Geometry Gym : de Grasshopper à IFC

 Nous connaissons tous Grasshopper comme un puissant éditeur algorithmique pour Rhinoceros 3D, permettant la création de modèles paramétriques susceptibles interagir avec nombreux logiciels d’analyse et de simulation. Et si ces modèles pouvaient être générés sur Grasshopper avec l’affectation d’attributs à leurs éléments constitutifs tout au long du processus de conception puis exportés en format IFC ?

Valorisation des modules Grasshopper

C’est en réponse à la forte expansion de la révolution BIM que Jon Mirtschin développe Geometry Gym, un module complémentaire pour Rhino et Grasshopper permettant notamment la construction d’un modèle interactif et l’export au format IFC. L’interopérabilité de ce modèle avec des logiciels tels que Revit, Teckla, Digital Projects, ArchiCAD. . .est un réel atout dans l’utilisation des logiciels d’analyse via des plugs-ins comme Geco, Ladybug, Diva ; et des solveurs évolutionnaires, tels que Galapagos ou Octopus (fig. 1). La liste est encore longue, et il ne s’agit pas ici d’en faire l’inventaire, mais en tant que fervente utilisatrice de Grasshopper en réponse aux problématiques d’optimisation multicritères énergétiques et environnementales, je ne peux qu’appuyer l’intérêt d’un tel outil dans la conception des projets futurs.

Optimisation sur Octopus

FIGURE 1 – Optimisation sur Octopus : Minimisation de l’ensoleillement en été et maximisation en hiver

Installation et facilité de l’interface

Nul besoin d’être un expert pour s’essayer à la modélisation paramétrique intelligente, un peu de pratique et de motivation suffiront. Il vous faudra dans un premier temps télécharger le plug-in à partir du site de Food4rhino, puis demander une licence par mail à jonm@geometrygym.com. Une fois le plug-in installé, les différents composants sont classés dans la barre d’outils Grasshopper en relation avec leur fonctionnalité : la définition du type d’objet (mur, dalle, fenêtre…), l’affectation d’attributs liés à la mesure de plusieurs grandeurs physiques (quantités et temps) et de nombreux outils de construction et transformation de surfaces et de Brep 2. Certains composants (fig. 2) apportent au modèle des données relatives à la gestion des travaux et des coûts, notamment par l’affection d’attributs tels que le type et la durée des tâches, et permettent la visualisation de la construction dans le temps, à partir d’un logiciel adapté. Enfin, les composants Backtofile et Readfile permettent d’exporter ou d’importer un projet en format IFC.

Interface de Geometry Gym dans Grasshopper

FIGURE 2 – Interface de Geometry Gym dans Grasshopper

On comprend dès lors l’intérêt de l’utilisation des solveurs multicritères sur l’optimisation des ressources. Si Geometry Gym propose une représentation physique aussi bien qu’analytique, cette dernière n’en reste pas moins limitée à des préoccupations structurelles. En revanche, couplé à d’autres logiciels tels que Ecotect Analysis par le biais de Geco pour les analyses énergétiques, et à Kangaroo pour des simulations physiques dynamiques, le modèle génératif peut-être renseigné dès les premières étapes de la conception, favorisant la performance des décisions dans le processus de conception.

Des limites encore palpables

Geometry Gym est un outil puissant parmis d’autres – on pensera par exemple au plug-in HummingBird – qui mériterait d’être développé davantage. Sa force se trouve également dans sa constante évolution, qui constitue également un obstacle dans la création de documents à vocation éducative, pouvant décourager les architectes dans la prise en main de ce type d’outils. Thierry Deberle (Egis Elioth-ee) nous confiera d’ailleurs lors d’un entretien portant sur les optimisations multi-objectifs au sein de l’entreprise, qu’ils « sont prêts à franchir le pas quant à l’utilisation de tels outils, mais que les agences d’architecture ne semblent pas pressées… ».

Références bibliographiques et Figures
[1] MIRTSHCHIN, Jon. « IFC4 : The Shape of things to come »(The BIM Day out)

[2] MIRTSHCHIN, Jon. « Engaging Generative BIM Workflows »

[Fig:1] DARMON, Ilona. « Impact des Optimisations multicritères énergétiques et environnementales sur la conception des enveloppes »
[Fig:2] DARMON, Ilona, Capture d’écran.

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6 réflexions sur “ Geometry Gym : de Grasshopper à IFC ”

  1. Article intéressant pour les novices en la matière qui montre l’offre déjà existante. La notion de « constante évolution » est intéressante, ne faut-il pas attendre un certain aboutissement du logiciel avant de l’utiliser?

    1. Nous tous, étudiants, architectes, ingénieurs, de part l’utilisation qu’on fait des nouveaux outils, et de part le partage en ligne, sommes susceptible de contribuer à leur évolution. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se lancer, d’expérimenter et surtout les architectes.

  2. Un article très intéressant, il montre bien les évolutions possible du BIM et de la conception paramétrique. Cependant, ces fonctions peuvent-ils permettre de gérer la relation entre 2D et 3D ? En d’autres termes, peux-tu générer également des plans à partir de ces modèles?

  3. Dans cet article tu expliques que la modélisation paramétrique intelligente peut être accessible à un novice avec un peu d’entrainement et de volonté, cependant, tu dis également que les agences d’architecture ne s’y mettent pas facilement. Est-ce donc réellement simple de s’y mettre soi-même, car cela peut paraître tout de même compliquée à première vue ? Ne faudrait-il par des formations accessibles aux architectes professionnels ? En existe-il ?

  4. L’interopérabilité parait essentielle au BIM. La façon dont tu présentes les offres existantes et les façons de les tester avec facilité donne envie de s’y essayer!

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