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Le BIM : entre désir et réalité.

Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ?

De nos jours il y 40 projets BIM qui sont répertoriés en France. Parmi ces projets, seul 10 d’entre eux sont terminés, les autres étant soit en cours de conception ou encore à la phase conception.

Quelles modifications le BIM a entrainé concrètement ?

Grâce au BIM, les plans ne vont plus se passer de main en main entre les différents corps de métier. En effet chacun va avoir accès à une maquette centrale, ou chaque changement pourra être remarqué par les autres acteurs du projet. La conséquence majeure de cette évolution est la suppression des ressaisies.

De plus le plus va permettre d’introduire la notion d’objet, c’est à dire que l’on peut représenter les murs, les dalles, les fenêtres, les portes, les ouvertures, les escaliers, les poteaux, etc. Le fait de représenter ces objets va permettre de mieux voir et mieux comprendre les différentes relations qu’il y a entre eux.

Quelles difficultés rencontrées ?

Les entreprises qui ont décidé de passer au BIM ont du se restructurer en profondeur. En effet elles ont du développer et se former à de nouveaux métiers tels que BIM manager, BIM intégrateur ou BIM modeler. La maquette BIM est utilisée par tous les acteurs d’une entreprise : du technicien qui s’en sert pour valider des données au chef de projet qui l’utilise comme support à la conception. Ainsi tous les acteurs d’une entreprise doivent être formés aux différents logiciels qui sont les supports du BIM.

Une des grandes difficultés que le BIM engendre est le risque en matière de responsabilité et de propriété intellectuelle. En effet l’outil BIM est accessible à tous est cela peut-être dangereux sur des projets dits confidentiels. Cependant les différents logiciels permettant de réaliser des maquettes numériques sont capables de gérer les actions de protection – verrou, les accès aux données lors de déplacement chez un fournisseur. De plus certains logiciels utilisent des fonctions dites pré-paramétrées. Ainsi certaines valeurs vont garder leurs valeurs par défaut et celui qui recevra la maquette pourra croire que cette valeur est une vraie valeur validée.

Quels apports constatés ?

Avec cette manière intégrée de travailler entre les divers intervenants d’un projet de construction, cela va permettre de donner rapidement au maître d’ouvrage et aux différentes parties prenantes la vue finale du projet en trois dimensions, et ainsi de les assister au mieux dans leurs prises de décisions.

La modélisation numérique permet la suppression des temps de ressaisie ce qui est un gain de temps important, de plus cela permet également de supprimer en moyenne 65 % des sorties papier de plans.

Mais l’intérêt majeur de la modélisation est la possibilité de piéger les « non – qualités ». En effet, on peut prendre l’exemple du catamaran de 76 pieds construit par l’entreprise BENETEAU CNB. Une analyse des problèmes rencontrés sur ce projet montre que sur 40 problèmes, 25 ont été décelés grâce à la maquette numérique ce qui prouve que le BIM permet d’éviter des erreurs et d’anticiper les risques.

Le BIM, comment ça fonctionne ?

Lorsque l’on parle de BIM, on le voit souvent de l’extérieur comme un logiciel 3D sur lequel on peut accéder à des données supplémentaires. Cependant, la maquette numérique dont on parle englobe bien plus que le logiciel qui sert d’interface à l’exploitation de cette maquette.

Comment accéder à la maquette BIM ?
Il y a dans le processus du BIM une phase de création indispensable qui se réalise soit par une banque de données directement contenue au sein des logiciels soit par de la création en donnant des paramètres physiques et intrinsèques à l’objet (poids, surface, aspect, coefficients divers). Mais l’essentiel de l’interaction entre les différents utilisateurs de la maquette numérique d’un bâtiment se fait via le format IFC.
Le format IFC (Industry Foundation Classes) est un format qui facilite l’échange de données et ce, depuis la conception du bâtiment jusqu’à sa maintenance et son utilisation. Dans ces fichiers IFC, on trouve des données sur le projet, les objets, leurs paramètres et leurs attributs. Ce format est celui le plus utilisé et il est d’ailleurs sous le contrôle d’une norme : ISO 16739:2013. Ces fichiers sont donc à la base de l’exploitation et des échanges entre utilisateurs sur un même projet numérique. Ils réalisent le lien entre les intervenants.

Que permettent ces fichiers et comment les utiliser ?

Pour exploiter correctement ces fichiers, plutôt que de passer par le logiciel BIM de travail, on peut utiliser un logiciel externe afin de gérer au mieux les informations selon les spécificités du projet. Ce logiciel rend le fichier IFC moins lourd (important dans la gestion d’une grande quantité d’information) car il effectue un nettoyage et une compression du fichier.

En plus de pouvoir utiliser des fichiers optimisés automatiquement, le logiciel externe permet d’éditer les différentes propriétés ainsi que leurs valeurs pour créer un modèle en accord avec le projet et ses contraintes.
Avant de partager un fichier IFC, il doit être fait une vérification pour s’assurer que le partage des données soit fait correctement. Pour cela un aperçu qui visualise les dessins, les objets et leur propriétés est indispensable pour obtenir un échange de données le plus professionnel possible prenant en compte tous les aspects de la maquette.

De plus, il est possible de fusionner les fichiers IFC, c’est-à-dire de les compiler en un seul et même fichier plutôt que de tous les superposer. Il est par exemple possible de créer un fichier IFC de tous les étages d’un bâtiment à partir des fichiers de tous les étages séparément.

Sur quels points ces fichiers peuvent-ils être améliorés ?

Dans le domaine du BIM, la version la plus utilisée des fichiers IFC est la version IFC 2*3, et la version IFC4 apporte des optimisations de taille de fichiers et de fiabilité des données encore plus importante qui permettront de chasser certains problèmes qui lui sont pour l’instant liés. Le fichier IFC est également un bon moyen pour archiver les documents car cela reste un fichier texte, donc exploitable très facilement par un éditeur de texte quelconque.

