopérabilité nécessaire.
  • Mise en œuvre d’outils complexes.
  • Accès sans limite à l’information.
  • Problème de gestion des droits.

 

Le BIM s’adresse-t-il à tous les types d’entreprise ? Cas d’une PME ?

Il est vrai qu’au premier abord, le BIM semble être mieux approprié pour les grands projets faisant appel à un important nombre d’acteurs dont la communication faillit parfois. De plus, le marché public étant le premier grand utilisateur de ces nouvelles méthodes de travail, ce sont aux projets d’envergure que ces dernières sont destinées. Enfin, au vu de ses inconvénients actuels et notamment en termes de coûts d’équipements, de formations, les PME ne semblent pas être prédestinées à l’utilisation du BIM. Cependant, force est de constater que le passage à cette technologie ne se fait pas aussi facilement et rapidement dans les grands groupes que pour de plus petites entreprises. Ainsi, nous pouvons penser que dans un futur proche, les PME pourraient tirer leur épingle du jeu dans le BIM, notamment si les entreprises se mettent à faire appel à elles qui sont bien plus familiarisées avec ces nouvelles méthodes de travail.

 

Comment fonctionne le BIM ?

Ce modèle collaboratif va permettre l’échange d’informations sur une plate-forme sous la forme de maquettes numériques, le tout entre les différents acteurs du projet. Ils vont ainsi avoir rapidement accès à une vision en 3D du projet, ce qui va leur permettre de remarquer plus aisément d’éventuels défauts et ainsi de faciliter leurs prises de décisions sur le projet.

Le BIM dans le cycle de vie du projet (source : www.bimcity.com)

Vient maintenant la question de l’échange d’informations : le modèle collaboratif permet à tous les acteurs du projet de pouvoir accéder directement à la maquette virtuelle du chantier et ainsi de la compléter avec les informations qu’il doit apporter au projet. L’avantage de ce mode de fonctionnement est un gain de temps important car il limite les allers-retours d’informations qui nécessitaient un temps colossal.

Le BIM se distingue aussi par l’apparition de la notion d’objet qui représente les composants élémentaires du bâtiment (mur, porte, ouverture, etc.…). Ces éléments sont introduits dans la maquette ce qui permet de pouvoir visualiser leur interaction avec le reste des objets. Cela permet de se rendre compte facilement de petite erreur de conception. De plus, ces objets ont leurs caractéristiques intrinsèques accessibles en leur cliquant dessus sur la maquette.

 

Quel impact sur la charge de travail ?

Etant donné la révolution qu’offre le BIM sur les méthodes de travail, il va forcément impacter la répartition des charges de travail. On imagine facilement que le travail de préparation du chantier sera beaucoup plus important qu’auparavant et donc que la phase d’exécution sera plus courte. Cette réduction de la phase d’exécution découle directement de l’utilisation de la maquette virtuelle qui permet de régler les problèmes de conception en amont et non plus lors des travaux.

Le monde du BTP va devoir rapidement modifier ses méthodes de travail pour pouvoir entrer à fond dans la révolution BIM et ainsi pouvoir profiter de toutes ces formidables fonctionnalités.

 

Une mutation de la relation MO-MOE ?

Une maquette numérique BIM permet d’obtenir un dialogue ainsi qu’un travail collaboratif entre une maîtrise d’œuvre (le client) et une maîtrise d’ouvrage, et ce au profit d’un meilleur traitement du bâtiment durant son cycle de vie: conception, ingénierie, construction, usage, maintenance, réhabilitation, voire fin de vie.

Elle offre la possibilité aux maitres d’ouvrages comme par exemple les agglomérations de modéliser et gérer leur parc immobilier. Cela permet de contrôler en temps réel la qualité et la viabilité des infrastructures afin de prendre conscience des travaux à réaliser (quantité et nature).

Communiquer sur un projet dans un contexte urbain, environnemental ou encore politique sera désormais plus facile. La perception d’un projet, son impact, sont des éléments important pour les acteurs politiques, les usagers et autres intervenant. La maquette numérique globale et multi-échelles  va offrir à chaque échelle un grand nombre d’information tout en ciblant les jeux d’acteurs intervenant à cette échelle.

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Une mutation dans les relations entre les partenaires de la construction ?

