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L’intérêt du BIM en chantier

Si aujourd’hui, nous considérons et constatons que le BIM est surtout utilisé en phase conception, nous pouvons facilement imaginer l’intérêt que la maquette numérique renseignée apporte aux gestionnaires de patrimoine pour la phase exploitation et maintenance des actifs (ouvrages ou équipements construits).

BIM Veille Techno

Illustration du BIM dans le Cycle de Vie du Bâtiment (Source Autodesk)

Pourtant comme le dit Jérôme Lebrun directeur de l’ESITC Caen : «Le BIM, c’est comme une nouvelle langue qu’il faut apprendre à parler sur les chantiers.»

Le BIM appliqué à la construction a pour objectif de concevoir plus rapidement et plus précisément.

Notons, néanmoins, qu’il existe un but encore plus complexe à atteindre : le construire mieux.

Le BIM est un ensemble de processus qui permet la construction avant la construction en impliquant tous les acteurs le plus en amont possible.

L’intérêt du BIM pour la préparation de chantier est l’anticipation rendue possible par l’utilisation de la maquette numérique 3D intelligente en elle-même puisqu’elle contient des informations, des caractéristiques, des matériaux, des dimensions…. Elle permet d’éditer des plans, des nomenclatures, d’estimer des quantités, des coûts… C’est un véritable outil de communication et aide à la décision.

Le prototype du bâtiment ainsi modélisé peut améliorer (pour une plus grande efficacité) la planification des activités en évaluant mieux les ressources à mettre en place, matériaux, ouvriers, équipements, outils…. La sécurité du chantier est également un point important, sur lequel le BIM peut apporter une plus-value non négligeable, en combinant par exemple les méthodes de chantier classiques et la réalité augmentée ; l’objectif est alors de communiquer de manière ludique et concrète sur les risques et les mesures préventives mises en place pour éviter les accidents.

L’intégration de la notion de temps (communément appelée la 4D) à la maquette numérique et à ses données permet la simulation de l’évolution des travaux, par l’anticipation du déroulé du chantier, étapes par étapes. La planification devient plus visuelle, plus évidente pour tous. Concrètement pour les projets situés dans des sites particuliers, difficiles, contraints, l’installation du chantier, les livraisons de matériaux peuvent être mieux gérées, organisées, phasées au fil de l’avancement de la construction. La 4D peut être utilisée aussi pour vérifier le respect des délais en liaisonnant une maquette intelligente et un diagramme de Gantt dans le logiciel Navisworks d’Autodesk par exemple.

Cette même maquette numérique intelligente pourra être utilisée pour contrôler les coûts de construction en temps réel (5D).

Contrôle Qualité
Le BIM est utilisé en phase conception pour valider la cohérence technique globale du projet de construction lors des réunions de pré-synthèse et de synthèse où les modèles numériques sont confrontés pour détecter et résoudre d’éventuels problèmes ou incohérences.

Les entreprises sont un des acteurs du travail collaboratif, elles confrontent leurs modèles de fabrication avec les modèles théoriques, elles développent ou/et favorisent lorsque c’est intéressant la préfabrication hors site (rendue normalement plus efficiente avec des informations entrantes plus précises, mieux étudiées et validées plus en amont), réduisant ainsi les temps de construction.

Le BIM peut aussi apporter une plus-value en phase chantier pour améliorer la qualité de la construction, essentiellement, en limitant les erreurs de réalisation :

• Soit en prévention des erreurs, en aidant et en vérifiant l’implantation des ouvrages avec, par exemple, l’utilisation de la maquette numérique couplée à la reconnaissance automatique des images et à la réalité augmentée. On peut ainsi gérer des levées de réserves avec une tablette équipée de l’application BulldozAIR.
• Soit en résolution des erreurs, en mettant l’accent sur la communication simplifiée et rapide via des annotations (type BCF) géo-localisées et rattachées à la maquette centrale, envoyées au concepteur directement depuis le chantier par une tablette avec des solutions logicielles comme Tekla BIMsight de Trimble.

