Archives du mot-clé coordination

Le BIM : Un Enjeu Economique

Dalloul HusseinB3 Structureshussein.dalloul@hotmail.fr Modélisation des Données du Bâtiment 22 décembre 2014

 

Le BIM : Un Enjeu Economique

Dans des projets de plus en plus vastes et complexes, où les marges réalisées par l’entreprise de construction sont de plus en plus serrées, le défit majeur est d’optimiser au maximum les ressources en termes de temps et de budget. Nous nous emploierons, le long de ce devoir, à analyser en quoi la modélisation des données du bâtiment (BIM) est une solution pour le gain de temps et l’économie d’argent. Dans un premier temps, nous évoquerons la coordination des acteurs de la construction. Puis nous expliciterons l’anticipation des difficultés de l’opération. Enfin nous présenterons le BIM comme un outil de gestion du chantier.

  1. Coordination des acteurs

La modélisation des données du bâtiment permet de mettre à profit les technologies actuelles pour réunir l’ensemble des données nécessaires à la réalisation d’un édifice. Il contient les données architecturales telles que l’ameublement, le cloisonnement des espaces, et la nature des éléments d’enveloppe. Il contient aussi les données structurelles de l’ingénierie telles que les éléments porteurs et l’infrastructure. Il contient aussi les installations techniques telles que les équipements de plomberie, d’électricité et de génie climatique. En somme, il s’agit d’un document complet. Par conséquent, les nombreux acteurs du bâtiment ont désormais la possibilité de se fonder sur un seul et même document. Cela évite notamment de produire les plans d’un même projet autant de fois qu’il existe d’acteurs dans l’opération de construire. Ceci se traduit par une économie importante de moyens et de temps de projection. Par ailleurs, la coopération sur le même document des cadres de chacun des acteurs du projet permet d’assurer plus confortablement, et donc plus efficacement, la compatibilité des systèmes mis en œuvre dans chaque discipline.

  1. Anticipation des difficultés

Les difficultés rencontrées dans l’acte de construire sont multiples et ont des conséquences néfastes sur le budget de l’opération. On peut en distinguer deux types : les difficultés à venir dont l’enjeu consiste à les prévoir afin de mieux les résoudre, et les difficultés déjà survenues – mais sans qu’on s’en soit nécessairement aperçu – et dont l’enjeu sera de les identifier le plus rapidement possible avant qu’elles ne remettent en cause le reste de l’opération. Le BIM est un moyen d’anticiper les difficultés à venir comme, par exemple, le plan de démontage d’une grue. Les données spatiales et contextuelles qu’il contient permettent de planifier une telle opération. Plus concrètement : si le conducteur de travaux dispose, durant sont tour de chantier, d’une tablette contenant les données du BIM, il aura la possibilité d’identifier instantanément la moindre erreur dimensionnelle ou d’exécution du gros-œuvre ou même en corps d’états.

III. BIM : un outil de gestion du chantier

Avoir une vue d’ensemble et en temps réel sur les livraisons de matériels effectuées permet aux cadres de savoir à tout moment sur quels fournisseurs focaliser leur attention en cas de retard où de manque de matériel. Cela rend la logistique plus efficace et réduit les pertes de temps et donc d’argent. De même, en ayant une vision globale de l’avancement du chantier en gros œuvre ou en corps d’état, ils pourront mieux gérer les sous-traitants en orientant les travaux vers le plus urgent. Enfin, le BIM atteindrait, selon moi, son apogée d’utilité s’il prévoyait également une définition en temps réel de la quantité, et de la localisation du matériel sur le chantier tel que les banches, les passerelles et les étaiements. Cela permettrait de savoir à tout instant les manutentions les plus urgentes et donc une organisation optimale du temps de la grue.

mots-clés : coordinationanticipationgestionoptimisation

Sources : http://www.autodesk.fr/solutions/building-information-modeling/overview – http://www.ogerinternational.com/ – « Le BIM qu’est-ce ? » (Renzo Piano)

Share Button

Le BIM sera-t-il un outil accessible pour les PME et les artisans ?

Nous vivons actuellement un vrai développement des outils numériques dans la filière de la construction en général. Dans un contexte économique tendu, l’arrivée de méthodes d’industrialisation des filières de l’automobile, nous pousse à revoir nos méthodes de conception, dans le but d’optimiser au mieux et de prévoir au plus tôt les différentes phases d’un projet.

Les outils numériques 3D ne sont pas nouveaux dans le bâtiment, mais l’apparition du Building Information Modeling (BIM), en a complètement changé l’utilisation. Ces outils servaient avant tout à une conception artistique dans la construction, dorénavant ce seront des éléments clés. Véritable plateforme de coordination ils permettront de prévoir et d’organiser toutes les phases de chantier. Ils permettront de définir méticuleusement les marchés pour les différents corps d’état. Mais encore plus loin, les plans dessinés avec ces logiciels pourront être réutilisés et suivre la vie du projet et servir dans une réhabilitation. On en arrive même à évoquer la 4D, en rajoutant une échelle de temps intégrée aux logiciels, et de 5D avec une échelle budgétaire pour contrôler au mieux le budget en amont.

