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Benchmark des Outils BIM

GENERALITES

Les outils liés au fonctionnement BIM des projets sont variés et le choix n’est pas forcément évident pour choisir quel(s) est(sont) celui(ceux) adapté(s) à la structure d’une entreprise ou d’un projet. C’est la raison pour laquelle je me suis penché sur l’étude du marché des logiciels actuels pour suivre des projets BIM. Bien entendu, la liste n’est pas exhaustive. Cette recherche est une base de réflexion pour comprendre et connaitre l’éco système lié au BIM.

OUTILS DU MARCHE

Compil

Un Excel Drive a donc été mis en ligne et partagé par les élèves du Master pour partager les informations et enrichir la base du Benchmark :

https://docs.google.com/spreadsheets/d/1xtyUfhS1I98Fhg83syzAsJb_3uksBW_kqaKWUjbWceo/edit#gid=0

Nous avons donc répertorié plus de 100 outils à ce jour en précisant (si possible) les caractéristiques suivantes :

  • Site @: Site pour plus de connaissance sur l’outil
  • Entreprise: Nom de l’entreprise créatrice ou propriétaire de l’outil
  • Cycle de vie (AVP, EXE, EXP) : En quelle phase de projet l’outil est adapté. Cette information permet de cibler directement les outils utiles lors des transitions de phases.
  • Type: Le type d’outil permet de cibler les enjeux métiers pour chacun.
  • Acteurs: Liste des acteurs ciblés pour le choix d’outils.
  • Langues possibles (Français, Anglais…) : Particularité importante en fonction du périmètre et des nationalités des acteurs d’un projet.
  • Les formats d’Import et Export: Information primordiale pour comprendre et adapter un éco système de projet, savoir comment peuvent dialoguer plusieurs outils entre eux.
  • Support: Permet de comparer les produits sur le système d’exploitation approprié.
  • Plateforme: S’il s’agit d’un outil en solution web ou non ?
  • Source (OPEN ou CLOSE) : En fonction des demandes d’un client, l’OPEN SOURCE peut être une donnée obligatoire à un projet.
  • Formations (coût, Tutos…) : Permet de connaitre les éventuels coûts de formation et d’éléments disponibles (Tutos ou autres) pour être opérationnel sur l’outil concerné.
  • Références (clients, projets…) : En fonction des outils (cas en grande partie pour les outils de GTP), certains se tournent plutôt sur certains clients que sur d’autres.
  • Contact: Permet un accès direct à d’autres informations complémentaires.
  • Commentaires…

Ce tableau de Benchmark a pour ambition d’être vivant pour permettre une mise à jour au fur et à mesure des modifications des logiciels. Il doit être une source pour aider les entités (entreprises et équipes projets) à bien choisir l’outil qui correspond aux besoins exprimés.

Benchmark Outils BIM - Google Sheets_2016-05-03_10-08-23

WEBOGRAPHIE :

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LE BIM et ses gains

Le BIM un outil numérique qui comprend une représentation graphique en 2D ou 3D du bâtiment ainsi qu’une base de données concernant le bâtiment. La base de données de la maquette numérique contient de nombreux composants techniques du milieu  de la construction comme les gaines, les faux plafonds, les portes…

Le BIM est un investissement financier au départ car il faut constituer la base de données cependant  il permet de faire des économies par la suite. En effet il existe plusieurs phases lors de la construction d’un bâtiment en particulier lors de la conception et de l’exploitation.

Lors de la conception le BIM peut être assimilé à un levier qui permet de réduire les coûts en industrialisant les processus. Cela permet de :

  • D’assurer la traçabilité des matériaux/matériels afin de suivre la mise en œuvre.
  • Respecter les normes et les réglementations du milieu de la construction
  • Réduire les délais de réalisation grâce à une meilleure préparation du chantier en amont
  • Un partage de données avec les entreprises qui travaillent ensemble sur le projet

On estime que les gains chiffrés chez les britanniques lors de la mise en place du BIM Task Group est de l’ordre de 20% grâce à notamment l’amélioration de la productivité.

En France, une étude en 2009 estime que le BIM pourrait faire baisser les coûts, dus au  manque d’opérabilité entre les logiciels, d’environ 35€/m2 de Surface Hors d’œuvre Nette.