Utiliser le BIM, en phase réalisation, permet de vérifier que le chantier (la réalité) correspond bien au projet à travers le filtre de la maquette numérique et inversement.
Des nouveaux outils, comme des drones équipés de caméras peuvent survoler les chantiers, chaque jour à heure fixe, afin de constater un état d’avancement précis. Les nuages ou images photographiques sont ensuite utilisés et comparés à la 4D projetée. Des problèmes ou simples retards peuvent alors être mis en évidence et permettent d’envisager sans délais une réorganisation des travaux restant à réaliser.
A une échelle moindre, les nuages de points issus de relevés scanner (réalisés en phase travaux sur site) permettent de repérer les éléments techniques, les réseaux électriques, la plomberie et de les localiser, dans la maquette numérique 3D, pour obtenir des données TQC (tel que construit) très précises et ainsi permettre un véritable suivi de chantier, un contrôle de conformité des travaux et principalement de laisser des traces facilement utilisables et exploitables pour la gestion du bâtiment fini. Le BIM est utilisé ici comme méthode de contrôle.

Il faut être particulièrement prudent et méthodique car les données n’ont de réelle valeur pour l’exploitation et la maintenance des ouvrages qu’à la condition suivante : la réalité doit être en adéquation avec la maquette numérique.

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Webographie
http://methodesbtp.com/articles/bim-preparation-chantier-batiment/
http://www.bimgeneration.com/#firstPage
http://www.bouygues-construction.com/innovation/toutes-nos-innovations/la-maquette-numerique-pour-un-chantier-mieux-maitrise
https://bimbtp.com/construction/le-bim-au-service-de-la-qualite-de-realisation/
http://www.dronethermographie.fr/le-suivi-de-chantier-par-drone/
https://bimbtp.com/construction/methodes-de-chantier-et-realite-augmentee/
http://www.lemoniteur.fr/article/trimble-veut-apporter-le-bim-sur-les-chantiers-29051546
http://www.frenchweb.fr/la-start-up-du-jour-bulldozair-une-solution-saas-de-suivi-et-de-gestion-des-chantiers/148759

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BIM et Construction

Comment passer d’une conception BIM à la réalisation du chantier par des TPE non formées à la démarche ? Opportunités, difficultés et outils utilisables.

Le BIM pour les TPE ?

L’ère du numérique s’invite à marche forcée dans le monde du bâtiment, et promet d’aider à construire plus vite, plus efficace et moins cher. Le BIM (Building Information Modeling) est ainsi une méthode de management de projet du monde de la construction (bâtiments et infrastructures), regroupant un large groupe de décideurs. Souvent appelée « maquette numérique », la méthode repose sur la production de fichiers numériques, d’éléments de conception en 3D du projet, qui ont pour finalité de définir l’ensemble des informations constructives d’un bâtiment ou d’une infrastructure. Elle intervient depuis la conception et la construction jusqu’à la maintenance et l’exploitation de l’entité bâtie. La coopération entre les différentes équipes concernées (maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprises, utilisateurs…) fait partie intégrante de toutes les méthodes de travail BIM. Les équipes s’échangent mutuellement des informations. La manière dont ces informations sont échangées, ainsi que les types d’informations devant être attribuées au modèle selon les stades du projet, sont définis dans un protocole BIM. Or, Si cette démarche semble évidente et nécessaire pour faire évoluer le monde du bâtiment, elle reste pour la majorité des acteurs compliquée et inaccessible. Une enquête réalisée en 2014 (source : batappli) indiquait que seulement 10% des artisans déclaraient avoir une approche du BIM, essentiellement par la manipulation d’un plan 3D. La volonté est de sortir du cadre confortable du BIM appliqué par de grands groupes de construction, pour se préoccuper de l’application de la démarche pour un chantier normal en France. Nous entendons par chantier normal, un projet construit par des TPE, en lots séparés, pas forcément à l’aise avec les outils informatiques et encore moins avec le BIM. Se posent alors les questions des opportunités, des difficultés, de l’organisation de travail à mettre en place, ainsi que des outils simples à utiliser.

 

Le BIM pour les TPE : les opportunités

L’utilisation du BIM aide incontestablement à améliorer l’efficience des processus de production. Chaque acteur a la possibilité de lire et de manipuler la maquette pour en tirer les informations dont il a besoin pour son métier. L’utilisation de fichiers au format IFC (format de fichier numérique, orienté objet fortement utilisé par les logiciels BIM) permet par exemple de générer des quantitatifs automatiques, par lot et par poste, sans perdre de temps dans les ressaisies. Les plans d’exécution sont plus rapides également à produire, puisque l’export IFC implique un gain de temps et diminue les risques d’erreurs dans la compréhension du projet et des interactions entre les différents corps de métiers.

