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Le BIM et les exigences du patrimoine

La nécessité de préserver et valoriser le patrimoine architectural relève de la conscience collective. La modernisation des systèmes de diffusion et d’accès aux données sur le patrimoine est un des chantiers du ministère de la culture et de la communication. Ainsi, un programme national de numérisation 3d du patrimoine a été lancé à partir de 2010. Les principes du BIM Building Information Modeling sont aujourd’hui utilisés presque exclusivement pour la construction neuve. Or ils présentent des intérêts majeurs pour des projets de réhabilitation. En effet, le BIM trouve son intérêt premier dans l’étude et la pratique de projets complexes. Il semble donc approprié pour des projets d’intervention sur des Monuments Historiques.

Image en réalité augmentée de l’avant-nef et du proche d’entrée dans Cluny III - réalisée par la société On-Situ.
Image en réalité augmentée de l’avant-nef et du proche d’entrée dans Cluny III – réalisée par la société On-Situ.

La notion de patrimoine fait référence à des formes architecturales et ornementales complexes et variées. De l’abri préhistorique à la fondation Vuitton ou encore de la sobriété cistercienne à l’opulence baroque, la diversité des géométries se développe sans jamais se dupliquer à l’identique.

Ce qu’on sait faire aujourd’hui …

Les projets de réhabilitation nécessitent des phases préalables spécifiques pour le diagnostic de l’existant. Nous disposons aujourd’hui d’outils permettant de réaliser des relevés exhaustifs d’une grande précision. Il s’agit de la lasergrammétrie : procédé de relevé 3d laser en nuages de points, et de la photogrammétrie : procédé de reconstitution des dimensions d’un élément par corrélation de photos. Ces modes opératoires constituent des préalables à la réalisation d’un modèle numérique « as built» ou tel que construit.

Ce qu’apporterait le BIM…

Les projets de conservation et restauration se caractérisent également par la pluralité et la pluridisciplinarité des acteurs. Historiens, archéologues, micro-biologistes, chimistes, géologistes, ou encore ingénieurs en matériaux et structures concourent aux diagnostics et prises de décisions. A l’instar des opérations neuves, il est nécessaire fédérer de le réseau d’experts et leurs conclusions aussi appelées « données métiers ». Ainsi, les maquettes « patrimoniales » doivent permettre d’assurer la corrélation des informations. Elles doivent également faciliter l’enrichissement progressif suivant des structurations appropriées pour d’éventuelles procédures d’analyse, contrôle ou gestion ultérieure. Des catalogues de pathologies de bâtiment sont aujourd’hui constitués et pourraient servir demain à la prévention de détérioration de notre patrimoine.

Les développements en cours …

Les limites principales pour le développement d’un « BIM Patrimoine » concernent la restitution numérique de modèles 3d. En effet, les logiciels dits paramétriques sont inefficaces face à des formes complexes et nécessitent une intervention manuelle. Des adaptations d’applications industrielles tentent d’apporter des solutions à ces problématiques. Le concept HBIM ou Historic Building Information Model (Murphy et al. 2011) oeuvre au développement d’une bibliothèque d’objets paramétriques issue de données historiques pour l’élaboration de modèle exhaustif.

Les laboratoires de recherches (CNRS, MAP : Modèles et simulations pour l’Architecture et le Patrimoine) s’emploient à enrichir l’état de l’art et s’orientent notamment vers l’implémentation sémantique des modèles. Ainsi, pourront également être renseigné l’état de déformation ou dégradation des éléments.

De plus, la démocratisation des techniques et outils encouragent les études d’automatisation de certaines tâches et l’optimisation des processus. Relevant hier de l’utilisation exceptionnelle, aujourd’hui le recours à la numérisation répond d’un usage plus courant. Des travaux sont en cours afin de produire un modèle numérique 3d directement issu de la sémantisation automatique ou semiautomatique des nuages de points.

Les intérêts pour un « double numérique » de l’édifice se démultiplient. On ne se contente plus de documenter un état actuel utile aux entreprises pour l’exécution de leur lot. La maquette doit répondre aux exigences des comités scientifiques dans le cadre de projets de restitutions architecturales et archéologiques. Des enjeux culturels et pédagogiques sont donc à compter dans la liste des nombreux usages d’un « BIM Patrimoine ». En effet, les projets d’applications numériques de réalité virtuelle et augmentée tendent à être toujours au plus près du réel.