On l’a donc vu, le BIM est outil qui regroupe de nombreux logiciels, de nombreuses fonctionnalités sur une plateforme quasi-unique, cela demande donc de nouvelles compétences informatiques. Cette innovation pourrait être comparée aux Eurocodes qui nécessiteront un échange de connaissance contre expérience entre la nouvelle génération d’ingénieur et la précédente. Qui dit nouvelles compétences, dit formations, nouveaux logiciels et nouveaux processus et donc coûts supplémentaires et pertes de rendements. Il est donc normal que les petites et moyennes entreprises (PME) soient d’abord réticentes à ces outils qui semblent compliquer le travail plus qu’autre chose.

Pourtant les PME ont plusieurs avantages face aux grands groupes, la taille de leur structure étant plus petite, il y est plus facile et rapide de développer de nouveaux processus indispensable au développement du BIM. Ces entreprises seront de plus en plus impliquées dans la maitrise de la consommation énergétique des habitations, et le BIM est un formidable outil à ce sujet. Les erreurs de conception n’existent pas que dans les grands projets, le BIM permet de détecter toutes les interférences et de les corriger avant le début de la construction et donc de gérer au mieux le budget. Il devient un support de communication indispensable, le développement des imprimantes 3D ou des lunettes immersives annonce plusieurs nouvelles applications, comme l’utilisation de la réalité augmentée que cela soit avec des lunettes ou une tablette, le client pourra exactement voir comment sera implantée sa future maison et suivre les différentes étapes de la construction. Le gouvernement a de plus annoncé qu’il débloquerait 20 millions d’Euros pour aider le secteur du bâtiment, notamment les PME et les artisans, à se numériser. Les entreprises qui adopteront le BIM seront prêtes et auront un net avantage face à leurs concurrents.

Sources :

Share Button

LE BIM EN 4C ET 3M

Le BIM («Building Information Modeling») fait référence à un ensemble de méthodologies de travail et d’outils qui se servent d’une ou plusieurs bases de données avec toute l’information du bâtiment à concevoir, construire ou utiliser, et qui se caractérise par une utilisation de cette information de forme coordonnée, cohérente, comptable et continue.

Coordination. Dans les modèles CAD conventionnels, l’actualisation de l’information fournie par chacun des acteurs qui interviennent dans le développement d’un projet doit se faire manuellement, et entraine de fortes pertes de temps et d’éventuelles erreurs. Cependant, les modèles BIM automatisent la coordination de l’information d’un projet et permettent, par exemple à un architecte et à un ingénieur de structures, de travailler simultanément dans le même projet et assurent que l’information actualisée par l’un des deux est disponible automatiquement pour l’autre.

Cohérence. Le BIM emploie la technologie des objets pour réduire le nombre de modèles et les mettre en relation automatiquement. Ces objets ne sont pas des représentations mais des éléments définis selon leurs caractéristiques, lesquelles, par la suite sont générées et représentées à travers une multiplicité de vues spécialisées. De ce fait, le BIM est plus avantageux que les systèmes CAD, dans lesquels il faut investir beaucoup de temps pour garantir que les divers modèles qui constituent le projet sont cohérents les uns avec les autres.

Comptabilité. Un autre aspect important de cette technologie est la capacité de pouvoir compter et quantifier les paramètres non formels d’un bâtiment, contrairement aux outils de représentation traditionnels. De ce fait, il n’est pas seulement possible de réaliser des métrés, mais aussi de comptabiliser d’autres caractéristiques, comme par exemple les volumes d’air, la consommation énergétique, etc.

Continuité. Finalement, la technologie BIM permet mml’étude du bâtiment pendant tout son cycle de vie: conception, production et exploitation. Ainsi dans le futur les utilisateurs pourront accéder aux informations dont ils auront besoin pour, par exemple, planifier l’entretien du bâtiment ou réaliser la réparation d’une installation particulière.

Pour pouvoir se servir de la technologie BIM, il est nécessaire de mettre en place des applications BIM. Ces applications se caractérisent par trois performances: la technologie multiparamétrique, le travail multidisciplinaire et le cadre multivue.

Multiparamétrique. Les objets qui composent le modèle d’une application BIM sont conçus selon une multitude de paramètres, qui permettent de modifier non seulement leur aspect apparent mais aussi d’autres caractéristiques comme la couleur, le matériau, le poids… voire la relation avec d’autres objets. De cette façon, chaque objet est créé en fonction de ce qui le rend unique et de ce qui le rend dépendant du reste des objets, en obtenant un modèle beaucoup plus adaptable à de futures modifications.

Multidisciplinaire. Ces objets dont on vient de parler contiennent diverses informations qui sont d’utilité pour les différents acteurs du projet. Selon le degré de multidisciplinarité du modèle BIM, il est donc possible pour les différents acteurs de travailler directement et plus efficacement sur le même modèle BIM.

