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Build an Innovative Modeling : le BIM, une nouvelle vision du bâtiment

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

Une modélisation réaliste
Les logiciels de BIM ont comme particularité de prendre en compte un grand nombre de caractéristiques des objets présents sur une maquette (nature des matériaux employés, par exemple). Dès lors, ils permettent de produire des vues du projet dotées d’un réalisme remarquable, permettant ainsi au maître d’ouvrage d’avoir très tôt une idée précise du futur bâtiment.

Une simplification de la gestion de l’information
Un des principes fondateurs du BIM est la mise en commun d’informations provenant de divers corps de métiers. Elle se fait par l’élaboration d’une maquette 3D contenant l’ensemble des données du projet. Il est ainsi possible d’aller puiser rapidement dans ce dessins l’ensemble des caractéristiques techniques d’une cloison, d’une pièce ou d’un élément structurel. On peut alors extraire très tôt des informations financières ou concernant les délais de travaux. Les fournisseurs et les sous-traitants peuvent ainsi connaître dès le début des travaux la quantité et la qualité des matériaux à livrer. D’autre part, cette abondante collecte d’informations permet aux différents intervenants d’avoir une vision plus globale du projet et ainsi de déceler rapidement d’éventuelles interférences entre plusieurs corps d’état.

Une nouvelle dimension
Avec le BIM, il est possible de prendre en compte la notion de temps dans la maquette. Dans ce sens, une réflexion sur les modes constructifs accompagne le dessin du modèle. Il est alors possible de planifier avec précision l’avancement des travaux, d’organiser les livraisons avec l’intervention d’acteurs extérieurs à l’entreprise et ainsi simplifier la vie du chantier.

Une image d’entreprise moderne
L’utilisation du BIM confère une image d’entreprise sérieuse qui sait s’adapter aux innovations technologiques. Ainsi, en plus de faciliter la communication avec le client, le BIM permet de créer un climat de confiance et de modernité autour d’un projet. D’autre part, après avoir pris en compte les modifications durant la construction, l’entreprise générale peut fournir au maître d’ouvrage la maquette actualisée du projet, ce qui simplifiera l’exploitation et la maintenance du bâtiment.

Une cohérence
Il est possible d’extraire, depuis la maquette 3D, les plans et les coupes du projets. Ces documents sont par construction cohérents entre eux puisqu’ils sont issus d’un seul et même dessin. Cela évite les pertes de temps liées à des incompréhensions entre les différents acteurs.

Une restructuration de l’entreprise
L’emploi du BIM en tant que nouvelle manière de concevoir un projet nécessite une restructuration de l’entreprise et l’intégration de nouveaux métiers tels que BIM Manager. En effet, il faut limiter l’accès à l’écriture de la maquette car sinon une perte de cohérence et une complexification du langage utilisé provoqueraient une perte de la maîtrise du projet. Dès lors, la mise en place de BIM Managers ayant des codes de représentation et d’écriture bien définis permet de conserver une uniformité du dessin. Cependant, une entreprise met un certain temps à s’adapter à ce nouveau mode de pensée mais il faut qu’elle soit consciente qu’à long terme, ce virage permettra un gain de temps et de productivité notable.


Comment « ça » fonctionne ?

Un échange de données entre les collaborateurs
Une maquette numérique est constituée de la représentation graphique de l’ensemble du projet en trois dimensions ainsi que d’une importante base de données nécessaire à la construction et à l’exploitation du bâtiment. Elle permet de définir un projet dans son ensemble, tout au long de son cycle de vie : les différentes phases de conception et de construction ainsi que l’exploitation du bâtiment et sa maintenance. On peut en extraire les plans et coupes du projet mais aussi des informations telles que le phasage des travaux, le coût de la construction, les caractéristiques techniques des matériaux utilisés,… Une telle maquette ne peut donc pas être réalisée par une seule personne : il est nécessaire de mettre en commun les informations détenues par chaque corps de métier, représenté par un référent BIM. Ces référents communiquent avec le BIM Manager du projet qui se charge d’établir et de mettre à jour la maquette numérique. Il s’agit donc d’un processus collaboratif.