Les préoccupations de rétro-conception rejoignent les problématiques de la construction neuve et convergent vers des processus BIM identifiés. Des initiatives comme celle d’Autodesk associé à d’autres partenaires, réaffirment ces enjeux de sauvegarde. Ils sont à l’origine d’un concours intitulé « projet Soane » en référence à l’édifice remarquable de Sir John Soane en Angleterre. Ce projet propose de recourir aux processus et outils BIM pour reconstruire virtuellement et le plus exactement possible ce monument.

Webographie

http://digitalbuildingheritage.our.dmu.ac.uk

http://www.map.cnrs.fr/ldl/recherche/

http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-dubim/post/4296/quand-les-monuments-historiques-bimentaussi

http://abcdblog.typepad.com/abcd/

http://www.map.archi.fr/3D-monuments/index.html

[PDF]http://www.isprs-ann-photogramm-remote-sensspatial-inf-sci.net/II-5-W1/215/2013/isprsannals-II-5-W1-215-2013.pdf

http://www.theoutcomemagazine.fr/outcome-12015-fr/experience-en-matiere-de-modelisation-des-donneesdu-batiment-bim-dans-le-cadre-de-projets-dereconstruction-dobjets-historiques/

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L’influence du BIM sur l’architecture

Fondation Louis Vuitton-Paris

Qu’est ce que le BIM ? BIM, (Building information modeling) est un concept de plus en plus populaire dans le bâtiment mais qu’est ce qu’est vraiment le BIM, pourquoi est t’il utilisé, et qui doit l’utiliser. Certains disent que le BIM est un type de logiciel, d’autres disent que le BIM est un modèle 3D. Enfin, le BIM est vu par d’autres comme le processus de conception. Le BIM c’est tout cela à la fois et bien plus encore. Cependant, une chose est certaine quand on parle de BIM, tout commence forcément avec une maquette numérique 3D du projet. Mais si le BIM peut être un outil de concep­tion/visualisation 3D utile pour présenter un projet et le faire accepter aux différent acteurs, ce processus de conception peut il lui même influencer l’architecture d’un bâtiment ?

Phil Bernstein, architecte et vice-président chez Autodesk pense qu’il existe une forte corrélation entre certaines formes architecturale dès les années 80 et le début des logiciels de BIM comme AutoCAD.

“If you go back to the early Eighties there is absolutely no doubt that you could identify which buildings were designed using AutoCAD. The proliferation of various geometric shapes and curves showed that the tools became the form.”

Le BIM n’est pas seulement un outil de conception, il peut aussi contribuer à l’apparence d’un building. L’utilisation d’algorithmes paramétriques lors de la conception trouve son origine dans l’utilisation de l’informatique et donc du BIM dans les processus architecturaux. Cette implication de l’informatique et du BIM dans l’architecture va tellement loin qu’elle peut aujourd’hui poser problème. En effet, les clients peuvent à présent être tellement impressionné par les capacités techniques des architectes qu’ils peuvent facilement oublier les contraintes liées à un design.

Dans les années 80 l’influence d’AutoCAD a facilité l’utilisation de courbes, sphères, rotondes et autres formes complexes dans la conception des bâtiments. De la même façon la démocratisation du BIM rend aujourd’hui possible et courante la conception de façades complexes. Dans la grande majorité des capitales d’Europe, le design des nouveaux ouvrages le démontre. De plus en plus, nous constatons l’émergence de façades aux formes complexes, de grande taille, à la géométrie particulière et comportant plusieurs matériaux. D’une façon générale, le BIM permet une définition plus précise du projet, une maitrise de la qualité plus importante et une complexité plus élevée. Ceci rend généralement possible d’identifier si un projet a utilisé le BIM en observant simplement son architecture.

Pour conclure, si il est difficile de dire si le BIM influence directement les processus de design architecturaux, il est cependant évident que le BIM représente une palette de création extrêmement vaste qui augmente de façons significative les possibilités de création des architectes.

 

 

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Etudiants en Architecture, appréhender le B.I.M. dans sa vie future

La quasi parfaite maîtrise des logiciels de conception est de plus en plus considérée comme une condition d’embauche pour les étudiants en école d’architecture. En outre, la perspective du B.I.M. suscite à nouveaux chez les étudiants le besoin de cours adaptés aux divers logiciels mais aussi celui d’une formation associée au B.I.M. de manière à appréhender de façon optimale les outils d’aujourd’hui et de demain dont ils auront besoins dans leur carrière professionnelle mais aussi dans leurs relations avec les divers collaborateurs qu’ils rencontreront. Ainsi, l’enseignement de la maquette numérique devrait être un cours obligatoire dans toutes les écoles d’architecture. Dans certaines écoles, il existe déjà des cours initiatiques au B.I.M. mais qui demeurent optionnels et donc non forcément adéquat avec l’emploi du temps déjà chargé.

