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Le BIM en entreprise : entre progrès, atout et complexité …

Le BIM en entreprise : entre progrès, atout et complexité …

 

QUESTION 1 : Qu’est-ce que le BIM peut m’apporter ? (retour d’expérience, atouts, limites)

En quoi le BIM est-il de plus en plus plébiscité, même par l’Etat ?

Pour un ingénieur de la construction, le BIM est un atout de taille aussi bien dans le suivi d’un chantier, que dans la conception d’un projet, ou dans le suivi de son exécution. Il n’est certes pas utilisé depuis longtemps, mais les retours d’expériences concernant son utilisation ont eu des effets bénéfiques. Avec l’évolution de l’électronique, des tablettes notamment, les plans papier qui ne contiennent pas autant d’informations que les maquettes numériques 3D vont bientôt ne plus être d’actualité. Il sera, pour les conducteurs de travaux et les chefs de secteur par exemple, beaucoup plus simple de suivre un chantier avec une tablette contenant une multitude d’informations, ou même d’accompagner le client ou le maitre d’œuvre.

Pour les cabinets d’architecture, le travail sera beaucoup plus rapide tant les informations pourront être brassées en même temps sur une même maquette et ce depuis plusieurs postes à la fois. Ainsi tous les corps de métier de la construction pourront y trouver leur compte, et les premiers retours d’expériences l’ont démontrés.

A tel point que la législation imposera dans quelques années l’utilisation du BIM pour tous les projets dont l’Etat ou les collectivités locales se porteront maitre d’ouvrage. Et ce phénomène se répand également dans les autres pays européens. En effet ces derniers ont bien saisi l’importance et l’aide cruciale que ce procédé pouvait apporter, au niveau des délais, de la meilleure visibilité des projets et de la maîtrise des coûts notamment.

Quels sont les atouts et les limites du BIM ?

            Un des principaux atouts engendrés par le BIM est le gain significatif de productivité : le travail simultané de nombreux acteurs intervenants dans la réalisation de l’ouvrage permet une optimisation du temps de travail qui se traduit par un gain de productivité du travail réalisé. Le BIM autorise également une intégration de toutes les compétences et les données techniques nécessaires à la conception de l’ouvrage au fur et à mesure que cette ce dernier est en cours d’évolution. Enfin, le BIM permet d’augmenter la fiabilité des données nécessaires à la conception de l’ouvrage, donc à la réalisation de ce dernier. Dans la mesure où un BIM manager intervient pour coordonner les différents intervenants de la conception et de la réalisation d’un chantier, le nombre d’erreurs d’interprétation d’un document ou de retranscription est beaucoup plus faible qu’auparavant.

Malgré de nombreux avantages certains, il subsiste des inconvénients liés à la jeunesse de l’utilisation du BIM en entreprise, et que seules les années d’utilisation vont permettre d’effacer. C’est le cas notamment du prix, qui aujourd’hui reste encore extrêmement élevé étant donné l’inexpérience que la plupart des entreprises ont en la matière. De plus, légalement, l’utilisation du BIM engendre encore quelques zones d’ombres, notamment concernant la propriété du modèle 3D puisque tout le monde peut intervenir dessus. En outre, seul les plans du marché ont aujourd’hui une valeur contractuelle, la maquette numérique générée par le BIM n’en est pas une, elle ne constitue qu’une aide à la réalisation et à la gestion de l’ensemble du projet.

 

QUESTION 2 Comment « ça » fonctionne ? (Echanges de données, processus…)

 

Tout d’abord pourquoi faire un MOOC plutôt qu’un cours classique ?

Le MOOC (ou Massiv Open Online Courses) est avant tout un outil facilitant l’accès à la connaissance. Dans un monde où internet et les réseaux sociaux font partie intégrante de notre mode de vie, où tout s’échange très vite, l’accès à l’information et au savoir est devenu une priorité. Une priorité pour plusieurs raisons : tout d’abord pour permettre à l’information d’accéder partout et d’atteindre le plus grand nombre, mais aussi pour répondre aux attentes de rapidité de propagation et de partage des données. « L’information est l’oxygène des temps modernes », et à juste titre il a fallu redéfinir les modes de transmission des connaissances, ou du moins les améliorer.

Pourquoi faire un MOOC sur le BIM ?

