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BIM Processus. Révolution technologique ou Révolution culturelle ?

Les conséquences du processus BIM sur les pratiques entre acteurs d’une opération de construction. Révolution technologique ou Révolution culturelle ? Exemples de collaboration innovante.

La mise en place du BIM au sein des projets modifie fondamentalement la manière de travailler ensemble et désectorise la production. Deux leviers forts dirigent cette mise en place : la technologie et les processus. La technologie suscite de nombreux débats. Souvent l’acteur de l’acte de construire est perdu face à la profusion et au perpétuelle renouvellement des outils proposés. Comment faire le tri ? Comment savoir quel outil est adapté et pour quel besoin ? Et si la porte d’entrée était ce deuxième levier, moins souvent exploité et passant comme secondaire. La réelle innovation structurante ne se situe-t-elle pas dans la stratégie d’élaboration des processus ?
Cela fixe le pourquoi et le but des enjeux et resitue chaque acteur (maître d’ouvrage, maître d’œuvre et maîtrise d’usage) dans le process de production, qui ne forme plus qu’une seule et même unité.

La refonte, voir l’introduction, du travail collaboratif implique un changement de mentalités vis-à-vis des manières de faire traditionnelles. Pour que cela soit efficace, ce changement doit s’opérer aux niveaux de l’ensemble des acteurs. De nouveaux usages et des changements de comportements sont à créer. Une véritable rupture des pratiques doit être pensée, expliquée et assimilé.

Le management collaboratif est mis en avant comme un levier majeur. Actuellement le monde de l’entreprise est soumis à de nombreux bouleversement, or dans ce paysage, une notion émerge, l’holacratie. Elle apparaît comme une nouvelle technologie managériale pour redonner du sens à la pratique de chacun.

Qu’est-ce que l’holacratie ? Il s’agit de donner le pouvoir de gouvernance à l’organisation elle-même plutôt qu’aux personnes, mettant fin à la logique donneur d’ordre/exécutant et permettant de donner plus d’agilité au processus de conception.

L’organisation est structurée en cercle. Chaque cercle est à la fois autonome (« auto-organisé ») et interdépendant de l’ensemble. L’auto-régulation des tensions et les prises de décision se font à travers un système de « réunion en intelligence collective ». Elles sont de deux types : stratégique/de gouvernance (« comment s’organiser ? ») et opérationnelles (« que devons-nous faire ? »). Au sein de chaque cercle des rôles sont définies. Puis les rôles sont affectés collégialement et peuvent être redistribués à chaque projet ou à différentes phases du projet. Deux rôles sont présents dans chaque cercle : un rôle d’animateur, le « lien leader » et un rôle de porte-parole vers les autres cercles, le « lien représentant ».

L’objectif est de « faire émerger l’essence, la capacité d’innovation et le potentiel collectif de l’organisation en la libérant des peurs et de leurs inhibitions ». Les atouts majeurs sont une plus grande créativité par une meilleure collaboration, plus de souplesse apportée au processus décisionnel et une implication accrue de chaque acteur.

Des groupes de travail voient le jour en ce sens. Notamment le groupe Wikibuilding, qui met en connexion l’ensemble des acteurs de la ville. Le collectif est « pensé comme une plate-forme d’innovations architecturale et sociales permanentes (…) s’appuyant sur un état d’esprit et des notions liées aux transformations numériques : l’intelligence collective et l’innovation ouverte.(…) ». Leur idée est la suivante : «En travaillant sur l’hybridation des opportunités méthodologiques du numérique (méthodes agiles, conception itérative et réflexive, réversibilité…), les Wikibuildings ouvrent une voie vers des villes ouvertes et contributives.
Ce sont des plateformes ouvertes qui permettent aux gouvernements, aux professionnels et aux chercheurs non seulement de se connecter aux initiatives, mais de les comprendre, de les cultiver et de s’en servir comme effets de levier pour défendre l’intérêt public »

Ce qui se joue dans la mise en place de processus BIM va au-delà d’une révolution technologique et tiens plus d’une révolution culturelle.

WEBOGRAPHIE

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/le-travail-collaboratif-nouveau-graal-des-entreprises-557076.html

http://www.webmarketing-com.com/2015/06/09/38285-innovation-de-rupture-incrementale-meilleure-strategie#sthash.CKDcFv5L.dpuf

http://www.journaldunet.com/management/expert/63797/construire-la-collaboration-en-misant-sur-l-intelligence-collective.shtml

http://wikibuilding.io/#concept

http://www.journaldunet.com/management/expert/63897/holacratie—une-revolution-en-marche.shtml

http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/management/5-choses-a-savoir-sur-l-holacratie_1675855.html

https://www.colibris-lemouvement.org/agir/guide-tnt/instaurer-une-gouvernance-ecologique-dans-une-organisation-avec-lholacratie

http://www.4tempsdumanagement.com/4-47-L-entreprise-liberee-dans-tous-ses-etats-Sociocratie-Holacratie-Ricardo-Semler-Service-Management-Comment-s-y_a6032.htm

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La réalité augmentée – Un dispositif de visualisation adapté aux chantiers.

La réalité augmentée (RA) – définitions :

La réalité augmentée (RA) consiste à superposer à la réalité perçue, des informations complémentaires fournies par dispositifs externes au corps humain. Elle peut s’appliquer aux 5 sens, étant le plus connu le concept de réalité augmentée appliqué à la vision. Justement, wikipedia définit la réalité augmentée comme la « … superposition d’un modèle virtuel 2D ou 3D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel »[1].

Il faut éviter de confondre réalité augmenté et réalité virtuelle (RV), du fait que dans celle-ci il n’opère pas une superposition en temps réel avec le monde perçu.

La réalité augmentée connaît actuellement un fort essor lié, en grande partie, à l’augmentation de la capacité du traitement de données par des ordinateurs, à la miniaturisation des composants, à l’amélioration des systèmes de positionnement  ainsi qu’au développement des systèmes de communication de données sans fil.

Un dispositif de réalité augmentée visuelle est, à la base, constitué par un écran sur laquelle sont projetées des informations qui se superposent à la perception visuelle qu’un individu a du monde réel. Cette superposition peut se faire par projection des informations complémentaires sur un écran transparent, de façon à ce que la fusion des images est reconstituée par le système visuel humain (figure 1) ou bien par l’intermédiaire d’un dispositif de captation d’images, de façon à ce que la fusion des images est reconstituée sur un écran (figure 2).