En phase d’exploitation les gains sont également importants. Cela permet notamment de :

  • Réduire les coûts de l’assurance de construction
  • Rendre l’exploitation plus performante grâce aux données de calculs
  • Réduire les coûts de non qualité

Le BIM en phase d’exploitation permettrait de faire près de 1.4 milliard d’économie sur environ quarante millions de m2 de construction neuve. On peut remarquer que les gains potentiels cités ci-dessus touchent tous les acteurs participant à un projet de construction. Et bien entendu, plus le BIM est intégré et utilisé dans toute la chaine des acteurs plus l’impact sera positif et les gains importants.

Enfin au-delà des gains économiques il y a les gains environnementaux. Lors de la conception d’une construction, le BIM permet  non seulement d’affiner la conception, mais également d’intégrer les informations produites lors de la conception du bâtiment. L’étude thermique qui est un point essentiel  peut être faite en utilisant plusieurs logiciels de simulation thermique et dynamique.

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REDEFINIR  LE BIM  ET  SON  POTENTIEL

Le BIM est un sujet vaste, conséquent, et indéniablement destiné à devenir indispensable dans un futur proche. Cependant, il est bon de savoir précisément de quoi on parle lorsqu’on aborde ce sujet qui est parfois présenté de manière presque publicitaire, superficielle, ou approximative. Le BIM peut faciliter à priori la conception de fines maquettes imprimées, d’élégants modèles 3D, d’animations détaillées de modes constructifs, et de toutes autres réalisations qui séduisent l’œil et impressionnent. Mais tout ceci est loin de résumer le potentiel du BIM dont l’origine se situe ailleurs.

Dans les faits, le BIM est à la fois un logiciel, une base de données, un processus collaboratif voire une méthode de management, chose qu’il est difficile de comprendre à travers la simple déclinaison en français du terme : « Bâtiment et Informations Modélisés ».

Le but premier du BIM qui ne manque pas d’être mis en avant par ses concepteurs auprès des grandes entreprises est le gain de productivité. La courbe ci-dessous explicite l’aide que peut apporter le BIM pour faire face à la complexité et aux délais de plus en plus importants des projets.

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Courbe de Patrick MacLeamy (source FAIA / HOK).

On sait par expérience que plus un projet avance,  plus il est difficile et couteux de le modifier (courbes 1 et 2). C’est pourquoi on cherche à répartir l’essentiel des efforts en amont de la phase d’exécution. Ceci est difficilement réalisable avec un processus classique (la courbe 3 a tendance à glisser vers la droite). En revanche, le processus du BIM vise à transférer, via une approche collaborative dite intégrée, la majeure partie de ces efforts en amont (courbe 4).

Ce passage des efforts en amont (pour l’instant très abstrait) est rendu possible par le concept de « maquette numérique » (2D ou 3D), contenant une base donnée qui servira ensuite de socle commun aux différents intervenants et à chaque étape du cycle de vie du projet.

« Il n’existe pas de recette miracle pour créer un processus unique qui s’adapterait à tous les projets, au contraire, plusieurs flux de travail peuvent être mis en place par le BIM manager pour prendre en compte les besoins et les exigences du client, l’interopérabilité entre les logiciels, les différentes phases du projet et aussi le niveau de maîtrise du BIM des différents intervenants. »

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http://www.esl-29.com/notre-savoir-faire-2/bim-2/

Le schéma ci-dessus illustre l’interopérabilité du processus du BIM. Aucun chantier ne se déroule sans modification du projet. Il faut donc faire avec, et ce le plus efficacement possible. Par exemple, au lieu de multiplier les plans de récolement et les plans d’indices différents de chaque corps d’état (qui favorisent des « non qualité » et des délais plus importants), le BIM permet de répercuter en temps réel les modifications émises par chaque acteur du projet.

En conclusion, le BIM propose un gain de productivité propulsé par l’utilisation poussée du numérique et des bases de données assez peu exploités jusqu’alors dans le milieu du bâtiment.