L’utilisation de la maquette révolutionne aussi les façons de préparer et de vivre un chantier. Les plannings et phasages sont plus simples à établir puisque le « film » de la construction du projet peut être analysé et modifié avant que les équipes n’interviennent physiquement sur place. Le travail avec les fournisseurs permet également de diminuer les délais de fabrication et de réduire les déchets de chantier, par l’analyse plus fine des éléments de conception. Une maquette bien appréhendée diminue de fait la non qualité en chantier et évite de démolir et reconstruire des éléments mal étudiés par les entreprises en charge de la construction.

L’utilisation du BIM oblige également l’entreprise artisanale à s’adapter à une organisation de travail collaboratif, utilisant une même méthodologie et en travaillant sur des données communes. Cette nouvelle approche est l’occasion d’améliorer l’efficience organisationnelle de la structure. Elle peut alors répondre à des appels d’offres plus exigeants, ou travailler en sous-traitance pour des grosses entreprises  puisqu’elle comprend les attentes et maîtrise les processus.

 

Le BIM pour les TPE : les freins

De grosses difficultés existent néanmoins dans la démocratisation de l’utilisation du BIM pour les artisans et le TPE. Pour beaucoup, l’utilisation de l’outil informatique n’est pas évidente, et la maquette numérique est perçue comme compliquée et réservée à des experts. La dématérialisation fait peur et implique un changement d’habitudes. Le bon sens des hommes de terrain semble disparaître au profit de l’écran et de la souris. Il est nécessaire de réfléchir de manière plus abstraite en amont avant de produire dans son cœur de métier. La nécessité d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences constitue un réel frein, surtout si le niveau d’instruction au sein d’une TPE n’est pas très élevé.

L’autre difficulté majeure tient au coût de migration vers le BIM. Dans la plupart des cas, le passage au BIM implique l’acquisition de nouveaux équipements informatiques, de nouveaux logiciels, et l’investissement en formation pour les futurs utilisateurs. Or, cet investissement représente pour beaucoup de petites entités une somme trop conséquente au regard de leurs capacités financières.

 

Le BIM pour les TPE : les outils

Les outils proposés  sur le marché sont nombreux et adaptés aux différents profils d’utilisateurs. S’il est vrai que les grandes entreprises et les grandes structures portent l’innovation et les investissements, il est vrai également que des outils gratuits ont été développés afin de rendre accessible la démarche. Les artisans et les TPE peuvent ainsi  franchir le pas, en ne sacrifiant pas l’équilibre financier de leur entité. Quelques outils gratuits sont repris ci-dessous, qui permettent d’ouvrir le modèle 3D :

Logiciels Editeurs Français IFC
Tekla Bimsight Tekla Oui Oui
Solibri Model Optimizer Solibri Non Oui
Solibri Model Viewer Solibri Non Oui
DDS-CAD BIM Enhanced Data Design Systems Non Oui

 

Les logiciels traitant des fichiers XML ou XLS (Excel ou Open Office) permettent quant à eux de traiter des tableaux de nomenclatures issus de la maquette.

Il est donc possible d’utiliser des outils BIM sans investir de manière importante dans de l’ingénierie logicielle.

 

Conclusion

La révolution numérique, que l’on accepte ou non, est en marche et les entreprises, y compris les TPE et les artisans doivent s’adapter pour survivre. C’est une démarche mondiale et non franco française, qui va demander des capacités d’adaptation et d’anticipation de la part de tous les acteurs, afin d’optimiser les processus de conception et de construction. Le BIM n’est cependant pas une finalité, puisque l’évolution ne fait que commencer. L’Intelligence Artificielle va succéder à la généralisation de l’utilisation de l’informatique dans le bâtiment. La maquette numérique n’est qu’une étape, et d’autres évolutions impliquant des chocs culturels vont arriver dans les décennies à venir : pré conception automatique, imprimantes 3D, outils de simulations plus puissants, robots d’aide à la construction… Le bâtiment 2.0 est en train de naître sous nos yeux, et les changements de paradigme sont toujours sources d’échecs et de disparition pour les uns, et de réussite et d’épanouissement pour les autres. Il est donc urgent en France que les artisans et des TPE entrent de plain-pied dans l’ère du numérique, qu’ils fassent évoluer leurs organisations, leurs pratiques et leurs compétences, pour assurer leur pérennité.

