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Projet BIM TP3

La formation face à l’émergence du BIM

Le BIM (Building Information Modeling) est une vraie révolution dans le monde du BTP. En effet, il révolutionne la manière de planifier, concevoir, construire et gérer les bâtiments et infrastructures. Le BIM implique la création et l’utilisation d’une maquette 3D, accessible à tous les acteurs du projet, qui permet de fournir les bonnes informations aux bonnes personnes. Cela permet de réduire les risques d’erreurs en phase de conception et d’éviter les retards et conflits en phase de construction. Le BIM est un ensemble d’outils (logiciels, processus) qui facilite la communication entre les différents acteurs autour d’un projet. L’utilisation du BIM apparait donc comme indispensable pour les futurs projets de BTP.

Tous les grands acteurs du BTP en viennent à utiliser la maquette numérique, il faut donc être capable de s’adapter et d’utiliser le BIM pour ne pas se faire distancer par la concurrence. De plus le gouvernement a prévu d’intégrer le BIM dans les marchés publics dans un futur très proche, il sera donc impossible de travailler sans cette technologie.

Le contexte fait que nous sommes dans une période de transition où petit à petit nous nous dirigeons vers une utilisation de la maquette numérique pour tous les projets de BTP. Le problème majeur est que cette transition se fait très rapidement et il y a donc beaucoup de demandes de personnel compétant sur le sujet. Cependant il y a encore trop peu de personnes qui savent se servir du BIM, c’est pour cela qu’il y a eu une émergence des formations BIM que ce soit en entreprise ou dans les écoles ou universités.

Les formations BIM sont très récentes, la première datant de 2014, et depuis, toutes les écoles de BTP ont intégré ces formations BIM à leur cursus et de nombreuses entreprises sont en train de former leurs employés. Néanmoins, à l’heure actuelle, il n’y a pas assez de formations BIM pour faire face à sa rapide montée en puissance.

Pourquoi ce besoin de développer un outil tel que le BIM ?

Dans le processus traditionnel, beaucoup d’informations sont perdues entre chaque étape. En effet les acteurs sont différents, les outils utilisés par ces acteurs sont différents, il y a donc à chaque étape un risque de perdre une partie de l’information. Finalement on perd énormément d’informations et donc du temps, de la qualité et de l’argent. L’objectif avec le BIM c’est d’avoir un langage commun afin de limiter ces pertes d’informations et ces incohérences qui sont des véritables obstacles à la réalisation des projets. Les informations relatives à un bâtiment sont saisies en moyenne 7 fois lors d’un projet, donc 7 fois plus de chance de commettre des erreurs et donc d’engendrer des retards et des pertes d’argent.

Le coût annuel des incohérences en France dans le bâtiment est estimé à 10 milliards d’euros, c’est énorme et le BIM permet de limiter ces coûts colossaux car toutes les informations et tous les résultats sont stockés au fur et à mesure de l’avancement du projet.

L’offre de formation en matière de BIM

Il y a la volonté de mettre en place une formation permanente au BIM pendant toute la carrière du salarié. En effet, les outils informatiques utilisés subissent une évolution constante et il est donc nécessaire de se former continuellement pour conserver une performance toujours optimale et un rendement de travail répondant aux attentes des entreprises.

Pour cela, on peut logiquement penser à deux axes : la formation initiale avec l’intégration dans les cursus universitaires/écoles mais également aux formations continues dispensées via des cours intensifs dans des écoles ou centres spécialisés, à l’instar des formations proposées à l’ESTP : mastère spécialisé ou parcours certifiant. Il est important de former dès le départ les futurs acteurs du BTP et les maintenir à un certain niveau d’exigences qui permettra au BIM de devenir le standard incontournable des projets.

Les enseignements proposés dans les écoles de la construction sont généralement animés par des professionnels qui apportent une plus-value via leurs expériences. Il en va de même pour le BIM avec une implication très forte des entreprises, tant dans le choix des cours que dans l’environnement de travail. En effet, l’exemple de l’ESTP est très parlant, avec une salle dernière génération, intégralement dédiée à l’apprentissage du BIM, financée par une grande entreprise de travaux. Cette dernière envoie également des intervenants pour animer les cours des étudiants durant la deuxième année du cursus de l’école. On remarque donc que le monde du travail souhaite accompagner les formations à partir de réels besoins.