Principe BIM

Quels sont les outils du BIM ?
Afin de mettre en place cette plateforme collaborative qu’est la maquette numérique, il est nécessaire de développer un format d’échange des informations commun à tous les acteurs : les IFC (Industry Foundation Classes). Ils contiennent des renseignements sur les caractéristiques géométriques et techniques de chaque objet, la relation qu’il entretient avec les autres objets,… Cela permet une plus grande flexibilité dans le choix des logiciels de CAO utilisés pour élaborer la maquette, en fonction des préférences et des besoins de chaque intervenant : Revit, Archicad, AllPlan, Digital Project, Rhinoceros, Grasshopper, Microstation, Tekla, Sketchup,…

Comment définir un objet ?
Dans une maquette numérique, un objet n’est plus une simple représentation graphique en trois dimensions. On intègre également à la définition d’un objet un ensemble d’attributs qui le caractérisent : dimensions, prix, caractéristiques techniques, relations avec les autres objets,… On définit alors, en fonction du projet et de ses différentes étapes d’évolution, le niveau de développement de chaque objet, c’est-à-dire le type d’informations et le niveau de détail nécessaires à la description de cet objet dans la maquette numérique. On peut alors sélectionner les informations dont on a besoin selon que l’on se trouve en phase de conception de projet, de réalisation ou de maintenance.


Qu’est-ce que le BIM va changer pour moi ?

Une nouvelle temporalité dans la conception du projet
Le BIM induit le passage d’une conception en différentes étapes consécutives (conception architecturale, structurelle, détermination des modes constructifs, planning d’exécution, étude de prix…) à une unique étape. Tous les intervenants peuvent ainsi travailler simultanément. Cela évite les pertes d’informations entre les différentes étapes de la conception et la multiplication des saisies d’une même information. Ce système permet de gagner du temps dans la conception car les étapes se chevauchent désormais.

Une conception plus collaborative
Du fait de cette nouvelle temporalité dans la conception du projet, tous les intervenants sont amenés à collaborer puisqu’ils travaillent simultanément. On passe ainsi d’un système auparavant très cloisonné, avec des équipes bien distinctes (maîtrise d’ouvrage, architecte, ingénieur, constructeur,…) et où l’information circulait de manière inégale et indirecte à un système où ces équipes s’unifient autour d’un BIM Manager, d’un modèle unique et d’un objectif commun. Le BIM Manager coordonne tous les intervenants. Le modèle unique est le fruit du travail de tous et comprend toutes les informations, depuis la structure et la forme du projet jusqu’au planning d’exécution des travaux et le prix du projet. L’objectif commun est la réalisation rationnelle du projet. Du fait de cette collaboration, l’intérêt d’un des acteurs est celui de tous. Une relation de confiance s’instaure alors entre les intervenants, ce qui est favorable à l’avancement comme à la qualité du projet. L’information est transmise de façon égale, via le modèle, à l’ensemble des intervenants. Chacun a donc une vision plus globale du projet ce qui facilite la prise de décisions et améliore la pertinence de ces dernières. Enfin, cette collaboration est un cercle vertueux : les échanges d’informations et de connaissances étant favorisés par ce mode de conception, chaque acteur est amené à acquérir des compétences et des savoirs correspondants aux différentes spécialités intervenant dans la conception du modèle. Ces compétences seront alors utiles dans le cadre du projet même ou des suivants.

La nécessité de polyvalence des différents acteurs
Cependant, pour permettre des échanges efficaces entre les différents intervenants, il est nécessaire que chacun d’eux soit formé. D’une part, il est primordial qu’ils soient capables d’utiliser les logiciels de modélisation permettant le BIM et donnant lieu au modèle complet du projet. Il faut donc inclure dans la formation des métiers du bâtiment cette nouvelle compétence. D’autre part, chacun des acteurs doit pouvoir communiquer de façon claire et précise avec les autres. Ainsi, chacun doit être « polyvalent », c’est-à-dire avoir des connaissances techniques couvrant tous les domaines de la conception d’un bâtiment (vocabulaire, impératifs, motivations,…)


Comment passer au BIM ?