Le dialogue entre professionnels va également évoluer, les entreprises de construction et l’industrie vont désormais dialoguer via des e-catalogue où chaque produit, chaque matériaux aura été répertorié et enregistré avec ses caractéristiques intrinsèques dans une base de donné corporative (Intégration des matériaux dans le système grâce à la base de données crée par les industriels).

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Les relations entre architectes et bureaux de conception seront également grandement fluidifiées. Les deux sphères travaillant sur le même modèle actualisé en temps réel permettront un gain de temps dans le choix des solutions technique, des matériaux à utiliser.

Mais on va trouver, également de nouveaux acteurs comme les BIM manager qui vont avoir la charge de gérer l’ensemble des données de la maquette numérique, les droits d’accès (les acteurs et les droits de lecture/écriture) ainsi que la gestion du travail collaboratif.

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Pourquoi mon entreprise doit s’adapter à la « BIM Révolution » ?

Depuis 2014, dans l’Union Européenne, chaque maître d’ouvrage est en mesure d’exiger la technologie BIM dans les appels d’offres et d’ici l’horizon 2017 l’Etat rendra progressivement obligatoire son utilisation pour ses propres équipements. Dans ce contexte, il est très vivement conseillé d’investir dans cette technologie bien que son contrôle et sa maîtrise soient chronophages. Il faut compter en moyenne une semaine de formation et trois mois de pratique intensive pour arriver à une appropriation de celle-ci par un employé. Il s’agit donc d’un investissement aussi bien coûteux en temps qu’en argent, mais qui permet d’augmenter les résultats à long terme avec notamment un gain considérable en terme de temps, une meilleure facilité d’échange entre les différents intervenants.

 

Comment se former au BIM ?

A l’étranger, Il existe des cours à distance distillés par des universités anglophones. A l’instar, en France, pour les professionnels désireux de se former, un premier mastère spécialisé autour du BIM a été lancé conjointement l’an dernier par l’ESTP et l’ENPC.

Si vous êtes une entreprise, pour des raisons de coûts, il est plutôt recommandé de faire appel à un consultant en mesure d’assurer une formation collective interne à l’ensemble des collaborateurs. Mais cette formation ne constituera pas une fin en soi, il vous faudra ensuite remanier la structure de votre entreprise afin de l’adapter à l’utilisation du BIM. Ce plan de redéploiement engendra probablement une perte de rendement dans un premier temps mais vous en verrez assez vite les bénéfices.

 

Quels sont les points clés d’une transition vers le BIM réussie ?

Il est important de considérer la solution BIM comme une méthode et un processus. L’adoption doit se faire étape par étape car on ne peut pas imposer le BIM aux employés du jour au lendemain. Les équipes doivent donc être accompagnées tout au long du processus car il s’agit d’un changement culturel important. Ce changement doit être soutenu à tous les étages de l’entreprise et notamment par la direction dont vient la décision. Elle doit réussir à convaincre les plus sceptiques de l’efficacité de cette technologie pour le fonctionnement et les résultats de l’entreprise.

 

Le BIM est-il uniquement réservé aux métiers du bâtiment ?

Contrairement aux idées reçues, le BIM existe aussi pour les métiers des Travaux Publics, on appelle cela le MINnD (modélisation des informations interopérables pour les infrastructures durables). Cela consiste à reproduire pour les TP les mêmes techniques collaboratives que celles du BIM pour le bâtiment : maquette numérique, procédures contrôlables, plate-forme d’échanges, définition et gestion d’objets en 3D, informations sur les composants et suivi du cycle de vie. Créé par DTP Terrassement (filiale de Bouygues Construction) et Egis International, cette technologie a déjà fait ses preuves en Côte d’Ivoire pour la création du Viaduc d’Abidjan et plus récemment lors de la construction de la rocade L2 à Marseille. Elle a notamment permis de répondre à des contraintes telles que la densité du trafic, la composition du terrain, l’emplacement en territoire urbain mais a surtout œuvré à la diminution du temps de construction et du coût global du projet.

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Le BIM en entreprise : entre progrès, atout et complexité …

Le BIM en entreprise : entre progrès, atout et complexité …

 

QUESTION 1 : Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ? (retour d’expérience, atouts, limites)

En quoi le BIM est-il de plus en plus plébiscité, même par l’Etat ?

