Archives du mot-clé conception

Le BIM, outils de communication

Dans le domaine de la conception et de la réalisation d’ouvrage en BTP, la communication entre ses différents acteurs est un des enjeux primordial du processus. Tous les corps de métier doivent être en mesure de dialoguer dans un langage connu et compris par tous, et c’est une chose que la modélisation numérique permet d’améliorer.

Que ce soit entre les architectes et les ingénieurs, les conducteurs de travaux et les chefs de chantier des différents lots, pouvoir échanger autour de documents précis et compréhensibles par tous peut faire toute la différence. Avec le BIM, les plans et données sont facilement accessibles et modifiables, et d’une grande lisibilité. Cette technologie permet un gain de temps dans la conception et la modification d’un bâtiment, et de pouvoir normaliser et harmoniser la représentation. Il réconcilie l’aspect technique et l’aspect architectural de la conception en permettant à la fois une grande précision de tous les aspects esthétiques comme techniques, en même temps que des possibilités de calculs et de mesures, et favorise ainsi la collaboration des équipes.

Un outil pratique

La modélisation numérique sert tout le long de la vie d’un chantier et à tous les niveaux, de la modélisation des avancements et des cadences à la gestion des levées de réserve avant la livraison. Elle permet en plus d’éviter la multiplication des documents papiers au fur et à mesure de l’avancement et des modifications, et d’avoir une vision claire des objectifs et du futur ouvrage.

Pas un remplaçant, mais un complément

Le BIM reste avant tout un outil de gestion et de communication. La conception architecturale reste encore l’affaire de la main et du crayon, du papier et de la maquette, au moins dans sa phase de recherche. Mais le passage au BIM permet une synthèse et une vision globale du projet. Il n’est pas une « menace » à la vision traditionnelle du projet comme peuvent le juger certains mais un complément, un allié pour le secteur de la construction. C’est un gain de temps considérable en fin de conception quand il est temps de produire des documents clairs qui seront la vitrine du projet. Il nécessite néanmoins un apprentissage sérieux et conséquent pour devenir un réflexe et une aide et non une pratique marginale car difficile d’utilisation.

Share Button

Le BIM, clé de la collaboration des Architectes et Ingénieurs?

La collaboration des architectes et ingénieurs au sein des projets architecturaux s’est toujours révélée comme un réel enjeu. Alors que les métiers ne faisaient originellement qu’un, ils sont à nouveaux amenés à travailler d’avantage ensemble. Au fur et à mesure que les projets se complexifient, la barrière entre conception et technique se fait de plus en plus subtile et les projets doivent incorporer les problématiques structurelles et constructives dès leurs premières esquisses. Face à ces exigences, la confrontation des méthodes de travail et manières de penser des architectes et ingénieurs tend à rendre leur coopération complexe. Le BIM ne serait-il pas ce nouvel outil qui associe les deux professions pour leur permettre de travailler ensemble sur les projets dès leur conception ?

Le BIM, « Building Information Modeling », est un outil complexe dont les caractéristiques peuvent supporter cette approche pluridisciplinaire de la création architecturale. Building fait à la fois référence à la conception, la construction, et l’exploitation des bâtiments, ce qui implique un lien direct avec ce besoin des architectes et ingénieurs de travailler de pair pour la réussite des projets. Information renvoi à toutes les données qui concernent la vie du bâtiment. Et Modeling correspond à la définition et la simulation du bâtiment, sa livraison, son exploitation, grâce à l’utilisation d’outils intégrés. C’est le modèle 3D qui devient le support de ces nombreuses informations servant à la «fabrication » du bâtiment. Ainsi, le BIM recouvre plusieurs domaines : l’information, le management de compétences, les logiciels et le dessin, leur but commun étant la résolution d’un même problème. De la même manière, architectes et ingénieurs sont amenés à travailler ensemble à des fins identiques: construire un bâtiment. Le BIM peut s’établir comme leur outil de travail commun.