En comprenant d’abord les difficultés que cela engendre
Le BIM concerne aussi bien les professionnels du bâtiment (maîtrise d’œuvre, entreprises,…), l’immobilier (maîtrise d’ouvrage professionnelle, AMO, exploitants,…) mais aussi le grand public. Initier un nouveau langage, qui plus est numérique, peut être une source de problèmes. Par ailleurs, même si certaines personnes pratiquent déjà la conception assistée par ordinateur, le changement de logiciel peut parfois s’avérer un obstacle supplémentaire. Il faut également changer l’organisation et la manière de travailler, dans la mesure où plusieurs intervenants de différents corps de métiers interviennent simultanément sur la même maquette numérique.

Comment amorcer le passage au BIM ?
Dans un premier temps, il faut mettre en avant l’importance du BIM, en expliquant toutes les qualités et les capacités de cette méthode de travail. Ensuite, l’intervention d’utilisateurs déjà convertis peut s’avérer une solution pour illustrer les capacités du BIM à travers des exemples réels. Aussi, l’un des nombreux avantages du BIM étant son aspect visuel – on aboutit à la réalisation d’une maquette numérique en trois dimensions très précise -, il peut être intéressant d’insister sur ce point de vue à l’aide de démonstration concrète, par l’intermédiaire de vidéos par exemple. Dès lors, les futurs utilisateurs peuvent s’orienter vers des formations adaptées, via par exemple des MOOC.

La formation au BIM
Le BIM doit pouvoir s’adresser à tous les corps de métier. La première étape de l’enseignement consiste donc à montrer la multiplicité des points de vue et de besoins. Il faut ensuite enseigner un langage numérique afin de développer une culture commune, nécessaire à la cohérence du projet. Il faut donc homogénéiser les pratiques, car le BIM constitue un travail commun à plusieurs intervenants. Si les méthodes de travail sur la maquette ne sont pas les mêmes, des problèmes de compréhension ou de cohérence peuvent apparaître. Il est donc particulièrement important de mettre en place une méthode générale. Enfin, la formation au BIM nécessite également d’investir des moyens financiers, tant pour le matériel que pour la formation. Il faut, entre autres, créer un environnement propice, comme une salle dédiée au BIM, afin qu’il occupe une fonction à part entière au sein de l’entreprise.

B3 ESTP 2015/2016 – Groupe n°35

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Scénario pour la création d’un MOOC sur le BIM

(1)   Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

Qu’est-ce que le BIM ?

 

BIM = Modélisation des données du bâtiment (maquette numérique), il incarne une façon de décrire les bâtiments en concentrant l’ensemble de l’information technique, composants, équipements et comportements. Toute modification apportée, quelle que soit la compétence exercée, est automatique et répercutée sur l’ensemble de la maquette. D’où une importante diminution du temps et des coûts de production des plans et saisies informatiques.

 

 

Quels sont les principaux avantages du BIM ?

 

– Le BIM permet un échange d’informations simplifié, dont celles-ci sont à jour, justes et non redondantes. Il permet un travail en collaboration et non un travail « à la chaine ».

 

– Le BIM est autant utile aux Maitres d’œuvre, architectes, bureaux d’études qu’aux Maitres d’Ouvrage. En effet, ces derniers peuvent utiliser la maquette pour la maintenance et son utilisation (représentation numérique de son patrimoine). Il devra cependant mettre à jour la maquette afin que celle-ci soit réutilisable.

 

– Le BIM met en place les bonnes pratiques qui ne sont pas mises en place, grâce à une grande panoplie d’outils.

 

– Le BIM fait appel à un langage commun, les IFC, ce qui permet un échange de données possible et facile.

 

– Le BIM permet de réduire ainsi les coûts de conception et d’améliorer la gestion.

