BIM Processus. Révolution technologique ou Révolution culturelle ?

Les conséquences du processus BIM sur les pratiques entre acteurs d’une opération de construction. Révolution technologique ou Révolution culturelle ? Exemples de collaboration innovante.

La mise en place du BIM au sein des projets modifie fondamentalement la manière de travailler ensemble et désectorise la production. Deux leviers forts dirigent cette mise en place : la technologie et les processus. La technologie suscite de nombreux débats. Souvent l’acteur de l’acte de construire est perdu face à la profusion et au perpétuelle renouvellement des outils proposés. Comment faire le tri ? Comment savoir quel outil est adapté et pour quel besoin ? Et si la porte d’entrée était ce deuxième levier, moins souvent exploité et passant comme secondaire. La réelle innovation structurante ne se situe-t-elle pas dans la stratégie d’élaboration des processus ?
Cela fixe le pourquoi et le but des enjeux et resitue chaque acteur (maître d’ouvrage, maître d’œuvre et maîtrise d’usage) dans le process de production, qui ne forme plus qu’une seule et même unité.

La refonte, voir l’introduction, du travail collaboratif implique un changement de mentalités vis-à-vis des manières de faire traditionnelles. Pour que cela soit efficace, ce changement doit s’opérer aux niveaux de l’ensemble des acteurs. De nouveaux usages et des changements de comportements sont à créer. Une véritable rupture des pratiques doit être pensée, expliquée et assimilé.

Le management collaboratif est mis en avant comme un levier majeur. Actuellement le monde de l’entreprise est soumis à de nombreux bouleversement, or dans ce paysage, une notion émerge, l’holacratie. Elle apparaît comme une nouvelle technologie managériale pour redonner du sens à la pratique de chacun.

Qu’est-ce que l’holacratie ? Il s’agit de donner le pouvoir de gouvernance à l’organisation elle-même plutôt qu’aux personnes, mettant fin à la logique donneur d’ordre/exécutant et permettant de donner plus d’agilité au processus de conception.

L’organisation est structurée en cercle. Chaque cercle est à la fois autonome (« auto-organisé ») et interdépendant de l’ensemble. L’auto-régulation des tensions et les prises de décision se font à travers un système de « réunion en intelligence collective ». Elles sont de deux types : stratégique/de gouvernance (« comment s’organiser ? ») et opérationnelles (« que devons-nous faire ? »). Au sein de chaque cercle des rôles sont définies. Puis les rôles sont affectés collégialement et peuvent être redistribués à chaque projet ou à différentes phases du projet. Deux rôles sont présents dans chaque cercle : un rôle d’animateur, le « lien leader » et un rôle de porte-parole vers les autres cercles, le « lien représentant ».

L’objectif est de « faire émerger l’essence, la capacité d’innovation et le potentiel collectif de l’organisation en la libérant des peurs et de leurs inhibitions ». Les atouts majeurs sont une plus grande créativité par une meilleure collaboration, plus de souplesse apportée au processus décisionnel et une implication accrue de chaque acteur.

Des groupes de travail voient le jour en ce sens. Notamment le groupe Wikibuilding, qui met en connexion l’ensemble des acteurs de la ville. Le collectif est « pensé comme une plate-forme d’innovations architecturale et sociales permanentes (…) s’appuyant sur un état d’esprit et des notions liées aux transformations numériques : l’intelligence collective et l’innovation ouverte.(…) ». Leur idée est la suivante : «En travaillant sur l’hybridation des opportunités méthodologiques du numérique (méthodes agiles, conception itérative et réflexive, réversibilité…), les Wikibuildings ouvrent une voie vers des villes ouvertes et contributives.
Ce sont des plateformes ouvertes qui permettent aux gouvernements, aux professionnels et aux chercheurs non seulement de se connecter aux initiatives, mais de les comprendre, de les cultiver et de s’en servir comme effets de levier pour défendre l’intérêt public »

Ce qui se joue dans la mise en place de processus BIM va au-delà d’une révolution technologique et tiens plus d’une révolution culturelle.

WEBOGRAPHIE

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/le-travail-collaboratif-nouveau-graal-des-entreprises-557076.html

http://www.webmarketing-com.com/2015/06/09/38285-innovation-de-rupture-incrementale-meilleure-strategie#sthash.CKDcFv5L.dpuf

http://www.journaldunet.com/management/expert/63797/construire-la-collaboration-en-misant-sur-l-intelligence-collective.shtml

http://wikibuilding.io/#concept

http://www.journaldunet.com/management/expert/63897/holacratie—une-revolution-en-marche.shtml

http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/management/5-choses-a-savoir-sur-l-holacratie_1675855.html

https://www.colibris-lemouvement.org/agir/guide-tnt/instaurer-une-gouvernance-ecologique-dans-une-organisation-avec-lholacratie

http://www.4tempsdumanagement.com/4-47-L-entreprise-liberee-dans-tous-ses-etats-Sociocratie-Holacratie-Ricardo-Semler-Service-Management-Comment-s-y_a6032.htm

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