Archives pour la catégorie BIM management

Quelle sera l’utilisation du BIM dans 10, 20, 30, 40 ans ?

Suivre de près les innovations actuelles est une chose… mais se projeter à 40 ans en est une autre ! Qui, il y a 40 ans, devant sa planche à dessin, son téléphone filaire et son bottin aurait imaginé l’E-mail, le smartphone et l’imprimante 3D ?
Dans la mesure où, à priori, aucun site n’est vraiment directement prospectif sur le sujet, nous avons décidé de traiter la question du BIM comme si elle avait été totalement intégrée dans la pratique du future. Le BIM ne sera plus en soi la révolution que l’on nous vend aujourd’hui, mais aura été totalement intégré dans la construction, tel son ADN. De ce fait, nous nous intéressons ici aux futures tendances dans le monde du bâtiment, tant d’un point de vu des outils et de leurs usages, que des objets bâti qu’ils produiront.

Ainsi, dans les années à venir, tout porterait à croire que la pratique du BIM soit aussi répandue que celle d’Excel aujourd’hui, avec un développement très fort en Chine, au Japon et au Brésil, et où la part d’usagers la plus importante se situe directement chez les constructeurs, et non plus chez les architectes. Le «Cloud » semblerait être le support indispensable au développement du BIM, tout comme une aide précieuse aux études et aux simulations par une énorme puissance de calcul délocalisée et partagée (1).

Le Royaume Uni ayant une longueur d’avance sur l’usage du BIM, continu malgré tout à développer une certaine prospective, avec notamment la constitution du groupe de réflexion BIM2050, affilié au BIM TaskGroup. Il s’agit pour eux de rapprocher les mondes du bâtiment et de l’industrie au travers du BIM, et de prospecter de nouveaux horizons de développements, tels que l’éducation des enfants à maitriser les outils de conception, d’impressions 3D, etc. (2)

Si l’on se penche justement sur cette notion d’impression 3D, le BIM et plus particulièrement la maquette numérique a profité de cette technologie naissante pour la transposer sur la construction à grande échelle. Une tentative hollandaise est en cours, avec des matériaux bio-sourcés (3), alors que la Chine est nettement en avance avec des prototypes aboutis, et visitables (4). Leur technique est plus conventionnelle, dans le sens où l’exosquelette de la maison est certes imprimé en ciment, mais ne sert que de fond de coffrage perdu, sans être particulièrement novateur en termes d’écriture architecturale.

L’évolution la plus probable dans les prochaines années, dans la continuité du BIM, voire au-delà semble bien liée à la robotique. Des ouvriers programmables, infatigables, sans congés ni revendications, changeront nos habitudes du chantier. Les drones, robots et autres humanoïdes sont tout destinés à remplacer les compagnons sur des taches prédéfinies dans la maquette numérique, dans le prolongement naturel de ce que nous connaissons pour la 4D aujourd’hui (5) & (6).

Mots-clefs

« future of BIM »
« BIM 2050 »
« 3D printed house »
« robot chantier bâtiment »

Webographie

(1)  C.C. Sullivan, The future of construction: Meet BIM (or else). In ZDnet, 13 Février 2013  [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.zdnet.com/article/the-future-of-construction-meet-bim-or-else/

(2)   BIM2050 Team, Built Environment 2050, A Report on Our Digital Future. In Bim Task Group, UK Septembre 2014 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.bimtaskgroup.org/wp-content/uploads/2014/09/2050-Report.pdf

(3) 3D Print Canal House [consulté le 13 Avril 2015]

http://3dprintcanalhouse.com/

(4)  Kira, Exclusive: WinSun China builds world’s first 3D printed villa and tallest 3D printed apartment building. In 3ders, 18 Janvier 2015 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.3ders.org/articles/20150118-winsun-builds-world-first-3d-printed-villa-and-tallest-3d-printed-building-in-china.html

(5)  Michael Ignatevossian, Voici l’ouvrier du futur. In Paris Match, 24 novembre 2013 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.parismatch.com/Actu/Environnement-et-sciences/Voici-l-ouvrier-du-futur-538030