Les sujets traités dans un MOOC peuvent être divers et variés. Dans notre cas, il s’agit de développer un MOOC capable d’informer sur le Building Information Modeling (BIM). Le BIM est la nouvelle manière de concevoir et d’analyser un bâtiment. Il est l’avenir de la construction grâce à cette nouvelle manière de percevoir le design et la modélisation à travers le temps. Il est donc important d’informer le plus grand nombre sur son fonctionnement et la manière de l’utiliser aussi bien sur un chantier en Chine que dans un bureau d’études en Europe ou encore dans un cabinet d’architectes en Amérique par exemple. En cela, le MOOC est la meilleure manière d’enseigner le BIM. Il est un échange rapide de données à travers le monde et une sensibilisation beaucoup plus diffuse à cette technique que si les cours n’avaient été dispensés qu’à l’université.

 

Comment fonctionne le BIM ?

Le BIM est avant tout un moyen de mieux visualiser et de communiquer dans le secteur de la construction. A l’aide d’une maquette numérique en 3D, les composants d’un édifice en construction contiennent une multitude d’informations qui n’étaient pas présentes auparavant, sans le BIM. Ces informations peuvent interagir entre elles au bénéfice de la construction de l’édifice réel. Elles corrigent d’elles-mêmes les problèmes d’exécution pouvant être engendrés lors de la modification d’un élément de la structure. Ce qui rend le BIM pratique, c’est la possibilité pour chaque intervenant d’un projet de rentrer des modifications dont il est le garant. Ces modifications pourront alors être transmises aux autres entreprises automatiquement, ce qui est un gain de temps. Le logiciel BIM régulera automatiquement les problèmes de conception liés à cette modification. Il ne peut donc pas y avoir d’erreurs possibles. La possibilité de voir la phase d’exécution des travaux est aussi un atout de taille. Tous les problèmes liés à son évolution y seront alors décelés.

Ainsi, tout cela permet de faciliter et d’optimiser le planning d’un projet. Il permet aussi de ne pas perdre d’argent en réparant les erreurs d’exécution puisqu’elles auront été décelées et enrayées à l’avance. Ce qu’il faut également retenir c’est le partage des informations, et la modification permanente de la maquette par les différents acteurs d’un projet. Bien que travaillant séparément, la mise en commun de leurs travaux et modifications à l’aide du logiciel BIM pourra les faire avancer main dans la main et beaucoup plus rapidement.

Exit des réunions superflues pour se tenir au courant ou se mettre d’accord, exit donc la perte de temps et les retards de planning, mais aussi les pertes économiques conséquentes.

 

QUESTION 3 : Qu’est-ce que ça va changer pour moi ? (Changement de posture, réflexion sur les changements induits pour les différents métiers et leur positionnement)

L’apparition mais surtout le développement exponentiel du BIM dans les agences des entreprises du BTP en France engendrent la question suivante : qu’est-ce que le BIM va changer pour l’ingénieur dans son travail, la vision qu’il a de ce dernier, la position qu’il adopte pour le réaliser ainsi que les changements induits par cette nouvelle technologie.

Il faut rappeler que l’un des principaux enjeux du BIM est de s’approprier un langage universel tout en l’adaptant à son travail car c’est un outil de travail sur mesure. A l’heure actuelle, nous constatons que nos habitudes sont encore plus basées sur l’intérêt porté à la construction d’un ouvrage que sur la gestion du patrimoine une fois ce dernier réalisé. En effet, toutes les données collectées lors du passage de l’appel d’offres ont finalement un intérêt très limité étant donné le suivi de chantier que nous effectuons aujourd’hui. Une première question se pose alors à nous :

Comment suivre avec efficacité la réalisation d’un chantier et dans un même temps valoriser les conceptions proposées à une maitrise d’ouvrage ?

C’est pour répondre à cette question que le BIM est là. En effet, la maquette numérique proposée n’est pas seulement un nouvel outil de conception, mais c’est surtout un outil de production et de gestion de données exploitables par tous les intervenants du chantier et à n’importe quelles phases de ce dernier. Ce partage d’un même langage par tous les acteurs du chantier impose cependant que le BIM soit une norme. Le BIM permet donc à la maitrise d’œuvre responsable de la conception de l’ouvrage, de ne plus se soucier de « traduire » les différents documents reçus des différentes parties prenantes puisque lui et l’ensemble des parties prenantes auront un même langage, dont la fiabilité et la transversalité sont assurées.

Quelles transformations apporte le BIM dans le métier de l’ingénieur?