D’autre part, un grand nombre d’administratifs, de responsables pédagogiques et d’enseignants se montre encore réticent à jeter immédiatement le pavé dans la mare. Installer des cours de B.I.M. représente un bouleversement et une remise en cause des habitudes et des méthodes. En effet, ceci impliquerait dans un premier temps de cesser de partitionner les divers enseignements axés autour de la construction ; mais également d’accentuer les partenariats et les échanges entre les écoles formant à ce domaine. Si l’on veut que les diverses professions de la construction collaborent de façon optimale autours des projets de construction, c’est dès la vie étudiante qu’il faut forger les mentalités. Il s’agit donc en quelque sorte d’appliquer une réelle révolution dans les méthodes d’enseignement qui doivent à nouveau évoluer avec leur temps comme elles l’avaient fait auparavant lors de l’installation de la C.A.O..

Les étudiants sont demandeurs de tels enseignements et montrent même un réel engouement lorsque certains de leurs professeurs leur proposent des ateliers collaboratifs entre institutions de nature différente. Ressentant cette lacune dans leur emploi du temps, certains n’hésitent pas à prendre les devants en participant à des concours axés sur le B.I.M. ou en apprenant, de façon autodidacte, à maîtriser des logiciels tels que Revit dont l’enseignement n’est pas proposer dans toutes les écoles d’architecture. On peut ainsi citer l’exemple du concours B.I.M. Décathlon qui demande à une équipe pluridisciplinaire, composée d’étudiants en école d’architecture, d’ingénierie et d’économie de la construction, d’élaborer, sous forme de maquette numérique, le meilleur scénario concernant la rénovation d’un ouvrage de construction.

Du chemin reste donc à parcourir d’ici la généralisation de l’enseignement du B.I.M. dans les écoles d’architecture. Et n’oublions pas que former les jeunes générations aux outils de demain est une réelle nécessité pour l’avenir.

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BIM : Révolutionnaire, Controversé et Prometteur.

Ces dernières années, l’acronyme BIM est sur toutes les lèvres et depuis son apparition, le Building Information Modeling a été à l’origine d’une véritable révolution dans le milieu de la conception architecturale et de la construction. Le BIM est « à la fois un logiciel, une base de données, un processus collaboratif voire une méthode de management ». Il pourrait se résumer en une maquette numérique qui « contient une base de données et une représentation graphique, en 2D ou en 3D, du bâtiment»(1). C’est un outil qui a permis une véritable libération des formes chez plusieurs architectes, notamment du mouvement déconstructiviste, tels que Frank Gehry ou Zaha Hadid. Ces derniers, souvent avides de volumétries déroutantes et futuristes, se sont appuyés sur ce nouvel outil pour se défaire des carcans qu’imposait parfois la conception en 2D.
C’est ainsi que Gehry a pu signer des édifices aussi iconiques par leur forme que le Walt Disney Concert Hall de Los Angeles ou la très fraichement inaugurée Fondation Louis Vuitton à Paris, et que la Britannique Hadid propose des édifices aux courbes fluides et fuyantes dans des projets comme l’Opéra de Guangzhou en Chine.

Si de telles réalisations d’une grande sophistication apparente suscitent un lot d’admiration quasi immédiat chez le public profane, le milieu des architectes est quelque peu divisé. Souvent critiqués à la fois pour leurs partis pris architecturaux, décrits comme formalistes et décontextualisés, c’est surtout pour le processus de conception que permet le recours au BIM qu’ils sont décriés. Frank Gehry, est incontestablement la figure la plus représentative d’un ensemble d’architectes dont la démarche consiste à partir de formes abstraites sous formes d’esquisses d’intentions, matérialisées en maquettes, et de leur donner vie au moyen de scans 3D pour aboutir à une représentation concrète grâce au BIM et que la très classique CAO -conception assistée par ordinateur- aurait rendu très laborieuse. Ce que soulignent les détracteurs c’est que l’usage du BIM mène à une aliénation de la conception et n’aboutit pas à un véritable travail sur l’espace et donc à une Architecture mais se limite à la production d’édifices, certes très esthétiques, mais qui relèvent plus de l’objet formel ou de la sculpture.

