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Filière et évolution : l’arrivée du BIM dans la construction

Lente évolution d’un secteur aux entreprises extrêmement variées

La filière du bâtiment est différente dans sa constitution de celle de l’industrie ou de celle des services, comment va-t-elle pouvoir intégrer une évolution si forte comme celle que représente le BIM (Building Information Modeling)

Dans l’actualité du bâtiment, le BIM est un des sujets les plus en vogue. Les grandes entreprises se lancent dans l’aventure sans réserve. Elles s’équipent, se forment, réorganisent leurs services. La machine est en marche, et le BIM trouve sa place. Au sein des leaders français de la construction, les services de recherches et développement mais aussi d’informatique sont prêts à mettre en place cette révolution qui demande des moyens importants.

Plusieurs exemples de grandes réalisations ont vu le jour à l’aide du développement de ce nouvel outil. La fondation Louis Vuitton en est l’exemple le plus marquant. Vinci, leader mondial de la construction s’est lancé avec sa branche Grand Projet, dans la conception technique grâce à la maquette numérique. La complexité de l’ouvrage et de sa réalisation ont motivé ce choix. L’expérience du BIM est donc ici un outil indispensable qui a organisé l’ensemble des échanges entre les partenaires. Les autres leaders français du BTP ont également développé les compétences en interne pour pouvoir intégrer ce nouvel outil à leur travail.

Certains appels d’offres obligent maintenant la création d’une maquette numérique, les maîtres d’ouvrage privés ont pour certains compris leur intérêt. La formation des acteurs devient alors primordiale. Les institutions se mobilisent activement, la FFB (Fédération Française du Bâtiment) en tête. Dans un communiqué de presse du 9 décembre, le président Jacques Chanut insiste sur la possibilité d’accès et d’apprentissage des acteurs quelque soit la taille de leur structures. M. Chanut expose l’engagement de la fédération : «Nous devons veiller à ce que le BIM soit accessible à moindre coût aux PME et aux artisans et qu’il laisse aux entreprises toute latitude pour apporter leur plus-value technique en phase d’exécution.» Voilà l’enjeu majeur : la formation des acteurs de la filière n’ayant pas les moyens de développer les compétences seuls comme les grands groupes au sein de leurs propres entreprises.

Sur les 374 000 entreprises de bâtiment en France, seul 1,7% ont plus de 50 salariés [Sources FFB, juin 2014]. Cette filière est composée d’une multitude de PME et TPE. Pour des entreprises de petite taille, l’évolution technologie n’est pas évidente, d’abord elle demande des moyens financiers importants et ensuite elle impose de former les gens et cela prend du temps. On comprend alors bien que l’enjeu de la FFB est de ne pas laisser ces 367642 entreprises quelque soit leur taille sur le coté, en marge de cette évolution du secteur. En leur apportant la formation, la FFB permettra à ces entreprises de pouvoir continuer à discuter avec les leaders de la filière qui seront passés, eux à un autre langage, celui du BIM.

Autre institution du bâtiment, le CSTB ( Centre scientifique et technique du bâtiment ) s’est également mobilisé pour venir en aide aux entreprises au cœur de ce tournant technologique. Dans un rapport remis le 2 décembre au ministre du logement, le président du CSTB insiste: «La maquette numérique est l’innovation majeure dans le secteur, car elle impacte tous les métiers». Tous ces métiers vont avoir besoin d’être accompagnés. Les inconditionnels de la maquette numérique, la voie comme un élément fédérateur des différents intervenants d’un projet, permettant un dialogue plus simple et plus facile, dialogue de l’étude au dossier des ouvrages exécutés.

Sur un chantier, à coté des grands groupes d’entreprise générale se greffent un nombres importants de sous-traitants en second œuvre mais également en gros œuvre. Pour que le BIM ne soit pas qu’un nouvel outil d’étude, mais vienne jusqu’au DOE modifier la manière de travailler, il faudra que ces entreprises de sous-traitance, PME et TPE dont parle la FFB et le CSTB soient elles aussi prêtes à transformer leurs méthodes de travail. Une partie de la réussite de cette évolution technologie sera dans la capacité des petites et moyennes entreprises à s’approprier le BIM pour pouvoir participer avec leurs compétences et leur savoir-faire à un modèle 3D au plus prêt de la réalité projetée et réalisée.

L’enjeu est de taille, le gain attrayant, mais c’est toute une filière qui devra ensemble évoluer pour que tous les acteurs y gagnent.

 

 

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Le BIM et les petits projets

Pourquoi investir dans le BIM?

Alors que le séminaire sur l’importance d’intégration du BIM au sein des formations de BTP s’est terminé le 5 décembre au lycée Louis Le Grand, il faut se demander pourquoi le BIM n’est il pas plus répandu dans nos entreprises françaises.