 

 

Webographie :

  1. http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-du-bim/post/4661/il-faut-rassurer-accompagner-et-%C3%A9duquer-les-tpe
  2. http://msbim.estp.fr/?tag=tpe
  3. http://abcdblog.typepad.com/abcd/2015/12/tpe-pme-le-bim-n-exclut-pas-il-inclut.html
  4. http://www.batappli.fr/blog-du-logiciel-batiment/informations/quand-les-artisans-passeront-au-bim
  5. https://www.printempsdunumerique.be/entreprise-industrie/competitivite-entreprises-de-construction-grandes-entreprises-vs-pmetpe-big-bim-vs-little-bim/
  6. http://blog.innovation-artisanat.fr/la-maquette-numerique-ou-bim-building-information-model-au-service-du-developpement-de-lentreprise-artisanale-du-batiment/
  7. http://www.objectif-bim.com/index.php/logiciels/logiciels-bim/logiciels-bim-gratuits
  8. http://www.batiactu.com/edito/bimetre-1er-pas-vers-bim-entreprises-batiment-42712.php
  9. http://www.mediaconstruct.fr/sinformer/le-blog-du-bim/term/180/bim%C3%A9tr%C3%A9
  10. http://www.usine-digitale.fr/article/quand-le-btp-fait-bim.N367661
  11. http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/021136819937-lintelligence-artificielle-futur-de-lentreprise-1128633.php
  12. https://humanoides.fr/2015/10/robots-miniatures-rearranger-batiments/

 

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Le BIM, de son fonctionnement à sa mise en place

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

  • Quels sont les avantages du BIM ?

Le BIM a l’avantage d’améliorer l’efficacité de la conception et permet un contrôle facile de la qualité. Un modèle unique connecté peut améliorer la communication au sein des équipes de conception et de construction, et les éléments paramétriques du modèle créent une base de données robuste. Ces données sont également utilisables après l’achèvement des travaux puisqu’elles sont conservées jusqu’à la démolition de l’ouvrage, ce qui facilite l’entretien de l’ouvrage.

La modélisation de construction dépasse l’ancien dessin 2D, en permettant aux concepteurs de visualiser le bâtiment et son contenu de tous les angles, et de trouver les problèmes éventuels à des stades antérieurs à la construction afin de les corriger avant la réalisation des travaux ce qui évite des dépenses imprévues. La conception paramétrique fait gagner du temps en créant et modifiant plusieurs portions de conception simultanément. Coupes, élévations et vues tridimensionnelles peuvent être créés instantanément, réduisant la nécessité pour les tracés de contrôle. Les modifications apportées à l’un de ces éléments affectent tous les autres, y compris les matériaux, les coûts et les échéances de construction.

Les modèles créés avec le BIM sont visuellement faciles à comprendre et accessibles à tous, y compris le client qui peut voir un aperçu réaliste de l’ouvrage avant sa réalisation, contrairement aux plans 2D qui nécessitent des connaissances techniques pour leur compréhension.

De plus, le BIM permet une collaboration entre toutes les parties prenantes (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprise). Cette collaboration s’effectue aussi au sein de chaque entité.

 

  • Quelles sont les limites du BIM ?

L’utilisation du BIM nécessite une formation importante à la fois coûteuse et chronophage, qui doit être suivie par l’ensemble des collaborateurs. De plus, l’installation du BIM nécessite du nouveau matériel informatique ainsi que des logiciels ou des licences. Ceci engendre un coût pour les entreprises qui est parfois difficile à supporter, notamment dans le cas des PME.

Le BIM est plus complexe et prend plus de temps au début d’un projet. Lorsque le BIM est utilisé, l’entrepreneur ne peut pas utiliser de simples plans pour lancer les travaux. Il doit d’abord coopérer avec la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre pour créer le modèle de collaboration.

Par ailleurs, les entreprises doivent faire face à un partage d’informations stockées dans une base de données également utilisée par l’ensemble des projets BIM. Le risque pour les entreprises est qu’un manque de sécurité entraînerait un accès libre à leurs données confidentielles.

 

Comment « ça » fonctionne ?

 

  • Sur quel principe repose le processus BIM ?

Le fondement du BIM est la collaboration entre différents intervenants par des échanges de données de façon à éviter la duplication de la saisie données et les erreurs. Le BIM permet donc de structurer l’ensemble des données d’un projet en utilisant une méthode de travail commune basé sur une seule et même base de données. Cependant, souvent, au sein d’un même projet, les intervenants n’utilisent pas les mêmes applications. La difficulté réside dans l’échange de données sans erreurs entre des applications différentes. Ce processus se nomme l’interopérabilité.