Pour un ingénieur de la construction, le BIM est un atout de taille aussi bien dans le suivi d’un chantier, que dans la conception d’un projet, ou dans le suivi de son exécution. Il n’est certes pas utilisé depuis longtemps, mais les retours d’expériences concernant son utilisation ont eu des effets bénéfiques. Avec l’évolution de l’électronique, des tablettes notamment, les plans papier qui ne contiennent pas autant d’informations que les maquettes numériques 3D vont bientôt ne plus être d’actualité. Il sera, pour les conducteurs de travaux et les chefs de secteur par exemple, beaucoup plus simple de suivre un chantier avec une tablette contenant une multitude d’informations, ou même d’accompagner le client ou le maitre d’œuvre.

Pour les cabinets d’architecture, le travail sera beaucoup plus rapide tant les informations pourront être brassées en même temps sur une même maquette et ce depuis plusieurs postes à la fois. Ainsi tous les corps de métier de la construction pourront y trouver leur compte, et les premiers retours d’expériences l’ont démontrés.

A tel point que la législation imposera dans quelques années l’utilisation du BIM pour tous les projets dont l’Etat ou les collectivités locales se porteront maitre d’ouvrage. Et ce phénomène se répand également dans les autres pays européens. En effet ces derniers ont bien saisi l’importance et l’aide cruciale que ce procédé pouvait apporter, au niveau des délais, de la meilleure visibilité des projets et de la maîtrise des coûts notamment.

Quels sont les atouts et les limites du BIM ?

            Un des principaux atouts engendrés par le BIM est le gain significatif de productivité : le travail simultané de nombreux acteurs intervenants dans la réalisation de l’ouvrage permet une optimisation du temps de travail qui se traduit par un gain de productivité du travail réalisé. Le BIM autorise également une intégration de toutes les compétences et les données techniques nécessaires à la conception de l’ouvrage au fur et à mesure que cette ce dernier est en cours d’évolution. Enfin, le BIM permet d’augmenter la fiabilité des données nécessaires à la conception de l’ouvrage, donc à la réalisation de ce dernier. Dans la mesure où un BIM manager intervient pour coordonner les différents intervenants de la conception et de la réalisation d’un chantier, le nombre d’erreurs d’interprétation d’un document ou de retranscription est beaucoup plus faible qu’auparavant.

Malgré de nombreux avantages certains, il subsiste des inconvénients liés à la jeunesse de l’utilisation du BIM en entreprise, et que seules les années d’utilisation vont permettre d’effacer. C’est le cas notamment du prix, qui aujourd’hui reste encore extrêmement élevé étant donné l’inexpérience que la plupart des entreprises ont en la matière. De plus, légalement, l’utilisation du BIM engendre encore quelques zones d’ombres, notamment concernant la propriété du modèle 3D puisque tout le monde peut intervenir dessus. En outre, seul les plans du marché ont aujourd’hui une valeur contractuelle, la maquette numérique générée par le BIM n’en est pas une, elle ne constitue qu’une aide à la réalisation et à la gestion de l’ensemble du projet.

 

QUESTION 2 Comment « ça » fonctionne ? (Echanges de données, processus…)

 

Tout d’abord pourquoi faire un MOOC plutôt qu’un cours classique ?

Le MOOC (ou Massiv Open Online Courses) est avant tout un outil facilitant l’accès à la connaissance. Dans un monde où internet et les réseaux sociaux font partie intégrante de notre mode de vie, où tout s’échange très vite, l’accès à l’information et au savoir est devenu une priorité. Une priorité pour plusieurs raisons : tout d’abord pour permettre à l’information d’accéder partout et d’atteindre le plus grand nombre, mais aussi pour répondre aux attentes de rapidité de propagation et de partage des données. « L’information est l’oxygène des temps modernes », et à juste titre il a fallu redéfinir les modes de transmission des connaissances, ou du moins les améliorer.

Pourquoi faire un MOOC sur le BIM ?