(6)  Anonyme, Des robots termites qui construisent comme de véritables ouvriers, In Humanoïdes, 16 Février 2014 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.humanoides.fr/2014/02/16/des-robots-termites-qui-construisent-comme-de-veritables-ouvriers/

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Le BIM : les premices d’une interface homme ­‐ chantier

De la conception, à la déconstruction, en passant par la fabrication, ainsi que la vente, le Building Information Modeling permet de réunir toutes les caractéristiques d’un ouvrage. La structure, l’ossature, les circuits électriques et bien d’autres informations peuvent être groupées dans un seul dossier informatique. Est-­‐ce le début d’une modélisation informatique du chantier? Les plans papiers ont-­‐ils encore une utilité sur un chantier ? Est-­‐ce une révolution ou une évolution logique du monde du travail ?

Mots clés: BIM, chantier, interface, informatique, évolution.

L’école finlandaise entre dans l’ère du numérique. Recement publié sur le site Savonsavomat.fr, le gouvernemant finlandais supprimera les leçons d’écriture en les remplaçant par des leçons d’initiation au maniement du clavier d’ordinateur. Evolution logique de notre société ou révolution de la transcription?

Sur un chantier de BTP, les plans papiers sont pour l’instant indispensables. C’est la seule solution actuelle qui fait face aux aléas d’un chantier. Cependant, ces plans papiers commencent à disparaître dans les bureaux pour les plus jeunes générations. En effet, la possibilité de zoomer, modifier, colorier ou encore anoter permet d’excellentes conditions de travail sur un ordinateur. De plus, les plans sont imprimés deux à trois fois au format A0 par corps de métier sur un chantier. Nous pouvons donc

imaginer le gaspillage d’encre et de papier. D’ici 2017, les marchés publics francais de plus de 2000m^2 devront être traités par le BIM. Cette directive a pour but d’étendre la modelisation informatique à tous type de chantier.

De nouvelles interfaces se developpent autour de ces modélisations. L’entreprise française Blockbase a developpé l’application, Bulldozair, accescible sur toutes les tablettes mobiles. Cette application permet de centraliser tous les plans au format pdf, de rajouter des notes, des mesures, des rappels… Un second intêret de cette application est son aspect collaboratif. En effet, toutes les données d’un professionel sont stockées sur le cloud. Ces données peuvent alors être partagées avec ses associés.

Nous pouvons alors imaginer un cloud réunissant toutes les données d’un chantier. Des plans de fabrication jusqu’aux différents plannings, tous les acteurs de la construction seraient connectés. Les erreurs seraient minimisées ainsi que les arnaques. L’avancement du chantier serait visible de tous. Les mails et les remarques seraient enregistrés. Ce genre d’interface permettrait de faire d’énormes économies de temps et surtout d’argent.

Cependant, tous les acteurs d’un chantier ne sont pas habitués au travail informatique. Une formation sera alors nécessaire et le gain de temps ne se ferait pas ressentirimmédiatement.

Les idées et la manière pour gerer l’ensemble d’un chantier informatiquement est à portée de main. Il ne tiens qu’à nous de les mettre en service !

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BIM(1) : l’art de construire ensemble plus simplement

Le monde du BTP(2) a bien changé depuis 50 ans ; alors que l’évolution des machines techniques l’a révolutionné, l’évolution des capacités numériques apporte aujourd’hui une nouvelle révolution.

Au vu du contexte économique, les délais d’exécution des marchés de BTP sont considérablement réduits et imposent aux entreprises de travailler différemment, leur demandant de répondre à la question cruciale : comment réduire les délais d’étude et d’exécution des travaux, sans réduire pour autant la qualité du travail effectué ?

Certain voient le BIM, qui permet d’optimiser les échanges entre les entreprises, comme un élément de réponse, mais, le BIM a ses limites.

 

 L’évolution informatique à la base du BIM ——————————

La performance des ordinateurs ayant considérablement augmenté, ils permettent aujourd’hui une approche entièrement virtuelle d’un projet. La création d’une vision en 3D, post projet, permet d’avoir une première image du produit fini afin de juger de son apparence finale, de son impact sur l’environnement, mais aussi de vérifier la bonne conception du projet.