Nous avons parlé ici de ce que l’on retrouve dans les écoles d’ingénieur (notamment) mais il est nécessaire de souligner l’importance de former l’ensemble des acteurs de la construction. L’offre se doit donc d’être partout présente, dans l’ensemble des formations (BTS, IUT, immobilier, …) puisque tous les métiers sont amenés à participer au développement du BIM et à l’utiliser quotidiennement.

Enfin pour continuer sur les formations disponibles, le développement d’internet a fait émerger de nouvelles méthodes d’apprentissage avec des cours à contempler de n’importe où, dès lors que l’on possède une connexion internet. Ces cours peuvent être gratuits comme payants et les offres ne manquent pas, via des plateformes comme Youtube ou comme tuto.com. On retrouve de plus en plus de formations vidéo sur les logiciels dédiés à la construction comme Autocad, Revit, (…), ce qui annonce un engouement particulier pour ces nouvelles voies d’apprentissage par les professionnels et étudiants. On retrouve également les éditeurs avec des offres d’enseignement et de suivi lors de l’achat des licences de leurs logiciels et/ou écosystème. On peut citer Autodesk qui est un acteur majeur dans le développement des outils BIM et qui possède les compétences nécessaires à la formation des acteurs de la construction. Il intervient notamment au travers de centres de formation agréés et il délivre également une certification qui constitue une reconnaissance et une validation fiable des connaissances dans leur environnement BIM.

Sur quelle base se référer ?

Le BIM peut être comparé à ce qui est fait dans l’industrie et plus particulièrement dans l’industrie aéronautique. Nous pourrions même dire que nous nous devons de comparer ses deux domaines tant la fabrication d’avions a su tirer part de la maquette numérique et de son écosystème. En effet, les grands de l’aviation ont compris l’intérêt que pouvait apporter cette méthode de travail et ont su concevoir les outils adéquats avec comme référence le logiciel CATIA développé par Dassault Systèmes depuis la fin des années 1970. On remarque tout de suite que ce logiciel de conception assistée par ordinateur est né à une époque où l’ordinateur n’en était qu’à ses balbutiements, ce qui démontre l’avance que ce domaine a sur le BTP. Il s’agit d’un logiciel capable d’être utilisé dans la conception de tous types de projets et à tous les niveaux : conception mécanique, électrique, design ou encore dans l’usinage direct des pièces. Cela se confirme encore lorsque l’on regarde la liste des utilisateurs du logiciel et de leurs domaines d’activités : Boeing, Airbus, US Navy, Frank Gehry (architecte), Michelin, Audi, Alstom, Swatch, LG, CNRS, Areva et beaucoup d’autres. Afin de rester dans le domaine de l’aviation, sur un projet d’avion, on retrouve derrière les grands groupes, une multitude d’entreprises spécialisées travaillant main dans la main sur une maquette unique, véritable carte d’identité de l’appareil en développement avec toutes les informations du projet. On retrouve dans les enseignements des écoles cet esprit de la maquette numérique et du travail collaboratif, et ce, non seulement chez les ingénieurs mais également dans toutes les filières liées à la mécanique, ce qui constitue une preuve que la formation des nouveaux outils est une part intégrante dans cette manière de travailler.

On retrouve un schéma similaire dans le BTP avec des entreprises générales très connues mais qui vont travailler avec différentes entités sur les projets (bureaux d’étude, de contrôle, maîtrise d’ouvrage, d’œuvre, etc…).Le domaine de la construction va donc devoir réussir cette transition vers le « tout numérique » et faire converger l’ensemble de la profession vers un même objectif d’utilisation.

Les outils de demain

Le BIM est un concept regroupant un ensemble d’éléments, il ne s’agit pas uniquement d’une simple maquette numérique. C’est aussi un état d’esprit de travail, un travail collaboratif impliquant tous les intervenants d’un projet, les autorisant à développer le sens du travail collectif pour maximiser le rendement. Cela permet de relever et détecter les erreurs et problèmes qui ne sont pas forcément liés à leur responsabilité. De plus il s’agit d’une base collaborative apportant son lot d’avantages mais également son lot d’inconvénients.

