Le BIM, une nouvelle manière de construire

– Retour sur la méthode qui a relégué aux archives l’époque des plans papiers

De l’arrivée de l’Informatique dans le bâtiment à la naissance du BIM

Le premier pas sur la route vers le BIM est posé par le Professeur G. Nemetschek qui, en 1963, fonde un bureau d’études entièrement dédié à la conception d’un modèle de bâtiment virtuel. Premier à utiliser l’outil informatique pour la construction, ses recherches étaient initialement destinées à un usage interne.

En 1987, après des années d’expérimentation, son entreprise lance le 1er logiciel de conception 3D : ArchiCad d’Autodesk. Le BIM est né.

Un outil devenu quotidien

Depuis 1987, avec le développement de l’outil informatique, l’utilisation des plans 3D s’est démocratisée jusqu’à devenir incontournable et d’utilisation quotidienne dans les bureaux d’études. Les ordinateurs ont aujourd’hui une puissance permettant une manipulation fluide et intuitive, ce qui a facilité l’acceptation de cette révolution au sein des entreprises.

Cet outil est devenu si indispensable aux professionnels du bâtiment que l’apprentissage de son maniement fait désormais partie intégrante du cursus des élèves ingénieurs en Génie Civil ainsi que des élèves architectes. A l’ESTP notamment, les étudiants sont formés à l’utilisation de ces logiciels souvent complexes tels qu’AutoCAD 3D et Allplan. Si cette compétence permet aux élèves de gagner du temps dans la réalisation de leurs projets étudiants, ce gain est exponentiel dans la vie professionnelle.

Aujourd’hui, le BIM tend à devenir une exigence courante lors des appels d’offres, confirmant son importance grandissante.


Le BIM au-delà des bureaux d’études – perspectives d’avenir

Si le BIM de par les informations techniques qu’il génère sur le bâtiment est un outil ayant transfiguré la manière de concevoir un projet, il s’est détaché de sa contingence statique pour devenir une véritable mine de données en passant du 3D à un 5D intégrant temps et coûts aux contraintes spatiales.

La potentialisation ainsi opérée de ses possibilités a transformé le BIM en base de données librement accessible aux acteurs – nombreux – intervenant sur le projet à chacune de ses étapes. Mettre les informations à disposition de chacun constitue une avancée majeure en ce qu’elle permet de créer un modèle dynamique du bâtiment réduisant les erreurs, évitant la répétition d’une même investigation par des acteurs différents et facilitant leur communication. Des études du CSTB confirment ce potentiel de gestionnaire d’informations sans précédents dans le domaine de la construction.

Cette nouvelle dimension du BIM ouvre des perspectives quant à ses futures utilisations pratiques. Il y a fort à prévoir que le BIM fera bientôt partie intégrante des outils utilisés sur le terrain au cœur même de la réalisation du projet. L’utilisation des tablettes portatives est déjà d’actualité lors des levées de réserves, permettant la communication à tous les intervenants des anomalies retrouvées lors de l’inspection. On peut imaginer pour l’avenir, la généralisation des tablettes électroniques pour suivre, en temps réel, l’avancée des travaux et la conformité de la réalisation à l’aide de scans des différentes parties du bâtiment en construction, assurant ainsi un lien direct entre bureaux d’études et réalité du chantier.

Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une mutation profonde de l’idéologie au cœur de la construction.

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