Contrairement aux projets industriels où les entreprises travaillent ensemble sur un seul logiciel (Katia le plus souvent), les projets de BTP sont réalisés sur de nombreux logiciels tels que Inventor, Civil 3D, Mensura, etc. En effet, chaque acteur du projet utilise un logiciel spécifique, les logiciels adaptés à la modélisation de la structure n’étant pas le même que celui adapté à la modélisation du réseau électrique par exemple. A la fin de la modélisation, toutes ces modélisations doivent néanmoins apparaître dans une maquette unique ; c’est là qu’intervient le BIM manager. Son rôle est de compiler les différentes maquettes en une seule et de gérer les conflits entre les différentes entreprises. Cette maquette finale va permettre de détecter d’éventuels conflits entre les différents équipements (ex : conduit d’aération qui traverse un poteau), vérifier le respect des normes en vigueur (ex : vérification de la visibilité sur une route), analyser l’impact du trafic ou des nuisances acoustiques, etc.

 

————- Le problème de la protection des données —————–

Au vu du nombre d’intervenants qui doivent travailler ensemble lors d’un grand projet, une organisation rigoureuse et surtout une excellente communication entre les différentes entreprises est nécessaire.

 

Les entreprises doivent aborder ces projets d’une nouvelle façon. La protection des informations est plus difficile lors d’un travail collaboratif sur une même maquette, les entreprises doivent donc apprendre à partager leurs informations, elles doivent alors rendre leurs informations fiables, structurées et partageables. Cependant, le partage de ces informations doit être restreint pour éviter le pillage professionnel. C’est une des missions les plus importantes du BIM manager, qui doit analyser les informations personnelles à l’entreprise (ex : le coût de mise en œuvre d’un mètre cube de béton) et les informations essentielles au projet (ex : le volume du béton mis en place), puis de les transmettre aux différents intervenants intéressés.

 

——————————————— La diversification des normes

Comme le BIM concerne surtout les grands projets faisant appel à des entreprises internationales, il souffre d’un problème administratif, la diversité des normes. Bien que des directives européennes telles que les Eurocodes aient vu le jour, les normes sont trop différentes entre les différents pays du monde. Les normes ISO(3) ne sont pas assez poussées pour le BTP, de ce fait, la collaboration entre les entreprises soumises à différentes normes reste encore complexe. Face à cette problématique, certains projets, comme MINnD, sont lancés et ont pour objet de définir un modèle de données visant à spécifier des normes internationales. L’avenir du BIM consiste à la création d’un format neutre d’échange, mais son avenir reste incertain, car celui-ci ne serait pas rentable pour les éditeurs de logiciels.

(1) BIM : Building Information Modeling ; (2) BTP : Bâtiment et Travaux Publics ; (3) ISO : International Organization for Standardization

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En quoi le BIM fait évoluer l’organisation d’un projet ?

D’un point de vue de la conception, l’utilisation du BIM dans la réalisation d’un projet permet de faire des prévisions les plus proches possibles de la réalité. En effet, grâce à la maquette numérique on observe l’ouvrage d’une façon plus élargie et plus concrète.  Cela permet donc de mieux l’appréhender, et surtout de prendre des décisions plus efficaces. De plus, quand les différents acteurs d’un projet utilisent le BIM, toutes les informations sont centralisées sur le logiciel. Inutile de préciser qu’il en découle une notable simplification des échanges de données et de la communication au sein des différentes parties prenantes du projet. On voit bien l’évolution qu’apporte le BIM par rapport à l’usage de plans en deux dimensions, souvent peu parlants.

Le BIM permet aussi de simplifier la phase de réalisation en faisant face à l’élaboration d’ouvrages complexex. En étant « un processus collaboratif » selon Nicolas Paschal, directeur de projet pour la construction de la Fondation Louis-Vuitton, le BIM permet à tous les intervenants du chantier d’avoir la même base de données, et d’ inciter à créer une « routine d’optimisation ». Cela permet d’une manière générale de construire les ouvrages d’une manière plus fiable, plus rapide et donc plus économique.

