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La relance économique dans le secteur de la construction par le BIM

La mise au service de l’informatique au secteur de la construction a permis à un contexte économique morose de tirer son épingle du jeu. Cette révolution tant structurelle, culturelle, qu’économique profite à toutes les parties prenantes d’un projet, de sa conception à son exploitation, en passant par sa réalisation.

Sur le plan économique, des économies de l’ordre de 20% sont attendues à performance équivalente. De plus, c’est pour la gestion de l’exploitation d’un bâtiment, qui représente 75% du coût de l’ouvrage que le BIM servira. Les évolutions énergétiques, techniques sont anticipées par le BIM, allongeant ainsi la durée de vie des ouvrages, et diminuant le coût global de l’ouvrage (investissement initial, exploitation, recyclage).

Le BIM permet d’associer coût d’exploitation et de construction. L’objectif est déjà en Angleterre de réduire les coûts de 20% d’ici à 2016. Mais comment ? Le BIM permet de gagner en délai de construction (amélioration du phasage, de gestion des stocks en temps réel), d’améliorer la qualité (mise en commun des spécialités des différentes parties prenantes).

La condition non-négligeable de son bon fonctionnement réside dans la coopération de tous les acteurs : sous-traitant, entrepreneurs, maître d’œuvre. Le projet doit être expliqué précisément pour que le maître d’ouvrage soit réceptif à cette industrialisation de la construction. Le modèle 3D permet d’associer précisément chaque élément de l’ouvrage aux bordereaux de prix détaillés, on estime beaucoup plus précisément le coût de l’ouvrage. On limite ainsi les mauvaises surprises de fin de chantier, les surcoûts liés aux difficultés de réalisation. Un phasage évolutif et actualisé, permet d’allouer les justes moyens humains et matériels nécessaires à la réalisation de l’ouvrage. Finis les essais grandeur-nature hors de prix : grâce au BIM, la modélisation informatique permet de simuler de nombreuses situations directement en interaction avec d’autres paramètres de l’ouvrage. Cela permet de valider une méthode constructive, de détecter des zones d’interférence, et d’anticiper l’avenir à moindre coût. La quantité de détails, de documents, souvent indispensables à la réalisation d’un ouvrage est optimisée grâce au BIM. Elle est centralisée et collaborative. La quantité de plans 2D est réduite car le modèle 3D permet d’obtenir ceux que l’on souhaite. Cela permet de réduire les coûts de conception quant à une réalisation classique type CAO et de réduire des écarts souvent constatés entre plans fournis et dimensions réelles.

Le temps, c’est de l’argent. Les impondérables sur chantier classiques sont quotidiens. Si les difficultés n’ont pas pu être anticipées par le BIM, ce dernier permet une évaluation plus rapide des modifications, leur synchronisation immédiate et leur transmission aux acteurs concernés.

Le BIM reste essentiel pour la durée de vie de l’ouvrage. On peut intégrer de nombreux paramètres dans un projet BIM, dont celui l’usure des matériaux, la consommation énergétique, la durabilité des équipements. Cela permet d’optimiser une maintenance sur le long terme, et d’anticiper l’évolution de l’ouvrage.

Le BIM a donc permis de revoir tout un modèle économique dans le secteur de la construction, associant constructeurs et gestionnaires dont les objectifs communs sont la rentabilité et la qualité au service d’un utilisateur. Grâce au numérique, les perspectives d’évolution de cet outil sont énormes, permettant au BIM d’aller bien au-delà d’une technologie 7D.

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