 

  • Par quels moyens cet échange de données est-il fait ?

Il est possible de récupérer les données manuellement mais ce type d’échange est à éviter : elle entraînerait une source d’erreurs non négligeable couplée à une perte de temps. Ainsi aujourd’hui, les principaux formats d’échange de données BIM sont l’IFC (Industry Foundation Classes) et le XML. Ils sont utilisés pour toutes les phases du projet : les études de faisabilité, la conception, la construction, l’utilisation et la démolition.

Il est aussi possible d’utiliser des Interfaces de Programmation (API : Application Programming Interface) pour compléter les échanges de données lors d’éventuels oublis ou erreurs. Ils s’utilisent donc en complément des formats standards d’échange. Les plugins, eux, s’installent dans une application et permettent de convertir les données en une seule fois. Ce n’est pas le cas des formats IFC ou XML qui font deux conversions, une pour exporter les données et une autres pour les importer et qui donc engendre un risque d’erreurs plus important.

 

  • Comment les informations sont organisées pour en faciliter la gestion ?

D’abord, on différencie quatre modèles : le modèle de conception, celui de construction, celui de mise en service et enfin, celui d’utilisation de l’ouvrage. Puis, pour un accès simple et rapide des informations des constituants du modèle, les propriétés décrivant un objet ou un ensemble d’objets sont données par ce qu’on appelle des paramètres ou par des attributs. Les paramètres altèrent l’aspect de l’objet comme sa taille, alors que les attributs ne le modifient pas et sont plutôt considérés comme des données, c’est le cas du poids par exemple. Appliquer des contraintes entre objets est un moyen de réduire le nombre d’erreurs de conception mais il peut ralentir le calcul du logiciel si un trop grand nombre de contraintes est appliqué.

 

  • Quels sont les principaux composants d’une maquette numérique en BIM ?

Un projet est décomposé en plusieurs éléments pour en assurer la qualité. Il y a quatre types de composants : les objets, les assemblages d’objets, les matériaux et les détails. Ces composants peuvent être classés en trois catégories : la primaire, regroupant les constituants de l’ossature du projet, la catégorie secondaire, qui concerne les éléments de conception et la tertiaire, pour des composants de détails. La gestion du projet se fait aussi par la mise en place de convention pour les noms des objets ou des assemblages afin de faciliter leurs identifications et leurs recherches et il convient évidemment d’ajouter seulement les informations utiles.

 

  • Comment est géré l’accès aux données selon les collaborateurs et comment assurer un modèle fiable ?

Un environnement collaboratif implique un partage de document et une gestion de la visibilité des données selon les intervenants. Un coordinateur BIM est affecté au projet pour gérer l’interopérabilité des documents et la sécurité des données. Une étape de ségrégation des données est nécessaire pour déterminer les liaisons entre fichiers. Le processus comprend également une étape de vérification de la qualité de la maquette numérique suivi de la résolution des problèmes ou de la validation des données car les formats de conversion ne sont pas encore totalement fiables et des erreurs peuvent survenir à l’export ou à l’import.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer dans le monde du BTP ?

Le principal changement qui sera apporté par le BIM est la visualisation 3D ainsi que la collaboration étroite entre les acteurs d’un projet. Dans le passé, un ingénieur en structure utilisait Autocad pour réaliser la conception d’une infrastructure. Mais dans un avenir proche, le BIM deviendra incontournable pour échanger des données plus facilement. Via le BIM, les rôles d’Autocad (calcul, modélisation, visualisation) sont conservés et intégrées dans le processus. Un changement majeur dû au BIM est le gain de temps de travail sur un projet. Le BIM va également permettre de diminuer les coûts et faciliter la communication entre les différents intervenants.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les clients ?

Le BIM crée de nombreux avantages pour les clients. Les coûts seront réduits par une meilleure maîtrise du projet, une réduction du temps de réalisation du projet et une meilleure vision ainsi qu’une minimisation de l’impact financier sur une modification. Le modèle 3D présente un support qui facilite la communication avec les intervenants et le public.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les entrepreneurs ?