La transformation majeure apportée par le BIM se traduit de la manière suivante : auparavant, la chaîne de travail pouvait être considérée comme séquentielle ; l’architecte réalise une esquisse vérifiée par un bureau d’études qui lui-même joint des documents de réalisations techniques renvoyés à l’architecte qui se charge de tout synthétiser, avec un fort risque d’erreur. Grâce au BIM, toutes ces étapes deviennent obsolètes car le processus de conception de l’ouvrage devient simultané et partagé de tous. C’est ce que nous appelons l’interopérabilité. Cette nouvelle notion peut paraitre être un des inconvénients du BIM mais s’avère finalement être un avantage dès lors qu’un nouvel emploi est créé : celui de BIM manager.

Capital pour la bonne conception de l’ouvrage, le BIM manager doit dans un premier temps, concilier les possibles incohérences existantes dans le projet entre les différents acteurs responsables de la conception de l’ouvrage, puis dans un second temps, coordonner les directives nécessaires à la correction des incohérences relevées pour que chaque corps de métier modifie l’ouvrage en conséquence.

En définitive, même s’il est à l’aube de l’intégration dans l’entreprise, le BIM engendre une certaine mutation de l’ingénieur face à son travail. En effet, ce dernier se doit de prendre du recul pour éviter des incohérences dues à la simultanéité des tâches réalisées. Les différents acteurs de la conception et de la réalisation de l’ouvrage sont obligés d’avoir une vision beaucoup plus transversale et ne peuvent plus se permettre de considérer l’ouvrage uniquement selon leur point de vue.

 

  QUESTION 4 : Comment faire pour y aller ? (Phase opérationnelle)

Tout d’abord, comment se procurer le logiciel ?

La première étape consiste à acheter le logiciel BIM (entre 5000 et 6000 euros à l’achat et 20% de ce prix chaque année pour renouveler l’abonnement). A l’aide de ce logiciel, il sera alors possible d’effectuer une maquette numérique, des estimations, des visualisations… Pour avoir plus d’outils afin de faire des analyses plus précises, il est possible d’acheter des options en plus pour le logiciel (ex : planification). En plus de ces éventuelles options ajoutées, il est nécessaire d’utiliser des ordinateurs suffisamment puissants pour les faire tourner (prévoir 2000 à 3000 euros par machine). En effet, de nombreuses données de tout type permettant de s’assurer de la stabilité de l’ouvrage sont enregistrées dans la base de données (ex : Fondation Louis Vuitton – environ 60000 Go d’informations).

Comment s’approprier le logiciel et organiser son personnel ?

L’utilisation du système BIM requiert une formation d’environ une semaine ainsi que 3 mois d’appropriation du logiciel pour pouvoir s’en servir correctement. Chaque entreprise titulaire d’un marché devra avoir un « responsable BIM » ayant suivi cette formation dans son équipe et qui travaillera en même temps avec le BIM Manager (Maître d’œuvre, Synthèse, Architectes). Ce responsable n’aura pas le niveau du BIM Manager mais aura suffisamment de connaissances pour ajouter les données propres à ses travaux pour compléter la maquette numérique.

Ces responsables sont indispensables à la réalisation d’un projet afin de ne pas intégrer d’erreurs dans la maquette, ou du moins, les corriger rapidement. Car le BIM ajoute, modifie les données entrées par les utilisateurs mais ne précise pas qui à rentrer les données erronées pour savoir d’où vient le problème.

Quelles conséquences pour l’entreprise ?  

Bien évidemment, l’utilisation de ce logiciel et de ces méthodes n’a pas de conséquences bénéfiques immédiates pour les entreprises qui commencent à s’y mettre. Son utilisation est très complexe, demande un temps d’adaptation et coûte cher à mettre en place. La création de pièces standards au début demande également du temps mais qui il vite rattrapé par la suite. Des études ont cependant prouvées que cette perte de temps devient négligeable au bout de quelques mois et la productivité est augmentée de 20 à 30% en moyenne, rendant ainsi l’utilisation de ce logiciel rentable après environ 2 ans.

C’est pourquoi les entreprises ne doivent plus hésiter à se mettre au BIM. Les clients demandent d’ailleurs de plus en plus son utilisation, il est donc important pour continuer à gagner des appels d’offres de s’y mettre rapidement. Plus vite l’entreprise sera prête, plus vite elle s’y adaptera avant que les autres n’aient réellement commencé à s’en servir.

 

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