S’il divise les architectes en deux camps idéologiquement opposés, les professionnels de la construction ont un avis majoritairement positif et le présentent comme un outil d’avenir incontournable, et cela malgré l’aspect couteux qu’implique son adoption due à la fois à un coût d’acquisition mais aussi et surtout à un coût de formation à une nouvelle technologie. Ainsi des grands groupes comme Bouygues en assument l’utilisation comme un gage de qualité et en font ouvertement la promotion à travers le site BimGeneration(2), y rappelant à quel point le BIM permet de créer un support commun à l’ensemble des intervenants dans la conception et la réalisation d’un projet. Assurant la garantie d’une communication claire et d’une rationalisation de la conception et de la réalisation entre les différents acteurs et ce, dès les prémisses du projet, la modélisation par BIM serait donc avant toute chose un formidable moyen dans la mise en oeuvre de projets d’une grande complexité. S’imposant de plus en plus dans de nombreuses structures et agences, principalement dans le monde anglo-saxon avec un taux d’adoption de près de 50% aux Etats-Unis contre un peu plus d’un tiers en Europe occidentale(3) où il se répand de plus en plus, lentement mais surement. En France, les déclarations de L’ancienne Ministre Cécile Dufflot prévoyant un déploiement du BIM obligatoire à tous les marchés publics d’ici 2017(4), sont un signe annonciateur que ce dernier deviendra très vite indispensable et incontournable. Aux architectes maintenant de se positionner et d’en faire le meilleur des usages.

(1)Julien Beideler, Le plan pour faire basculer le batiment dans le BIM, Le Moniteur, 27mars 2014

(2 )www.bimgeneration.com

(3)McGraw-Hill Construction, Rapport Smartmarket, Etude sur l’utilisation de la BIM par les architectes en France et en Europe, 2010

(4)Antoine Hudin, Le BIM c’est maintenant ou Presque… , Le Moniteur, 3 septembre 2014

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Le BIM et le projet d’architecture

Avec le BIM une nouvelle révolution numérique est en cours dans le monde du bâtiment. En effet, cette maquette numérique a pour but de permettre une meilleure collaboration entre tous les acteurs d’un projet. Les bouleversements liés à la modernisation inévitable de nos moyens de conception doivent-ils nous réjouir ? En quoi le BIM va influencer le projet de l’architecte ? Doit-on s’inquiéter de ces évolutions ?

La possibilité de complexifier le projet
La première influence du BIM sur le projet de l’architecte est qu’il va permettre de concevoir des projets bien plus complexes. En effet, la majorité des difficultés techniques peuvent être résolues par l’utilisation de la maquette numérique. Ainsi les architectes laissent libre court à leur créativité et imaginer des projets engendrant toujours plus de complexité formelle. On peut notamment penser à la Fondation Louis Vuitton, de Frank Gehry, qui vient d’être inaugurée à Paris. Ce bâtiment n’aurait jamais pu être réalisé sans l’utilisation du BIM qui a permis une bonne coordination entre tous les acteurs du projet, de l’architecte en passant par les bureaux d’études et les entreprises de construction.

Un nouveau rôle pour l’architecte
Une des principales interrogations que soulève le BIM concerne la liberté qu’il laisse à l’architecte.      Faut-il craindre une disparition du point de vue singulier de l’architecte menant à une uniformisation de la production ?

En effet, il semblerait que le BIM puisse induire une mise au second plan de l’architecte en tant qu’acteur principal d’un bâtiment. Tout d’abord, les logiciels proposent de plus en plus des solutions prédéfinies, « prêtes à l’emploi », avec des arbitrages toujours plus nombreux. Ensuite, la forte collaboration qu’implique le BIM aggrave la situation. En effet, de très nombreux acteurs, à différents niveaux, vont agir sur une même maquette numérique simultanément. A qui attribuer la propriété intellectuelle du projet ? Et d’ailleurs, puisque le projet n’est jamais fini, car en permanence remis à jour pendant la vie du bâtiment, pourra-t-on encore parler d’œuvre ?

Mais, le BIM peut aussi revaloriser le travail de l’architecte en mettant fin à une division abstraite des tâches. Jusque-là, la répartition du travail en agence induit que certains s’occupent uniquement de dessiner des détails constructifs, d’autres des façades par exemple. A l’avenir, grâce au BIM, ils interviendront tous en même temps sur une simulation en trois dimensions du bâtiment. Tous les architectes de l’agence pourront aborder la question du programme, des volumes, de la structure ou encore des coûts par exemple. Les capacités de synthèse de chacun seront mobilisées et les architectes ne devront plus se consacrer uniquement à une spécialisation souvent attribuée arbitrairement.