Cette dernière caractéristique est un réel atout du BIM. En effet, dans le monde du bâtiment où l’environnement et les chantiers sont de plus en plus complexes, où les projets sont de plus en plus techniques, et les attentes de plus en plus nombreuses, le BIM est devenu l’outil essentiel à tous les acteurs. Il est « un processus de gestion de projet dans un contexte de collaboration, et la maquette numérique un outil destiné à être partagé par les acteurs et à les informer » (1). Le BIM rassemble les acteurs, rassemble ainsi les architectes et ingénieurs, et devient un outil commun avec lequel ils travaillent ensemble. Cet outil partagé de conception 3D et de réalisation des ouvrages donne du sens à leur collaboration. Elle simplifie la mise en commun de leurs compétences qui s’est si souvent imposée comme un enjeu complexe et une frontière dans le monde du bâtiment. C’est ainsi que l’on voit de plus en plus d’agences d’architecture qui mêlent la double compétence architecte-ingénieur, comme Patriarche & Co, intégrer cet outil qu’est le BIM. Aurait-on trouvé cette solution tant attendue pour faire travailler les architectes et ingénieurs main dans la main ? Le futur reste à le prouver.

Mais présenté comme la solution clé pour le futur du bâtiment, la question de ses limites se pose aussi en tant qu’instrument de conception pour les architectes et ingénieurs. En effet, un certains nombre de projets ayant déjà intégré le BIM sont des ouvrages qui présentent des formes courbes et complexes, souvent basées sur l’architecture paramétrique. C’est par exemple le cas de la Fondation Louis-Vuitton1 ou du Centre culturel et touristique dédié au vin dessiné par XTU à Bordeaux (2). La complexité de leur structure n’a laissé le choix que d’utiliser le modèle 3D et le BIM. Dans un article récent, Benoît Thieulin, Président du conseil national du numérique, explique que « les transformations numériques redonnent du pouvoir aux créatifs et leur donne surtout les moyens et les capacités de créer et d’innover ». Le BIM est-il un incontournable vers lequel converge l’architecture ? L’architecture doit-elle obligatoirement tendre vers ce nouveau mode de conception où l’outil informatique domine et conçoit presque le projet à la place de l’architecte et de l‘ingénieur ? La limite entre outil au service des concepteurs et outil de création est tangible et reste un enjeu à regarder avec attention.

(1) LE MONITEUR.FR. Formation : vers une mobilisation générale en faveur du BIM. Julie Nicolas. Publié le 08/12/14
(2) NICOLAS Julie. Le Moniteur. Une Cité des civilisations du vin bien charpentée. N° 5794. Publié le 12/12/2014

Share Button

Le BIM, ou comment mieux faire

      Le BIM (Building Information Model), également appelé maquette numérique, révolutionne notre façon de travailler. Il s’impose petit à petit comme un outil indispensable dans le domaine du BTP. Lors de chaque phase d’un projet, il présente de nombreux avantages. Lesquels sont-ils ?

Phase 1 : Mieux concevoir 

      Tout d’abord, la maquette numérique permet de visualiser très concrètement le projet, beaucoup mieux que sur des plans 2D. C’est pour cela que le BIM est un outil d’aide à la décision puisqu’il est alors facile de faire des simulations précises, par exemple, cela permet au client de choisir entre différentes variantes. De plus, la centralisation de toutes les informations dans un seul document permet d’éviter les incohérences entre les actions des différents acteurs. Enfin, l’un des principaux atouts du BIM est l’optimisation des coûts. Par exemple, la maquette peut prendre en compte la dimension budgétaire du projet, les quantités peuvent alors être récupérées de manière très précise, ou encore, les déperditions et les consommations liées à la réglementation thermique peuvent être calculées très finement. D’après une étude anglaise, les coûts de construction pourraient ainsi être réduits de près de 20%.

Phase 2 : Mieux construire

      Lors de la phase de construction, il est intéressant d’intégrer le facteur temps dans la maquette, cela permet d’une part de vérifier que l’enchainement du planning est cohérent et d’autre part de visualiser l’évolution de la construction du projet. Grace à une meilleure organisation du chantier, les délais sont maximisés, mais la qualité et la sécurité le sont également, notamment grâce au repérage en amont sur la maquette des problèmes éventuels et des différentes situations à risques.