Les sujets traités dans un MOOC peuvent être divers et variés. Dans notre cas, il s’agit de développer un MOOC capable d’informer sur le Building Information Modeling (BIM). Le BIM est la nouvelle manière de concevoir et d’analyser un bâtiment. Il est l’avenir de la construction grâce à cette nouvelle manière de percevoir le design et la modélisation à travers le temps. Il est donc important d’informer le plus grand nombre sur son fonctionnement et la manière de l’utiliser aussi bien sur un chantier en Chine que dans un bureau d’études en Europe ou encore dans un cabinet d’architectes en Amérique par exemple. En cela, le MOOC est la meilleure manière d’enseigner le BIM. Il est un échange rapide de données à travers le monde et une sensibilisation beaucoup plus diffuse à cette technique que si les cours n’avaient été dispensés qu’à l’université.

 

Comment fonctionne le BIM ?

Le BIM est avant tout un moyen de mieux visualiser et de communiquer dans le secteur de la construction. A l’aide d’une maquette numérique en 3D, les composants d’un édifice en construction contiennent une multitude d’informations qui n’étaient pas présentes auparavant, sans le BIM. Ces informations peuvent interagir entre elles au bénéfice de la construction de l’édifice réel. Elles corrigent d’elles-mêmes les problèmes d’exécution pouvant être engendrés lors de la modification d’un élément de la structure. Ce qui rend le BIM pratique, c’est la possibilité pour chaque intervenant d’un projet de rentrer des modifications dont il est le garant. Ces modifications pourront alors être transmises aux autres entreprises automatiquement, ce qui est un gain de temps. Le logiciel BIM régulera automatiquement les problèmes de conception liés à cette modification. Il ne peut donc pas y avoir d’erreurs possibles. La possibilité de voir la phase d’exécution des travaux est aussi un atout de taille. Tous les problèmes liés à son évolution y seront alors décelés.

Ainsi, tout cela permet de faciliter et d’optimiser le planning d’un projet. Il permet aussi de ne pas perdre d’argent en réparant les erreurs d’exécution puisqu’elles auront été décelées et enrayées à l’avance. Ce qu’il faut également retenir c’est le partage des informations, et la modification permanente de la maquette par les différents acteurs d’un projet. Bien que travaillant séparément, la mise en commun de leurs travaux et modifications à l’aide du logiciel BIM pourra les faire avancer main dans la main et beaucoup plus rapidement.

Exit des réunions superflues pour se tenir au courant ou se mettre d’accord, exit donc la perte de temps et les retards de planning, mais aussi les pertes économiques conséquentes.

 

QUESTION 3 : Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? (Changement de posture, réflexion sur les changements induits pour les différents métiers et leur positionnement)

L’apparition mais surtout le développement exponentiel du BIM dans les agences des entreprises du BTP en France engendrent la question suivante : qu’est-ce que le BIM va changer pour l’ingénieur dans son travail, la vision qu’il a de ce dernier, la position qu’il adopte pour le réaliser ainsi que les changements induits par cette nouvelle technologie.

Il faut rappeler que l’un des principaux enjeux du BIM est de s’approprier un langage universel tout en l’adaptant à son travail car c’est un outil de travail sur mesure. A l’heure actuelle, nous constatons que nos habitudes sont encore plus basées sur l’intérêt porté à la construction d’un ouvrage que sur la gestion du patrimoine une fois ce dernier réalisé. En effet, toutes les données collectées lors du passage de l’appel d’offres ont finalement un intérêt très limité étant donné le suivi de chantier que nous effectuons aujourd’hui. Une première question se pose alors à nous :

Comment suivre avec efficacité la réalisation d’un chantier et dans un même temps valoriser les conceptions proposées à une maitrise d’ouvrage ?

C’est pour répondre à cette question que le BIM est là. En effet, la maquette numérique proposée n’est pas seulement un nouvel outil de conception, mais c’est surtout un outil de production et de gestion de données exploitables par tous les intervenants du chantier et à n’importe quelles phases de ce dernier. Ce partage d’un même langage par tous les acteurs du chantier impose cependant que le BIM soit une norme. Le BIM permet donc à la maitrise d’œuvre responsable de la conception de l’ouvrage, de ne plus se soucier de « traduire » les différents documents reçus des différentes parties prenantes puisque lui et l’ensemble des parties prenantes auront un même langage, dont la fiabilité et la transversalité sont assurées.

Quelles transformations apporte le BIM dans le métier de l’ingénieur?