FIG1
Fig 1 – Source: http://www.lunettes-connectees.com

 

 

 

 

 

 

FIG2
Fig 2 – Source: www.igen.fr

 

 

 

 

 

 

Plusieurs dispositifs de type « lunettes » à usage professionnel sont actuellement en phase de prototypage, de test ou de commercialisation. Les HoloLens  de Microsoft (https://www.microsoft.com/microsoft-hololens/en-us), Les IMMY iC 60 d’IMMY (http://www.immyinc.com/), la solution développée par la française A-sis (http://www.savoye.com/fr/newsroom?communique-de-presse=1970), le META2 de Meta industries (https://www.metavision.com/), les MOVERIO d’EPSON (http://www.epson.fr/fr/fr/viewcon/corporatesite/products/mainunits/overview/12411?WT.mc_id=cpc-_-google-_-moverio-_-fr&WT.tsrc=cpc), ou le SMART HELMET de DAQRI (www.daqri.com) sont des exemples.

On trouve aussi dans le marché les développeurs de plateformes pour loger les applications, comme Vuforia (https://developer.vuforia.com/downloads/sdk)

La filière bâtiment :

Dans le cadre de la filière bâtiment, la modélisation des maquettes numériques a favorisée la parution d’interfaces de visualisation de réalité virtuelle (RV) qui vont des simples écrans aux casques (oculus) 3D[2] ou salles immersives[3].

Concernant la réalité augmentée (RA), le SMART HELMET de DAQRI est conçu comme un produit de visualisation adapté à l’utilisation en chantiers. Ce dispositif intègre :

  • Une unité centrale de procès équipée d’un processeur M7 d’Intel
  • Un système de visualisation par écran transparent à cristaux liquides.
  • Des centrales à inertie pour calculer le positionnement relative du casque.
  • Une caméra thermique.
  • Des systèmes de reconnaissance d’objets (mappage, capture d’images et suivi de trajectoires) constitués par des caméscopes conventionnels, stéréoscopiques infrarouges et un projeteur laser infrarouge.
  • Un Système d’audio 360°.
FIG3
Fig 3 source DAQRI WWW.daqri.com

 

Il est difficile de préciser la phase de développement dans laquelle se trouve le produit. Un événement de présentation (le « 4D EXPO »[4]) est prévu pour les 11 et 12 mai 2016 au siège de l’entreprise. Concernant les applications au BIM, le site web de l’entreprise annonce un partenariat avec Autodesk[5].

Des articles de revue de la CES[6] 2016 indiquent qu’il serait disponible au prix de €4.600 à €13.800 l’unité[7].

Il faut souligner que l’on trouve, dans la base de données en accès libre de l’INPI[8], plus d’une vingtaine de demandes d’enregistrement de brevets par DAQRI (publiées entre septembre 2014 et février 2016), dont un extrait de quelques titres peut donner une idée des enjeux associés au produit :

Visualisation d’interactions physiques en réalité augmentée (WO2016025697 A1)

Visualisation spatiale de données (WO2016025811 A2)

Traitement de données spatiales (WO2016025808 A1)

Système de mappage tridimensionnel (WO2015126951 A1)

Mise en correspondance de gestes et de fonctions virtuelles (WO2015102903 A1)

Manipulation d’objet virtuel en réalité augmentée, par la pensée (WO2014197392 A1)

Une demande de contact avec l’entreprise à été lancée sans réponse au jour de la rédaction de cette veille technologique.

– Webographie et références:

http://www.augmented-reality.fr/ blog de l’association de promotion de la réalité augmentée

http://www.larealiteaugmentee.info/actualites-blog/

http://www.augmented.org/blog/

http://www.wearear.de/

http://arblog.inglobetechnologies.com/

– Événements et salons sur la réalité virtuelle et le numérique :

AWE (EUA), insideAR (Allemagne), ARMC (Irelande), MixAR (Russie), Laval Virtual (France)[9], ISMAR[10].

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9alit%C3%A9_augment%C3%A9e

[2] http://www.oculus-rift.fr/

[3] http://www.inria.fr/centre/sophia/innovation/plateformes-technologiques2

[4] http://4dexpo.com/

[5] http://daqri.com/home/partners/

[6] CES Consumer Electronics Show® – Las Vegas, janvier 2016 – http://www.cesweb.org/

[7] http://www.cnet.com/products/daqri-smart-helmet/

[8] http://bases-brevets.inpi.fr/

[9] http://www.laval-virtual.org

[10] International Symposium on Mixed and Augmented Reality – http://ismar.net -

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BIM et suivi de chantier

BIM et suivi de chantier. Quels sont les produits, outils et solutions logicielles existants à disposition des acteurs de la filière bâtiment/construction et susceptibles d’être mis en place dans une agence d’architecture disposant d’un service dédié à la phase des travaux.

La conception 3D sous forme de maquette numérique se généralise dans les agences d’architecture mais ce n’est pas totalement nouveau. En revanche, l’utilisation de cette même maquette numérique au travers de produits, outils et solutions BIM constitue la véritable innovation qu’il faut désormais promouvoir sur les chantiers.

Les professionnels du bâtiment sont attentifs et ils ont raison car les solutions existent et se développent.

Ainsi, la société américaine DAQRI associé à Intel, propose « Smart Helmet », un casque professionnel au design futuriste qui utilise la réalité augmentée pour répondre aux besoins spécifiques de professionnels et notamment du personnel œuvrant sur les chantiers. Equipés en autre de capteurs sensoriels, de caméras thermiques, il fonctionne sous Android et est ultra-connecté.

Un peu moins dans la lumière, le casque Oscar 2.0 le laboratoire high tech de Bouygues E-Lab dont il est prévu une version connectée en 2017, se développe dans le domaine de l’infrastructure et est pour le moment utilisé dans les agences travaux de Colas Rail dans le cadre de travaux ferroviaires.

Signe d’une dématérialisation croissante de la gestion des constructions et le l’implantation du BIM sur le terrain, les tablettes sont de plus en plus utilisées. Bien que n’utilisant pas toutes le format standard IFC, les applications se multiplient et proposent des fonctionnalités qui couvrent désormais la totalité de la phase chantier et en optimise le suivi. Elles procurent un gain de temps significatif et une meilleure transmission de l’information. A titre d’exemple et de manière non exhaustive, nous citerons les principales que sont Air-Bat, Batimax, BatiScript, BulldozAIR, FinalCAD, OPR6, Kaliti, WizzCAD.

Enfin, la panoplie des produits et outils à disposition des différents intervenants en charge du suivi des chantiers comprends une gamme complète de scanners laser 3D avec des leaders comme FARO et LEICA. Ces outils offrent notamment la possibilité de réaliser des relevés 3D sur le chantier afin de visualiser l’état d’avancement et de le rapprocher avec le planning 4D comme le pratique Ahmed Ryad Sbartaï, Senior BIM/VDC Manager, quand il évoque une partie de ses activités sur le terrain lors de sa conférence le 8 mars 2016 à l’ENPC devant les étudiants du Mastère Spécialisé BIM, Conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures.