 Phase 3 : Mieux exploiter

      Les bénéfices du BIM ne s’arrêtent pas à la livraison de l’ouvrage, il en révèle de nombreux encore après. Il est important de noter que 75% du coût d’un ouvrage est généré par son exploitation ,c’est pourquoi les clients sont intéressés par tout ce qui pourrait l’optimiser et ainsi en réduire le coût. Le BIM permet ainsi de faciliter la maintenance de l’ouvrage, notamment grâce à la centralisation de toutes les données concernant les différents matériels et équipements. Il permet également l’anticipation de l’évolution de l’ouvrage dans le but d’optimiser son utilisation, par exemple, les universités n’utilisent en moyenne que 20% de leur capacité.

      Les avantages du BIM sont incontestables, celui ci sera très bientôt un outil indispensable, en particulier dans le domaine du BTP, que tout intervenant se devra de connaître et savoir utiliser.

Share Button

BIM : DE LA CONCEPTION A L’EXPLOITATION

Aujourd’hui, la maquette numérique devient un support incontournable des études. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises développent le BIM en adaptant son mode de fonctionnement afin que son utilisation soit optimale de la phase conception à l’exécution des projets et également pendant l’exploitation des bâtiments.

BIM & CONCEPTION

  • Créer des objets paramétriques

Le BIM repose sur la création d’objets caractérisés par leurs propriétés et leurs relations avec les autres éléments. Ainsi, toute modification est intégrée dans l’élément modifié mais aussi dans tous les objets qui lui sont liés. Grâce à ces objets paramétriques, les ingénieurs ont accès aux données et tailles géométriques des éléments directement à partir des modèles 3D ce qui permet des calculs de dimensionnement et des analyses plus rapides.

  • Optimiser la conception

L’utilisation du BIM permet d’explorer plusieurs options de conception avant que les décisions soient prises. Grâce au modèle 3D permettant de visualiser ces options, les clients peuvent alors prendre des décisions rapidement afin de déterminer la conception optimale.

  • Coordonner et Collaborer

Le BIM offre une approche du projet basée sur un modèle 3D  permettant de garder les données cohérentes entre les différentes disciplines, ce qui rend plus facile pour les concepteurs et les ingénieurs de coordonner tous les éléments de la conception. De plus, les sous-traitants peuvent coordonner la conception de leurs systèmes. Cette coordination précise permet notamment de détecter les collisions entre les différents systèmes ce qui permet de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité de la conception. L’utilisation du BIM permet donc une meilleure collaboration entre les intervenants grâce à l’utilisation d’un même modèle 3D, simultanée ou non.

  • Faciliter l’extraction de données

Le modèle numérique conçu avec un logiciel de BIM permet, à toutes les étapes du projet, d’effectuer des visualisations plus précises pour les maîtres d’ouvrages, les maîtres d’œuvre, les ingénieurs, …. Les logiciels BIM permettent de générer des plans 2D (plans de niveaux, coupes, …) cohérents entre eux et reflétant parfaitement le modèle virtuel. Les quantités et les coûts de construction peuvent également être extraits ce qui permet d’avoir un retour rapide sur les conséquences budgétaires d’une modification ou d’une variante. De plus, les analyses et simulations des performances environnementales et énergétiques du bâtiment étant facilitées, elles peuvent être réalisées très tôt dans l’étude ce qui permet une optimisation.

BIM & EXECUTION

  • Optimiser les calendriers de construction

Les logiciels BIM permettent de créer des modèles de l’ensemble du chantier, de développer le séquençage de la construction synchronisée, de coordonner la livraison des matériaux. En effet, le modèle 3D permettant l’extraction de tous les matériaux et ressources nécessaires à chaque étape du projet, il est plus facile de planifier les livraisons et les commandes sous-traitants peuvent être effectuées avec plus de précision.

  • Minimiser les problèmes de construction et améliorer l’efficacité du chantier

Le modèle 3D conçus avec les logiciels BIM peut être utilisé pour identifier et résoudre systématiquement les interférences étage par étage. De plus, la conception et la construction peuvent être synchronisées grâce au 4D  qui ajoute la dimension temps au modèle 3D. Par ailleurs, les modifications étant reportées en temps réel grâce aux objets paramétriques, leurs conséquences peuvent être visualisées sur le modèle 3D.

  • Réduire les déchets

Le processus BIM a contribué à accroître la précision dans les processus de préfabrication et ainsi la réduction des déchets de matériaux notamment.