Enfin en ce qui concerne l’exploitation de l’ouvrage, l’utilisation d’un tel logiciel optimise la maintenance puis anticipe et simule l’évolution de l’ouvrage. Le BIM rend possible une centralisation complète des données nécessaires à l’exploitation et en particulier à la gestion de l’entretien. Mais la maquette numérique répertorie également les choix qui ont été faits dans le passé sur les équipements, les réparations, et globalement tout ce qui touche à l’exploitation de l’ouvrage. On peut noter que l’usage de la maquette permet d’améliorer chacune des trois phases de la vie de l’ouvrage, de la conception à l’exploitation en passant par la réalisation.

Les autorités britanniques ont annoncé en mai 2011 qu’au premier janvier 2016, toutes les commandes publiques de bâtiment devront obligatoirement utiliser des outils numériques et en particulier le BIM. Selon eux, l’utilisation de ce logiciel permettrait de réduire de 20 % les coûts de construction d’un ouvrage. De plus une directive européenne (votée par le parlement européen en janvier 2014) recommande l’usage du BIM sur les marchés publics à l’horizon 2017. Le BIM est en train de révolutionner notre façon de travailler. De part les nombreux avantages qu’apporte son utilisation comme la réduction des coûts et des délais, il faut s’attendre à une généralisation du BIM d’ici quelques années…

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Les avantages et difficultés d’utilisation du BIM

Vous avez dit BIM ?

Le Building Information Modeling (BIM) désigne l’association et l’utilisation de modèles digitaux durant la planification, la conception et les phases d’exploitation d’un projet. Il suscite aujourd’hui beaucoup d’attention en tant qu’outil de design, d’information, de communication et de gestion des installations qui permet, à partir d’un unique modèle de bâtiment, d’intégrer des informations venant de sources pluridisciplinaires à la disposition de toute l’équipe du projet. Le BIM permet donc, à posteriori, de pleinement intégrer la dimension de prix et propose ainsi un contrôle des coûts plus précis. Ce gain de temps, de prix et de qualité est tel qu’il est essentiel pour les entreprises de maîtriser cet outil afin de ne pas prendre de retard.

De la 2D à la 5D

La principale vertu du BIM est d’être un modèle inter-exploitable fournissant un management stratégique de l’information cohérent. L’intervention des parties prenantes représente un pas en avant par rapport aux modèles 2D en introduisant les dimensions 3 d’espace, 4 de temps, et 5 de coût.
Certains pays, tels que le Royaume-Uni, souhaitent faire un standard de la « modélisation de niveau 2 », c’est-à-dire la modélisation BIM 3D. La modélisation de niveau 3 signifie un BIM exploité au maximum de ses capacités, faisant figurer les 5 dimensions et faisant apparaître la gestion du cycle de vie des biens.

Bim dessin

Le niveau 2 à lui seul fournit une mise à jour automatique lorsqu’une des parties prenantes du projet apporte une modification, étant donné que les données sont interdépendantes. Le passage au niveau 3 affiche une estimation immédiate du prix qui permettrait alors d’éliminer une grande partie des erreurs humaines au niveau de la quantification, qui deviendra ainsi bien plus efficace. Le client reçoit par conséquent plus rapidement ses estimations économiques et les études de prix des éventuelles solutions alternatives.

Maîtrise et compatibilité

La principale difficulté de l’utilisation du BIM est qu’elle demande une maîtrise freinée par la variété de méthodologies parmi ses utilisateurs au sein d’un même projet. Une expérience faible en BIM entraîne des résultats négatifs suite à son implémentation, d’autant plus qu’il est rare que le BIM soit compatible avec la totalité des logiciels utilisés par les nombreuses entreprises qui peuvent intervenir dans un projet de BTP. Il est, par ailleurs, également rare qu’elles utilisent toutes le même logiciel de BIM. S’il est implémenté, le BIM doit donc être l’outil de prédilection et être manipulé par une équipe formée.