Ainsi le BIM va révolutionner le projet d’architecture et la place de l’architecte dans le projet en bouleversant l’organisation entre tous les acteurs mais aussi au sein même des agences d’architecture.

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Le BIM au service de l’architecture

Quand on a commencé à m’expliquer le BIM (Building Information Modeling), j’ai de suite compris l’intérêt qu’il pouvait y avoir dans le BIM pour répondre aux problématiques actuelles. Ce procédé permet une meilleure collaboration entre les différents acteurs du monde du BTP, il est ainsi plus aisé d’anticiper les problèmes inhérents à la réalisation.  Le BIM s’inscrit donc totalement dans une démarche de développement durable car en anticipant les problèmes, il évite ainsi un gaspillage de ressources autant matérielles que financières. De plus, la réalisation d’une maquette numérique 3d permet aux maîtres d’ouvrages de mieux saisir le travail des équipes de conception.
Cependant, me prédestinant à une carrière d’architecte, je ne pouvais m’empêcher de penser au début que le BIM déresponsabilisait les architectes. N’arrivant pas à lier l’enseignement dispensé en école d’Architecture et le BIM, je me suis tout logiquement demandé

Qu’est-ce que le BIM apporte à l’architecte ?

Le BIM a permis aux architectes de créer de nouvelles formes et a permis à de nombreux architectes de rendre constructible leur projet. L’exemple, le plus frappant est celui de Frank Gehry.  Cet architecte fait partie du mouvement déconstructiviste de l’architecture, il crée ainsi depuis les années 60 des bâtiments de formes assez complexes.  En 1989, Frank Gehry a compris par la réalisation du Vitra design museum en Allemagne les limites du dessin classiques en plan pour de tels constructions. Il a ainsi créé dans les années 90 des logiciels de modélisation 3d sous le nom Gehry technologies qui lui ont permis de construire réellement ses bâtiments. Ainsi, le BIM a permis à de nombreux architectes de ce mouvement et non seulement Frank Gehry, de construire des bâtiments avec des formes  plus originales et a réellement donné un nouvel Elan à l’architecture.
De plus, on assiste actuellement à l’émergence de chantiers de logements participatifs où le futur habitant participe dans une certaine mesure à la conception de son futur logement. Le BIM pourrait permettre ici une visualisation directe pour le client du projet et lui permettrait ainsi de pouvoir s’imaginer dans son logement. Le BIM pourrait rendre ici applicable un projet qui semble au prime abord utopique.
On remarque ainsi Le BIM n’a donc pas déresponsabilisé l’architecte mais au contraire a élargi le champ des possibles et a facilité le Dialogue entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre. L’architecte peut ainsi dialoguer plus aisément et sortir ainsi du cliché qui pousse à voir l’architecte comme un artiste isolé.

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Le BIM : Un coup de pouce pour arriver au grand boum ?

Les intérêts du BIM ne sont plus à démontrer. Dans un monde de mutualisation, de partage et d’échange d’information, le BIM permet à tous les intervenants agissant autour d’un projet de bâtiment ou de travaux publics de travailler sur un fichier unique regroupant à la fois des informations techniques, structurelles intrinsèques au projet. Les projets colossaux sont facilités par cette mise en commun d’informations permettant une meilleure compréhension du projet. Mais quand est-il de l’utilisation du BIM dans des projets de moindre envergure ? Quelle est plus particulièrement la vision de l’architecte sur ce qui semble être une révolution dans la façon de travailler?

Dressons tout d’abord un état des lieux. Les cabinets d’architectures ne sont pas actuellement préparés au changement. Au sein d’une agence, peu de membre sont formés et savent utiliser les nouvelles suites de logiciels d’autant plus que les formations sont rares et peu abordables. Pourtant, le BIM permettrait d’améliorer la qualité générale d’un projet en limitant les conflits entres les parties grâce au partage du flux d’information.