BIM & EXPLOITATION

Les propriétaires du bâtiment ont accès aux différentes informations collectées durant la construction puisqu’elles sont insérées au modèle 3D. Le BIM permet d’intégrer dans le modèle des systèmes de gestion des installations pour les suivre sur le cycle de vie du bâtiment. Cela permet aux utilisateurs du bâtiment d’utiliser le modèle original pour les travaux d’entretien, les rénovations et les ajouts futurs.

 

Références : http://www.objectif-bim.com/

Share Button

Le BIM, l’outil vert de l’avenir pour la gestion patrimoniale

La modélisation des données de bâtiment, « Building Information Modeling » en anglais, a longtemps été une technologie évoquant la réticence pour les investisseurs. Le BIM est la modélisation graphique 3D du bâtiment couplée à des données techniques permettant d’éventuels calculs avant toute construction. Mais aujourd’hui, que ce soit en France ou en Angleterre, le BIM constitue une perspective d’avenir en termes de développement durable et d’analyse énergétique pertinente du bâtiment. En effet, depuis mars 2014,  dans le cadre du Plan Bâtiment Durable, il est envisagé de créer une « carte vitale » du bâtiment regroupant toutes ses informations utiles en les rendant plus facilement accessibles que le traditionnel format papier : plans de réseaux, contacts utiles pour la maintenance, historique des diagnostics et audits énergétiques, travaux récents, et éventuellement les objectifs de rénovation, etc. ; le but étant de dynamiser la vague de rénovation résidentielle à venir, dont les modalités sont encore en discussion côté pouvoirs publics.

Le maître d’ouvrage public, tenu d’acheter, entretenir et rénover son patrimoine immobilier, est le plus visé par ce nouveau modèle numérique du bâtiment ayant pour vocation d’être une référence unique pour tous les collaborateurs au sein d’un projet. Ce potentiel d’interaction optimisée entre les intervenants est un levier conséquent sur les questions d’enjeux énergétiques : les réductions d’émissions de GES reposent sur une modification réfléchie et précise des bâtiments, en termes de conception et réalisation.

Plusieurs dispositifs législatifs à l’échelle européenne tendent déjà à influencer le passage au BIM. Mais l’objectif n’est pas de forcer l’utilisation du BIM aux TPE/PME, bien moins habituées que les grands groupes, mais de les inciter à utiliser ce nouvel outil ; d’autant plus que le niveau de détail de chaque modélisation dépend de chaque projet. Le véritable challenge réside dans l’interopérabilité entre les nombreux logiciels de modélisation, ainsi qu’entre les différents acteurs aux tailles et intérêts différents. Une autre interrogation subsiste à propos de la définition des propriétés des objets au sein du BIM, car ceux-ci ne sont soumis à aucune norme malgré la volonté d’uniformité de l’outil. L’AIMCC[1] offre des réflexions de normalisation via une commission appelée « AFNOR PPBIM » afin d’améliorer la fiabilité des produits de construction.

Le BIM, quels gains pour le développement durable ?

L’utilisation du BIM offre des gains évidemment économiques du fait d’une meilleure maîtrise globale de l’agencement du planning de construction. Mais il permet également des gains environnementaux via une analyse de la performance des matériaux utilisés : les bureaux d’études thermiques utilisent de plus en plus le BIM comme outil de calcul thermique en phase conception.

Le pilotage et le suivi de la performance sont ensuite facilités tout au long du projet pour garantir d’éventuels objectifs de performance énergétique. Cette collecte d’informations régulière dans le temps et ces mesures pertinentes de la performance du bâtiment interviennent ainsi dans la définition de sa valeur immobilière. Mais aujourd’hui encore, il est difficile de quantifier précisément ce gain de valeur, bien qu’il existe quelques chiffres expérimentaux de référence.

Réussir une conception durable

Eddy Krygiel et Bradley Nies, Américains du cabinet BNIM Architects décrivent dans leur livre Green BIM – Successful sustainable design with building information modeling les méthodes pour optimiser les projets BIM en termes de développement durable.