 

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ZOOM – le BIM en France : Interview exclusive

Vous êtes un acteur de la construction ou simplement attentif à l’actualité dans ce domaine ? Alors le concept de BIM (Building Information Modeling) ne vous est certainement pas complètement étranger. Mais que savez-vous exactement du BIM ? Aujourd’hui, le célèbre expert en la matière, Edouard SANCHEZ, accepte de répondre pour vous à toutes nos questions…


Diplômé de l’ESTP (l’École Spéciale des Travaux Publics), Edouard SANCHEZ a d’abord participé à la construction du chantier du Nouveau Forum des Halles qui compte sur le BIM pour l’assistance au pilotage et à la gestion des interfaces. Il est ensuite intervenu sur divers projets d’aménagement urbain en région parisienne qui intégraient cette même technologie pour faire face aux multiples difficultés des différentes phases, de la conception à la réalisation puis l’exploitation. Il est aujourd’hui devenu une référence reconnue dans le domaine.


Qu’est-ce que le BIM ?

E.S. : « Le BIM est simplement la synthèse d’un projet. Un outil numérique dynamique permettant la visualisation et la modification d’une multitude de paramètres d’un bâtiment, du ferraillage de la structure au coût des luminaires en passant par la consommation énergétique… »

Par qui est-il utilisé ?

E.S. : « Tous les acteurs d’un projet de construction ont intérêt à utiliser le BIM. En effet, il suffit de quelques heures passées sur un chantier pour se rendre compte de la complexité des interfaces et des retards que cela peut entrainer : Le Génie Civil a omis une réservation et l’électricien n’est maintenant plus capable de passer sa gaine…Des problèmes qui peuvent être évités à condition de travailler sur un seul et même outil regroupant l’ensemble des données. »

C’est donc un outil pour la conception ?

E.S. : « Oui, mais pas uniquement ! Le BIM couvre l’intégralité du cycle de vie d’un bâtiment, depuis sa réalisation jusqu’à son exploitation et parfois même jusqu’à sa déconstruction. »

Existe-t-il des avantages autres que techniques à cet outil ?

E.S. : « Les bénéfices de l’utilisation du BIM sont en lien direct avec la technique. Cependant, il existe bien d’autres avantages attribués à cet outil. Les économies de délais et d’argent rendues possibles sont significatives. Il y a donc un avantage financier certain, mais cela peut également devenir un avantage concurrentiel : la maîtrise d’ouvrage saura qu’un candidat proposant l’intégration du BIM dans son projet sera plus à même de maîtriser les délais de livraison et les coûts réellement engagés. »

Dans ce cas, pourquoi l’utilisation du BIM reste-t-elle si limitée ?

E.S. : « Il est vrai qu’en comparaison avec nos voisins hollandais et anglo-saxons, la France accuse un certain retard en matière de développement du BIM. Celui-ci tend toutefois à diminuer étant donné les nouvelles directives européennes qui essayent d’inciter à la création de livrables numériques. Le coût élevé d’acquisition et d’utilisation d’un logiciel de BIM par une main d’œuvre qualifiée reste un obstacle solide aujourd’hui, mais qui doit être mis en rapport avec les économies induites par cette même technologie. »

Quel futur à l’horizon pour le BIM ?

E.S. : « Progressivement, les maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre mais aussi les entreprises générales comprennent de mieux en mieux les intérêts que représentent pour eux le BIM. Nous pouvons donc nous attendre à une systématisation de l’utilisation du BIM sur les projets, surtout si le cadre réglementaire vient à le favoriser voire le rendre obligatoire. De plus, de nouvelles utilisations deviennent possibles, notamment celles liées au Smart Grid et au Big Data. Bref, vous n’avez pas fini d’entendre parler du BIM ! »

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Le BIM au service de l’organisation

Comment utiliser le BIM pour l’organisation d’un chantier et quelles sont ses limites?