 

– Le BIM permet un gain de fiabilité grâce à ses diverses simulations (thermiques, acoustiques, environnementales, quantitatifs, …)

 

 

Quels sont les principaux inconvénients du BIM ?

 

– La qualité de la maquette doit être très élevée, afin que les différentes simulations soient fiables et correctes, que les quantités soient les plus réelles possible, et que l’utilisation future de celle-ci puisse être exploitable (éviter les clashs, supprimer les objets non utiles dans la maquette, …) De plus, les erreurs effectuées au sein du projet grâce au BIM doivent être rapidement et souvent corrigées afin que celles-ci soient minimes à résoudre. Plus on attend, plus le problème risque de prendre de l’ampleur, et cela va devenir long et couteux à corriger.

 

– Il va de soi que les acteurs du projet (en BIM) aient une connaissance des différents logiciels BIM (exploitation des données, modifications si nécessaire, …). Il faut prévoir 2-3 jours pour faire des plateaux réunissant tout le monde, afin de démarrer sur de bonnes bases, et prévoir des périodes tampons (pour sortir des métrés, des quantités, ..)

 

– Coûts cachés dus au BIM :

. Les parties prenantes qui ne s’adaptent pas au BIM

. Mauvaise gestion des gabarits

. Qualité des modèles

. Eviter la sous-traitance. Cela peut attirer des soucis (Exemple : le sous-traitant met la clef sous la porte, il est alors très difficile de réparer les dommages).

 

 

(2)   Comment ça fonctionne ?

 

Quel est le principe de fonctionnement du BIM ?

 

L’informatique est utilisée dans le bâtiment depuis longtemps, bien avant l’apparition du BIM. Seulement il n’existe aucun logiciel exhaustif capable de rassembler toutes les informations du bâtiment. Chaque corps de métier a généralement son logiciel spécifique. Mais le système BIM est centré sur une base de données commune, ou chaque intervenant peut partager ses données sans dépendre d’un outil particulier. On appelle cela l’interopérabilité.

 

Pour permettre cette interopérabilité, il existe un format d’échange IFC (Industry Foundation Classes). Ce langage informatique commun permet à tous les acteurs de transmettre leur travail, quel que soit le logiciel utilisé en interne.

 

 

 

L’interopérabilité du BIM

 

La base de données contient également une bibliothèque 3D, qui comprend les caractéristiques géométriques des objets, mais également des informations sur leur nature. Les caractéristiques des matériaux, physiques ou mécaniques sont ainsi disponibles.

Quelles sont les étapes d’un projet ?

 

Le processus d’utilisation est assez clairement défini. On commence par une modélisation architecturale, puis une modélisation des détails de constructions (corps d’états techniques). Puis le BIM manager va assembler les données et vérifier la cohérence de l’ouvrage. A partir de cette étape, le manager va chercher les conflits entre les données, qui seront répertoriées dans un rapport. Enfin on peut rajouter toutes les données secondaires de la construction : isolation, calculs des coûts, l’ordonnancement des étapes… Ces étapes correspondent à des LOD (level of developpement) qui vont de 1 jusqu’à 5.

 

Il est important de noter que toutes ces étapes sont réalisées indépendamment par chacun des acteurs du projet. C’est le point fort du BIM, la concertation des parties n’est plus nécessaire pour le moindre petit détail.

 

 

(3)   « Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? »

 

Dans quel cas suis-je concerné par ce changement ?

 

A peu près tout le monde travaillant dans le milieu du BTP est concerné par l’arrivée du BIM. Que l’on soit architecte, maitre d’ouvrage ou encore expert géomètre et quel que soit le projet sur lequel on est présent (même si le BIM est particulièrement utile pour les projets de grande envergure).

 

Pour le maître d’ouvrage, le changement se fera au niveau de la gestion de son patrimoine ; c’est un gain de temps non négligeable mais qui nécessitera peut-être quelques connaissances techniques. Pour les autres acteurs d’un projet, le BIM permettra une meilleure communication et un gain de temps et d’argent. Cela oblige à un travail encore plus collaboratif et un partage plus important des responsabilités.