La transformation majeure apportée par le BIM se traduit de la manière suivante : auparavant, la chaîne de travail pouvait être considérée comme séquentielle ; l’architecte réalise une esquisse vérifiée par un bureau d’études qui lui-même joint des documents de réalisations techniques renvoyés à l’architecte qui se charge de tout synthétiser, avec un fort risque d’erreur. Grâce au BIM, toutes ces étapes deviennent obsolètes car le processus de conception de l’ouvrage devient simultané et partagé de tous. C’est ce que nous appelons l’interopérabilité. Cette nouvelle notion peut paraitre être un des inconvénients du BIM mais s’avère finalement être un avantage dès lors qu’un nouvel emploi est créé : celui de BIM manager.

Capital pour la bonne conception de l’ouvrage, le BIM manager doit dans un premier temps, concilier les possibles incohérences existantes dans le projet entre les différents acteurs responsables de la conception de l’ouvrage, puis dans un second temps, coordonner les directives nécessaires à la correction des incohérences relevées pour que chaque corps de métier modifie l’ouvrage en conséquence.

En définitive, même s’il est à l’aube de l’intégration dans l’entreprise, le BIM engendre une certaine mutation de l’ingénieur face à son travail. En effet, ce dernier se doit de prendre du recul pour éviter des incohérences dues à la simultanéité des tâches réalisées. Les différents acteurs de la conception et de la réalisation de l’ouvrage sont obligés d’avoir une vision beaucoup plus transversale et ne peuvent plus se permettre de considérer l’ouvrage uniquement selon leur point de vue.

 

  QUESTION 4 : Comment faire pour y aller ? (Phase opérationnelle)

Tout d’abord, comment se procurer le logiciel ?

La première étape consiste à acheter le logiciel BIM (entre 5000 et 6000 euros à l’achat et 20% de ce prix chaque année pour renouveler l’abonnement). A l’aide de ce logiciel, il sera alors possible d’effectuer une maquette numérique, des estimations, des visualisations… Pour avoir plus d’outils afin de faire des analyses plus précises, il est possible d’acheter des options en plus pour le logiciel (ex : planification). En plus de ces éventuelles options ajoutées, il est nécessaire d’utiliser des ordinateurs suffisamment puissants pour les faire tourner (prévoir 2000 à 3000 euros par machine). En effet, de nombreuses données de tout type permettant de s’assurer de la stabilité de l’ouvrage sont enregistrées dans la base de données (ex : Fondation Louis Vuitton – environ 60000 Go d’informations).

Comment s’approprier le logiciel et organiser son personnel ?

L’utilisation du système BIM requiert une formation d’environ une semaine ainsi que 3 mois d’appropriation du logiciel pour pouvoir s’en servir correctement. Chaque entreprise titulaire d’un marché devra avoir un « responsable BIM » ayant suivi cette formation dans son équipe et qui travaillera en même temps avec le BIM Manager (Maître d’œuvre, Synthèse, Architectes). Ce responsable n’aura pas le niveau du BIM Manager mais aura suffisamment de connaissances pour ajouter les données propres à ses travaux pour compléter la maquette numérique.

Ces responsables sont indispensables à la réalisation d’un projet afin de ne pas intégrer d’erreurs dans la maquette, ou du moins, les corriger rapidement. Car le BIM ajoute, modifie les données entrées par les utilisateurs mais ne précise pas qui à rentrer les données erronées pour savoir d’où vient le problème.

Quelles conséquences pour l’entreprise ?  

Bien évidemment, l’utilisation de ce logiciel et de ces méthodes n’a pas de conséquences bénéfiques immédiates pour les entreprises qui commencent à s’y mettre. Son utilisation est très complexe, demande un temps d’adaptation et coûte cher à mettre en place. La création de pièces standards au début demande également du temps mais qui il vite rattrapé par la suite. Des études ont cependant prouvées que cette perte de temps devient négligeable au bout de quelques mois et la productivité est augmentée de 20 à 30% en moyenne, rendant ainsi l’utilisation de ce logiciel rentable après environ 2 ans.

C’est pourquoi les entreprises ne doivent plus hésiter à se mettre au BIM. Les clients demandent d’ailleurs de plus en plus son utilisation, il est donc important pour continuer à gagner des appels d’offres de s’y mettre rapidement. Plus vite l’entreprise sera prête, plus vite elle s’y adaptera avant que les autres n’aient réellement commencé à s’en servir.

 

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