Ils insistent tout d’abord sur l’enchaînement précis de la réflexion autour du projet : d’abord appréhender le climat, la culture et le lieu ; comprendre le type d’infrastructure envisagé, réfléchir à des moyens de réduction des besoins en consommation, penser à intégrer des énergies locales et naturelles, utiliser en priorité des systèmes humains efficaces, puis œuvrer contre les impacts négatifs qui subsistent à l’issue de la réflexion. Les auteurs soulignent notamment l’importance de l’orientation bioclimatique du bâtiment, c’est-à-dire l’influence de son exposition au soleil en hiver comme en été et ses conséquences sur le confort thermique intérieur. Cette orientation se fait selon le léger écart angulaire du bâtiment par rapport à l’axe nord-sud, et  ce choix est à faire de manière précise en phase conception et à implanter dans la modélisation BIM avec une latitude et longitude précises. Cette orientation doit aussi prendre en compte la captation des vents pour faciliter le rafraîchissement en été. Le plan masse et la forme du bâtiment ont également leur importance pour la durabilité.

Désormais, dans un objectif de durabilité, la conception ne doit plus consister à choisir si un mur comporte ou non une surface vitrée, mais qu’on surveille l’exposition au soleil de cette fenêtre, son orientation, quand et pendant combien de temps elle se retrouve à l’ombre : bref, son influence sur l’intérieur du bâtiment, quantifiée à l’aide du BIM.

Si tous les acteurs d’un projet sont  convaincus des bénéfices du BIM pour le développement durable, plusieurs choses sont à améliorer : l’interopérabilité entre les différents logiciels de BIM d’une part, mais aussi la sensibilisation des concepteurs à l’enveloppe et ses performances thermiques. L’incorporation d’un système de calcul de dépenses carbone au sein du BIM est également une perspective, notamment l’énergie grise à prendre en compte lors de la construction de l’ouvrage. C’est donc cette combinaison de l’efficacité du BIM et des objectifs de durabilité qui permettront  d’arriver plus rapidement à une société confortable, mais surtout durable.


[1] Association des industries de produits de construction

Share Button

BIM : la grande révolution dans le secteur du bâtiment

Après avoir attendu plusieurs années sans véritable évolution ou grande innovation, le secteur du bâtiment s’est doté d’un outil qui risque de créer – s’il atteint le niveau de performance escompté – un bouleversement dans la façon de construire.

Cet outil est le Building Information Model (BIM). Il s’agit d’une maquette numérique en 3D représentant le plus fidèlement possible un bâtiment dans les moindres détails.

Le BIM permet, dans un premier temps, d’avoir une meilleure conception du bâtiment grâce à un réalisme et une précision hors pair. En effet, dès cette phase, il s’agit de visualiser et d’appréhender le bâtiment de la façon la plus juste possible afin de palier, dès le début, aux différentes difficultés qui pourraient se poser.

En plus, de l’espace et du temps, l’outil BIM peut intégrer une cinquième dimension, qui n’est autre que l’argent. Son but étant de rendre optimal les coûts d’un projet en s’appuyant sur une base de données qui se veut exhaustive en tous points (les détails techniques, structurels, géométriques et esthétiques, les différents matériaux, les équipements, leur performance et leur durée de vie, les bordereaux de prix détaillés).

Dans un second temps, en phase réalisation, cet outil – regroupant toutes les informations – est essentiel, au sens où il contribue à améliorer les trois points essentiels dans la construction d’un ouvrage : la qualité, les délais et le coût. En ayant perçu très en amont, les problèmes techniques qui pourraient subvenir, les acteurs sont en mesure d’y obvier plus facilement. La prise en compte du temps comme facteur primordial du BIM permet, sans conteste, d’optimiser – voire d’améliorer – les délais en devançant les interactions complexes qui pourraient se produire entre les corps d’états.

En outre, le BIM va plus loin que la conception-construction d’un ouvrage, il s’intéresse à sa vie future, à son exploitation. En effet, les données de tous les intervenants techniques et architecturaux regroupées dans la maquette faciliteront la gestion mais également l’évolution future du bâtiment tout au long de son cycle de vie. Il permettra, sans nul doute, d’augmenter la durabilité de l’ouvrage.

Enfin, le BIM n’est à l’apogée de son développement et le travail restant à faire est encore important, subséquemment les possibles perspectives afin de rendre cet outil indispensable sont nombreuses et variées. L’un des objectifs à long terme est de réaliser une maquette numérique intégrée de sorte que tous les intervenants travaillent directement sur une maquette unique. En plus des cinq dimensions déjà évoquées, le BIM souhaite intégrer de nouvelles composantes importantes comme la gestion d’actifs immobiliers (en cours de développement en Angleterre – la « 6D ») puis les performances énergétiques et environnementales de l’ouvrage (ce qui permettrait d’optimiser les performances énergétiques d’un ouvrage tout en réduisant son impact environnemental).