 

En tant qu’étudiant en travaux publics entrant bientôt dans le secteur, on a peut-être la chance de s’adapter plus rapidement à l’arrivée du BIM et d’en faire un argument pour s’épanouir dans une entreprise.

 

 

Comment mon travail va-t-il évoluer?

Il est normal, quand l’on est concerné par ces changements, de se demander comment va évoluer notre travail. Pour quelqu’un qui est déjà débordé par son travail, il est important de savoir si l’arrivée du BIM coïncidera à un gain de temps et un allégement des tâches ou au contraire à un ajout de travail supplémentaire, ce qui serait difficilement supportable.

 

La question revient à se demander comment les entreprises vont-elle être remodelées pour répondre à l’utilisation du BIM dans leurs projets. Vont-t-elles engager de nouveaux employés spécialement pour cette tâche (des BIM managers) ou vont-t-elles forcer leurs employés actuels à se former aux logiciels de modélisation (par une formation accompagnée ou par leur propre moyen) ?

 

Dans tous les cas, on ne peut rester insensible à cette nouveauté et il est important de réfléchir dès à présent à ce que l’on pourra en tirer de meilleur. Il parait inéluctable, comme souligné dans la question précédente, que le travail en groupe sera encore plus développé, ce qui peut en gêner certains.

Dois-je m’inquiéter pour mon emploi ?

Le monde de l’entreprise est dur au point que si l’on ne répond pas aux exigences on devient un frein pour notre société ; il est donc logique de penser que l’on risque de perdre son emploi avec l’apparition du BIM si l’on est incapable de s’adapter rapidement.

 

Mais ce n’est pas la première fois qu’un changement se fait dans le BTP, et nos prédécesseurs se sont adaptés aux arrivées de nouvelles technologies et d’internet, il ne dépend donc que de nous-même de réussir le passage au BIM, en sachant qu’en plus tout le secteur sera concerné.

 

On peut décider d’attendre qu’il soit obligatoire (ce qui n’est pas encore le cas en France contrairement à d’autres pays, même s’il est très présent pour certains projets comme les hôpitaux) pour se mettre au BIM, au risque de passer à la trappe, ou prendre les devants et se voir être un précurseur dans le domaine. Le plus sûr étant tout de même de suivre l’évolution sans brusquer les choses ni prendre de retard.

 

 

(4)   « Comment faire pour y aller ? »

 

Comment la législation peut évoluer pour promouvoir le passage au BIM ?

 

En Janvier 2014, des directives européennes ont été votées, incitant à l’utilisation du BIM dans la passation des marchés publics. Les Etats ont ainsi jusqu’au mois d’avril 2016 pour transposer ces directives européennes au niveau national. Les Etats pourront, soit inciter, soit rendre obligatoire l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

Certains pays ont déjà franchi le pas, comme le Royaume-Uni où l’utilisation du BIM est devenue obligatoire à partir de janvier 2016 pour les marchés publics supérieurs à 5 MGBP.

 

Bertrand Delcambre, nommé Ambassadeur du numérique dans le bâtiment par la ministre du logement, de l’égalité des territoires et de la ruralité, Sylvia Pinel, se prononce dans son rapport sur « la mission numérique du bâtiment » en faveur, dans un premier temps, d’une incitation à l’utilisation du BIM pour les marchés publics.

 

 

Comment le passage au BIM se traduit-il dans les entreprises ?

 

Le passage au BIM nécessite de la part des entreprises un investissement important. En effet, les entreprises doivent investir dans de nouveaux logiciels mais également dans du matériel plus performant ainsi que dans la formation des employés. La Fédération CINOV estime l’investissement pour les logiciels et le matériel entre 8000€ et 15000€ par poste de travail. Cela représente une somme importante, notamment pour les TPE/PME. Cependant, cet investissement devrait être assez rapidement compensé par une meilleure productivité et une baisse des dépenses liées aux non conformités.