La maquette numérique permet donc une visualisation concrète des futurs ouvrages et il ressort, suivant les retours d’expériences à l’issue de chantiers réalisés, que l’on gagne en efficacité, non seulement par la détection des conflits entre les différents modèles numériques (Architecture, Structure, MEP), mais également par une meilleure coordination des différents acteurs sur le chantier et une optimisation du phasage.

L’organisation d’un chantier peut-être entièrement planifiée. C’est ce que propose Autodesk avec l’un de ses logiciels. C’est outil BIM s’appelle Navisworks et il offre notamment des fonctionnalités qui permettent de faciliter le pilotage des travaux. Il est désormais possible de réaliser un phasage via la maquette numérique (3D) en lien avec un planning (4D) et un contrôle des coûts (5D). Les phasages logistiques et les enchaînements de tâches complexes peuvent être aussi simulées ce qui accentue l’optimisation du temps.

En effet, les plannings sous forme de diagrammes ne permettent pas toujours de comprendre aisément comment et pourquoi certaines tâches sont liées les unes aux autres dans une séquence donnée, et ne tiennent pas compte des contraintes spatiales qui leur sont liées. La visualisation du planning et de la logistique via l’utilisation d’outils BIM en phase de suivi de chantier permet une meilleure compréhension des intervenants, d’économiser du temps et de simplifier le déroulement des opérations.

De plus, l’utilisation du BIM en phase d’exécution facilite la gestion des modifications via une meilleure appréhension de leurs impacts (sur les métrés, les quantités) et contribue à une meilleure prise de décisions sur les actions à entreprendre.

Le BIM et le suivi de chantier est aujourd’hui une réalité. L’insertion des produits, outils et solutions logicielles dédiées procurent des gains substantiels en termes de qualité, de temps et de coûts à la hauteur des attentes. La révolution numérique est en marche. Il reste à convaincre la majorité des acteurs de s’y intéresser.

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Les études environnementales via la Maquette Numérique Urbaine

Le BIM se développe à l’échelle de la construction : bâtiment et infrastructure – mais où en est-on aujourd’hui sur les questions de la fabrication de la ville de demain avec les méthodes et outils BIM ?

Les systèmes complexes comme l’environnement peuvent être abordés et étudiés grâce à l’approche systémique et collaborative que permet une démarche BIM.

 L’enjeu de modélisation des phénomènes physiques 

En 1910, la région parisienne connaissait sa plus grande inondation qui sert toujours de référence pour une occurrence centennale. Aujourd’hui, les entreprises, les assurances, l’État français, l’Europe s’inquiètent des répercussions d’une telle catastrophe naturelle. Le projet de recherche «EU Sequana 2016» s’est achevé le 7 mars dernier et les conclusions sur la montée des eaux de la ville capitale et ses conséquences humaines et économiques sont lourdes.

La simulation numérique des débordements de la Seine et de ces affluents intégrant la montée des nappes phréatiques, l’imperméabilisation des sols, les capacités de stockage en zone urbaine, les bassins versants, les obstacles à l’écoulement comme les véhicules, le nombre d’habitants et des activités économiques susceptibles d’être impactés sont autant de données qui ont été intégrées et modélisées dans une maquette numérique urbaine pour visualiser et comprendre les impacts d’une grande crue à Paris.

 L’écosystème urbain en BIM/SIG

L’analyse de l’écosystème urbain et de ses interactions est rendue possible grâce à la démarche et les outils BIM, qui au travers de la prise en compte de données intelligentes très variées comme les interactions entre les données géographiques et les renseignements liés à l’occupation du sol,  offre l’opportunité d’une connaissance riche des territoires.

A ce titre, la maquette numérique urbaine en France est aujourd’hui un sujet d’innovation et est portée très fortement par les pouvoirs publics.

La première expérience française lancée par la Ministre du commerce extérieur en 2013 prévoit la réalisation de simulateur de la ville durable intégrant les technicités Made In France. Des expérimentations sont menées à Santiago du Chili ‘Santiago Des3aDo’ et à Astana ‘Astainable®’  pour proposer une lecture nouvelle des plans de la ville et des opportunités de développement possible.

Plus récemment, le Ministère de l’écologie a retenu 11 projets pour le développement d’un « démonstrateur industriel de la ville durable » en décembre 2015. Les 11 groupements retenus devront travailler sur des sites en France sur la performance environnementale, économique et sociale.

 Vers un Urbain Lifecycle Management du territoire ?

La maquette numérique urbaine devient alors un support aisément communicable qui permet de perdre en compte une grande quantité de facteurs environnants qui interagissent dans un milieu vivant. Le support de la visualisation 3D pourra être communiqué et interrogé  – demain – par un plus grand nombre d’acteurs (élus, habitants, technicien, concepteur,…) offrant sans doute une lecture plus partagée de la ville et de sa fabrication.

 


Bibliographie

- « Les villes intelligentes, enjeux et stratégies pour de nouveaux marchés » – Etude réalisée par Claude Rochet – Professeur des universités, Professeur affilié ESCP Europe

- « le bâtiment producteur d’énergie et bas carbone » – Alain Maugard, président de Qualitel

- « 11 lauréat pour l’appel à projet « démonstrateurs industriels de la ville durable » - Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer

- « Rennes, ville durable, aura son jumeau virtuel » – Le Mag Numérique – Article de Roland Le Bouëdec


 

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Building BIM : de la préparation au suivi de chantier. Comment rassembler la maquette numérique et l’élément humain pour optimiser la phase de construction?

Le BIM et la préparation du chantier

L’application du Building Information Modeling and Management (BIM) au domaine de l’Architecture Ingénierie et Construction (AEC) en tant que processus de générer et manager de l’information du bâtiment, tout au long du cycle de vie, a connu une importante croissance au niveau mondial dans les derniers 10 ans. Cette approche révolutionnaire de travail collaboratif autour d’une maquette numérique, composée de données géométriques et non géométriques, permet d’améliorer la coordination entre les différents participants d’un projet de construction, aussi bien que de mieux contrôler les coûts et de réduire la possibilité d’inefficiences pendant la phase de construction.

Mais il ne s’agit pas que d’une volumétrie. En effet, le BIM ajoute des dimensions au 3D selon l’usage. C’est-à-dire, la 4D pour la notion de temps et de planning, la 5D pour le concept de 4D plus le chiffrage. La 6D intègre à la fois la 5D et la réalisation de chantier – ce qui signifie qu’à ce moment on aura la maquette d’exécution en temps réel. Celle-ci est ensuite liée à la notion de 7D, qui englobe la vision de management de cycle de vie du bâtiment (Wang 2011).