Les entrepreneurs ont la capacité d’imposer le BIM, ce qui lui permet d’avoir un rôle plus important dans la logistique du projet. La création d’une unique base de données permet d’estimer les quantités de matériaux au plus juste, ainsi l’entrepreneur réalise des économies donc des bénéfices. Par ailleurs, les entreprises visionnent grâce à la maquette numérique l’ensemble du chantier avant la construction et détectent les éventuelles erreurs.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour la maîtrise d’ouvrage ?

La maîtrise d’ouvrage est la plus enclin au changement pour le BIM car cela lui apporte une meilleure vision du projet, ce qui lui permet de corriger les défauts avant qu’ils aient un impact financier. Les logiciels permettent des visualisations 3D et la génération de plans 2D à n’importe quel avancement du projet. En plus de faciliter la collaboration par l’utilisation d’un même modèle 3D, les quantités et coûts peuvent être donnés en temps réel et permettent de connaître l’impact budgétaire d’une modification. Le BIM représente un gain de temps considérable pour les ingénieurs en structure qui vont utiliser les éléments structuraux déjà précisés par l’architecte sans avoir besoin de recréer le modèle et le risque d’erreur en sera diminué.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les fabricants et les fournisseurs ?

En ayant une bonne compréhension du BIM, les fabricants et fournisseurs pourront utiliser directement les modèles BIM pour la fabrication de parties de l’infrastructure comme les armatures par exemple. Leur tâche est alors simplifiée car le modèle BIM contient des informations complémentaires qui pourraient leur être utiles. Cependant, les fabricants et fournisseurs auront besoin d’avoir une bonne connaissance du BIM pour savoir quelles informations leur seront utiles, sans quoi ils crouleront sous les informations inutilisables.

 

  • Comment le BIM intègre la dimension environnementale aux projets ?

Le processus BIM permet de vérifier et d’adapter la conception d’une infrastructure à son environnement pour diminuer au mieux l’impact environnemental. Il permet également de réduire les déchets par une meilleure prévision des quantités de matériaux utilisés. Ainsi le BIM intègre parfaitement les préoccupations actuelles concernant le respect de l’environnement qui vont aller en grandissant.

 

Comment faire pour y aller ?

 

  • Une simple formation suffit-elle à apprendre le fonctionnement du BIM ?

Une formation informative comme celle-ci ne vous apprend pas le fonctionnement réel du BIM, il offre seulement une culture de cette technologie et précise ses avantages. Une formation complète de BIM doit se faire par la pratique sur un ordinateur. C’est une étape d’une longue procédure dans les entreprises.

 

  • Quelle est la procédure à suivre pour implanter le BIM dans une entreprise  ?

Le BIM n’est pas seulement un logiciel à installer sur un ordinateur, c’est un tout. La procédure d’installation du BIM dans une entreprise est un travail de longue haleine. Il faut à la fois acheter du matériel informatique et former le personnel à l’utilisation de nouveaux logiciels de BIM. L’installation du BIM dans une entreprise doit se faire en étapes clairement définies.

 

  • Quelles sont exactement ces étapes ?

Il faut tout d’abord comprendre ce qu’est le BIM et ce qu’il peut apporter à l’entreprise et en quoi l’entreprise est tributaire de cet outil. Pour cela, il faut se baser sur le fonctionnement actuel de l’entreprise. Il faut ensuite définir une stratégie d’implantation. Cette stratégie se décompose en deux parties : une partie sur la formation du personnel et une partie sur le matériel à mettre en place. Une fois la stratégie établie, il faut définir un budget. Puis, il faut commencer la sensibilisation du personnel au BIM ainsi que sa formation. Seulement à ce moment, il faut installer le matériel à proprement parler (logiciel, nouveaux ordinateurs). Enfin, la pratique du BIM dans une entreprise doit toujours se faire accompagner par une personne d’expérience qui sera capable de guider les collaborateurs pour un travail de meilleure qualité.

 

  • Quelles sont les possibilités pour un entrepreneur pour se faire accompagner dans l’implantation du BIM dans son entreprise ?

Par sa complexité, le BIM nécessite de se faire accompagner par des personnes ayant de l’expérience dans ce domaine. Il y a deux solutions possibles pour les entreprises dans le cadre de l’accompagnement dans le BIM. La première solution est de faire appel à un cabinet de conseil spécialisé dans le BIM. Cette opération permettra de sensibiliser le personnel et de le former par la pratique. L’autre solution, qui peut être associée avec la première est d’engager un « spécialiste » du BIM, c’est-à-dire une personne ayant de l’expérience dans ce domaine et qui sera capable d’accompagner les collaborateurs tout au long de leurs projets.