En guise de conclusion, il convient de préciser que s’il atteint, dans les prochaines années, le niveau d’exigence projeté, le BIM sera un outil, non seulement indispensable, mais surtout révolutionnaire dans l’acte de construire.

Share Button

La révolution du marché par le BIM dans la conception et l’exploitation des projets

Développé à partir de 1995 suite au rassemblement de plusieurs entreprises de la construction afin de créer un projet visant à faciliter les interactions entre les différents acteurs de l’acte de construire, le BIM est né de l’évolution du langage numérique IFC (Industry Foundation Classes). Depuis la croissance des premiers logiciels de dessin 2D, il tend aujourd’hui à devenir le modèle standardisé de management et de gestion de projet par l’utilisation de la maquette numérique.

Aujourd’hui, de grands noms tels que Eiffage Construction et un nombre grandissant d’acteurs du BTP développent et intègrent ce mode de réponse innovateur aux appels d’offres. Il assure et favorise ainsi le déroulement de différentes opérations, à commencer par la conception. La visualisation du futur bâtiment est facilitée pour le client, mais aussi pour le concepteur dans le cadre de projets architecturalement complexes, comme celui de fondation Louis Vuitton développé par Gehry Technologies et ayant obtenu le Prix d’Excellence BIM par l’American Institute of Architects. Il permet de plus d’optimiser le coût du futur ouvrage à construire grâce à l’obtention de données quantitatives pointues pour chaque type de matériau, et d’y apporter les coûts indirects. Ainsi, selon le gouvernement Britannique, concevoir grâce au BIM permettrait de réduire jusqu’à 20 % le coût d’un ouvrage. La phase de construction est aussi concernée par cette innovation. Elle offre la possibilité d’obtenir une meilleure organisation et planification du chantier, l’anticipation des futures difficultés par la maquette numérique et donc une fiabilisation des délais.

Outre l’utilisation des 6 premières dimensions du BIM, permettant de répondre aux besoins des étapes de construction et de conception d’un projet, une septième dimension tend aujourd’hui à se développer. Elle a pour utilité de faciliter la maintenance d’un projet, élément particulièrement appréciable pour le client sachant que 75% du coût d’un ouvrage est engendré par l’exploitation. La gestion de l’entretien et du remplacement des équipements, ou encore de l’espace permet ainsi d’optimiser les coûts d’exploitation. L’évolution de l’ouvrage est aussi remise en cause, dans le but de tenir compte des possibles utilisations futures de ce dernier dès la conception, un bâtiment tertiaire étant aujourd’hui utilisé à 60 % de ses possibilités en moyenne. Selon Wen Hu, responsable de l’expertise et du développement de Bouygues Energies et Services en France, le BIM devrait alors prétendre à devenir l’un des principaux outils du facility management, et couvrirait ainsi l’ensemble du cycle de vie d’un immeuble.

Adaptation du BIM au cycle d'un immeuble
Adaptation du BIM au cycle d’un immeuble

 

Pour l’avenir, le Parlement Européen recommande la réalisation d’une maquette numérique dans le cadre des chantiers en marchés publics d’ici 2017, principalement pour les raisons économiques attrayantes qu’elle représente. Au niveau national, la FFB (Fédération Française du Bâtiment) a récemment annoncé l’ouverture d’une nouvelle cellule « Maquette Numérique », permettant notamment de rendre le BIM accessible à toutes les entreprises à des coûts réduits. Il n’est en effet aujourd’hui pas évident pour une PME de suivre cette évolution au même titre qu’un grand groupe, car elle nécessite une adaptation et l’adoption d’une nouvelle manière de penser un projet ce qui engendre un coût non négligeable. Cette dernière a aussi pour intention d’uniformiser les données, en développant au niveau européen la norme IFC Iso, ainsi que le format standardisé Bimétré, permettant l’interaction entre les différents logiciels CAO et de gestion de projet.

Le BIM a donc un avenir prometteur et tend à s’uniformiser à travers le monde en permettant l’utilisation des nouvelles technologies au bénéfice du monde de la construction.