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L’émergence du BIM et son inscription dans des projets complexes de grande envergure

La technologie Building Information Modeling (BIM) est une nouvelle tendance d’utilisation des technologies de l’information pour développer des solutions sur l’ensemble du cycle de vie d’un projet de construction, de la conception à l’exploitation, en passant par la construction. Ce processus, qui implique la création et l’utilisation d’un modèle 3D intelligent, émerge aujourd’hui de façon croissante et commence à avoir un impact majeur dans les domaines de la construction, de l’ingénierie et de l’architecture. Les modèles 3D de la conception assistée par ordinateur (CAO) ont d’abord permis d’ajouter du réalisme et de visualiser plus facilement et concrètement les maquettes de construction par rapport au dessins manuels. De plus, l’extraction de dessins 2D à partir de modèles 3D ont amélioré la productivité dans la documentation. Le BIM étend l’application des technologies de conception assistée par ordinateur précédents en intégrant le modèle 3D à une base de données reliée qui peut contenir toutes les informations relatives aux les éléments de construction : leurs caractéristiques physiques, notamment géométriques et fonctionnelles, leurs propriétés, leurs relations, les quantités, les données des fournisseurs, les délais, l’avancement et les procédures d’exploitation et de maintenance. Enfin, toute modification apportée est automatiquement répercutée sur l’ensemble du projet.

La performance, la durabilité et la prévisibilité des résultats des projets de construction sont grandement améliorées par l’adoption du système BIM, et ceci dans toutes les phases du cycle de vie des constructions. En effet, les avantages d’une collaboration entre les différentes parties prenantes à travers le BIM sont nombreux. Tout d’abord, l’ensemble de l’information technique de l’ouvrage est centralisée et incluse dans un fichier numérique unique pour tous les intervenants, ce qui permet d’offrir une plus grande clarté, une documentation et une visualisation améliorées des données, une meilleure précision de l’estimation des coûts, et facilite également le partage de données, élimine les répétitions de saisies et les pertes des données, et enfin supprime les erreurs et les incohérences grâce à la présence d’un correcteur automatique. Les collaborations et le dialogue entre les différentes parties prenantes sont ainsi renforcés et la productivité s’en trouve accrue par une réduction du temps de travail significative. Le BIM permet d’anticiper et d’organiser au mieux le chantier, grâce à des prévisions au plus proche du réel, de façon à ne laisser aucune place au hasard grâce aux méthodes de simulation de calendriers et aux détails des informations précisées, notamment pour les délais de livraison et de mise en œuvre. Cette centralisation complète des données assure aussi une meilleure transparence vis-à-vis du client via une clarification de la responsabilité des auteurs. Une fois les ouvrages livrés, le processus de BIM n’est pas terminé puisqu’il peut intervenir pour faciliter leur exploitation, la gestion de leur patrimoine et permet d’envisager son évolution future. Cependant, malgré l’émergence du BIM dans le BTP et la gestion des installations, des obstacles réels subsistent. En effet, le passage de la CAO au BIM soulève certaines interrogations et implique des changements majeurs dans les méthodes de travail : élaborer un projet avec une technologie BIM nécessite des investissements, la formation des compétences et le développement de nouveaux modes de collaborations.

Grâce à la gestion des informations qu’elle contient, la technologie BIM a un potentiel considérable pour améliorer efficacement et durablement notre façon de concevoir les projets du BTP, de les construire, les exploiter et les entretenir, mais également d’assurer la déconstruction des ouvrages, tout ceci de manière plus fiable, plus rapide et plus économique et avec un meilleur niveau de gestion collaborative entre concepteurs, ingénieurs, constructeurs et gestionnaires d’actifs et à travers toutes les étapes du cycle de vie des projets. Ces avancées technologiques sont une source majeure de performance et de progrès pour toutes les parties prenantes, en particulier dans les projets de construction à grande envergure. Ce concept de modélisation des données s’impose comme l’alter ego des systèmes d’information technique en vigueur dans d’autres secteurs tels que l’aéronautique ou l’aérospatial, et permet aujourd’hui aux architectes et aux ingénieurs de concevoir des modèles auparavant inimaginables en laissant cours à leur créativité pour proposer des ouvrages durables aux formes originales avec un niveau de productivité optimisé.