 

Ainsi, Bertrand Delcambre propose, dans son rapport, de mettre à disposition des entreprises des « Kits BIM » pour permettre l’utilisation du BIM par les plus petites structures, en utilisant des logiciels Open Source et des bibliothèques d’objets simples.

 

 

Comment former les professionnels au BIM ?

 

L’utilisation de la maquette numérique au sein des entreprises nécessite de former le personnel à ces nouvelles technologies. On voit ainsi apparaitre de nouvelles formations comme le Mastère Spécialisé  BIM mis en place par l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées et l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, du Bâtiment et de l’Industrie (ESTP), en association avec d’autres structures. Cependant, ce type de formations nécessite une présence à l’école et est donc plus adaptée à une jeune génération d’ingénieurs tous justes diplômés. C’est pourquoi les MOOC (Massive Open Online Courses) représentent un outil de formation important pour favoriser le passage au BIM dans les entreprises et notamment dans les petites et moyennes entreprises.

 

 

Comment assurer la qualité de l’échange des informations par la maquette numérique ?

 

Dans le but de rendre le meilleur possible l’échange d’informations par le biais de la maquette numérique, il est indispensable de rendre utilisables et compréhensibles par tous les données utilisées par les différents acteurs. Ainsi, la commission de normalisation AFNOR/PPBIM travaille sur une normalisation, en termes de propriétés des produits, de l’utilisation du BIM. Une première norme expérimentale XP P07-150 a été publiée en décembre 2014 dans le but d’une harmonisation des données échangées par l’utilisation de la maquette numérique.

 

 

Sources :

 

www.enpc.fr/

– Cours de l’option BIM de 3ème année de l’ESTP

– wwww.bimbtp.com/decouvrir-le-bim/les-lourdes-consequences-du-bim

-www.polantis.info

www.lemoniteur.fr/

Rapport de la Mission Numérique Bâtiment du gouvernement (sur le site www.territoires.gouv.fr)

 

 

 

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Vers plus de qualité grâce au Building Information Modeling ?

Le secteur du BTP présente une particularité dans le domaine de l’industrie, car contrairement aux autres activités de production, il s’agit de construire un objet unique et, malgré l’expérience des différents acteurs et la rationalisation des méthodes de construction, ceux-ci sont confrontés à des situations nouvelles à chaque projet. Ainsi, si les autres domaines de l’ingénierie tels que l’aéronautique ont rapidement et naturellement mis en place des outils analogues au BIM permettant d’optimiser la conception et la gestion de produits en série, la généralisation de ce procédé au BTP pourrait bien permettre de limiter les coûts de non-qualité, de la construction à la déconstruction du bâtiment.

D’abord, la saisie par chaque acteur des données d’un même projet (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, BET, entreprises de construction) peut conduire à une perte de temps et à des erreurs rendant incohérent le projet dans son ensemble. C’est pourquoi l’utilisation d’une référence commune, la maquette numérique, s’avère nécessaire. Elle permet même d’aller plus loin en obtenant de façon très accessible la synthèse architecturale du projet. Cette maquette étant unique et mise à jour à chaque modification, on évite, de plus, les erreurs liées à l’utilisation de versions obsolètes des plans et autres données.

Par conséquent, la phase de conception devient prépondérante, et plus d’ingénieurs doivent travailler à la cohérence du projet, dans le but d’éviter les coûts de non-qualité durant la phase de travaux. En effet, une erreur détectée après réalisation conduit à une analyse du problème et à la recherche de solutions par l’équipe travaux. A cela s’ajoutent les coûts liés aux matériaux perdus et à leur recyclage, et les coûts de main d’œuvre – pour faire puis défaire l’ouvrage. On remarque donc l’importance d’un modèle commun en terme de gestion des coûts de non-qualité – que l’on estime actuellement à 30% du montant d’une opération – et en terme d’impact environnemental (énergie et matériaux).

La maquette numérique devient d’autant plus intéressante quand on a une vision à long terme sur le produit livré. En effet, pendant sa durée d’exploitation, le bâtiment peut être entretenu, rénové ou réhabilité avec la connaissance de chacun de ses éléments constitutifs, visibles ou non, ce qui s’avère intéressant pour remplacer un produit dangereux ou ne répondant plus aux normes en vigueur.