Multivue. Un des plus importants avantages des applications BIM est que toutes les représentations des différents aspects peuvent s’automatiser et s’obtenir de forme immédiate. Toutes ces vues proviennent du même modèle, et il est donc possible qu’elles soient toujours coordonnées entre elles et actualisées. Ces vues ne se limitent pas au seul plan de représentation graphique sous la forme de dessins, mais aussi à la création de représentations alphanumériques, tels que tableaux, schémas, etc. La conclusion qu’on peut en tirer c’est que l’on remplace les vues traditionnelles, uniques et très travaillées, par une multiplicité de vues qui permettent de mieux comprendre la chose.

Il est clair que l’implémentation du BIM est une décision stratégique qui s’achemine vers l’amélioration de la compétitivité. Le processus de migration du CAD au BIM sera lent au début, mais il se développera de forme exponentielle. En raison de la complexité et de l’intérêt conceptuel de ces outils, le monde académique ne doit pas laisser passer la possibilité d’y participer.

Expérience personnelle

Dans le cadre de cette dernière conclusion, j’ai profité de l’opportunité de participer dans l’un des cours facultatifs de BIM proposés par l’ESTP, concrètement celui de Tekla Structures, qui m’a servi de base pour rédiger cet article, et dont je montre mes premiers pas ci-dessous:

 

Tekla 1 Tekla 2

Mots clés: coordination, cohérence, comptabilité, continuité, multiparamétrique, multidisciplinaire, multivue.

Share Button

Le BIM : outil numérique de la coordination

Le BIM est une innovation majeure dans le monde de la construction. Il engendrera, dans les décennies à venir, des transformations importantes dans la gestion des projets.

Initiée par le secteur de l’industrie, dans des domaines tels que l’aéronautique ou l’automobile, la maquette numérique est le fruit d’une recherche de précision, de qualité, de coordination entre les différents acteurs d’un projet. Adapter cette maquette au monde du bâtiment n’est cependant pas chose aisée ; en effet, les acteurs y sont plus diffus, peuvent avoir des intérêts divergents. Les tensions entre les différents corps de métiers, qui travaillent ensemble mais peinent parfois à se comprendre, rendent difficile la centralisation de données. A chaque corps de métiers son ou ses logiciels, ses codes de représentation… Il paraît difficile de pousser chacun de ces acteurs vers l’apprentissage d’une langue commune, permettant une représentation globale.

C’est pourtant l’objectif que poursuit le BIM. Il est temps de révolutionner le monde du bâtiment, de dépoussiérer les habitudes de chacun, pour se mettre au service de l’efficacité. Une efficacité dans tous les domaines : sur le plan de la communication, le BIM limite le processus séquentiel qui fait que les mêmes informations sont saisies par chaque corps de métiers, entraînant une perte d’informations en passant d’un modèle à un autre, une perte de temps et donc d’argent. C’est une optimisation, un processus concourant et collaboratif qui permet à chacun de partager son avancement, les points bloquants, de révéler les discordances entre les études de deux corps d’état. Ainsi, la maquette permet une optimisation en amont : les erreurs sont corrigées, car repérées avant même le début du chantier. Sur le plan de l’efficacité économique, ce travail en amont du chantier optimise les coûts, mais permet aussi, grâce à une connaissance plus poussée du futur bâtiment, une plus large préfabrication de ses éléments. Ainsi, les mondes du bâtiment et de l’industrie se rejoignent dans une volonté de qualité, de précision, pour une construction moins sujette aux aléas, plus rapide et moins chère.

Enfin, sur le plan de l’efficacité écologique, le BIM rassemble depuis le Grenelle de 2010 tous les acteurs du bâtiment autour d’un objectif commun: il ouvre la perspective d’un bâtiment géré de sa conception à son recyclage par le biais de sa maquette numérique, à une époque dans laquelle concevoir chaque objet en cycle de vie global est devenu une nécessité. Dès sa conception, le bâtiment est pensé en prenant en compte le confort final de l’utilisateur. La maquette numérique permet dès les premières phases de faciliter les études thermiques, ou encore d’optimiser les équipements du bâtiment. De même, l’impact chantier est réduit grâce à l’optimisation des ressources et des méthodes développées en amont.

Le BIM représente donc le futur du bâtiment, promettant efficacité et coordination optimisée entre les différents corps de métier. Son champ d’action semble si vaste qu’il est difficile d’imaginer pourquoi cette maquette ne s’est pas répandue plus vite, plus démocratiquement : de l’étude de prix à la conception, en passant par les moindres détails et calculs structurels, c’est un outil puissant, qu’il faut encore développer afin de la rendre accessible à tous, compatible avec les logiciels de chacun. Il faudrait, dans le futur, gérer les interfaces entre les différents modèles exportés dans l’environnement BIM, ou encore lui conférer une valeur juridique, mais le plus gros blocage face à cette technologie semble encore être le facteur humain : les mentalités doivent évoluer dans le secteur du bâtiment, chacun doit se former pour s’orienter vers cette transparence, cette rigueur, pour la qualité du projet final.

Share Button