Comment passer au BIM ?

Pour un projet, qui décide de l’utilisation du BIM ?

On parle ici de l’utilisation d’une maquette numérique pour tous les intervenants du projet (pas juste d’un architecte à des fins de visualisation seule ou d’une entreprise à des fins de visualisation des conflits).

L’utilisation du BIM peut être demandée dès le départ par le maitre d’ouvrage, elle devient alors obligatoire.

Elle peut également être proposée par la maitrise d’œuvre à la maitrise d’ouvrage.

Moyens nécessaires pour une entreprise participant au projet :

Pour qu’un intervenant soit en mesure de travailler avec une maquette numérique, il faut tout d’abord qu’il dispose du matériel informatique nécessaire ainsi que d’un logiciel compatible.

Il doit ensuite être formé à l’utilisation de ce logiciel mais également à la façon spécifique de travailler et d’échanger des informations avec une maquette numérique.

Moyens nécessaires pour mettre en place le BIM dans un projet :

Il faut que l’ensemble des entreprises et sous traitants sachent travailler avec l’outil BIM.

Un BIM manager est nécessaire pour organiser et faciliter l’utilisation du modèle, et résoudre les problèmes techniques.

Mais il faut aussi déterminer les règles d’utilisation du modèle et les responsabilités. Comment transmet-on les nouveaux plans ?  Qui peut modifier le modèle ? A qui incombe la responsabilité de la maquette numérique ?

Coût :

Le logiciel: un logiciel BIM coûte à l’achat environ 5000 euros. La souscription annuelle de mise à jour et maintenance est environ 20% du prix d’achat.

La formation: Le minimum est une semaine de formation, dont les prix varient entre 500 à 1000 euros par jours. De plus, les personnes formées sont absentes du travail.

La perte de rendement initiale: le BIM est un changement radical part rapport à la CAO. Bousculer les habitudes et les méthodes de travail fait perdre environ 20-30% les 6 premiers mois.

Des études démontrent une augmentation moyenne de la productivité d’environ 20-30% après un an et plus pour les années suivantes. Le coût initial sera ainsi amorti au bout de deux ans environs.

De plus, le BIM peut amener des affaires supplémentaires.

Blocages ?

Les principaux freins viennent des intervenants, des différents logiciels et formats, de l’accessibilité à la maquette numérique, et du partage des responsabilités.

Qu’est ce qui permettrait de parvenir à un bim total rapidement ?

Ce format IFC (Industry Foundation Classes) est un format de fichier orienté objet destiné à assurer l’interopérabilité entre les différents logiciels de maquette numérique. Il s’agit d’un format libre et gratuit qui se veut être le garant d’un « OpenBIM ».

De plus, si tous les acteurs travaillent sur une base de logiciel ouverte, cela favorise la concurrence entre les acteurs et répond aux critères de non-discrimination des appels d’offres publics.

Enfin, le déploiement du BIM repose sur les gains qu’il permet en phase exploitation. Il faut mettre en avant les économies de maintenance et possiblement d’assurance construction.

Qu’est-ce que ça va changer pour moi ?

Qu’est-ce que le BIM permet de faire ?

Grâce au processus collaboratif, qui est un échange de données inhérent au fonctionnement du BIM, les professionnels peuvent définir la nature du support à analyser, identifier certains  problèmes en avant l’intervention, définir la teneur technique de l’intervention et l’endroit précis du travail à effectuer. Tout ça avec une grande précision.

On peut partager et diffuser toutes les informations en temps réel à tous les intervenants pendant toutes les phases de l’intervention, de la phase de création jusqu’à la phase d’exploitation mais aussi pendant la phase d’exécution. Le BIM va permettre de mieux concevoir et simuler mais aussi de repérer certaines erreurs et d’améliorer la qualité de la construction, tout ça grâce à des informations standardisées que génère le BIM.

Dans le BIM tout est contenu de façon détaillé afin de faciliter les études techniques ainsi que l’exécution  du chantier. Par exemple, le percement d’un mur dans le but d’y ajouter une fenêtre ou une porte, la pose des réseaux de fluides, la jonction de murs, etc… Le BIM réuni la description géométrique d’un objet et la relation qu’a ce dernier avec les autres objets.

La maquette numérique évolue au fur et à mesure que le projet avance car les différents acteurs vont ajouter ou modifier des données. Cela permet de suivre en temps réel toutes les modifications apportées à l’ouvrage.

Tous les acteurs du BTP peuvent y trouver leur compte. En effet, le BIM répond à toutes les exigences de la construction, alors que la rentabilité énergétique devient incontournable pour chaque projet.

Quels sont les gains attendus ?

Les gains attendus sont nombreux, en effet :

  • Une meilleure collaboration entre tous les acteurs,
  • Un gain de temps durant toutes les phases de l’intervention,
  • Une amélioration de la qualité de la construction,
  • Une réduction des sinistres.

Tous les acteurs de la filière BTP  sont concernés. En particulier les maîtres d’ouvrage, ils bénéficient d’informations sûres et de qualité qui leur permettent de préserver leurs investissements et de gérer efficacement leur patrimoine.

Alors le BIM permet de réaliser de meilleurs plans marketing, ainsi que de garantir une meilleure qualité grâce à une meilleure connaissance des projets et d’obtenir de plus grandes marges.

Mots clés : Maquette – Logiciel – Données – Informations – Projet

Sources :

Internet : http://www.objectif-bim.com/index.php

http://www.polantis.info

http://www.lemoniteur.fr

Livres : « BIM & maquette numérique », écriture collective (200 professionnels), Edition Eyrolles.

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