Un exemple illustrant magistralement l’impact de la technologie BIM dans le cycle de vie entier des ouvrages est celui de l’Opéra de Sydney, bâtiment le plus emblématique d’Australie et une des salles de spectacle les plus fréquentées du monde. Ce projet se voulait comme une étude de cas dans la recherche et le développement des technologies BIM pour mettre en évidence les possibilités de gérer le cycle de vie complet de l’installation dans un seul et même modèle numérique. Face aux objectifs de performance en termes d’exploitation et d’entretien, l’Opéra de Sydney a ainsi été utilisé pour faciliter et rendre plus efficace la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation de l’ouvrage. Les résultats du projet ont mis en évidence de nombreux avantages : sa modélisation et sa documentation précises intégrées dans une base de données et reliées dans un référentiel unique, autrement dit une bibliothèque contenant toutes les informations de référence, tels que les systèmes de ventilation et d’incendie ; mais aussi une rapidité, une efficacité et une cohérence accrues, ainsi qu’un partage et une réutilisation facilitées des informations. Le BIM a permis dans ce projet de remédier aux difficultés de suivre les traces écrites. La centralisation des données commune pour toutes les parties prenantes tout au long du cycle de vie a permis de prendre en compte aisément et de façon plus performante la planification, l’ensemble des coûts, les processus d’exécution, ainsi que la gestion d’actifs comprenant les procédures de service et d’entretien. De plus, en raison de la complexité de la structure en terme d’acoustique, notamment de la face intérieure de la coquille de l’Opéra, une enquête numérisée laser 3D a été menée pour aboutir à un modèle de surface acoustique, notamment grâce à l’utilisation de logiciels d’analyse acoustique. La maquette numérique a donc apporté un degré de précision supérieur pour l’acoustique de ce projet. Le BIM assure aujourd’hui efficacement et durablement l’entretien et l’exploitation de l’ouvrage par une gestion optimisée des espaces, des fonctionnalités et des services. Il garantit aussi les consultations avec les parties prenantes sur les besoins actuels et les exigences à long terme, telles que les rénovations. Dans le cas de l’Opéra de Sydney, c’est un atout qui a un cycle de vie assurant une gestion à long terme de plus de 250 années, et qui a pu être utilisé comme base pour de nombreux nouveaux projets de construction.

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Le BIM au coeur du Centre Aquatique de Saint-Nazaire

Qu’est-ce que le BIM ?

« Une fédération de tous les acteurs autour d’une même maquette numérique »

C’est ainsi que Emmanuel Coste, Patron de l’Agence Coste Architecture, concepteur du Centre aquatique de Saint Nazaire et Lauréat du BIM d’Or, définit le BIM. Loin d’être une simple base de données, le Building Information Model est en réalité une base d’informations enrichie, utilisée par chacun des acteurs d’un projet, de la phase de conception à la phase de réalisation. Derrière cette maquette numérique améliorée se cache un véritable processus de réalisation en temps réel, permettant des représentations en 3D, 4D ou 5D si l’on tient compte du temps et des coûts.

Comment le BIM a t’il révolutionné l’organisation de la construction du Centre Aquatique ?

Si le BIM a apporté une nouvelle dimension à la réalisation du Centre Aquatique, c’est avant tout parce qu’il a permis des échanges interactifs des différents acteurs, de manière virtuelle et donc plus aisée.

« En avant-projet, tout y a été conçu et construit comme sur un chantier »

témoigne les architectes de Coste Architecture. Ainsi, chacun des acteurs à son tour intervenaient sur la maquette pour y rajouter les informations propres à sa spécialité, pour permettre le chiffrage. Les ingénieurs de bureaux d’étude précisaient les différents types de structures métalliques, les ingénieurs thermiques les dimensions de gaines à mettre en place. Cette nouvelle maquette numérique a nécessité une formation du personnel pour créer des automatisations dans l’utilisation du BIM. Une charte BIM a dû être mise en place, notamment pour une normalisation du langage. Les métiers de la construction se sont vus prendre une toute nouvelle dimension : ce n’était plus le rôle des dessinateurs mais des ingénieurs que d’entrer eux même leurs données numériques dans la maquette numérique.

Quels ont-été les impacts économiques ?

L’utilisation du BIM a permis de renforcer la maitrise économique du chantier, en réduisant les risques de perte. Cette nouvelle démarche numérique a offert un panel d’interventions plus large, en réduisant les moyens humains et gagnant un temps considérable sur la phase de conception.

« Le BIM est donc une réelle chance »

conclu Emanuel Coste.

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Le BIM : Un outil pour la création de la carte vitale ?