Les entreprises de bâtiments sont nombreuses, et 98% d’entre elles sont des PME, parmi elles 86% des TPE. Quand les grands groupes se mettent au numérique, la grande majorité des PME/TPE ne font pas évoluer leur manière de travailler. En effet, le BIM est aujourd’hui un outil de travail pour les grands projets, les projets munis de moyens et de temps qui permettent alors de faire plus de travail en amont. Dans une période de crise comme la notre, les petites structures ne préfèrent investir dans le BIM qui leur demandera formation et temps supplémentaire. Elles préfèrent passer ce temps à trouver leur chantier et utiliser des méthodes connus qui leur assurent un salaire.

Cependant les petites structures ont d’autres craintes, est-ce réellement pertinent pour les petits projets et notamment les maisons individuelles? En effet sur un chantier de grande envergure, beaucoup d’entreprises différentes vont être amenées à travailler ensemble, les interactions seront d’autant plus nombreuses, le prix plus dur à évaluer,… Le BIM a bien sa place et permet de réduire les coûts et de s’assurer du bon fonctionnement de son planning. Mais les entrepreneurs des PME/TPE ne sont pas convaincus par le produit à l’échelle de leur chantier. En effet, 27% des entrepreneurs ne veulent pas l’utiliser et 37% sont ouverts à l’idée mais n’en font rien.

Pourtant 97% des sociétés ayant testé le BIM attestent avoir une retour sur investissement positif (source : McgrawHill Construction). Pourquoi? Tout simplement pour tous les avantages ci-dessous que les entreprises donnent :

Donc, sur un petit comme sur un grand projet, le travail est certes plus long en amont et demande un investissement certain, de formation, de logiciel mais cela permet aux investisseurs de gagner en rentabilité sur le chantier. Il faut d’autant plus en cet période avoir un avantage par rapport aux concurrents : cela passe par le BIM. Une visualisation du projet, une preuve concrète que le chantier n’aura pas d’imprévues : voilà ce que le BIM peut offrir aux petits entrepreneurs. Surtout aujourd’hui, à l’heure où des logiciels permettant le BIM se développent, sont simples d’utilisation, et à la portée de chacun.

Se mettre au BIM, c’est accepter la révolution numérique qui touche le bâtiment, c’est mettre la technologie au service du bâtiment. Beaucoup d’artisans choisissent de rester sur leurs acquis sans vouloir changer leur méthode, mais il faut réaliser que le BIM est un outil développé pour nous, constructeurs et non contre nous.

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La formation des architectes au BIM

Une utilisation conjointe du BIM (bâtiment et information modélisés) par la maîtrise d’oeuvre, la maîtrise d’ouvrage et  l’entreprise offrent plusieurs avantages lors de la conception et de la réalisation d’un projet. On peut citer par exemple la réduction des conflits lors de la construction de l’édifice et l’amélioration de la compréhension collective de l’intention de conception, aboutissant à un projet global de meilleur qualité, mieux pensé et mieux construit.

L’emploi du BIM dans le monde du bâtiment ne peut pas se faire sans une formation aux outils et aux méthodes de travail. Parmi les corps de métier du bâtiment, c’est certainement chez les architectes que l’acquisition de compétences liées au BIM est la plus compliquée, même si leur intérêt pour cette façon de concevoir est grandissant.
Aucune école d’architecture ne propose encore de cours liés au BIM, sauf celle de Toulouse, alors que plusieurs écoles d’ingénieur ont déjà mis en place des formations de qualité.
De plus, les agences d’architecture sont en grande majorité de petites structures. Dans la récente étude du Moniteur, on observe que les agences comprennent en moyenne 1,7 salarié et la médiane
se situe même dans la tranche « aucun salarié ». Le nombre de projet et le chiffre d’affaire des agence diminuant sensiblement avec la crise financière, il est très compliqué pour les architectes de se doter des logiciels BIM et de proposer à leurs salariés une bonne formation.
On retrouve ces difficultés dans les récents chiffres publiés dans l’article du Moniteur : au cours des douze dernier mois, seuls 3% des architectes ont suivi une formation au BIM. Ce chiffre reste faible
et il pourrait être augmenté si les agences avaient plus de moyens, car l’étude déclare que 18% des architectes aimeraient s’y former prochainement.

On peut donc espérer un développement du BIM chez les architectes quand le domaine du bâtiment commencera à sortir de la crise. En parallèle, il serait très bénéfique de mettre en place des formation au BIM poussées dans les écoles d’architecture.

Sources :
– L’Ecole numérique. « Qui s’intéresse au BIM en France » [en ligne] disponible sur : http://www.cndp.fr/ecolenumerique/tous-les-numeros/numero-11-mars-2012/experimenter-simuler-modeliser-ensciences- et-technologies/article/article/qui-sinteresse-au-bim-en-france.html
– Le Moniteur. « Les architectes cruellement touchés par la crise » [en ligne] disponible sur http://www.lemoniteur.fr/153-profession/article/actualite/26364224-les-architectes-cruellement-touches-par-lacrise?26364252=26364235#26364252. Mis en ligne le 28.11.2014

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