Share Button

Le BIM comme outil du projet – La Fondation Louis Vuitton par Frank Gehry

A la base du projet  dans le travail de l’agence d’architecture Frank O. Gehry & Associates: le croquis au crayon du « maître ».

Croquis d'intention pour la Fondation Louis Vuitton - Source Le Monde
Croquis d’intention pour la Fondation Louis Vuitton – Source Le Monde

Un concept, souvent abstrait, visuel, en accord avec son site, que les membres de l’équipe de projet ont ensuite pour mission de concrétiser en un objet constructible. Pour la Fondation Louis Vuitton, Frank Gehry imagine un « vaisseau » de verre.

Le logiciel CATIA développé par Dassault Systems puis adapté par Gehry Technologies sous le nom Digital Project, permet de concrétiser les croquis d’intention de l’architecte. La méthode est simple : les premières maquettes sont réalisées à la main, à partir du croquis initial. De papier, de carton, de plastique, elles permettent de représenter le volume désiré par l’architecte, l’aspect extérieur du projet. Un scan en trois dimensions de ces maquettes permet de les retravailler sous forme de volume 3D puis de générer des plans et coupes. A partir de cette étape, le travail d’architecture peut commencer avec l’intégration du programme dans l’espace créé. Les équipes de l’architecte, puis les bureaux d’études et les entreprises travailleront ensuite ensemble sur cette maquette virtuelle à l’élaboration du projet jusqu’à sa phase finale.

Modèle 3D de la Fondation Louis Vuitton
Modèle 3D de la Fondation Louis Vuitton

Bien que la technologie du BIM soit profitable à des architectes comme Frank Gehry, nous pouvons tout de même critiquer une certaine vision de l’architecture. Travaillés comme des « gestes architecturaux » plus que comme la réponse à des besoins spécifiques, les bâtiments conçus par Frank Gehry, et particulièrement la Fondation Louis Vuitton, s’apparentent plutôt à l’art de la sculpture qu’à celui de l’architecture. Gehry semble avoir favorisé l’œuvre architecturale face aux exigences muséales. Ainsi, le bâtiment, rendu possible par la technologie du BIM, ne rend pas service aux œuvres présentées mais les concurrence.

D’un autre côté, selon les propos de Frank Gehry lui même [1], le BIM est une des seules manières d’appréhender toutes les problématiques du projet dès sa conception et de controler le cout de construction. Le BIM permet un gain de temps dans la transmission des informations entre les différents acteurs. De plus, le travail sur la même maquette virtuelle, utilisé pour la Fondation Louis Vuitton, permet d’éviter les interactions malheureuses entre les différents corps d’état. Enfin, pour un projet d’une tel complexité, la modélisation par le logiciel BIM facilite le calcul de structure, la rationalisation des éléments, et leur dénombrement (par exemple pour les panneaux de verre).

Pour conclure, il faut voir dans le BIM un formidable outil d’assistance à la conception et à la construction mais la généralisation de ce système qui interviendra bientôt sur les grands projets en France ne doit pas effacer le rôle de l’architecte en tant que concepteur d’espaces viables.

[1] Interview de Frank Gehry, publié le 6 septembre 2010, URL: http://perspectives.3ds.com/design/frank-gehry-shares-catia-secret/

Sources :

http://www.lemauvaiscoton.fr/art/la-fondation-louis-vuitton-ecrin-de-rarete-ou-ecran-de-fumee/

http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2014/09/12/

http://www.archdaily.com/555694/fondation-louis-vuitton-gehry-partners/

Share Button

Les Avantages et Avancées Futures du BIM

Le secteur de la construction bénéficie d’un nouvel essor grâce à l’utilisation d’un nouvel outil : le BIM (Building Information Modeling). Cet outil informatique permet la modélisation unique d’un bâtiment en regroupant sous un même fichier l’ensemble des composantes du bâtiment (structure, réseau sanitaire, réseau électrique, sécurité incendie…).