Chaque projet est unique, tant en terme de conception que d’acteurs intervenant sur celui-ci. Il est donc difficile de standardiser des outils permettant de répondre à l’ensemble des critères de tous les projets futurs du BTP. En effet, un projet de bâtiment ne partage pas les mêmes caractéristiques qu’un projet de route ou qu’un projet d’aménagement hydraulique : pas les mêmes structures, pas le même environnement et pas les mêmes échelles. Ce dernier point est un problème important dans la conception d’outils spécifiques. Il n’existe d’ailleurs pas de format d’échange pour les projets d’infrastructure à l’instar du format IFC (Industry Foundation Classes) pour les projets BIM dans le bâtiment. A ce titre, il est bon de rappeler que le BIM et ses outils sont en plein développement et que par conséquent des modifications seront apportées, impliquant donc à reformer les utilisateurs. Au fur et à mesure des avancées, il y a fort à parier que des systèmes se démarqueront en fonction des possibilités offertes et selon les retours de la population de la construction.

Un autre point dans l’utilisation du concept BIM et donc de l’utilisation quotidienne de la maquette numérique est la méthode de travail sur les chantiers. A l’heure actuelle, les plans papiers sont exclusivement utilisés et l’informatique n’est pas une priorité dans les travaux. Cela pour changer avec les nouveautés multimédia que l’on connait comme les tablettes numériques : écran compact permettant un affichage et une connectivité permanente. Cet exemple démontre qu’il est tout à fait possible d’utiliser le numérique là où il n’a pas sa place actuellement et que le BIM est susceptible de modifier en profondeur les méthodes actuelles, ce qui réclame un enseignement des nouveaux outils et de leurs contextes d’utilisation.

Enfin l’autre aspect à prendre en compte dans les recherches pour l’amélioration des logiciels servant de base pour ce travail collaboratif est la mise en place de différents paramètres, qui pourront inclure et anticiper l’évolution des ouvrages dans le temps mais aussi l’avènement des futurs logiciels. Ainsi les fichiers d’aujourd’hui pourront être compatibles avec les fichiers de demain et les maquettes actuelles pourront être d’une grande utilité pour les futurs travaux de demain.

Témoignage de la formation au BIM à l’ESTP

Dans ce paragraphe, nous allons reprendre l’exemple de l’ESTP et de comment les étudiants sont formés à la problématique du BIM. On retrouve des cours sur le sujet à partir de la deuxième année avec une première approche dédiée à l’apprentissage de logiciels. En fonction des filières, les logiciels sont différents : Autodesk Revit pour les étudiants de bâtiment et Rhino 3D (accompagné du module Grasshopper) pour les étudiants de Travaux Publics. Ces deux logiciels sont très différents et ne sont pas du tout dédiés au même travail. On retrouve donc une distinction dans l’apprentissage des nouveaux outils du BIM directement dans les formations, influencée par les entreprises qui expriment leurs volontés et leurs besoins. L’apprentissage du logiciel se fait au travers d’un projet, après quelques exercices pratiques en compagnie d’intervenants issus du monde professionnel. Ce type d’enseignement peut-être bénéfique car on apprend toujours beaucoup lorsque l’on est confronté à un véritable projet avec du temps de recherche. On retrouve finalement le type de formation évoquée ci-dessus avec de la recherche personnelle sur internet et ses plateformes vidéo/d’enseignement. D’un autre point de vue, il est dommage que l’initiation au logiciel soit si brève pour finalement apprendre par ses propres moyens lorsque l’on est dans une école. D’un point de vue étudiant, il semble qu’un juste milieu soit à trouver pour les années futures afin de maximiser la qualité de la formation.

On retrouve ensuite des cours plus généraux sur le BIM et sur ses problématiques. En effet, il ne s’agit plus là d’apprendre un logiciel mais plutôt les concepts et problématiques liés à son développement. Toujours présentés par des professionnels, les cours sont illustrés par des exemples tirés de projets d’envergure, ce qui a le mérite de captiver l’audience tout en appuyant bien les concepts. Il s’agit donc là d’un bon moyen pour enseigner les concepts nouveaux et de les mettre dans un contexte d’utilisation. Enfin, on retrouve une option de fin d’études dédiée au BIM où l’essentiel des cours est réalisé sur ordinateur afin d’approfondir les connaissances dans les multiples logiciels susceptibles d’intervenir dans un projet de la construction.