De nos jours, l’organisation d’un chantier devient de plus en plus importante et complexe à mettre en place de sa base, c’est-à-dire la conception, à sa finalité, c’est-à-dire les levées de réserves.
Les différents logiciels du BIM peuvent à l’heure actuelle nous aider pour cela alors que d’autres sont à développer dans un futur proche afin d’optimiser la réalisation. Nous allons démontrer ici que l’on peut en utiliser certains alors que des perspectivesd’avenir s’ouvrent pour que l’utilisation du BIM se généralise.
Tout d’abord, une multitude de logiciels du BIM sont actuellement sur le marché. D’un simple logiciel de modélisation 3D comme Autocad 3D à un logiciel encore plus complet qui permet une modélisation 5D(qui prenden compte l’ordonnancement de la construction ainsi que sont coût) comme Navisworks de chez Autodesk.Ces logiciels permettent alors de faciliter la conception des projets , la simulation et la visualisation de l’ouvrage fini ou
en cours de construction. On peut alors construire avant de construire comme le dit le slogan du BIM Manager de Bouygues TP. Cette possibilité de « construire avant de construire » procure un avantage certain d’organisation car l’on sait à l’avance à quoi l’ouvrage ressemblera et on peut donc s’apercevoir en amont des possibles problèmes qui peuvent apparaitre lors de la construction.
À première vue, il paraît alors que le BIM apparaît comme la solution miracle pour faire avancer les chantiers plus rapidement et plus surement en réfléchissant en amont afin d’éviter les problèmes de conception et d’appréhender les phases critiques de la construction pour les optimiser. On retrouve là du BIM au service de
l’organisation d’un chantier et on peut alors se poser la question de l’amplitude de son utilisation. En effet, le BIM est encore trop peu utilisé, sauf pour les grands projets, dans le domaine du BTP.
Mais pourquoi ?
Les réponses à cette question sur l’amplitude de l’utilisation du BIM sont, pour certaines, simple à trouver.
La toute première réponse est que le BIM coûte cher car les logiciels ne sont pas interopérables entre eux. Une entreprise utilisant le BIM doit donc avoir l’ensemble des logiciels utilisés ainsi qu’un BIM Manager, en général un Ingénieur, qui compile et fait la synthèse des différents plans 3D. Ce problème d’interopérabilité est également la
source d’une seconde réponse à la question de l’amplitude d’utilisation. En effet, il est encore assez difficile de travailler en collaboration entre les entreprises et la maitrise d’oeuvre mais l’invention du format IFC nous donne des meilleures perspectives d’avenir. Une troisième réponse réside sur le fait que la majorité des acteurs actuels du BTP sont satisfait des méthodes actuelles et des plans 2D et ne veulent donc pas changer leurs habitudes alors
que sa pourrait leur être bénéfiques.

En conclusion, le BIM et ses logiciels sont actuellement bien adaptés pour la conception des ouvrages afin de se mettre au service de l’organisation du chantier mais il mérite encore d’être développé pour une utilisation plus massive en phase chantier et en phase             « levées de réserves » afin de rendre les outils plus collaboratifs entre les différents intervenants en permettant de voir , par exemple , les défauts en direct sur une maquette numérique en ligne.

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Le BIM peut-il contribuer à la mort du métier de conducteur de travaux ?

Grâce à l’avancement des nouvelles technologies informatiques, le Building Information Management s’inscrit de plus en plus comme une évidence pour le suivi de projets architecturaux de grandes envergures et notamment pour toute la partie étude et maitrise d’oeuvre. Le BIM est même devenu une philosophie de travail qui est en train de faire révolution dans tout le secteur du BTP. Son succès grandissant va le pousser au rang d’indispensable pour tous les futurs grands chantiers. Pourtant quelques obstacles semblent empêcher la réalisation informatisée d’une organisation globale simplifiée.

La difficulté réside dans la multiplicité des logiciels utilisés par les bureaux d’études de divers horizons. Des entreprises de construction explorent des systèmes de gestion différents à chaque chantier. Finalement, on continue à fonctionner comme si chaque projet était des prototypes. On a pu voir par exemple pour la construction de la Fondation Louis Vuitton, à quel point le travail de la direction technique de Vinci de traduction des informations venant des différents logiciels d’étude de structure, avait pu être difficile. L’étude de ce chantier a fini par déboucher sur des brevets, notamment pour le DOE. Cela montre bien l’état expérimental du BIM.