Regardons la dimension 4D du BIM et son application à la préparation de chantier. La possibilité d’avoir une prévision des travaux à exécuter pendant les phases de conception et études en faisant appel à la maquette numérique et à un planning associé représente un énorme avantage. L’anticipation des potentiels points critiques de l’érection de l’ouvrage et des conflits logistiques concernant les procédures opérationnelles du site représentent en gains financiers car les décisions sont prises en amont. Aujourd’hui des logiciels comme Navisworks d’Autodesk ou Vico de Trimble permettent de coordonner les différents modèles-spécialités et analyser la constructibilité de la maquette, extraire des plans et des quantitatifs, contrôler le planning d’installation et exécution de chantier et faire des estimations de coûts. Et d’entreprises plus spécialisées comme visual5d poussent plus loin le phasage et la programmation de chantier, en y ajoutant une simulation très visuelle de la construction du bâtiment, basée sur la maquette numérique.

visual5d

www.visual5d.com – Planification de chantier assemblant la maquette numérique et le multimédia pour faire des simulations précises de la programmation et évolution du chantier.

Le BIM et le suivi de chantier

Mais qu’en est-il de l’usage de la maquette numérique dans la phase de construction du bâtiment, notamment au niveau des métiers dits moins intellectuels? Le BIM est une technologie assez récente dans le chantier et encore très peu exploité (Tarja M., 2013). Le manque à la fois de diffusion d’outils mobiles et d’une formation adaptée est à l’origine de cette situation.

En effet, les préjugés sont nombreux parmi le personnel lié aux activités de chantier. Pour eux,  le BIM est plutôt un outil fait pour les tâches de coordination qui sont exécutées par des ingénieurs très compétents en informatique (Su-Ling Fan et al. 2014). Il faut donc commencer à faire preuve que la maquette numérique est nécessaire à tous les participants impliqués dans le processus de construction. Dans le chantier il y a du BIM dehors du bungalow et les avantages sont énormes, du point de vue non seulement de la sécurité des travailleurs mais aussi d’une optimisation du temps et des ressources.

Etant une technologie émergente basée sur la visualisation, la Réalité Augmenté (VR) pourra apporter des évolutions significatives dans le domaine de l’AEC. Aujourd’hui c’est déjà possible de faire appel à de ce type de méthode en utilisant juste des smartphones et tablettes. Les codes QR (quick response code, en anglais) sont des matrices de code de barres avec une grande capacité de stockage de données et facilité de lecture, même quand le code est partiellement corrompu. Ils peuvent être utilisés pour donner des instructions opérationnelles personnalisées et détaillées selon le niveau de formation de l’ouvrier, et d’augmenter la compréhension de certaines étapes du chantier. (Trani M. et al, 2014).

Les Casques intelligents deviennent aussi de plus en plus diffusés. Le leader technologique du marché, Daqri, intègre nombreux senseurs qui permettent d’obtenir une lecture immédiate du contexte et y ajouter de la réalité augmentée. Le but c’est de donner la meilleure information possible aux travailleurs pour réduire la possibilité d’erreur, aussi bien que de permettre d’anticiper le danger.

daqri

Casque intelligent Daqri equipé de senseurs et récepteurs qui permettent d’ajouter de l’information numérique à l’environnement réel. Source : www.daqri.com

Sur un chantier classique, l’information est normalement diffusée sous la forme de plans. L’information contenue dans ces plans n’est pas toujours celle qui intéresse le plus aux travailleurs – soit trop générique, soit trop technique. C’est pour cette raison que le BIM ouvre la possibilité d’accéder à l’information « cachée » mais qui est pertinente pour les ouvriers. Au Pays Bas, des chantiers avec des « plans à la carte » sont déjà une réalité.

Impressions de détails au format A3 et A4, extraites d’une maquette dans des bungalows suffisamment équipés et accessibles à tous (Leon van Berlo, 2014). Les avantages sont indiscutables : le travailleur est mieux informé et moins pollué par des informations qui ne lui concernent pas ; il peut donc opérer de façon plus efficace, être plus efficient et améliorer la qualité de son travail.

Autres technologies déjà disponibles sur le marché et qui concernent le suivi et la gestion de chantier devraient être aussi plus démocratisées. Son utilisation devrait s’éteindre non seulement aux manageurs de projet et contremaîtres mais aussi aux travailleurs, qui munis d’un smartphone ou tablette peuvent interroger la maquette numérique et obtenir des données pertinents à son travail. C’est le cas d’applications telles que BIM360 Field d’Autodesk, Bulldozair et Kaliti. Ces outils rassemblent des technologies mobiles et des environnements collaboratifs sur le Cloud de façon à faire suivre les informations critiques  aux personnes concernés sur le chantier, tout en améliorant la qualité, la sécurité indépendamment de la taille du projet.

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La collaboration inclusive entre tous les intervenants d’un projet BIM. Source : www.tekla.com

Somme toute, l’inefficience sur le chantier est due à un faible investissement dans la technologie, qui fait que des outils déjà existants dans l’industrie de la construction ne soient pas suffisamment appliqués sur le terrain. Selon Autodesk, sur un projet de construction, 90% des couts dépensés en technologies reportent aux activités de bureau. De ce fait, sur le chantier, la technologie est surtout utilisée dans le bungalow ou dans les bureaux (architectes, ingénieurs, consultants…). Il est donc pertinent d’appliquer la technologie BIM au terrain, là où le travail est exécuté et où il y a le plus grand besoin d’optimiser le temps et les coûts.

 

WEBOGRAGRIE

Articles scientifiques en ligne

Sites web et blogs

 Editeurs de logiciels et autres

Conférences en videostreaming

Videos

https://www.youtube.com/watch?v=qjOCGRLo6eE

  • What is 4D BIM? https://www.youtube.com/watch?v=Sz6JK6_ZtGA

Twitter

#BIM #AEC #openBIM

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BIM: la revue de projet / Validation

L’objectif de la revue de projet est de valider la faisabilité technique, environnementale, sociétale et économique du projet compte tenu du niveau de détail associée à la phase.

Au-delà de cet objectif principal, la revue de projets participe à la collaboration entre les acteurs du projet, en permettant une meilleure communication pour des prises de décisions efficaces et collégiale.

Et le BIM dans tout ça?

Le Projet MINnd, consacre un cas d’usage à la revue de projet: un document COMMUNIC décrit le changement qui s’opère entre le pré-BIM et le BIM dans le processus de revue de projet et de validation.