En conclusion

Le BIM est une vraie révolution dans le monde du BTP puisque son utilisation change les méthodes de travail. En effet tous les acteurs du BTP qui n’utilisent pas encore le BIM sont amenés à l’utiliser dans un futur très proche. Face à ce changement il y a un gros besoin de formation pour tous les acteurs. Ces formations sont de deux natures : une formation initiale dans les cursus des écoles ou des universités et une formation continue en entreprise pendant toute la carrière du salarié. L’exemple de l’ESTP illustre ce besoin puisque le BIM est enseigné dans tous les cursus et beaucoup d’approfondissements sont possibles.

Bien plus qu’un simple outil de travail, le BIM est un état d’esprit à acquérir, il a trouvé sa place dans le BTP et il sera impossible de composer sans le BIM dans le BTP d’ici quelques années. Il faut donc s’adapter et former les différents acteurs afin d’entrer dans cette nouvelle ère du BTP.

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Soyez acteur de la « BIM Révolution »

Qu’est-ce-que le BIM ?

BIM est l’acronyme de « Building Information Modeling » qui signifie littéralement la modélisation des informations liées au bâtiment. Néanmoins, au regard de l’utilisation du BIM dans le monde du BTP, on peut se dire que ce sigle est trompeur par rapport aux formidables possibilités qu’offre le BIM aujourd’hui. En effet, le BIM est une révolution dans la gestion du chantier grâce à la création d’un modèle collaboratif.

 

Dans quelle mesure le BIM s’intègre-t-il, aujourd’hui, au niveau mondial ?

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Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ? Quels sont ses limites actuelles ?

Atouts Limites
  • Meilleure collaboration des différents acteurs d’un projet.
  • Ajout d’informations pertinentes très tôt dans le projet.
  • Analyses et tests effectués avant le début des travaux.
  • Amélioration de la qualité de la construction.
  • Élaboration de plans marketing plus efficaces.
  • Changement des habitudes dans les méthodes de travail.
  • Passage à la technologie assez couteux.
  • Amélioration de l’interopérabilité nécessaire.
  • Mise en œuvre d’outils complexes.
  • Accès sans limite à l’information.
  • Problème de gestion des droits.

 

Le BIM s’adresse-t-il à tous les types d’entreprise ? Cas d’une PME ?

Il est vrai qu’au premier abord, le BIM semble être mieux approprié pour les grands projets faisant appel à un important nombre d’acteurs dont la communication faillit parfois. De plus, le marché public étant le premier grand utilisateur de ces nouvelles méthodes de travail, ce sont aux projets d’envergure que ces dernières sont destinées. Enfin, au vu de ses inconvénients actuels et notamment en termes de coûts d’équipements, de formations, les PME ne semblent pas être prédestinées à l’utilisation du BIM. Cependant, force est de constater que le passage à cette technologie ne se fait pas aussi facilement et rapidement dans les grands groupes que pour de plus petites entreprises. Ainsi, nous pouvons penser que dans un futur proche, les PME pourraient tirer leur épingle du jeu dans le BIM, notamment si les entreprises se mettent à faire appel à elles qui sont bien plus familiarisées avec ces nouvelles méthodes de travail.

 

Comment fonctionne le BIM ?

Ce modèle collaboratif va permettre l’échange d’informations sur une plate-forme sous la forme de maquettes numériques, le tout entre les différents acteurs du projet. Ils vont ainsi avoir rapidement accès à une vision en 3D du projet, ce qui va leur permettre de remarquer plus aisément d’éventuels défauts et ainsi de faciliter leurs prises de décisions sur le projet.

Le BIM dans le cycle de vie du projet (source : www.bimcity.com)

Vient maintenant la question de l’échange d’informations : le modèle collaboratif permet à tous les acteurs du projet de pouvoir accéder directement à la maquette virtuelle du chantier et ainsi de la compléter avec les informations qu’il doit apporter au projet. L’avantage de ce mode de fonctionnement est un gain de temps important car il limite les allers-retours d’informations qui nécessitaient un temps colossal.

Le BIM se distingue aussi par l’apparition de la notion d’objet qui représente les composants élémentaires du bâtiment (mur, porte, ouverture, etc.…). Ces éléments sont introduits dans la maquette ce qui permet de pouvoir visualiser leur interaction avec le reste des objets. Cela permet de se rendre compte facilement de petite erreur de conception. De plus, ces objets ont leurs caractéristiques intrinsèques accessibles en leur cliquant dessus sur la maquette.