La première étape, la plus difficile mais aussi la plus déterminante, pour remédier à cette barrière serait de créer un langage universel, approuvé par tous les acteurs de la construction. A partir de quoi, le BIM prendra une toute nouvelle dimension : une dimension industrielle. L’avantage lié à un langage universel serait de pouvoir concentrer l’investissement dans des outils de BIM intelligents, utilisable concrètement sur le chantier, à des prix compétitifs car industriels. La vie des conducteurs de travaux en serait facilitée. Chaque conducteur, devrait pouvoir intégrer par exemple sur une tablette portative l’image virtuelle du produit fini de façon à être capable de guider les différents intervenants avec précision directement sur le chantier.

La question devient donc la suivante, si l’on est capable de plus en plus de diminuer le nombre d’erreurs humaines, d’organiser les livraisons, le temps des travaux, l’argent au centime près grace au BIM alors pourquoi ne pas court-circuiter le rôle du conducteur de travaux, en mettant à disposition ces tablettes directement à une nouvelle génération d’ouvrier capable de voir exactement par exemple où se positionne son réseau dans l’espace ? On aurait alors besoin plus que d’ingénieurs qualités et d’ouvriers sur le terrain.

L’idée de la mort du métier de conducteur est peut-être un peu extrême, mais en réalité, la certitude est que ce métier risque d’être de moins en moins humain, de plus en plus tourné vers un métier d’informaticien. Ceci dit, le conducteur de travaux devrait tout de même encore garder un rôle primordial sur le chantier pendant quelques décennies !

Le métier de conducteur de travaux a déjà beaucoup changé depuis une dizaine d’année. Une nouvelle pression juridique a fait irruption dans le coeur de métier, ce qui oblige le conducteur de travaux à être de plus en plus vigilant et conscient de ses responsabilités qui augmentent avec la taille des projets et les complications techniques liées aux avancées technologiques qui complexifient sa tâches. Les conditions de travail du conducteur de travaux est en ce moment difficile, et je pense que le BIM va permettre de lui soulager un certain nombre de contraintes de son quotidien, et rendre le métier beaucoup plus agréable qu’il ne l’est actuellement.

 

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Le BIM: le bouleversement des métiers de la construction

Comparé au secteur de l’industrie, le monde du BTP s’appuyait sur des règles empiriques et n’avait pas subi de véritable numérisation de son domaine.

« Building Information Modeling » est un terme de plus en plus récurent de nos jours. Le BIM consiste en une représentation numérique « ultra-réaliste » d’un projet de construction.

Mais en quoi cette notion est en passe de révolutionner le monde du BTP ?

 

Le BIM assurera un rôle fondamental pour les différents intervenants d’un projet de construction.

Grace au BIM et à la fidélité qu’aura le prototype numérique, un entrepreneur pourra plus facilement répondre à un appel d’offre et tout au long du chantier il assurera un dialogue constructif avec son client. De plus, si la maitrise d’ouvrage demande une quelconque modification de son projet elle pourra voir instantanément les changements que cela apportera sur son bâtiment final (aussi bien esthétique que structurel ou technique..). Le BIM sera le moyen de communication essentiel de tous projets de BTP.

De plus le BIM assure une interconnexion des différents bureaux d’études. Il est en quelque sorte le regroupement des différents calculs de structures, d’échanges thermiques…faits par les bureaux d’études. Il permet donc de relier sur une même plateforme toutes les interfaces de tous les bureaux d’études d’un projet de construction.

A l’inverse de l’industrie, chaque construction est unique il n’y a pas de prototype. Grace au BIM la maquette numérique est tellement réaliste qu’elle devient le prototype même d’une future construction.

