BIM : BOULEVERSEMENT INTERPROFESSIONNEL MAJEUR

1. Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

  • En quelques mots ?

    Le BIM à travers la maquette numérique et la gestion des informations qu’elle contient donne la possibilité de faire évoluer de manière plus fiable, plus rapide et plus économique les études, les travaux et l’exploitation des bâtiments.

  • Un accès depuis n’importe où ?

    L’interface unique de travail et l’utilisation du cloud permet à tous les intervenants de travailler à distance où qu’ils soient et à n’importe quel moment.

  • Une communication renforcée ?

    Le BIM va permettre aux différents acteurs de visualiser et d’appréhender les détails du projet au plus proche du réel et non plus seulement sur des plans, il constitue une aide efficace à la compréhension, la communication et la décision.

  • Une meilleure interopérabilité ?

    Le travail sur la version numérique en constante mise à jour réduit considérablement les erreurs dues à l’utilisation de plans ayant le mauvais indice.
    On peut anticiper les problèmes d’assemblages et d’interférences pour éviter les adaptations sur chantier qui conduise souvent à des tâches mal réalisées.

  • Construire durable/cycle de vie du bâtiment ?

    La maquette numérique constitue une base de données intelligente utilisable sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment. En effet plus qu’un modèle 3D, le BIM intègre une dimension de temps, des données de coûts et de quantités, des outils de gestion d’actifs immobiliers et enfin les performances énergétiques et environnementales.
    Après la livraison du bâtiment, le BIM continue de servir pour optimiser la maintenance, anticiper et simuler l’évolution de l’ouvrage et gérer son parc immobilier.

  • Un gain budgétaire ?

    La charge de travail va augmenter en conception, le prix aussi. Cependant une large compensation est à prévoir, les projets seront mieux pensés, mieux préparés et le travail ultérieur sera simplifié.
    La qualité va être améliorée avec une réduction des reprises. La faisabilité est évaluée largement en amont de la phase chantier et laisse une grande flexibilité dans le changement de design, pour un coût dérisoire comparé à une exécution sur site. Les gaspillages vont diminués grâce à la précision des métrés. La sécurité sera mieux assurée ce qui entrainera une diminution des accidents de travail. Les pénalités dues aux retards de livraison seront moins fréquentes en respectant mieux les délais du client.

2. Comment « ça » fonctionne ?

 

  • Quels sont les différents niveaux de développement de la maquette ?

    Il y a 6 niveaux de développement. Le niveau 1 – Esquisse – permet de caractériser les volumes 3D génériques. Le niveau 2 – Avant Projet Sommaire – permet l’enrichissement de la maquette avec des éléments techniques. Le niveau 3 – Projet – permet de définir tous les objets, et d’en déduire les quantitatifs. Le niveau 4 – Etudes d’exécution – permet d’intégrer les éléments retenus par les entreprises. Le niveau 5 – Dossier des Ouvrages Exécutés – contient toutes les informations du projet fini. Le niveau 6 – Exploitation – permet de déployer l’information nécessaire aux utilisateurs.

  • Quels sont les outils ?

    Chaque cœur de métier dispose de ses propres logiciels pour simuler ses propres études de structures, d’acoustique, de thermique, de consommation énergétique et d’économie de la construction. Il est donc inévitable d’utiliser plusieurs logiciels et donc plusieurs maquettes, comme : Revit (Autodesk), Microstation (Bentley), Sketchup pro ou Rhinocéros 3D. Chaque acteur crée et peut faire appel à des bibliothèques d’objets. Comme la maquette est utilisable tout au long du cycle de vie du bâtiment, des logiciels de gestion de patrimoine sont également applicables.

  • Quels sont les protocoles/les règles à suivre ?

    Le BIM suit la normalisation ISO 16739; celle-ci requière un format IFC (Industry Foundation Classes). Celui-ci permet de décrire les objets selon un modèle bien précis. Ainsi les échanges et partages des informations se réalisent de manière automatique entre les logiciels. Par ailleurs, il est essentiel d’insérer les normes de construction dans le projet BIM, celles-ci peuvent être intégrées en tant qu’objets.

  • Quels sont les intervenants ?

    De nombreux acteurs sont amenés à utiliser cette maquette BIM : les architectes, les Bureaux d’Etudes Techniques, les Bureaux des Méthodes, les commerciaux, l’équipe travaux, le client, l’exploitant.

  • Doit-on être un as du BIM pour profiter des avantages du BIM ?

    Quand la maquette est finie, il est possible d’extraire une visionneuse graphique qui sera lue sans logiciel spécifique. Cette visionneuse permet de visualiser et d’extraire l’intégralité des données du bâtiment en 2D et en 3D. Ainsi, dans la phase finale du projet, le client reçoit une maquette numérique qui contient toutes les informations nécessaires sur l’ouvrage, la gestion, l’exploitation et la maintenance.

3. Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

 

  • Pour les architectes ?

    Le travail traditionnellement réalisé sur des plans 2D, passe obligatoirement en 3D.

  • Pour les bureaux d’études techniques ?

    Ils perdent beaucoup de temps à ressaisir les données du projet dans leur logiciel à partir des plans 2D, ils auront maintenant accès à la maquette numérique sur laquelle ils pourront opérer directement et lancer des simulations.

  • Pour les méthodes ?

    Ils peuvent désormais réaliser les Plans d’Installation Chantier en 3D pour simuler au mieux la vie du chantier avec les interférences des grues, la position des circulations, des zones de stockages… La présentation des rotations se fait en 3D avec le positionnement précis des différentes banches par exemple et non plus uniquement des portions de mur surlignées. Ainsi, on peut voir directement si la banche n’interfère pas avec son environnement direct, on peut également ajouter des données telles que les volumes de béton précis à commander en déduisant directement les ouvertures (fenêtres…).