Ses  avantages sont ainsi multiples. Tout d’abord, il permet d’améliorer la compréhension collective de l’intention du design, les architectes peuvent ainsi mieux aider les intervenants du projet à visualiser leurs idées sur le modèle 3D.
Le BIM assure également une meilleure qualité de projet : les intervenants travaillant tous sur le même modèle, on réduit le risque d’erreurs dues à une mauvaise modélisation d’un des intervenants qui ne colle pas à celle des autres.
Cette modélisation unique permet aussi de réduire les conflits pendant la construction, ce qui est d’autant plus utile pour les entrepreneurs qui, en réalisant l’ouvrage, doivent rectifier les erreurs de conception non détectées. Cette réduction de conflits (qui découle de la réduction d’erreurs) va ainsi permettre la diminution du nombre de changements à effectuer pendant la phase construction, ce qui permet aux entrepreneurs et aux ingénieurs de travailler dans de meilleures conditions.
On peut également noter que le BIM peut permettre une amélioration de la sécurité sur le site, ainsi qu’une approbation réglementaire plus rapide.

Le BIM s’avère donc être un outil indispensable à l’amélioration de la rentabilité des projets de construction, et il reste encore très prometteur sur d’autres problématiques.
En effet, selon deux tiers des utilisateurs du BIM, son utilisation permettra d’améliorer la conception des projets. De plus, les projets auront de meilleurs résultats (plus de valeur ajoutée) ce qui se traduira par une meilleure satisfaction professionnelle. Les bâtiments et infrastructures seront eux-aussi améliorés grâce à cet outil. Le BIM permettra également un recourt plus fréquent aux éléments préfabriqués plus grands et plus complexes. Ce type de modélisation unique aura également son utilité pour prévenir les risques et prévoir les résultats d’un projet.

Ainsi le secteur de la construction est en train de subir un changement vers le numérique par le biais du BIM. Le recourt au BIM va être obligatoire en France à partir de 2017 pour les travaux concernant les équipements de l’état. Cette révolution se fera grâce aux nouvelles générations d’ingénieurs qui sont progressivement formés à cette nouvelle technologie dans l’objectif d’améliorer le fonctionnement d’un secteur en crise.

Sources :

 

Share Button

Le numérique constitue un excellent support à la conception et la construction d’un bâtiment

Le secteur de la construction est la première industrie européenne en chiffre d’affaire. Pourtant, elle n’utilise que peu le potentiel des outils informatisés contrairement à d’autres secteurs industriels tels que l’automobile ou l’aéronautique.

En effet, alors que l’utilisation de modélisations 3D sous le logiciel CATIA de pièces ou d’ensemble de pièces constituant un objet est systématique dans l’industrie, les parties prenant part à un projet de construction travaillent généralement sur des plans 2D.

Or, la modélisation d’un bâtiment offre l’opportunité de créer une maquette collaborative, commune aux équipes intervenant durant le cycle de vie du bâtiment (architectes, bureaux d’études, maître d’ouvrage et entreprises) et qui permet une meilleure utilisation des informations diverses.

Ainsi, au fur et à mesure de l’avancement du projet, la maquette évolue selon les modifications émises par les différents acteurs. Chaque traitement vient enrichir le modèle qui tend vers son résultat final architectural et fonctionnel.

La maquette 3D contient alors l’ensemble des éléments qui constituent le bâtiment ; leurs caractéristiques géométriques mais elle intègre aussi leurs fonctions et leurs solutions constructives. Les ressources nécessaires à la construction du bâtiment sont alors connues précisément ainsi que les déchets qui résulteront des travaux.

Au-delà de l’échange des données, le modèle anticipe le comportement du résultat collectif ce qui permet de ne pas omettre un aspect de la conception du bâtiment qui se répercute sur le futur comportement en usage du bâtiment.

La maquette est dont une représentation fonctionnelle du bâtiment dont il est facile d’extraire des données, des plans 2D ou des détails par zones. Elle constitue un excellent support à la conception

Il s’agit donc d’un support à la conception qui va bientôt devenir indispensable avec l’apparition des exigences liées au développement durable qui visent à étudier l’intégralité des données d’un bâtiment durant tout son cycle de vie : sa gestion, son entretien en service… jusqu’à sa réhabilitation ou sa démolition.

Sources :

Techniques de l’Ingénieur

  • Article «  La maquette numérique révolutionne l’architecture » par Matthieu Combe, journaliste scientifique.
  • Article « Construction et conception – Conditions d’une nécessaire concourance – Processus de conception » par Christophe GOBIN, Jean‐Marie PERIN et Jean‐Pierre FRANCA.
Share Button