La communication par maquette numérique

Depuis des siècles, les architectes et artisans pensent et définissent leurs projets par des plans, des coupes, des axonométries, etc., leur permettant de visualiser celui-ci en trois dimensions. Cependant, la fabrication d’une maquette, à l’aide de papiers, cartons, etc., facilite la réflexion et permet de mettre en évidence de nouvelles interrogations concernant les espaces, le rapport à l’environnement, etc. Celle-ci fait alors partie intégrante du processus de conception d’un projet d’un point de vue architecturale, elle est d’ailleurs développée à différentes échelles, offrant de multiples points de vue au concepteur, et lui permettant un terme de communiquer sur son projet. L’heure est aujourd’hui au développement du BIM, maquette numérique ayant pour objectif de regrouper l’ensemble des informations techniques relatives au projet, développée au fil de l’avancement de l’opération par le BIM Master. Alors que l’on se trouve au commencement de ce qui sera peut-être une avancée majeure dans le monde de la construction, il est intéressant de se questionner sur le processus de développement de ces maquettes numériques et de leur utilité en terme de communication, comparé à l’utilisation faite de la maquette par l’architecte.

   Tout d’abord, l’architecte, lors de son processus de conception, est à même de développer différentes maquettes en fonction de ce qu’il cherche à montrer : concept, principe de structure, etc. Ainsi, la maquette numérique doit permettre de visualiser le ou les points que l’on cherche à mettre en lumière, et le BIM Master doit mettre en place une organisation informatique telle que cela soit possible. Toujours dans les similitudes, les niveaux de développement prescrits dans Le Cahier Pratique du Moniteur : BIM/Maquette Numérique correspondent d’une certaine manière au travail en maquette de l’architecte à différentes échelles : plus le projet progresse, plus le niveau de détail doit être élevé, mais cette évolution ne doit pas empêcher l’utilisateur de pouvoir revenir à un niveau de détail plus simple, qui lui permet d’avoir une vision globale du projet. De cette façon, la maquette numérique doit devenir un vrai outil de communication, car elle permet de souligner des points pertinents parmi les milliers d’informations dont elle est composée. Ceci est un outil de grande qualité en ce qui concerne la communication avec les entreprises, permettant la coordination et la démonstration visuelle (de certains modes opératoires par exemple). Mais cette maquette numérique doit pouvoir également permettre de devenir un vrai support de communication auprès des clients, des élus ou de la population, comme la maquette de l’architecte l’est déjà actuellement, car d’une certaine manière, cela vulgarise le milieu de la construction, permet de concrétiser le projet sous une forme lisible et compréhensible par le plus grand nombre, ce qui n’est pas le cas de plans ou de coupes en deux dimensions qui peuvent parfois s’avérer très complexes. On peut ainsi imaginer pouvoir faire passer des idées en matière de développement durable, de gestion d’énergie, des sujets dont beaucoup de gens se désintéressent par peur de ne pas comprendre. Pour aller plus loin, imaginez un cours magistral d’école d’ingénieurs pendant lequel l’enseignant pourrait s’appuyer sur ce support numérique pour expliquer les grands principes d’un corps d’état par exemple, il serait ainsi à même de présenter ce point à différentes échelles, du global au détail, captant l’attention des étudiants comme pourrait le faire un architecte présentant son projet en public.

   Pour conclure, je pense que les ingénieurs, dans le développement et l’utilisation de ces maquettes numériques, devraient s’inspirer fortement de ce qui a déjà été mis en œuvre par les architectes, qui ont fait de leur maquette un outil très puissant de communication et de persuasion, car je suis convaincu que la sélection des informations mises en lumière sur une maquette numérique, et leurs niveaux de précision, est un point capital de l’utilisation du BIM dans les prochaines années, pour une communication plus efficace et didactique.

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Une réflexion sur “ La communication par maquette numérique ”

  1. Bien vu, pas de doute sur le fait qu’il y ait matière à améliorer la circulation d’information et que le BIM peut permettre une meilleure compréhension !

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