  • Pour les commerciaux et les études de prix ?

    Les constructeurs sont amenés à savoir utiliser de plus en plus le BIM pour répondre aux appels d’offre, en effet leur capacité à mettre en œuvre la maquette numérique va devenir un réel critère de sélection pour la réalisation de projets.
    On peut estimer le coût du projet de manière plus précise, en associant leurs bordereaux de prix détaillés à la maquette numérique. Les métrés de béton… pourront être automatisés sur la maquette pour donner des valeurs les plus proches de la réalité.

  • Pour les équipes travaux ?

    Leurs tâches sont simplifiées avec une vraie clarté sur le rendu final attendu, des projets mieux pensés avec plus de réflexion en amont sur les difficultés à venir, des maquettes 3D beaucoup plus explicites que les plans 2D et rassemblant toutes les informations nécessaires.

  • Pour l’exploitation et les interventions ultérieures ?

    Tous les détails du projet se trouvent sur la maquette numérique, ils ne sont plus éparpillés sur une quantité astronomique de plans qui sont susceptibles d’être perdus.

  • Pour le client, les riverains, les futurs occupants ?

    Avec la réalité augmentée et la réalité virtuelle, ils vont pouvoir visiter son bâtiment en amont et se faire une idée très précise du rendu final. Cela va considérablement faciliter leur compréhension du projet par rapport aux plans.

 4. Comment faire pour y aller ?

 

  • A-t-on envie d’y aller ?

    On ne peut nier que le secteur du BTP en France reste un secteur très attaché à ses traditions opératoires. La France est aussi un pays dans lequel la consommation de papier ne risque pas de baisser puisque les validations de plans papiers ainsi que leur archivage restent obligatoires à l’ère du numérique.
    La France accuse ainsi, fidèle à ses habitudes, un retard considérable dans le domaine du BIM. Si en Angleterre, les marchés publics intégreront obligatoirement du BIM à partir de 2015, « moins de 1 % des cabinets d’architecture français font du BIM et moins de 30 % des agences travaillent à un moment ou à un autre en 3D », estime Thierry Parinaud, architecte et Vice-Président de MediaConstruct.
    Cela dit, la nouvelle réforme du Code des Marchés Publics de travaux prévue pour 2016 en France épouse les principes fondateurs du BIM, notamment l’Open Data pour tous soit une exigence de rendus informatiques de la part de toutes les entreprises consultables par tous les intervenants et aussi une amélioration de la communication entre intervenants dans une visée de prévision des contraintes liées aux interfaces.
    Dans cette même optique, La directive Européenne préconise l’utilisation de la maquette numérique pour tous les chantiers de marché public, à horizon 2017.

  • Comment traduire cette volonté dans les sphères décisionnelles ?

    Même si les écoles d’ingénieurs, ayant compris la révolution du BIM, l’intègrent dans la formation des futurs acteurs du BTP, la sensibilisation ne peut suffire. Il faudrait, en effet pour une vraie orientation vers la mise en application, que les dirigeants des entreprises, bureaux d’études et d’architecture mettent en œuvre les moyens humains et financiers.
    Une démarche possible serait que chaque dirigeant d’intervenants dans le BTP procède à un essai sur l’amélioration de productivité et de rendement liée au BIM, qui s’inscrirait éventuellement dans le cadre d’une collaboration avec le pole Recherche et Développement.
    Un tel essai a par exemple été mené par l’entreprise, leader du BTP, Bouygues Construction qui a une volonté forte de se tourner vers l’extérieur pour partager ses réflexions et progresser par les coopérations et les partenariats, notamment avec les laboratoires de recherche universitaires et les industriels. En 2010, le Groupe a par exemple créé la chaire « Bâtir durable et innover » avec le CSTB, l’école des Ponts ParisTech, Supélec et l’école Centrale Paris. Actuellement, les efforts de recherche s’articulent autour de deux axes principaux : la construction durable et les démarches stratégiques de nos métiers.

  • Quelle stratégie adopter ?

    Une fois ce test d’efficacité du BIM effectué sur un projet, un retour d’expérience permettrait de généraliser progressivement la mise en place du BIM. S’imposera alors le dialogue avec le revendeur de matériel qui permettrait d’avoir des démonstrations, des formations pour les utilisateurs ainsi que des fournitures en logiciels et matériel informatique (ordinateurs plus performants, tablettes pouvant contenir une version simplifiée de la maquette numérique transportable sur chantier…).
    Une fois bien équipés, commence alors la sensibilisation et formation de tous les intervenants de l’architecte à l’ouvrier car opter pour le BIM n’est pas qu’acheter un logiciel et payer un informaticien mais choisir de changer de méthode de travail, d’accorder plus de temps à la mise en place puis vérification de la concordance entre la maquette et le site et en contrepartie gagner en prévision des aléas en collaborant plus avec les différents corps d’état.
    Il serait dans cette optique judicieux d’opter pour une formation approfondie sur le BIM pour quelques chefs de projets ou superviseurs afin d’en faire des BIM managers et de proposer des stages de formation moins élaborés pour le reste des intervenants leur permettant d’exploiter la maquette. La formation pour tous restant une obligation de réussite.
    Des pertes financières se verraient inévitablement à court terme de cette démarche à cause des achats de matériels et des formations à payer mais pourvu que tous les intervenants travaillent en bonne intelligence sous l’œil vigilant et conseillant du BIM manager, les avantages de l’application du BIM ne tarderaient pas à se manifester.

Article rédigé par : ANGLARD Hadrien, DROUILHET Jean-Loup, JACOBELLI Tony et SAHLI Abir

Bibliographie :

 

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