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Le BIM et les petits projets

Pourquoi investir dans le BIM?

Alors que le séminaire sur l’importance d’intégration du BIM au sein des formations de BTP s’est terminé le 5 décembre au lycée Louis Le Grand, il faut se demander pourquoi le BIM n’est il pas plus répandu dans nos entreprises françaises.

Les entreprises de bâtiments sont nombreuses, et 98% d’entre elles sont des PME, parmi elles 86% des TPE. Quand les grands groupes se mettent au numérique, la grande majorité des PME/TPE ne font pas évoluer leur manière de travailler. En effet, le BIM est aujourd’hui un outil de travail pour les grands projets, les projets munis de moyens et de temps qui permettent alors de faire plus de travail en amont. Dans une période de crise comme la notre, les petites structures ne préfèrent investir dans le BIM qui leur demandera formation et temps supplémentaire. Elles préfèrent passer ce temps à trouver leur chantier et utiliser des méthodes connus qui leur assurent un salaire.

Cependant les petites structures ont d’autres craintes, est-ce réellement pertinent pour les petits projets et notamment les maisons individuelles? En effet sur un chantier de grande envergure, beaucoup d’entreprises différentes vont être amenées à travailler ensemble, les interactions seront d’autant plus nombreuses, le prix plus dur à évaluer,… Le BIM a bien sa place et permet de réduire les coûts et de s’assurer du bon fonctionnement de son planning. Mais les entrepreneurs des PME/TPE ne sont pas convaincus par le produit à l’échelle de leur chantier. En effet, 27% des entrepreneurs ne veulent pas l’utiliser et 37% sont ouverts à l’idée mais n’en font rien.

Pourtant 97% des sociétés ayant testé le BIM attestent avoir une retour sur investissement positif (source : McgrawHill Construction). Pourquoi? Tout simplement pour tous les avantages ci-dessous que les entreprises donnent :

Donc, sur un petit comme sur un grand projet, le travail est certes plus long en amont et demande un investissement certain, de formation, de logiciel mais cela permet aux investisseurs de gagner en rentabilité sur le chantier. Il faut d’autant plus en cet période avoir un avantage par rapport aux concurrents : cela passe par le BIM. Une visualisation du projet, une preuve concrète que le chantier n’aura pas d’imprévues : voilà ce que le BIM peut offrir aux petits entrepreneurs. Surtout aujourd’hui, à l’heure où des logiciels permettant le BIM se développent, sont simples d’utilisation, et à la portée de chacun.

Se mettre au BIM, c’est accepter la révolution numérique qui touche le bâtiment, c’est mettre la technologie au service du bâtiment. Beaucoup d’artisans choisissent de rester sur leurs acquis sans vouloir changer leur méthode, mais il faut réaliser que le BIM est un outil développé pour nous, constructeurs et non contre nous.

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La réforme britannique et les différents niveaux BIM

Qu’est-ce que le BIM ?
A l’heure d’aujourd’hui, il est difficile de trouver une définition du BIM acceptée par tous. Voici l’une d’entre elle :
Le BIM est « une technologie qui permet d’obtenir une base de données enrichie, partagée par l’ensemble des acteurs d’un projet qui l’utilisent pour alimenter leurs différents logiciels métier ». En effet, BIM vient de l’anglais « Building Information Model » qu’on peut traduire en français par « Modélisation des données du bâtiment ».
Le concept du BIM part du constat que beaucoup de temps est perdu sur les chantiers à cause des problèmes d’entente et de logistique entre les différents acteurs.
On définit plusieurs dimensions pour le BIM : trois dimensions pour décrire le projet dans l’espace, une quatrième dimension pour le temps, une cinquième dimension pour le coût, et on commence à parler de sixième et septième dimension pour décrire d’autres aspects comme le développement durable et la durée de vie du bâtiment.

En Europe, c’est le Royaume-Uni qui se place à l’avant-garde dans le domaine du BIM. Le gouvernement imposera d’ici 2016 de fournir à tout projet de construction un BIM de niveau 2. L’objectif du gouvernement britannique est de réduire le coût de la construction des projets de 20% ainsi que l’emprunte carbone qu’ils dégagent.
Nous allons voir les différents niveaux BIM, ce qui nous permettra de comprendre plus précisément les attentes du gouvernement britannique et l’éventuel avenir du BIM.

Niveau 0 : Ce niveau signifie qu’il n’y a pas de collaboration entre les différents acteurs. Seule la CAO en deux dimensions est utilisée.
La production et la distribution se fait par papier et/ou numériquement. De nos jours, la grande majorité de l’industrie est déjà bien en avance sur ce niveau.

Niveau 1 : Ce niveau comprend typiquement un mélange de CAO en trois dimensions pour les travaux conceptuels et en deux dimensions pour les documents liés à la réglementation et à la production.
Actuellement, c’est le niveau auquel fonctionne la plupart des entreprises bien qu’il n’y ait pas de collaboration entre les différents acteurs où chacun publie et gère ses propres données.

Niveau 2 : Il se distingue du niveau 1 par le travail collaboratif. Tous les différents collaborateurs utilisent leurs propres modèles de CAO 3D mais sans forcément travailler sur un modèle unique et partagé.
Les informations concernant la conception sont réunies dans un fichier commun ce qui permet à toute l’organisation d’être en mesure de combiner ces données aux leurs afin de réaliser un modèle BIM commun et de le contrôler.
C’est ce niveau de BIM que le gouvernement britannique a imposé aux marchés publics pour 2016.

Niveau 3 : C’est l’objectif ultime que l’on souhaite atteindre lorsqu’on parle de BIM. Il représente une totale collaboration entre tous les acteurs par l’intermédiaire d’un modèle unique de projet partagé et centralisé. Toutes les parties peuvent accéder et modifier ce modèle qui possède l’avantage d’éliminer toutes les informations contradictoires.
Ce niveau est également connu comme « Open BIM ». Le gouvernement britannique souhaiterait imposer cette norme dans le secteur public pour 2019.

Et la France dans tout ça ?
Cécile Duflot a communiqué dans le Moniteur que le gouvernement « va progressivement rendre obligatoire la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017 ». La France a donc pour intention de s’aligner avec le Royaume-Uni dans le domaine du BIM dont les objectifs sont cruciaux : construire moins cher, plus vite et obtenir plus de parts de marché.

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