 

Etapes chngmt

PRE-BIM

MODELLING COLLABORATION INTEGRATION
Validation du plan et donc de toutes les informations contenues sur ce plan, par apposition d’un visa sur le cartouche.  Validation toujours sur les plans, dont certains sont générés automatiquement à partir de la maquette.La maquette est une information complémentaire, mais elle n’est pas contractuellement approuvée. Le contrôle de cohérence des informations se fait sur la maquette.Tous les plans sont issus de la maquette. Leur validation est « simple » puisque toutes les incohérences sont résolues.

Le contrôle de cohérence des informations se fait sur la maquette.

On ne valide plus de plans mais les objets qui constituent la maquette. Les plans sont édités à la demande, seulement pour les ouvriers sur le chantier.

Étapes du changement¹

Le passage au BIM, consiste uniquement en un changement de support, pas de processus.

Les étapes de la revue de projet restent inchangées mais elles prennent une autre forme:

-Définir les revues de projet: Les objectifs de la revue doivent être explicités en amont de la réunion pour que tous les intervenants aient pu prendre connaissance via la Maquette numérique des sujets qui seront abordés.

-Préparer les revues de projet: Une thématique peut être proposée pour restreindre les sujets. En suivant cette thématique, une vérification des données, une détection des clashes et un tri de ces derniers doit être effectué par statut et par priorité. Des vues sont créées spécifiquement pour traiter les points durs.

-Organiser les revues de projet: L’ordre du jour doit mentionner les sujets issus de cette analyse.

-Animer les revues de projet: l’animation, assurée le plus souvent par le chef de projet, doit permettre à chacun de s’exprimer et trouver les solutions qui conviennent.

La préparation des revues de projet, est plus que jamais un enjeu important de la réussite de ces réunions.

Avec quels supports?

Avec des logiciels de vérification et de synthèse.
De nombreux éditeurs proposent des outils plus ou moins élaborés en fonction du besoin.
Ces logiciels de vérification et de synthèse permettent :

– l’agrégation de modèles,

– la vérification de la réglementation et de la performance: Il s’agit de vérifier automatiquement que le résultat est bien conforme aux réglementations et performances exigées par le client;

– la détection des interférences: les objets portent différentes informations dont la définition géométrique et les liens avec les informations d’autres objets. Le logiciel de vérification permettra de vérifier automatiquement les clashes d’encombrement (les volumes des objets ne rentrent pas en conflit) et les clashes d’attributs (les liens définis entre attributs des objets sont bien respectés);

– le management des arbitrages du projet: Les visualisations du navigateur, le vérificateur de réglementation et le détecteur d’interférences vont aider à détecter les anomalies de conception ou de cohérence entre les différents métiers. Il s’agira donc de prendre des décisions d’arbitrage et veiller à enregistrer ces décisions.

Le format de fichier utilisé pendant ces revues dépendra du projet, des intervenants et des outils, mais le format IFC est fortement recommandé et privilégié, car seul format interopérable et supporté par tous les logiciels BIM.

Parmi les logiciels de vérification et de synthèse, on peut distinguer, les viewers, les checkers et les plateformes collaboratives. Quelques exemples:

Viewers Vérification géométrique visuelle, navigation dans les éléments du modèle SimpleBim, Solibri Model Viewer, IFC Java Viewer, BIM Vision, XBIM Xplorer…
Checkers Vérification géométrique visuelle, navigation dans les éléments du modèle, détection de clashes, vérification de normes Solibri Model Checker, Navisworks…
Plateformes Vérification géométrique visuelle, navigation dans les éléments du modèle, détection de clashes, vérification de normes, suivi des clashes et des validations BIMPlus, BIMSync, BIMSight, A360…

Il n’y a pas d’outil meilleur qu’un autre, chacun devra trouver l’outil qui correspond le mieux à ses attentes et habitudes, en priorisant l’efficience des revues de projet.

Pour qui? Pour quoi ?

Pour tous les acteurs du projet. Car la revue de projet garantit l’intégrité et la cohérence de la somme des métiers. Mais au-delà de donner aux parties prenantes une vision plus claire du projet, la qualité de visualisation constitue un élément de communication du projet. Par exemple, une expérience immersive s’appuyant sur la mécanique du jeu vidéo permet de naviguer et appréhender les espaces.

Pour remplir l’objectif de validation de la conception du bâtiment du nouvel hôpital d’Ajaccio, la MN a été connectée à la solution eveCity du CSTB. Cela a permis de projeter le bâtiment en 3D dans son environnement. Les acteurs ont ainsi pu visualiser et visiter certains espaces témoins du bâtiment.

Différentes solutions, touchant à l’univers des jeux vidéo sont disponibles et permettent la création d’exécutables dans lequel il est possible de naviguer via une manette. Mais celles-ci nécessitent une certaine maitrise. Parmi d’autres produits, on peut mentionner des logiciels comme Unity ou Stingray qui permettent des rendus très réalistes.
Pour les utilisateurs de Revit, des plugins permettent de créer facilement une navigation réaliste dans le projet. Par exemple, EnScape, génère des exécutables dissociés du logiciel, permettant une navigation fluide dans le projet.

Il faut être prudent car ces solutions dépassent le simple cadre de la revue de projet, et s’orientent vers la validation client, tant les images sont travaillées et la navigation s’approche d’une visite virtuelle. Il convient donc d’adapter le support et le temps de préparation à l’objectif défini : revue technique ou présentation client ? Les deux ne doivent pas être confondus au risque de perdre de vue les objectifs au profit de la seule technologie.

L’étape suivante est la visite virtuelle d’un bâtiment modélisé en BIM à l’aide d’un casque de réalité virtuelle (Oculus Rift, HTC vive…) ou même l’immersion via le « CAVE ». Il s’agit d’une expérience d’immersion dans la maquette à l’échelle 1, grâce à une projection stéréoscopique sur 3, 4 ou 5 faces.

Mais dans un processus de revue et validation de projet, cela n’est-il pas un peu gadget?

 

Sources:

http://www.minnd.fr 
http://www.planete-tp.com/ 
http://www.urbanews.fr
http://www.lemoniteur.fr    

http://www.arobim.fr    
http://www.cstb.fr

1 Bilal Soccar, in « Building information modelling framework: A research and delivery foundation for industry stakeholders”, Automation in Construction, Volume 18, Issue 3, May 2009, pages 357-375

MINnD: Modélisation des Informations dans les Infrastructures (projet de recherche collaborative)
COMMUNIC: COllaboration par la Maquette Multi-Usages Numérique et l’Ingénierie Concourante (groupe de recherche)
IFC : Industry Foundation class – Format supporté par tous les logiciels BIM garantissant l’interopérabilité de ces derniers
MN: Maquette Numérique
Exécutable: fichier contenant un programme identifié par le système d’exploitation, entrainant l’exécution du programme

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Le BIM, de son fonctionnement à sa mise en place

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

 

  • Quels sont les avantages du BIM ?

