Et BIM ! Le BTP rattrape les autres secteurs de l’ingénierie

L’utilisation de maquettes 3D évolutives et centralisées pour l’ensemble des parties prenantes d’un projet n’est pas une chose nouvelle en ingénierie ; elle est monnaie courante dans le domaine de l’aéronautique ou de l’automobile. C’est cependant une innovation pour l’industrie du Bâtiment et des Travaux Publics, qui rattrape à grands pas son retard sur les autres secteurs avec un concept novateur, le Building Information Modeling.

Le BIM, dans son concept abouti, englobe 3 dimensions en plus de l’espace (six dimensions au total). Il comprend également le temps, le coût, et la gestion des ressources. Il permet, en rassemblant toutes les parties prenantes autour d’une même modélisation, d’optimiser la réalisation du projet sous tous ses aspects à un degré inégalé jusqu’alors, au prix d’une collaboration plus poussée.

Le BIM est donc bien loin de n’être qu’une maquette 3D : le cabinet d’avocats d’affaires australien Corrs Chambers Westgarth traduit bien l’in térêt du BIM pour l’ensemble des entités concernées par la contruction, au-delà des corps de métier : «  BIM has been identified by governments globally as a more co-ordinated and cost-efficient way to build and manage assets over their lifecycle. […] Advanced countries in North America, Europe and Asia are already benefiting from BIM in both project delivery as well as ongoing asset management. In contrast, countries that are slow to embrace the BIM revolution are at risk of falling further behind in the global construction industry ». Le danger de chute dans l’obsolescence est réel pour les entreprises qui tardent à entrer dans la nouvelle ère. Il est ainsi prévu depuis en France, depuis le gouvernement Ayrault, que l’ensemble des projets en Maîtrise d’Ouvrage seraient réalisés en BIM.

J’ai pu constater au travers de mes stages les dégâts du manque de coordination entre les entreprises. Autour de l’entreprise principale qui m’employait, gravitaient le Maître d’Œuvre,  le bureau d’étude, deux sous-traitants principaux. L’entreprise délivrait au sous-traitant des plans détaillés et tamponnés (procédure d’accusé réception). Cette lourdeur dans la communication, qui s’appliquait dans tous les échanges entre parties prenantes, impactait considérablement la coordination. De plus, la lenteur des échanges a parfois créé des problèmes en chaîne, par exemple lorsque le terrassier effectuait une tâche planifiée dans un programme obsolète dont la version à jour ne lui était pas parvenue.

Le BIM est donc plus qu’une maquette, c’est un mode et un espace de travail. Il est très clairement amené à s’imposer, à terme, dans tous les projets, jusqu’aux petites envergures. Il est au chantier ce que les éléments finis sont aux études.

Share Button

2 réflexions sur “ Et BIM ! Le BTP rattrape les autres secteurs de l’ingénierie ”

  1. Ton article est intéressant cependant, le secteur du BTP est loin de rattraper les secteurs de l’industrie tel que l’aéronautique ou l’automobile qui utilisent le potentiel des outils informatisés depuis plusieurs années déjà. En effet, des modélisations 3D sous le logiciel CATIA et des maquettes collaboratives est systématique dans ces secteurs contrairement au BTP.

  2. Tout dans le bâtiment comme d’ailleurs dans tous les secteurs d’activité doit passer par une simplification massive en France.
    c’est a ce prix la seulement que nos entreprises redeviendront competitives.
    De la gestion des chantiers a la gestion des entreprises!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*