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LE BIM NE DOIT PAS SE LIMITER A UN OUTIL

      De tout temps l’Homme s’est muni d’outils pour avancer, il les a façonné, les a pensé et a vécu à ses côté. On pense que l’homme domine l’outil car il le précède mais des études montrent qu’également : l’outil fait l’Homme. Le BIM est un enjeu majeur aujourd’hui dans la conception des bâtiments. C’est un réel progrès et une chance pour le domaine de la construction. Il est donc légitime de se demander en quelle mesure le BIM risque de façonner le monde de la construction, de sorte que le BIM se place dans l’inconscient et menace l’innovation future.

       Cette capacité de l’Homme à inclure dans sa perception spatiale un objet est admise depuis longtemps. Nécessaire pour l’évolution, cette capacité nous permet de voir l’outil comme un prolongement de nôtre corps, ainsi nous pouvons manger à l’aide de couverts sans se blesser le palais ou la langue car nous prenons conscience de leur présence. L’outil est également reconnu comme un marqueur très riche. En effet la Préhistoire s’organise autour de lui ; les outils les plus complexes et les plus performants concordent avec un Homme de plus en plus « évolué ». La présence d’outils a souvent permis de définir si tel fossile était celui d’un humain ou celui d’un chimpanzé. Á chaque grande culture de la préhistoire correspondait un type d’homme préhistorique avec la certitude que, si l’on trouve des outils en pierre taillée, alors il y avait des hommes. Autrement dit, l’outil était un prolongement de l’Homme.  L’outil faisait donc l’homme. Pour se rapprocher de notre temps on peut prendre l’exemple des artistes qui questionnent sans cesse l’outil académique pour rappeler à quel point il conditionne l’œuvre. Ainsi les œuvres de peintres contemporains réalisées sans autres outils que leurs corps permettent de rappeler le déterminisme que possède l’outil (ici le pinceau) sur le résultat final. L’exemple d’Autocad est également important ; selon de nombreux théoriciens d’architecture ce logiciels à bridé la liberté du plan au détriment d’une orthogonalité automatique que serait un nonchoix, une simple facilité.

      Pour revenir sur le BIM, il serait donc dangereux de le considérer comme un simple outil au vu des exemples précédents. Le BIM a pour ambition de ne pas se limiter à un outil de conception, c’est surtout un outil de gestion de projet piloté par un BIM Manager qui va offrir des nouveaux horizons aux entreprises. Les chantiers se doivent de monter en complexité pour englober de plus en plus de contraintes qu’elles soient techniques, environnementale, etc. Ainsi beaucoup de travaux sont interdépendants et on ne peut plus se permettre de raisonner exclusivement en 2D de façon séquentiel. Le BIM c’est principalement une interface d’échanges numériques où les différents intervenants se côtoient pour coordonner le projet au mieux. Il a pour vocation d’enrichir les possibles et faciliter le dialogue et la compréhension. Il faut cependant être vigilant dans le pilotage du projet pour que le BIM ne se limite pas à un outil de conception qui déterminerait trop fortement le résultat final.

Mot clefs : BIM, Homme, liberté, innovation, danger, outil.

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Le BIM appliqué à l’exploitation des constructions

Le Building Information Modeling est un outil informatisé qui accumule toutes les informations relatives à une structure au sein d’une maquette virtuelle, et qui sert de support aux concepteurs, et aux constructeurs. Mais on peut intégrer une analyse plus vaste sur le cycle de vie du projet au sein à ces informations numériques.

Aux données de volume, de résistance, de thermique ou d’acoustique ; on peut aussi bien ajouter les surfaces spécifiques à telle ou telle activité, ou les calculs de la durée de vie des équipements et des éléments. Ainsi, si les bâtiments ne sont pas encore « intelligents » en eux-même, il existe pour les projets qui sont supportés par ce nouvel outil un avatar ergonomique informatique qui vit au même rythme que ceux-ci.

L’exploitant possède alors une base de données mobile dotée de nombreux avantages. Parmi eux, la capacité d’émettre des alertes liées à des actions d’entretien à effectuer réglementairement ou la visualisation des dépenses énergétiques en temps réel sont des outils de gestion et d’optimisation économique et environnementale dans leur dimension temporelle. Les frais de gestion en sont d’autant diminués : à la clé, la Fédération Française du bâtiment estime les gains à 2,3€ par mètre carré et par an, soit autour de 7% d’économie sur l’entretien d’un parc immobilier.

Mais la condition de mise à jour de tout ce parc virtuel constitue un enjeu pour garantir l’efficacité de ce système. Ainsi la fiabilité de la méthode reste relative à l’attention du gestionnaire et ne doit pas empêcher les vérifications d’entretien directement sur site.