Le BIM a l’avantage d’améliorer l’efficacité de la conception et permet un contrôle facile de la qualité. Un modèle unique connecté peut améliorer la communication au sein des équipes de conception et de construction, et les éléments paramétriques du modèle créent une base de données robuste. Ces données sont également utilisables après l’achèvement des travaux puisqu’elles sont conservées jusqu’à la démolition de l’ouvrage, ce qui facilite l’entretien de l’ouvrage.

La modélisation de construction dépasse l’ancien dessin 2D, en permettant aux concepteurs de visualiser le bâtiment et son contenu de tous les angles, et de trouver les problèmes éventuels à des stades antérieurs à la construction afin de les corriger avant la réalisation des travaux ce qui évite des dépenses imprévues. La conception paramétrique fait gagner du temps en créant et modifiant plusieurs portions de conception simultanément. Coupes, élévations et vues tridimensionnelles peuvent être créés instantanément, réduisant la nécessité pour les tracés de contrôle. Les modifications apportées à l’un de ces éléments affectent tous les autres, y compris les matériaux, les coûts et les échéances de construction.

Les modèles créés avec le BIM sont visuellement faciles à comprendre et accessibles à tous, y compris le client qui peut voir un aperçu réaliste de l’ouvrage avant sa réalisation, contrairement aux plans 2D qui nécessitent des connaissances techniques pour leur compréhension.

De plus, le BIM permet une collaboration entre toutes les parties prenantes (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprise). Cette collaboration s’effectue aussi au sein de chaque entité.

 

  • Quelles sont les limites du BIM ?

L’utilisation du BIM nécessite une formation importante à la fois coûteuse et chronophage, qui doit être suivie par l’ensemble des collaborateurs. De plus, l’installation du BIM nécessite du nouveau matériel informatique ainsi que des logiciels ou des licences. Ceci engendre un coût pour les entreprises qui est parfois difficile à supporter, notamment dans le cas des PME.

Le BIM est plus complexe et prend plus de temps au début d’un projet. Lorsque le BIM est utilisé, l’entrepreneur ne peut pas utiliser de simples plans pour lancer les travaux. Il doit d’abord coopérer avec la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre pour créer le modèle de collaboration.

Par ailleurs, les entreprises doivent faire face à un partage d’informations stockées dans une base de données également utilisée par l’ensemble des projets BIM. Le risque pour les entreprises est qu’un manque de sécurité entraînerait un accès libre à leurs données confidentielles.

 

Comment « ça » fonctionne ?

 

  • Sur quel principe repose le processus BIM ?

Le fondement du BIM est la collaboration entre différents intervenants par des échanges de données de façon à éviter la duplication de la saisie données et les erreurs. Le BIM permet donc de structurer l’ensemble des données d’un projet en utilisant une méthode de travail commune basé sur une seule et même base de données. Cependant, souvent, au sein d’un même projet, les intervenants n’utilisent pas les mêmes applications. La difficulté réside dans l’échange de données sans erreurs entre des applications différentes. Ce processus se nomme l’interopérabilité.

 

  • Par quels moyens cet échange de données est-il fait ?

Il est possible de récupérer les données manuellement mais ce type d’échange est à éviter : elle entraînerait une source d’erreurs non négligeable couplée à une perte de temps. Ainsi aujourd’hui, les principaux formats d’échange de données BIM sont l’IFC (Industry Foundation Classes) et le XML. Ils sont utilisés pour toutes les phases du projet : les études de faisabilité, la conception, la construction, l’utilisation et la démolition.

Il est aussi possible d’utiliser des Interfaces de Programmation (API : Application Programming Interface) pour compléter les échanges de données lors d’éventuels oublis ou erreurs. Ils s’utilisent donc en complément des formats standards d’échange. Les plugins, eux, s’installent dans une application et permettent de convertir les données en une seule fois. Ce n’est pas le cas des formats IFC ou XML qui font deux conversions, une pour exporter les données et une autres pour les importer et qui donc engendre un risque d’erreurs plus important.

 

  • Comment les informations sont organisées pour en faciliter la gestion ?

D’abord, on différencie quatre modèles : le modèle de conception, celui de construction, celui de mise en service et enfin, celui d’utilisation de l’ouvrage. Puis, pour un accès simple et rapide des informations des constituants du modèle, les propriétés décrivant un objet ou un ensemble d’objets sont données par ce qu’on appelle des paramètres ou par des attributs. Les paramètres altèrent l’aspect de l’objet comme sa taille, alors que les attributs ne le modifient pas et sont plutôt considérés comme des données, c’est le cas du poids par exemple. Appliquer des contraintes entre objets est un moyen de réduire le nombre d’erreurs de conception mais il peut ralentir le calcul du logiciel si un trop grand nombre de contraintes est appliqué.

 

  • Quels sont les principaux composants d’une maquette numérique en BIM ?

Un projet est décomposé en plusieurs éléments pour en assurer la qualité. Il y a quatre types de composants : les objets, les assemblages d’objets, les matériaux et les détails. Ces composants peuvent être classés en trois catégories : la primaire, regroupant les constituants de l’ossature du projet, la catégorie secondaire, qui concerne les éléments de conception et la tertiaire, pour des composants de détails. La gestion du projet se fait aussi par la mise en place de convention pour les noms des objets ou des assemblages afin de faciliter leurs identifications et leurs recherches et il convient évidemment d’ajouter seulement les informations utiles.

 

  • Comment est géré l’accès aux données selon les collaborateurs et comment assurer un modèle fiable ?

Un environnement collaboratif implique un partage de document et une gestion de la visibilité des données selon les intervenants. Un coordinateur BIM est affecté au projet pour gérer l’interopérabilité des documents et la sécurité des données. Une étape de ségrégation des données est nécessaire pour déterminer les liaisons entre fichiers. Le processus comprend également une étape de vérification de la qualité de la maquette numérique suivi de la résolution des problèmes ou de la validation des données car les formats de conversion ne sont pas encore totalement fiables et des erreurs peuvent survenir à l’export ou à l’import.

 

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer dans le monde du BTP ?

