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B.I.M : De l’euphorie aux freins à son développement

L’habitat est une des premières choses que l’homme a voulu construire. Il était Initialement restreint à un aspect utile, qui était de se protéger de l’environnement extérieur tel le climat, les prédateurs, et même parfois des hommes eux même. Puis l’habitat a évolué au fil des siècles, tout comme les exigences qu’on lui demandait. Ainsi de nos jours, toutes constructions doit veiller à garantir un cadre de vie dans lequel on se sent bien. Eau, température, luminosité, humidité sont autant de chose que l’on souhaite contrôler, et qui nécessite donc une organisation particulièrement importante dans la construction des bâtiments.

Nos méthodes de conception doivent aujourd’hui être plus efficace, plus rapide, doivent être comprise par tous, et se doivent d’être moins couteuses. C’est en se tournant vers les nouvelles technologies, et plus particulièrement vers le numérique que l’homme du 21ème siècle a révolutionné son mode de conception des bâtiments. En 1995, un mouvement international s’est amorcé en faveur d’un nouvel outil technologique : le B.I.M, pour Building Information Model en anglais, que nous traduiront en français par la modélisation des informations de construction. Cet outil se veut être un langage commun à l’ensemble des acteurs du projet : architecte, maitre d’ouvrage, bureau d’étude, géomètre. Cette maquette numérique 3D collaborative est porteuse de toutes les informations nécessaires, qui peuvent être échangées et visionnées par tous les interlocuteurs. C’est une représentation du projet et une source d’information commune qui garantie la fiabilité des données.

Le B.I.M n’a plus à faire ses preuves aujourd’hui. De nombreux bâtiment ont été érigés à partir de maquette numérique, tout comme  dans l’industrie des transports, où la conception mécanique de l’A380 s’est faite uniquement par ingénierie collaborative entre différent pays, via une maquette numérique. Mais l’usage du B.I.M n’est pas encore un automatisme. Face aux habitudes de conceptions acquises durant des siècles, la transition vers la maquette numérique n’est pas une chose évidente : Achat de logiciel, entente entre les acteurs du projet, et surtout formation nécessaire des protagonistes.  Même s’il la maquette numérique se veut simplifier le management de projet, son utilisation reste une chose qui nécessite une formation, un apprentissage. C’est ainsi que Pierre Mit, président de l’Union nationale des économistes de la construction, compare cette transition à celle déjà connu lors du passage du « Rotring aux outils de conception assistée par ordinateur ». Des formations à cet outil émergent doucement parmi les écoles supérieures, mais cela suffira-il ? La transition vers le bâtiment numérique doit se faire le plus rapidement possible. C’est la où la loi peut avoir un rôle. Cecile Dufflot, ministre du logement, souhaite ainsi « rendre progressivement obligatoire  la maquette numérique dans les marchés publics d’Etat en 2017 », de telle sorte à inciter les acteurs du bâtiment à changer leurs mode de travail. Par ailleurs, un cadre juridique doit être mit en place, pour rassurer et inciter les entreprises concernées à utiliser un tel outil.

Les efforts fournit par les acteurs privés du secteur de la construction ne reflètent gère un grand entrain  autour du développement du B.I.M. Peut être faudrait-il mieux mettre en avant les possibilités qu’offre une maquette numérique. De nombreux horizons restent à explorer pour promouvoir le développement d’un tel outil. Ainsi l’idée d’utiliser la maquette numérique et sa base de données associée tout au long de la durée de vie du bâtiment pourrait permettre de facilité la gestion du bâtiment, et de centraliser les informations d’exploitation de l’ouvrage. Reste à savoir qui sera responsable de centraliser les informations d’exploitation et d’assurer la mise à jour de la maquette numérique, tout en veillant à garantir le secret professionnel des entreprises.

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