Le modèle intégrant les données structurelles, il permet une restructuration ou une extension compte tenu des données contenues dans la maquette numérique, remplaçant ainsi les dossiers d’ouvrages exécutés (DOE), particulièrement volumineux et peu pratiques dans leur accès à l’information.

L’investissement dû à la mise en place du BIM et à l’allongement de la durée d’avant-projet peut donc être largement amorti par la diminution des non-qualités sur chantier et le confort pour le client dans la gestion du bâtiment tout au long de sa vie, confort pouvant faire l’objet d’une rémunération pour les entreprises, au même titre que les biens matériels, particulièrement pour les ouvrages techniques nécessitant de nombreuses maintenances, tels que les usines, aéroports, etc.

Il faut donc insister sur les notions de coût global et de confort d’utilisation, qui permettent de rentabiliser la maquette numérique sur le cycle de vie du bâtiment.

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Le BIM: une révolution des uns face au conservatisme des autres.

Il convient dans un premier temps de définir ce qu’est le BIM. Le « Building Information Modeling »  est à la fois un logiciel, une base de données, un processus et une méthode de management : c’est une maquette numérique. Il permet, entre autres, une meilleure conception, visualisation, simulation et collaboration tout au long du cycle de vie d’un projet, c’est-à-dire de la conception à son exploitation. Tout cela a pour conséquence directe une qualité améliorée, une production augmentée et donc une réduction des coûts. Cependant, et malgré ces effets attractifs, le BIM peine à se répandre dans le marché de la construction et se heurte ainsi au conservatisme des acteurs du BTP.

Ce conservatisme peut être illustré en prenant un exemple courant d’une habitude d’une personne : prendre un café le matin. Supposons maintenant qu’un jour, les médias commencent à vanter les effets bénéfiques du thé qui est moins coûteux et qui présente un goût meilleur. Cette personne, malgré ce qui est dit, aura la fâcheuse tendance à rester sur son habitude : boire du café tous les matins. « Pourquoi changer si cela marche déjà? » ; «Que deviendra la machine à café ? » ; Changer d’habitude demande un certain effort physique puis d’adaptation mentale. La personne considérée ne sera que très rarement encline à changer son habitude et à faire des efforts dans ce sens.

Extrapolons alors cette illustration dans le monde du BTP où les plans se font en 2D et où seuls quelques personnels qualifiés ont la capacité de les lire. Les avantages du BIM se font alors entendre au niveau du personnel et des responsables. Intrigués par ce concept innovant et par ses biens-faits, ces derniers décident alors d’en parler à leur directeur. Or de ce côté, l’enthousiasme est bien plus modéré. Un certain temps – plusieurs années – de transition s’avère nécessaire. S’ajoute à cela une formation des employés afin de les adapter à ce changement culturel. De plus, il conviendra de prendre une sous-traitance adaptée à cette culture et donc de se limiter. L’effort physique devient ainsi financier. L’esprit innovant devient alors conservateur : « La dépense à fournir et la perte de productivité lors de la période de transition est-elle rentable ? » ; « Pourquoi changer un système qui marche ? » ; « La sous-traitance n’est pas encore adaptée, pourquoi ne pas changer plus tard ». Tant de questions conservatives qui repoussent la révolution annoncée du BIM.

Afin d’accélérer ce changement, l’Etat a annoncé début 2014 qu’il allait « rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017 ». L’Etat espère ainsi servir de tremplin et étendre ce concept aux marchés privés sur tout le territoire comme cela se passe dans certains pays d’Asie tel que le Singapour. Ce changement culturel passe aussi par une évolution des mœurs : la formation des différents acteurs du BTP possède une grande part de responsabilité dans l’évolution du BIM. Sensibiliser ces derniers aux biens-faits du BIM et travailler sur une communication concrète au niveau des clients et des sous-traitants afin de les rassurer quant à cette nouvelle méthode s’avère être essentiel.