Le principal changement qui sera apporté par le BIM est la visualisation 3D ainsi que la collaboration étroite entre les acteurs d’un projet. Dans le passé, un ingénieur en structure utilisait Autocad pour réaliser la conception d’une infrastructure. Mais dans un avenir proche, le BIM deviendra incontournable pour échanger des données plus facilement. Via le BIM, les rôles d’Autocad (calcul, modélisation, visualisation) sont conservés et intégrées dans le processus. Un changement majeur dû au BIM est le gain de temps de travail sur un projet. Le BIM va également permettre de diminuer les coûts et faciliter la communication entre les différents intervenants.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les clients ?

Le BIM crée de nombreux avantages pour les clients. Les coûts seront réduits par une meilleure maîtrise du projet, une réduction du temps de réalisation du projet et une meilleure vision ainsi qu’une minimisation de l’impact financier sur une modification. Le modèle 3D présente un support qui facilite la communication avec les intervenants et le public.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les entrepreneurs ?

Les entrepreneurs ont la capacité d’imposer le BIM, ce qui lui permet d’avoir un rôle plus important dans la logistique du projet. La création d’une unique base de données permet d’estimer les quantités de matériaux au plus juste, ainsi l’entrepreneur réalise des économies donc des bénéfices. Par ailleurs, les entreprises visionnent grâce à la maquette numérique l’ensemble du chantier avant la construction et détectent les éventuelles erreurs.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour la maîtrise d’ouvrage ?

La maîtrise d’ouvrage est la plus enclin au changement pour le BIM car cela lui apporte une meilleure vision du projet, ce qui lui permet de corriger les défauts avant qu’ils aient un impact financier. Les logiciels permettent des visualisations 3D et la génération de plans 2D à n’importe quel avancement du projet. En plus de faciliter la collaboration par l’utilisation d’un même modèle 3D, les quantités et coûts peuvent être donnés en temps réel et permettent de connaître l’impact budgétaire d’une modification. Le BIM représente un gain de temps considérable pour les ingénieurs en structure qui vont utiliser les éléments structuraux déjà précisés par l’architecte sans avoir besoin de recréer le modèle et le risque d’erreur en sera diminué.

 

  • Qu’est-ce que le BIM va changer pour les fabricants et les fournisseurs ?

En ayant une bonne compréhension du BIM, les fabricants et fournisseurs pourront utiliser directement les modèles BIM pour la fabrication de parties de l’infrastructure comme les armatures par exemple. Leur tâche est alors simplifiée car le modèle BIM contient des informations complémentaires qui pourraient leur être utiles. Cependant, les fabricants et fournisseurs auront besoin d’avoir une bonne connaissance du BIM pour savoir quelles informations leur seront utiles, sans quoi ils crouleront sous les informations inutilisables.

 

  • Comment le BIM intègre la dimension environnementale aux projets ?

Le processus BIM permet de vérifier et d’adapter la conception d’une infrastructure à son environnement pour diminuer au mieux l’impact environnemental. Il permet également de réduire les déchets par une meilleure prévision des quantités de matériaux utilisés. Ainsi le BIM intègre parfaitement les préoccupations actuelles concernant le respect de l’environnement qui vont aller en grandissant.

 

Comment faire pour y aller ?

 

  • Une simple formation suffit-elle à apprendre le fonctionnement du BIM ?

Une formation informative comme celle-ci ne vous apprend pas le fonctionnement réel du BIM, il offre seulement une culture de cette technologie et précise ses avantages. Une formation complète de BIM doit se faire par la pratique sur un ordinateur. C’est une étape d’une longue procédure dans les entreprises.

 

  • Quelle est la procédure à suivre pour implanter le BIM dans une entreprise  ?

Le BIM n’est pas seulement un logiciel à installer sur un ordinateur, c’est un tout. La procédure d’installation du BIM dans une entreprise est un travail de longue haleine. Il faut à la fois acheter du matériel informatique et former le personnel à l’utilisation de nouveaux logiciels de BIM. L’installation du BIM dans une entreprise doit se faire en étapes clairement définies.

 

  • Quelles sont exactement ces étapes ?

Il faut tout d’abord comprendre ce qu’est le BIM et ce qu’il peut apporter à l’entreprise et en quoi l’entreprise est tributaire de cet outil. Pour cela, il faut se baser sur le fonctionnement actuel de l’entreprise. Il faut ensuite définir une stratégie d’implantation. Cette stratégie se décompose en deux parties : une partie sur la formation du personnel et une partie sur le matériel à mettre en place. Une fois la stratégie établie, il faut définir un budget. Puis, il faut commencer la sensibilisation du personnel au BIM ainsi que sa formation. Seulement à ce moment, il faut installer le matériel à proprement parler (logiciel, nouveaux ordinateurs). Enfin, la pratique du BIM dans une entreprise doit toujours se faire accompagner par une personne d’expérience qui sera capable de guider les collaborateurs pour un travail de meilleure qualité.

 

  • Quelles sont les possibilités pour un entrepreneur pour se faire accompagner dans l’implantation du BIM dans son entreprise ?

Par sa complexité, le BIM nécessite de se faire accompagner par des personnes ayant de l’expérience dans ce domaine. Il y a deux solutions possibles pour les entreprises dans le cadre de l’accompagnement dans le BIM. La première solution est de faire appel à un cabinet de conseil spécialisé dans le BIM. Cette opération permettra de sensibiliser le personnel et de le former par la pratique. L’autre solution, qui peut être associée avec la première est d’engager un « spécialiste » du BIM, c’est-à-dire une personne ayant de l’expérience dans ce domaine et qui sera capable d’accompagner les collaborateurs tout au long de leurs projets.

 

  • Le BIM ne risque-t-il pas d’être dépassé avec l’évolution rapide de la technologie ?

L’évolution de la technologie ne va pas dépasser le BIM dans un futur proche puisqu’il est pour l’instant un outil nouveau. Cette évolution ne fera qu’apporter au BIM des compléments et un fonctionnement plus facile. Elle se traduira par des mises à jour sur le logiciel qui seront mineures et n’entraineront pas de réelles difficultés pour ses utilisateurs.

 

 

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Quelle sera l’utilisation du BIM dans 10, 20, 30, 40 ans ?

Suivre de près les innovations actuelles est une chose… mais se projeter à 40 ans en est une autre ! Qui, il y a 40 ans, devant sa planche à dessin, son téléphone filaire et son bottin aurait imaginé l’E-mail, le smartphone et l’imprimante 3D ?
Dans la mesure où, à priori, aucun site n’est vraiment directement prospectif sur le sujet, nous avons décidé de traiter la question du BIM comme si elle avait été totalement intégrée dans la pratique du future. Le BIM ne sera plus en soi la révolution que l’on nous vend aujourd’hui, mais aura été totalement intégré dans la construction, tel son ADN. De ce fait, nous nous intéressons ici aux futures tendances dans le monde du bâtiment, tant d’un point de vu des outils et de leurs usages, que des objets bâti qu’ils produiront.