 

Au-delà de la représentation graphique et structurelle d’un bâtiment, le BIM deviendra une maquette non pas en 3D mais une maquette en 5D. En effet, le BIM prend en compte la dimension des coûts globaux mais aussi du temps dans un projet de construction. Ce facteur essentiel permettra aux entreprises mandataires d’un chantier de réaliser un phasage des travaux plus précis, une division de leur prototype en fonction de chaque sous-traitants et d’éviter toutes interactions imprévisibles entre les différents corps d’états (ex : réseau de plomberie avec réseau d’électricité). Le BIM permet en outre de voir plus loin que la construction d’aujourd’hui tout en gérant les imprévus.

Cependant le BIM risque de changer considérablement les mentalités des différents intervenants puisqu’il nécessite : une nouvelle vision de la construction, un travail collaboratif de tous les corps de métiers sur un même projet et une approche systémique du métier de la construction.

Le BIM s’avère donc être la révolution du bâtiment. L’Angleterre compte déjà rendre le BIM obligatoire à partir 2016. Grace au BIM, les imprimantes 3D seraient en passe de devenir le nouveau moyen de construction de ses prochaines années.

 

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Quand le Social conditionne la réussite ou l’échec d’une implémentation BIM dans l’entreprise

Le BIM permet la création d’une maquette virtuelle permettant d’améliorer la gestion des données, la qualité de l’information ainsi que la maîtrise des coûts dans le processus de construction. Il permet également le suivi de l’ouvrage durant toute sa durée de vie grâce à la centralisation des informations.

Aujourd’hui c’est l’outil indispensable pour tout projet de construction complexe. Toutefois la transition CAO-BIM n’est pas une simple affaire en termes d’impact social sur chaque individu et sur les organisations de l’entreprise. Ce dernier est même considéré comme un frein plus important face à l’implémentation du BIM que la maîtrise des problèmes techniques, les fonds d’investissement ou les compétences intellectuelles qu’elle exige.

En effet, la réussite de cette transition se heurte à des problèmes typiquement issus du facteur humain:

  • Un respect et une confiance mutuelle entre collaborateurs,
  • Un défaut de communication et de collaboration,
  • Les habitudes de travail et le confort de la maîtrise des tâches,
  • L’identité et le rôle de chacun dans son travail (ex : l’architecte  devient « concepteur BIM » au même titre que les ingénieurs)
  • Une certaine réticence au passage du « tout numérique », etc.

Les cinq idées reçues vis-à-vis du BIM :

  1. La productivité diminue lors du passage au BIM.
  2. Les applications sous BIM sont difficiles à assimiler.
  3. Le BIM perturbe les plans de travail préétablis.
  4. Le passage au BIM n’est profitable que pour les maîtres d’ouvrage et les entrepreneurs mais pas pour les concepteurs. En effet, la phase de conception est plus longue et complexe, donc onéreuse.
  5. Le BIM augmente les risques.

Force est de constater que l’adoption du BIM résulterait d’un changement de comportement de la part des futurs utilisateurs. Il faut alors persuader les membres de l’équipe de la profitabilité de chacun à partir de cette implémentation en leurs fournissant des arguments solides comme par exemple : la productivité diminue effectivement durant la période de prise en main mais les bénéfices dépassent largement les pertes générées initialement ; tout nouvel outil n’est pas évident à manipuler les premières fois mais une fois maîtrisé, son exploitation peut donner des rendus très intéressant, etc.

Voici quelques suggestions pour faciliter l’adoption du BIM et faire acquérir le bon état d’esprit au sein de l’équipe :

  • Argumentez sur les bénéfices dont pourraient en tirer chacun de vos collaborateurs dans l’utilisation du BIM.
  • Faites appel à un expert spécialisé dans l’implémentation du BIM pour vous aider dans cette démarche.
  • Si l’adoption est réussie, choisissez une date de passage au BIM puis ne revenez plus en arrière. Si l’adoption ne s’est pas entièrement effectuée au sein de l’équipe, implémentez-le progressivement pour laisser aux plus réticents le temps de prendre leurs repères.

N’oublions pas que le passage de la conception manuel au CAO avait pris deux fois plus de temps qu’actuellement pour le BIM. On peut ainsi dire que le plus dur est derrière nous.

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