                Comment se fait-il qu’aujourd’hui nous connaissons mieux et disposons de davantage d’informations sur un appareil électrique tel un robot ménager  plutôt que sur  un bien immobilier ? Désormais il est fort probable que d’ici quelques années l’émergence d’une sorte de « carte vitale » du bâtiment s’installe en France par le biais de l’utilisation du BIM.

Initialement, l’usage du BIM, pour Building Information Model, est fortement utilisé pour des grands projets de nouvelles constructions à l’étranger bien qu’en France la demande croit de plus en plus. Un des avantages du BIM est le fait qu’il recense toutes les informations et caractéristiques propres à chaque élément qui compose un bâtiment. De ce fait on peut ainsi avoir une connaissance très précise de l’ensemble d’un bien immobilier dans les moindres détails.

Mais qu’en est t-il lorsque celui se voit modifié ou subit une restructuration?

C’est là ou le logiciel puise sa force : l’interopérabilité. Les données rentrant dans la base de données sont sous un format normé et peuvent être exploitées et modifiés par tous les utilisateurs. Ainsi il est possible de mettre à jour les données lorsqu’un changement apparait. Cela permet de suivre la vie d’un bâtiment et de stocker les éléments importants  qui affectent  celui-ci. Concrètement cela peut s’apparenter à un « carnet de santé » de l’ouvrage.

Et pour les projets de rénovation et restructuration sur des constructions déjà réalisées ?

Certaines opérations de rénovations lourdes ont besoin d’établir un état des lieux structurel. C’est à ce moment précis qu’il est utile de créer une nouvelle base de données qui sera plus ou moins complète puisque ce genre de réalisation n’affecte pas la totalité de l’ouvrage. Cependant c’est à cette occasion qu’il sera possible de réaliser une « carte vitale » du bâtiment et constituera le point de départ du suivi de celui-ci.

Ce « carnet de santé » va ainsi pouvoir faciliter et améliorer quantitativement la gestion de patrimoine puisque l’exploitant aura accès à une base de données numériques actualisables et centralisées de son propre bien pendant la durée de vie de son bâtiment. C’est-à-dire de sa conception jusqu’à sa possible déconstruction.

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Le BIM, une nouvelle manière de construire

– Retour sur la méthode qui a relégué aux archives l’époque des plans papiers

De l’arrivée de l’Informatique dans le bâtiment à la naissance du BIM

Le premier pas sur la route vers le BIM est posé par le Professeur G. Nemetschek qui, en 1963, fonde un bureau d’études entièrement dédié à la conception d’un modèle de bâtiment virtuel. Premier à utiliser l’outil informatique pour la construction, ses recherches étaient initialement destinées à un usage interne.

En 1987, après des années d’expérimentation, son entreprise lance le 1er logiciel de conception 3D : ArchiCad d’Autodesk. Le BIM est né.

Un outil devenu quotidien

Depuis 1987, avec le développement de l’outil informatique, l’utilisation des plans 3D s’est démocratisée jusqu’à devenir incontournable et d’utilisation quotidienne dans les bureaux d’études. Les ordinateurs ont aujourd’hui une puissance permettant une manipulation fluide et intuitive, ce qui a facilité l’acceptation de cette révolution au sein des entreprises.

Cet outil est devenu si indispensable aux professionnels du bâtiment que l’apprentissage de son maniement fait désormais partie intégrante du cursus des élèves ingénieurs en Génie Civil ainsi que des élèves architectes. A l’ESTP notamment, les étudiants sont formés à l’utilisation de ces logiciels souvent complexes tels qu’AutoCAD 3D et Allplan. Si cette compétence permet aux élèves de gagner du temps dans la réalisation de leurs projets étudiants, ce gain est exponentiel dans la vie professionnelle.

Aujourd’hui, le BIM tend à devenir une exigence courante lors des appels d’offres, confirmant son importance grandissante.


Le BIM au-delà des bureaux d’études – perspectives d’avenir

Si le BIM de par les informations techniques qu’il génère sur le bâtiment est un outil ayant transfiguré la manière de concevoir un projet, il s’est détaché de sa contingence statique pour devenir une véritable mine de données en passant du 3D à un 5D intégrant temps et coûts aux contraintes spatiales.