Par ailleurs, cette innovation nécessite un investissement initial non négligeable : le coût de cet outil informatique reste encore alourdi par les firmes novatrices. De plus, le système étant jeune, il n’est pas encore à l’abri de défaillances et n’a pas encore fait ses preuves sur le long terme. On comprend donc que les collectivités soient encore timides face à ces méthodes émergentes.

Mais en dehors de ces contraintes inhérentes à toute forme d’innovation, la méthode souffre en particulier des problèmes de compatibilité entre formats informatiques. Pour un outil qui se veut mobile et interprofessionnel, il faut encore développer un format de documents informatiques stable et qui supporte les transferts entre logiciels différents. De plus, la quantité et la complexité des informations manipulées nécessitent du matériel informatique de bonne qualité et des personnes formées, chez tous les intervenants et tout au long de la vie du bâtiment, jusqu’à sa déconstruction.

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Le BIM : outil numérique de la coordination

Le BIM est une innovation majeure dans le monde de la construction. Il engendrera, dans les décennies à venir, des transformations importantes dans la gestion des projets.

Initiée par le secteur de l’industrie, dans des domaines tels que l’aéronautique ou l’automobile, la maquette numérique est le fruit d’une recherche de précision, de qualité, de coordination entre les différents acteurs d’un projet. Adapter cette maquette au monde du bâtiment n’est cependant pas chose aisée ; en effet, les acteurs y sont plus diffus, peuvent avoir des intérêts divergents. Les tensions entre les différents corps de métiers, qui travaillent ensemble mais peinent parfois à se comprendre, rendent difficile la centralisation de données. A chaque corps de métiers son ou ses logiciels, ses codes de représentation… Il paraît difficile de pousser chacun de ces acteurs vers l’apprentissage d’une langue commune, permettant une représentation globale.

C’est pourtant l’objectif que poursuit le BIM. Il est temps de révolutionner le monde du bâtiment, de dépoussiérer les habitudes de chacun, pour se mettre au service de l’efficacité. Une efficacité dans tous les domaines : sur le plan de la communication, le BIM limite le processus séquentiel qui fait que les mêmes informations sont saisies par chaque corps de métiers, entraînant une perte d’informations en passant d’un modèle à un autre, une perte de temps et donc d’argent. C’est une optimisation, un processus concourant et collaboratif qui permet à chacun de partager son avancement, les points bloquants, de révéler les discordances entre les études de deux corps d’état. Ainsi, la maquette permet une optimisation en amont : les erreurs sont corrigées, car repérées avant même le début du chantier. Sur le plan de l’efficacité économique, ce travail en amont du chantier optimise les coûts, mais permet aussi, grâce à une connaissance plus poussée du futur bâtiment, une plus large préfabrication de ses éléments. Ainsi, les mondes du bâtiment et de l’industrie se rejoignent dans une volonté de qualité, de précision, pour une construction moins sujette aux aléas, plus rapide et moins chère.

Enfin, sur le plan de l’efficacité écologique, le BIM rassemble depuis le Grenelle de 2010 tous les acteurs du bâtiment autour d’un objectif commun: il ouvre la perspective d’un bâtiment géré de sa conception à son recyclage par le biais de sa maquette numérique, à une époque dans laquelle concevoir chaque objet en cycle de vie global est devenu une nécessité. Dès sa conception, le bâtiment est pensé en prenant en compte le confort final de l’utilisateur. La maquette numérique permet dès les premières phases de faciliter les études thermiques, ou encore d’optimiser les équipements du bâtiment. De même, l’impact chantier est réduit grâce à l’optimisation des ressources et des méthodes développées en amont.

Le BIM représente donc le futur du bâtiment, promettant efficacité et coordination optimisée entre les différents corps de métier. Son champ d’action semble si vaste qu’il est difficile d’imaginer pourquoi cette maquette ne s’est pas répandue plus vite, plus démocratiquement : de l’étude de prix à la conception, en passant par les moindres détails et calculs structurels, c’est un outil puissant, qu’il faut encore développer afin de la rendre accessible à tous, compatible avec les logiciels de chacun. Il faudrait, dans le futur, gérer les interfaces entre les différents modèles exportés dans l’environnement BIM, ou encore lui conférer une valeur juridique, mais le plus gros blocage face à cette technologie semble encore être le facteur humain : les mentalités doivent évoluer dans le secteur du bâtiment, chacun doit se former pour s’orienter vers cette transparence, cette rigueur, pour la qualité du projet final.

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