La France, deuxième acteur mondial dans le secteur du BTP, présente un léger retard par rapport à certains pays quant à l’exploitation du BIM. L’esprit conservateur, fort de ses habitudes, en est le premier responsable. Mais les acteurs du BTP évoluent et leur formation avec ; la culture du BIM se répandra de façon plus importante, la révolution prendra forme.

Après tout, le conservatisme évolue lui aussi, espérons seulement qu’il ne soit pas trop tard.

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Le BIM, un outil du développement durable

Le domaine de la construction fait partie des secteurs les plus consommateurs d’énergie. À l’heure où la gestion des ressources et l’impact environnemental s’imposent sur le devant de la scène, il devient essentiel aux acteurs de la construction de s’interroger sur leur marge d’action.
Les réglementations deviennent plus exigeantes, d’autant plus en France avec la RT 2012 et la future RT 2020. Les utilisateurs ont également leur rôle, et que ce soit avec les campagnes de sensibilisation ou l’affichage des DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) dans les agences immobilières ou les pièces communes, la démarche verte s’inscrit du début du projet à son exploitation.
Alors que ces exigences se renforcent, il est pertinent de s’interroger sur l’impact que peuvent avoir les nouvelles technologies sur cette démarche, en particulier le BIM.

Actuellement, la performance énergétique d’un bâtiment se calcule via des logiciels de simulation thermique (tel que ClimaWin par exemple). Cependant, ce calcul est long et peut donner lieu à des erreurs ou des approximations : les ingénieurs saisissent manuellement de nombreuses données, des dimensions du projet à ses caractéristiques de bâti ou d’équipements.
Le BIM simplifie en effet cette étape : les caractéristiques sont directement saisies dans le logiciel, et les bureaux d’études peuvent accéder aux données rentrées à la conception sans avoir à les ressaisir, minimisant le risque d’erreurs humaines.
Par exemple, sur le logiciel de BIM Revit, il est possible de géo-référencer le bâtiment, de définir le type de projet (hôpital, logements…), de saisir le pourcentage de surfaces vitrées, et d’effectuer des calculs de consommation énergétique en prenant différentes solutions pour le projet. Les caractéristiques des matériaux sont également rentrées, et il est même possible d’effectuer des calculs de facteur de lumière du jour. Ces données, importées sur le cloud, permettent une transmission facilitée aux autres acteurs du projet.

L’autre utilisation du BIM intervient en phase d’exploitation : les usagers et les exploitants du bâtiment pourront accéder à une plate-forme web affichant en temps réel les consommations d’énergies et permettant d’anticiper et de traiter rapidement les problèmes pouvant intervenir. Ce projet consiste à créer une sorte de « carte vitale du bâtiment » accessible à tous, impliquant tous les acteurs de la vie du bâtiment dans la démarche du développement durable. Cela simplifie aussi considérablement les démarches administratives concernant la construction puisque tout sera réuni sur une seule et même plate-forme (permettant ainsi une économie de papier).
Contrairement à la première utilisation du BIM, cette « carte vitale » n’est encore qu’un projet, mais fait partie des projets à valoriser, puisqu’ils ont des impacts positifs pour les constructeurs, les usagers, et l’environnement : les économies d’énergie qui peuvent en découler profiteront à tous.

Sources :
ITFFB, « Un outil pour accompagner le changement », BatiPortail |en ligne], http://www.batiportail.com/bim/ec_enjeux.asp (consulté le 14/12/2014)
PBD, «Publication du rapport final « BIM et Gestion du Patrimoine » », PlanBâtimentDurable |en ligne], http://www.planbatimentdurable.fr/publication-du-rapport-final-bim-a790.html, (publié le 27/03/2014)
DROUET Julien, « Les trois piliers du Développement Durable et du BIM », VillageBIM [en ligne], http://villagebim.typepad.com/villagebim/2012/12/les-trois-piliers-du-developpement-durable-et-du-bim-avec-revit-et-la-building-design-suite-2013.html (publié le 26/12/2012)

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