Accoutumés aux logiciels de CAO, les architectes ont du mal à franchir le cap surtout lorsqu’il s’agit de remettre en cause des réflexes et des notions acquises depuis des années. Mais, souvenez-vous : les premiers logiciels de CAO ont été implantés en 1984 et quinze en plus tard, peu d’agences en était équipées. Il a fallu attendre la loi SRU (Solidarité Renouvellement Urbain) préconisant des plans informatisés pour les ouvrages publics. Les différents cabinets se sont ajustés à cette nouvelle norme. Ce passage n’a pas été sans conséquence, notamment pour les seniors qui sont moins enclins à utiliser des outils informatiques. L’évolution de la CAO au BIM s’annonce beaucoup plus facile, les éditeurs de logiciel ont conçu des outils plus intuitifs pour les utilisateurs. Il semble uniquement manquer un élément déclencheur pour que transition s’opère de façon plus globale.

La France doit-elle faire adopter une loi exigeant l’utilisation du BIM pour les ouvrages publics ? Les projets publics bénéficieraient de coûts moins élevés grâce à des travaux mieux organisés. De plus, ils seront totalement transparents, l’information étant accessible à tous.

D’autres pays européen comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves ont fait passer des mesures visant à utiliser le BIM pour le profit de la collectivité.

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Le BIM comme outil du projet – La Fondation Louis Vuitton par Frank Gehry

A la base du projet  dans le travail de l’agence d’architecture Frank O. Gehry & Associates: le croquis au crayon du « maître ».

Croquis d'intention pour la Fondation Louis Vuitton - Source Le Monde
Croquis d’intention pour la Fondation Louis Vuitton – Source Le Monde

Un concept, souvent abstrait, visuel, en accord avec son site, que les membres de l’équipe de projet ont ensuite pour mission de concrétiser en un objet constructible. Pour la Fondation Louis Vuitton, Frank Gehry imagine un « vaisseau » de verre.

Le logiciel CATIA développé par Dassault Systems puis adapté par Gehry Technologies sous le nom Digital Project, permet de concrétiser les croquis d’intention de l’architecte. La méthode est simple : les premières maquettes sont réalisées à la main, à partir du croquis initial. De papier, de carton, de plastique, elles permettent de représenter le volume désiré par l’architecte, l’aspect extérieur du projet. Un scan en trois dimensions de ces maquettes permet de les retravailler sous forme de volume 3D puis de générer des plans et coupes. A partir de cette étape, le travail d’architecture peut commencer avec l’intégration du programme dans l’espace créé. Les équipes de l’architecte, puis les bureaux d’études et les entreprises travailleront ensuite ensemble sur cette maquette virtuelle à l’élaboration du projet jusqu’à sa phase finale.

Modèle 3D de la Fondation Louis Vuitton
Modèle 3D de la Fondation Louis Vuitton

Bien que la technologie du BIM soit profitable à des architectes comme Frank Gehry, nous pouvons tout de même critiquer une certaine vision de l’architecture. Travaillés comme des « gestes architecturaux » plus que comme la réponse à des besoins spécifiques, les bâtiments conçus par Frank Gehry, et particulièrement la Fondation Louis Vuitton, s’apparentent plutôt à l’art de la sculpture qu’à celui de l’architecture. Gehry semble avoir favorisé l’œuvre architecturale face aux exigences muséales. Ainsi, le bâtiment, rendu possible par la technologie du BIM, ne rend pas service aux œuvres présentées mais les concurrence.

D’un autre côté, selon les propos de Frank Gehry lui même [1], le BIM est une des seules manières d’appréhender toutes les problématiques du projet dès sa conception et de controler le cout de construction. Le BIM permet un gain de temps dans la transmission des informations entre les différents acteurs. De plus, le travail sur la même maquette virtuelle, utilisé pour la Fondation Louis Vuitton, permet d’éviter les interactions malheureuses entre les différents corps d’état. Enfin, pour un projet d’une tel complexité, la modélisation par le logiciel BIM facilite le calcul de structure, la rationalisation des éléments, et leur dénombrement (par exemple pour les panneaux de verre).

Pour conclure, il faut voir dans le BIM un formidable outil d’assistance à la conception et à la construction mais la généralisation de ce système qui interviendra bientôt sur les grands projets en France ne doit pas effacer le rôle de l’architecte en tant que concepteur d’espaces viables.

[1] Interview de Frank Gehry, publié le 6 septembre 2010, URL: http://perspectives.3ds.com/design/frank-gehry-shares-catia-secret/

Sources :

http://www.lemauvaiscoton.fr/art/la-fondation-louis-vuitton-ecrin-de-rarete-ou-ecran-de-fumee/

http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2014/09/12/

http://www.archdaily.com/555694/fondation-louis-vuitton-gehry-partners/

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