La potentialisation ainsi opérée de ses possibilités a transformé le BIM en base de données librement accessible aux acteurs – nombreux – intervenant sur le projet à chacune de ses étapes. Mettre les informations à disposition de chacun constitue une avancée majeure en ce qu’elle permet de créer un modèle dynamique du bâtiment réduisant les erreurs, évitant la répétition d’une même investigation par des acteurs différents et facilitant leur communication. Des études du CSTB confirment ce potentiel de gestionnaire d’informations sans précédents dans le domaine de la construction.

Cette nouvelle dimension du BIM ouvre des perspectives quant à ses futures utilisations pratiques. Il y a fort à prévoir que le BIM fera bientôt partie intégrante des outils utilisés sur le terrain au cœur même de la réalisation du projet. L’utilisation des tablettes portatives est déjà d’actualité lors des levées de réserves, permettant la communication à tous les intervenants des anomalies retrouvées lors de l’inspection. On peut imaginer pour l’avenir, la généralisation des tablettes électroniques pour suivre, en temps réel, l’avancée des travaux et la conformité de la réalisation à l’aide de scans des différentes parties du bâtiment en construction, assurant ainsi un lien direct entre bureaux d’études et réalité du chantier.

Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une mutation profonde de l’idéologie au cœur de la construction.

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Le BIM au service de la transition énergétique

Le BIM, que l’on peut traduire par Bâtiment et Informations Modélisées, est en passe de devenir un enjeu majeur dans la conception des bâtiments, notamment en tant que solution à des problématiques actuelles comme la notion de bâtiment durable et d’efficacité énergétique.

En effet, lors de la Conférence Environnementale, réalisée en septembre 2012,  l’efficacité énergétique des bâtiments a été confirmée comme l’une des priorités du quinquennat. C’est dans ce contexte  qu’un groupe de travail a été missionné par le président du Plan Bâtiment Durable, Philippe Pelletier, pour conduire une étude sur la manière de réformer le milieu du bâtiment, à la fois dans les phases de conception, de réalisation et d’exploitation, grâce à l’utilisation de la maquette numérique.

La réforme du secteur du bâtiment se fait actuellement sous une multitude de facettes : à la fois une transition énergétique et écologique qui se met en place, englobant aussi les enjeux des coûts dus aux erreurs de conception, au non-respect des réglementations, à la perte de temps due à une perte des données déjà acquises. C’est aussi le rapport des futurs acquéreurs aux qualités de leur logement qui se modifie, ces acquéreurs étant de plus en plus exigeants car devant eux-mêmes payer le prix d’un bâtiment peu efficace énergétiquement.  Enfin dans l’exploitation même du bâtiment, son entretien, la réduction des coûts d’exploitation est une question prise en compte maintenant dès la conception. Tous ces changements font intervenir des acteurs variés qui ont besoin de travailler dans une collaboration beaucoup plus étroite et sur des données communes.

Or  comme cela est mis en avant dans le rapport rendu par le groupe d’étude, le BIM est à la fois un « logiciel-outil », un « processus collaboratif » auquel on peut associer un « format informatique d’échange de données », une base de données sur le bâtiment et une « méthode d’analyse » voir de management. Il permet de contenir l’ensemble des informations existantes et nécessaires sur un  bâtiment. Et la clef de cette utilisation du BIM comme révolution du secteur est la mise à jour continue de cette base de données, permettant de supprimer ces pertes d’informations, à la fois par chacun des acteurs et au moment des passations entre les différents acteurs, engendrant des surcouts pour chacun d’eux.

Comme exemple, aujourd’hui il arrive très souvent que les équipements installés dans un bâtiment ne soient pas utilisés de manière optimale comme calculé lors des études, pour la gestion énergétique notamment. Cette mauvaise utilisation est due au fait que les informations ne sont  pas passées à l’acquéreur, et engendre à la fois des surcoûts et une perte de la qualité du bâtiment. Or le BIM traite chaque composant comme un objet auquel sont associées toutes ces caractéristiques. Il est alors possible pour l’exploitant d’avoir accès aux données expliquant la meilleure  utilisation de chaque élément du bâtiment. Il peut aussi anticiper la durée de vie de chaque élément et mieux gérer l’exploitation du bâtiment. Tous ces éléments permettent une gestion efficace tout au long de la vie du bâtiment, rentrant dans une véritable logique de développement durable.

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