 

Quel impact sur la charge de travail ?

Etant donné la révolution qu’offre le BIM sur les méthodes de travail, il va forcément impacter la répartition des charges de travail. On imagine facilement que le travail de préparation du chantier sera beaucoup plus important qu’auparavant et donc que la phase d’exécution sera plus courte. Cette réduction de la phase d’exécution découle directement de l’utilisation de la maquette virtuelle qui permet de régler les problèmes de conception en amont et non plus lors des travaux.

Le monde du BTP va devoir rapidement modifier ses méthodes de travail pour pouvoir entrer à fond dans la révolution BIM et ainsi pouvoir profiter de toutes ces formidables fonctionnalités.

 

Une mutation de la relation MO-MOE ?

Une maquette numérique BIM permet d’obtenir un dialogue ainsi qu’un travail collaboratif entre une maîtrise d’œuvre (le client) et une maîtrise d’ouvrage, et ce au profit d’un meilleur traitement du bâtiment durant son cycle de vie: conception, ingénierie, construction, usage, maintenance, réhabilitation, voire fin de vie.

Elle offre la possibilité aux maitres d’ouvrages comme par exemple les agglomérations de modéliser et gérer leur parc immobilier. Cela permet de contrôler en temps réel la qualité et la viabilité des infrastructures afin de prendre conscience des travaux à réaliser (quantité et nature).

Communiquer sur un projet dans un contexte urbain, environnemental ou encore politique sera désormais plus facile. La perception d’un projet, son impact, sont des éléments important pour les acteurs politiques, les usagers et autres intervenant. La maquette numérique globale et multi-échelles  va offrir à chaque échelle un grand nombre d’information tout en ciblant les jeux d’acteurs intervenant à cette échelle.

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Une mutation dans les relations entre les partenaires de la construction ?

Le dialogue entre professionnels va également évoluer, les entreprises de construction et l’industrie vont désormais dialoguer via des e-catalogue où chaque produit, chaque matériaux aura été répertorié et enregistré avec ses caractéristiques intrinsèques dans une base de donné corporative (Intégration des matériaux dans le système grâce à la base de données crée par les industriels).

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Les relations entre architectes et bureaux de conception seront également grandement fluidifiées. Les deux sphères travaillant sur le même modèle actualisé en temps réel permettront un gain de temps dans le choix des solutions technique, des matériaux à utiliser.

Mais on va trouver, également de nouveaux acteurs comme les BIM manager qui vont avoir la charge de gérer l’ensemble des données de la maquette numérique, les droits d’accès (les acteurs et les droits de lecture/écriture) ainsi que la gestion du travail collaboratif.

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Pourquoi mon entreprise doit s’adapter à la « BIM Révolution » ?

Depuis 2014, dans l’Union Européenne, chaque maître d’ouvrage est en mesure d’exiger la technologie BIM dans les appels d’offres et d’ici l’horizon 2017 l’Etat rendra progressivement obligatoire son utilisation pour ses propres équipements. Dans ce contexte, il est très vivement conseillé d’investir dans cette technologie bien que son contrôle et sa maîtrise soient chronophages. Il faut compter en moyenne une semaine de formation et trois mois de pratique intensive pour arriver à une appropriation de celle-ci par un employé. Il s’agit donc d’un investissement aussi bien coûteux en temps qu’en argent, mais qui permet d’augmenter les résultats à long terme avec notamment un gain considérable en terme de temps, une meilleure facilité d’échange entre les différents intervenants.

 

Comment se former au BIM ?

A l’étranger, Il existe des cours à distance distillés par des universités anglophones. A l’instar, en France, pour les professionnels désireux de se former, un premier mastère spécialisé autour du BIM a été lancé conjointement l’an dernier par l’ESTP et l’ENPC.

Si vous êtes une entreprise, pour des raisons de coûts, il est plutôt recommandé de faire appel à un consultant en mesure d’assurer une formation collective interne à l’ensemble des collaborateurs. Mais cette formation ne constituera pas une fin en soi, il vous faudra ensuite remanier la structure de votre entreprise afin de l’adapter à l’utilisation du BIM. Ce plan de redéploiement engendra probablement une perte de rendement dans un premier temps mais vous en verrez assez vite les bénéfices.

 

Quels sont les points clés d’une transition vers le BIM réussie ?