Ainsi, dans les années à venir, tout porterait à croire que la pratique du BIM soit aussi répandue que celle d’Excel aujourd’hui, avec un développement très fort en Chine, au Japon et au Brésil, et où la part d’usagers la plus importante se situe directement chez les constructeurs, et non plus chez les architectes. Le «Cloud » semblerait être le support indispensable au développement du BIM, tout comme une aide précieuse aux études et aux simulations par une énorme puissance de calcul délocalisée et partagée (1).

Le Royaume Uni ayant une longueur d’avance sur l’usage du BIM, continu malgré tout à développer une certaine prospective, avec notamment la constitution du groupe de réflexion BIM2050, affilié au BIM TaskGroup. Il s’agit pour eux de rapprocher les mondes du bâtiment et de l’industrie au travers du BIM, et de prospecter de nouveaux horizons de développements, tels que l’éducation des enfants à maitriser les outils de conception, d’impressions 3D, etc. (2)

Si l’on se penche justement sur cette notion d’impression 3D, le BIM et plus particulièrement la maquette numérique a profité de cette technologie naissante pour la transposer sur la construction à grande échelle. Une tentative hollandaise est en cours, avec des matériaux bio-sourcés (3), alors que la Chine est nettement en avance avec des prototypes aboutis, et visitables (4). Leur technique est plus conventionnelle, dans le sens où l’exosquelette de la maison est certes imprimé en ciment, mais ne sert que de fond de coffrage perdu, sans être particulièrement novateur en termes d’écriture architecturale.

L’évolution la plus probable dans les prochaines années, dans la continuité du BIM, voire au-delà semble bien liée à la robotique. Des ouvriers programmables, infatigables, sans congés ni revendications, changeront nos habitudes du chantier. Les drones, robots et autres humanoïdes sont tout destinés à remplacer les compagnons sur des taches prédéfinies dans la maquette numérique, dans le prolongement naturel de ce que nous connaissons pour la 4D aujourd’hui (5) & (6).

Mots-clefs

« future of BIM »
« BIM 2050 »
« 3D printed house »
« robot chantier bâtiment »

Webographie

(1)  C.C. Sullivan, The future of construction: Meet BIM (or else). In ZDnet, 13 Février 2013  [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.zdnet.com/article/the-future-of-construction-meet-bim-or-else/

(2)   BIM2050 Team, Built Environment 2050, A Report on Our Digital Future. In Bim Task Group, UK Septembre 2014 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.bimtaskgroup.org/wp-content/uploads/2014/09/2050-Report.pdf

(3) 3D Print Canal House [consulté le 13 Avril 2015]

http://3dprintcanalhouse.com/

(4)  Kira, Exclusive: WinSun China builds world’s first 3D printed villa and tallest 3D printed apartment building. In 3ders, 18 Janvier 2015 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.3ders.org/articles/20150118-winsun-builds-world-first-3d-printed-villa-and-tallest-3d-printed-building-in-china.html

(5)  Michael Ignatevossian, Voici l’ouvrier du futur. In Paris Match, 24 novembre 2013 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.parismatch.com/Actu/Environnement-et-sciences/Voici-l-ouvrier-du-futur-538030

(6)  Anonyme, Des robots termites qui construisent comme de véritables ouvriers, In Humanoïdes, 16 Février 2014 [consulté le 13 Avril 2015]

http://www.humanoides.fr/2014/02/16/des-robots-termites-qui-construisent-comme-de-veritables-ouvriers/

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LE BIM : UTILE AU DEVELOPPEMENT DURABLE

Le BIM (Building Information Modeling) fait parti de ces nouvelles technologies numérique qui vont profondément changer et améliorer, le monde du bâtiment et des travaux publics. Mais tout d’abords rappelons brièvement ce qu’est le BIM. C’est à la fois un processus, un logiciel et une base de données. Basé sur une représentation 3D, il fait intervenir d’autres dimensions à travers ces bases de données, tel que le temps et le coût, pour ainsi « concevoir, construire et exploiter les ouvrages d’une manière plus fiable, plus rapide et plus économique. » (Bouygues Construction).

***

Depuis les années 70 les idées évoluent, nous prenons conscience de l’impact des activités humaines et de l’importance du développement durable. Ces dernière années, le développement durable tente de s’insérer dans différents secteurs, et notamment le BTP. C’est  « dans le BIM que se trouve la réponse adéquate à des enjeux majeurs tels que construire un environnement durable ; celui-ci n’est pas qu’un simple effet de mode » (Anis Naroura, vice-président de BIM France). Les économies de temps, de matières premières, de budget, d’énergie sont au cœur des problématiques du BTP et prise en compte par le BIM.

 

Le BIM permet une évolution majeure dans la gestion de projet. Il permet une prise en compte globale grâce à une base de données qui, organisée et structurée, pourra être exploitée et servir aussi bien à la visualisation 3D (plans, coupes, etc.), qu’aux problématiques de développement durable. Calculer la consommation énergétique de l’ouvrage, dresser son bilan thermique, créer une simulation du comportement de sa structure porteuse, planifier et estimer les quantités de matériaux nécessaires au bon moment, …  sont autant d’éléments qui permettent au BIM d’optimiser coût, planning, qualité, construction et d’adapter sa conception. Ainsi on prend en compte toutes les étapes du cycle de vie d’un projet, au moyen d’une meilleure gestion et d’une minimisation des risques très en amont, dans les premières phases du projet.

 

De plus, les maisons individuelles représentent une partie non négligeable de notre empreinte carbone globale. Les analyses de site, solaires, d’isolation, de chauffage et de ventilation, d’énergies renouvelables, de déchets liés à la construction/démolition peuvent être également réalisées grâce à la modélisation des données et ainsi contribuer à des bâtiments plus durables. (Objectif BIM)

***

Après l’adoption du développement durable en tant que choix éthique, de la conception intégrée comme processus de design, l’établissement d’un protocole fondé sur le BIM est l’étape qui facilite la conception du projet. Cependant, le BIM est un outil adaptatif, il repose sur un modèle virtuel qui doit constamment être tenu à jour, les informations nécessaires au projet doivent être gérées efficacement. C’est en adaptant nos méthodes de travail que nous pourrons concevoir, visualiser, simuler et collaborer plus facilement tout au long du cycle de vie du projet. Un tel processus implique un rapprochement et une étroite collaboration des différentes parties prenantes.

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