Le BIM, un risque à prendre pour les PME ?

Le BIM, un outil permettant de modéliser des informations dans le monde de la construction, commence à devenir un sujet incontournable dans le bâtiment. Il permet de réunir toutes les informations physiques et fonctionnelles d’un projet dans un seul fichier, cela permet d’avoir une parfaite cohérence entre les données de chaque acteur du bâtiment, de la conception à l’exploitation du bâtiment, voire de sa démolition. On peut se dire alors que cet outil prend tout son sens dans les projets de grandes envergures, qui à la fois sont complexes et montrent beaucoup de points singuliers, comme les projets de la Philharmonie de Paris ou la fondation Louis Vuitton qui ont tous deux eu recours au BIM. Mais cet instrument peut-il être rentable pour des projets beaucoup moins complexes ? Les PME auraient-elles intérêt à l’utiliser ?

Le BIM est sans contexte un moyen d’augmenter la productivité et l’efficacité, même pour les plus petits projets. En effet, il permet dès la conception de voir tous les points qui poseront problème dans le futur, mais également de faire des modifications avec ajustement des autres donnée, un calcul des quantités exactes des matériaux, une utilisation des plans 2D à partir du 3D. Les avantages sont multiples, mais pour une petite entreprise le chemin peut être long et sinueux pour arriver à utiliser une telle machine et à la rendre complètement optimale. Un désavantage majeur : le coût.

Un logiciel BIM coûte environ 6000€, il faut également compter en plus le coût des mises à jour et de maintenance, et un ordinateur assez puissant pour utiliser ce genre de logiciel se chiffrera à 3000€. Il faut également former les personnes qui l’utiliseront : la formation d’une semaine minimum s’élèvera à 1000€/jour. Il y a cependant la possibilité de recruter des gens déjà formé au BIM, en effet l’ENPC (Ecole Nationale des Ponts et Chaussées) a créé le Mastère Spécialisé « BIM,  Conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures ».

C’est dans tous les cas un réel investissement, sans compter le temps de mise en route et d’adaptation de tout le personnel, qui engendra une perte de rendement dans les six premiers mois, de 20 à 30 %. Il y a également un autre problème, les personnes d’expérience qui ne sont pas encore ancrées dans les nouvelles technologies peuvent être réfractaires et mettre un frein à cette avancée. Il est donc possible de créer au sein même d’une entreprise une divergence par l’apparition du BIM, qui rendrait la facilité d’échange d’information, avantage majeur du BIM, complètement obsolète.

Le choix est difficile et le risque dur à prendre, mais la monté en flèche du BIM est fulgurante et cette décision cruciale pourra sans aucun doute rendre les PME plus compétitives sur le marché. Elles pourront ainsi élargir leur éventail d’opportunités en décrochant des affaires qu’elles n’auraient jamais pu acquérir sans le BIM.

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3 réflexions sur “ Le BIM, un risque à prendre pour les PME ? ”

  1. Je pense qu’il y a, outre les problématiques financières de coûts de mise en oeuvre, la question des habitudes de travail. Certaines entreprises relativement anciennes et établies ne vont pas osé changer radicalement leur mode de travail. Cela peut en conséquence créer une marge importante de développement des PME formés de jeunes sortant de l’école et osant innover et investir dans le modèle numérique, d’autant que les maîtres d’ouvrage se montrent de plus en plus demandeur de modélisation.

  2. Effectivement, je rejoins ce qui a été dit sur deux points : d’une part, le coût élevé de la transition vers le BIM est un frein important et d’autres part, les nouvelles générations sont plus à mêmes de s’adapter à ce nouvel outil dont les changements s’invitent jusque dans les habitudes de travail des collaborateurs.

    Je pense cependant qu’il est également nécessaire de rajouter que certaines entreprises du BTP ont les moyens de créer des structures dédiées au BIM en leur sein (par exemple la création d’un département entier spécialisé) quand d’autres acteurs, plus petits, ne pourront supporter les coûts d’investissement initiaux liés à cette technologie ou même se permettre de recruter un personnel formé.

    Si cette transition est rendue obligatoire par le gouvernement, elle pourrait bien en laisser plus d’un à la traîne, et pas forcément les moins innovants…

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