 

  • Le BIM ne risque-t-il pas d’être dépassé avec l’évolution rapide de la technologie ?

L’évolution de la technologie ne va pas dépasser le BIM dans un futur proche puisqu’il est pour l’instant un outil nouveau. Cette évolution ne fera qu’apporter au BIM des compléments et un fonctionnement plus facile. Elle se traduira par des mises à jour sur le logiciel qui seront mineures et n’entraineront pas de réelles difficultés pour ses utilisateurs.

 

 

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Le BIM : Un Enjeu Economique

Dalloul HusseinB3 Structureshussein.dalloul@hotmail.fr Modélisation des Données du Bâtiment 22 décembre 2014

 

Le BIM : Un Enjeu Economique

Dans des projets de plus en plus vastes et complexes, où les marges réalisées par l’entreprise de construction sont de plus en plus serrées, le défit majeur est d’optimiser au maximum les ressources en termes de temps et de budget. Nous nous emploierons, le long de ce devoir, à analyser en quoi la modélisation des données du bâtiment (BIM) est une solution pour le gain de temps et l’économie d’argent. Dans un premier temps, nous évoquerons la coordination des acteurs de la construction. Puis nous expliciterons l’anticipation des difficultés de l’opération. Enfin nous présenterons le BIM comme un outil de gestion du chantier.

  1. Coordination des acteurs

La modélisation des données du bâtiment permet de mettre à profit les technologies actuelles pour réunir l’ensemble des données nécessaires à la réalisation d’un édifice. Il contient les données architecturales telles que l’ameublement, le cloisonnement des espaces, et la nature des éléments d’enveloppe. Il contient aussi les données structurelles de l’ingénierie telles que les éléments porteurs et l’infrastructure. Il contient aussi les installations techniques telles que les équipements de plomberie, d’électricité et de génie climatique. En somme, il s’agit d’un document complet. Par conséquent, les nombreux acteurs du bâtiment ont désormais la possibilité de se fonder sur un seul et même document. Cela évite notamment de produire les plans d’un même projet autant de fois qu’il existe d’acteurs dans l’opération de construire. Ceci se traduit par une économie importante de moyens et de temps de projection. Par ailleurs, la coopération sur le même document des cadres de chacun des acteurs du projet permet d’assurer plus confortablement, et donc plus efficacement, la compatibilité des systèmes mis en œuvre dans chaque discipline.

  1. Anticipation des difficultés

Les difficultés rencontrées dans l’acte de construire sont multiples et ont des conséquences néfastes sur le budget de l’opération. On peut en distinguer deux types : les difficultés à venir dont l’enjeu consiste à les prévoir afin de mieux les résoudre, et les difficultés déjà survenues – mais sans qu’on s’en soit nécessairement aperçu – et dont l’enjeu sera de les identifier le plus rapidement possible avant qu’elles ne remettent en cause le reste de l’opération. Le BIM est un moyen d’anticiper les difficultés à venir comme, par exemple, le plan de démontage d’une grue. Les données spatiales et contextuelles qu’il contient permettent de planifier une telle opération. Plus concrètement : si le conducteur de travaux dispose, durant sont tour de chantier, d’une tablette contenant les données du BIM, il aura la possibilité d’identifier instantanément la moindre erreur dimensionnelle ou d’exécution du gros-œuvre ou même en corps d’états.

III. BIM : un outil de gestion du chantier

Avoir une vue d’ensemble et en temps réel sur les livraisons de matériels effectuées permet aux cadres de savoir à tout moment sur quels fournisseurs focaliser leur attention en cas de retard où de manque de matériel. Cela rend la logistique plus efficace et réduit les pertes de temps et donc d’argent. De même, en ayant une vision globale de l’avancement du chantier en gros œuvre ou en corps d’état, ils pourront mieux gérer les sous-traitants en orientant les travaux vers le plus urgent. Enfin, le BIM atteindrait, selon moi, son apogée d’utilité s’il prévoyait également une définition en temps réel de la quantité, et de la localisation du matériel sur le chantier tel que les banches, les passerelles et les étaiements. Cela permettrait de savoir à tout instant les manutentions les plus urgentes et donc une organisation optimale du temps de la grue.

mots-clés : coordinationanticipationgestionoptimisation

Sources : http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview – http://www.ogerinternational.com/ – « Le BIM qu’est-ce ? » (Renzo Piano)

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