Il est important de considérer la solution BIM comme une méthode et un processus. L’adoption doit se faire étape par étape car on ne peut pas imposer le BIM aux employés du jour au lendemain. Les équipes doivent donc être accompagnées tout au long du processus car il s’agit d’un changement culturel important. Ce changement doit être soutenu à tous les étages de l’entreprise et notamment par la direction dont vient la décision. Elle doit réussir à convaincre les plus sceptiques de l’efficacité de cette technologie pour le fonctionnement et les résultats de l’entreprise.

 

Le BIM est-il uniquement réservé aux métiers du bâtiment ?

Contrairement aux idées reçues, le BIM existe aussi pour les métiers des Travaux Publics, on appelle cela le MINnD (modélisation des informations interopérables pour les infrastructures durables). Cela consiste à reproduire pour les TP les mêmes techniques collaboratives que celles du BIM pour le bâtiment : maquette numérique, procédures contrôlables, plate-forme d’échanges, définition et gestion d’objets en 3D, informations sur les composants et suivi du cycle de vie. Créé par DTP Terrassement (filiale de Bouygues Construction) et Egis International, cette technologie a déjà fait ses preuves en Côte d’Ivoire pour la création du Viaduc d’Abidjan et plus récemment lors de la construction de la rocade L2 à Marseille. Elle a notamment permis de répondre à des contraintes telles que la densité du trafic, la composition du terrain, l’emplacement en territoire urbain mais a surtout œuvré à la diminution du temps de construction et du coût global du projet.

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Etudiants en Architecture, appréhender le B.I.M. dans sa vie future

La quasi parfaite maîtrise des logiciels de conception est de plus en plus considérée comme une condition d’embauche pour les étudiants en école d’architecture. En outre, la perspective du B.I.M. suscite à nouveaux chez les étudiants le besoin de cours adaptés aux divers logiciels mais aussi celui d’une formation associée au B.I.M. de manière à appréhender de façon optimale les outils d’aujourd’hui et de demain dont ils auront besoins dans leur carrière professionnelle mais aussi dans leurs relations avec les divers collaborateurs qu’ils rencontreront. Ainsi, l’enseignement de la maquette numérique devrait être un cours obligatoire dans toutes les écoles d’architecture. Dans certaines écoles, il existe déjà des cours initiatiques au B.I.M. mais qui demeurent optionnels et donc non forcément adéquat avec l’emploi du temps déjà chargé.

D’autre part, un grand nombre d’administratifs, de responsables pédagogiques et d’enseignants se montre encore réticent à jeter immédiatement le pavé dans la mare. Installer des cours de B.I.M. représente un bouleversement et une remise en cause des habitudes et des méthodes. En effet, ceci impliquerait dans un premier temps de cesser de partitionner les divers enseignements axés autour de la construction ; mais également d’accentuer les partenariats et les échanges entre les écoles formant à ce domaine. Si l’on veut que les diverses professions de la construction collaborent de façon optimale autours des projets de construction, c’est dès la vie étudiante qu’il faut forger les mentalités. Il s’agit donc en quelque sorte d’appliquer une réelle révolution dans les méthodes d’enseignement qui doivent à nouveau évoluer avec leur temps comme elles l’avaient fait auparavant lors de l’installation de la C.A.O..

Les étudiants sont demandeurs de tels enseignements et montrent même un réel engouement lorsque certains de leurs professeurs leur proposent des ateliers collaboratifs entre institutions de nature différente. Ressentant cette lacune dans leur emploi du temps, certains n’hésitent pas à prendre les devants en participant à des concours axés sur le B.I.M. ou en apprenant, de façon autodidacte, à maîtriser des logiciels tels que Revit dont l’enseignement n’est pas proposer dans toutes les écoles d’architecture. On peut ainsi citer l’exemple du concours B.I.M. Décathlon qui demande à une équipe pluridisciplinaire, composée d’étudiants en école d’architecture, d’ingénierie et d’économie de la construction, d’élaborer, sous forme de maquette numérique, le meilleur scénario concernant la rénovation d’un ouvrage de construction.

Du chemin reste donc à parcourir d’ici la généralisation de l’enseignement du B.I.M. dans les écoles d’architecture. Et n’oublions pas que former les jeunes générations aux outils de demain est une réelle nécessité pour l’avenir.

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